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Devoir surveillé : Limites de fonctions, continuité et théorème des valeurs intermédiaires

Spé maths Terminale · un devoir qui mélange 2 chapitres, en 3 niveaux : ★ les bases, ★★ niveau DS classique, ★★★ pour aller plus loin. Sujets et corrigés détaillés, à faire en temps limité puis à corriger.

Niveau ★ — les bases · 60 min · noté sur 20.

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Devoir surveillé – Limites de fonctions, continuité et théorème des valeurs intermédiaires — niveau ★

Durée : 60 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité Mathématiques Terminale

Nom : Date : Note : / 20

Tous les calculs doivent figurer sur la copie. Les résultats seront donnés sous la forme la plus simple possible.

Exercice 1 – Automatismes

(5 pts)
  1. a)Déterminer limx→−∞(x3−4x+2).
  2. b)Déterminer les limites de 3x−2 quand x tend vers 2 par valeurs supérieures, puis par valeurs inférieures.
  3. c)Déterminer limx→+∞e1−2x.
  4. d)Déterminer limx→+∞2x2+xx2−3.
  5. e)Justifier que la fonction f définie par f(x)=x+1x2+4 est continue sur ℝ.

Exercice 2 – Une équation sans formule

(5 pts)
  1. a)Soit f la fonction définie sur ℝ par f(x)=x3+x−3. Déterminer les limites de f en −∞ et en +∞.
  2. b)Calculer f′(x) et en déduire le sens de variation de f sur ℝ.
  3. c)Démontrer que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans ℝ, puis que 1<α<2.
  4. d)À l'aide de la calculatrice, donner un encadrement de α d'amplitude 0,1.
  5. e)En déduire le signe de f(x) selon les valeurs de x.

Exercice 3 – Comparer et encadrer

(5 pts)
  1. a)Soit u(x)=3x−sinx. Montrer que u(x)≥3x−1 pour tout réel x, puis déterminer limx→+∞u(x).
  2. b)Soit v(x)=2x+cosxx pour x>0. Encadrer v(x), puis déterminer limx→+∞v(x).
  3. c)Déterminer limx→−∞(sinx−x2).
  4. d)Un élève écrit : « −x2≤x2cosx≤x2, donc d'après le théorème des gendarmes, x2cosx a une limite en +∞ ». Expliquer pourquoi ce raisonnement est faux.

Exercice 4 – Problème — Une suite qui se stabilise

(5 pts)
  1. a)Soit f la fonction définie sur [−32;+∞[ par f(x)=2x+3, et (un) la suite définie par u0=0 et, pour tout entier naturel n, un+1=f(un). Calculer u1 et u2 (valeurs exactes, puis arrondies au centième).
  2. b)Justifier que f est continue et croissante sur son ensemble de définition, et calculer f(3).
  3. c)Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, 0≤un≤un+1≤3.
  4. d)En déduire que la suite (un) est convergente.
  5. e)On note ℓ sa limite. Justifier que f(ℓ)=ℓ, puis déterminer ℓ.

Bon courage !

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Voir le corrigé et le barème
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Corrigé et barème – Limites de fonctions, continuité et théorème des valeurs intermédiaires — niveau ★

Durée : 60 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité Mathématiques Terminale

Exercice 1 – Automatismes

(5 pts)
  1. a)Pour x≠0, x3−4x+2=x3(1−4x2+2x3). La parenthèse tend vers 1 et limx→−∞x3=−∞, donc, par produit, la limite vaut −∞. (1 pt) (1)
  2. b)Quand x→2+, x−2→0 avec x−2>0, donc 3x−2→+∞ ; quand x→2−, x−2→0 avec x−2<0, donc 3x−2→−∞. La droite d'équation x=2 est asymptote verticale à la courbe. (1 pt : 0,5 par limite) (1)
  3. c)limx→+∞(1−2x)=−∞ et limX→−∞eX=0 ; par composition, limx→+∞e1−2x=0. (1 pt) (1)
  4. d)Pour x assez grand, 2x2+xx2−3=x2(2+1x)x2(1−3x2)=2+1x1−3x2, qui tend vers 21=2. (1 pt) (1)
  5. e)f est une fonction rationnelle, donc continue sur son ensemble de définition. Or x2+4≥4>0 pour tout réel x : le dénominateur ne s'annule jamais, donc f est définie et continue sur ℝ. (1 pt) (1)

Méthode — Devant un quotient de polynômes en l'infini, on factorise numérateur et dénominateur par leur terme de plus haut degré : la forme indéterminée « ∞∞ » disparaît.

Exercice 2 – Une équation sans formule

(5 pts)
  1. a)En +∞ : x3→+∞ et x−3→+∞, donc f(x)→+∞ (somme). En −∞ : pour x≠0, f(x)=x3(1+1x2−3x3) ; la parenthèse tend vers 1 et x3→−∞, donc f(x)→−∞. (1 pt : 0,5 par limite) (1)
  2. b)f′(x)=3x2+1. Pour tout réel x, 3x2≥0, donc f′(x)≥1>0 : f est strictement croissante sur ℝ. (1 pt) (1)
  3. c)f est continue sur ℝ (polynôme) et strictement croissante ; ses limites sont −∞ et +∞, et 0 est compris entre elles. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation f(x)=0 admet une unique solution α. De plus f(1)=1+1−3=−1<0 et f(2)=8+2−3=7>0, donc f(1)<f(α)<f(2) et, f étant strictement croissante, 1<α<2. (1,5 pt : 1 pour l'existence et l'unicité, 0,5 pour l'encadrement) (1)
  4. d)Tableau de valeurs de pas 0,1 : f(1,2)=1,728+1,2−3=−0,072<0 et f(1,3)=2,197+1,3−3=0,497>0. Donc 1,2<α<1,3. (1 pt) (1)
  5. e)f est strictement croissante et s'annule en α : f(x)<0 pour x<α, f(α)=0 et f(x)>0 pour x>α. (0,5 pt) (1)

Piège — Le théorème des valeurs intermédiaires seul donne l'existence d'une solution ; c'est la stricte monotonie qui apporte l'unicité. Les deux arguments doivent figurer dans la copie.

Exercice 3 – Comparer et encadrer

(5 pts)
  1. a)Pour tout réel x, sinx≤1, donc −sinx≥−1 et u(x)≥3x−1. Comme limx→+∞(3x−1)=+∞, le théorème de comparaison donne limx→+∞u(x)=+∞. (1,5 pt : 0,5 pour l'inégalité, 1 pour la conclusion) (1,25)
  2. b)Pour x>0, v(x)=2+cosxx. Comme −1≤cosx≤1 et x>0 : 2−1x≤v(x)≤2+1x. Les deux encadrants tendent vers 2 en +∞, donc, par le théorème des gendarmes, limx→+∞v(x)=2. (1,5 pt : 0,5 pour l'encadrement, 1 pour la conclusion) (1,25)
  3. c)Pour tout réel x, sinx−x2≤1−x2. Or limx→−∞(1−x2)=−∞, donc, par comparaison, limx→−∞(sinx−x2)=−∞. (1 pt) (1,25)
  4. d)Le théorème des gendarmes exige que les deux fonctions qui encadrent aient la même limite finie. Ici −x2→−∞ et x2→+∞ : l'encadrement ne permet aucune conclusion. D'ailleurs x2cosx n'a pas de limite en +∞ : elle vaut 4k2π2 en x=2kπ et −(2k+1)2π2 en x=(2k+1)π. (1 pt) (1,25)

Erreur fréquente — Pour une limite infinie, une seule inégalité suffit (minorer pour +∞, majorer pour −∞) ; l'encadrement des deux côtés ne sert que pour une limite finie.

Exercice 4 – Problème — Une suite qui se stabilise

(5 pts)
  1. a)u1=f(0)=3≈1,73 ; u2=f(3)=23+3≈2,54. (0,5 pt) (1)
  2. b)La fonction x↦2x+3 est affine, continue, croissante et positive sur [−32;+∞[ ; la fonction racine carrée est continue et croissante sur [0;+∞[. Par composition, f est continue et croissante sur [−32;+∞[. Enfin f(3)=9=3. (1 pt) (1)
  3. c)Soit P(n) : « 0≤un≤un+1≤3 ». Initialisation : u0=0 et u1=3≈1,73, donc 0≤u0≤u1≤3. Hérédité : si 0≤un≤un+1≤3, la croissance de f donne f(0)≤f(un)≤f(un+1)≤f(3), soit 3≤un+1≤un+2≤3, et a fortiori 0≤un+1≤un+2≤3. Conclusion : P(n) est vraie pour tout entier naturel n. (1,5 pt : 0,5 pour l'initialisation, 1 pour l'hérédité) (1)
  4. d)La suite est croissante (un≤un+1) et majorée par 3 : d'après le théorème de convergence monotone, elle converge. (0,5 pt) (1)
  5. e)Comme 0≤un≤3 pour tout n, on a 0≤ℓ≤3. D'une part un+1→ℓ ; d'autre part, f étant continue en ℓ, f(un)→f(ℓ). Comme un+1=f(un), l'unicité de la limite donne f(ℓ)=ℓ. Alors 2ℓ+3=ℓ avec ℓ≥0, donc 2ℓ+3=ℓ2, soit ℓ2−2ℓ−3=0, c'est-à-dire (ℓ−3)(ℓ+1)=0. Comme ℓ≥0, ℓ=3. (1,5 pt : 0,5 pour f(ℓ)=ℓ justifié, 1 pour la résolution) (1)

Astuce — Quand on résout A=ℓ en élevant au carré, on garde la condition ℓ≥0 : c'est elle qui élimine la racine parasite −1.

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Niveau ★★ — niveau DS classique · 120 min · noté sur 20.

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Devoir surveillé – Limites de fonctions, continuité et théorème des valeurs intermédiaires — niveau ★★

Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité Mathématiques Terminale

Nom : Date : Note : / 20

Tous les calculs doivent figurer sur la copie. Les résultats seront donnés sous la forme la plus simple possible.

Exercice 1 – Automatismes

(3 pts)
  1. a)Déterminer limx→+∞(x+1−x).
  2. b)Déterminer limx→−∞(x2+3x)ex.
  3. c)Déterminer limx→0ex−1x.
  4. d)Déterminer limx→+∞exx3.

Exercice 2 – Qui a raison ?

(4 pts)

Pour chaque affirmation, dire si elle est vraie ou fausse, puis justifier (un contre-exemple suffit pour une affirmation fausse). a) « Si f est continue sur [0;1], avec f(0)=1 et f(1)=−1, alors l'équation f(x)=0 admet une unique solution dans [0;1]. »

  1. a)« Si limx→+∞f(x)=+∞ et limx→+∞g(x)=−∞, alors limx→+∞(f(x)+g(x))=0. »
  2. b)« Si, pour tout x>0, f(x)≤g(x) et si limx→+∞g(x)=+∞, alors limx→+∞f(x)=+∞. »
  3. c)« Si f est continue sur ℝ et si la suite définie par u0∈ℝ et un+1=f(un) converge vers un réel ℓ, alors f(ℓ)=ℓ. »

Exercice 3 – Deux solutions, dont une évidente

(4 pts)
  1. a)Soit f la fonction définie sur ℝ par f(x)=(x−2)ex+2. Déterminer limx→−∞f(x) et interpréter graphiquement le résultat.
  2. b)Déterminer limx→+∞f(x).
  3. c)Calculer f′(x) et dresser le tableau de variations complet de f.
  4. d)Démontrer que l'équation f(x)=0 admet exactement deux solutions dans ℝ : l'une est un entier à déterminer, l'autre, notée β, est strictement supérieure à 1.
  5. e)Donner un encadrement de β d'amplitude 0,1.

Exercice 4 – Suite récurrente : le bon point fixe

(4 pts)
  1. a)Soit f la fonction définie sur [0;+∞[ par f(x)=x2+45. Déterminer limx→+∞f(x), étudier les variations de f et résoudre l'équation f(x)=x.
  2. b)On définit la suite (un) par u0=2 et, pour tout entier naturel n, un+1=f(un). Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, 1≤un+1≤un≤2.
  3. c)En déduire que (un) converge et déterminer sa limite.
  4. d)Un élève affirme : « avec u0=5, la suite converge vers 4, puisque 4 est l'autre solution de f(x)=x ». Montrer qu'il a tort.

Exercice 5 – Problème — La chute d'un parachutiste

(5 pts)
  1. a)Avant l'ouverture du parachute, la vitesse (en m/s) d'un parachutiste t secondes après le saut est modélisée par v(t)=50(1−e−0,2t) pour t≥0. Déterminer limt→+∞v(t) et interpréter ce résultat.
  2. b)Justifier que v est continue sur [0;+∞[, calculer v′(t) et en déduire le sens de variation de v.
  3. c)Démontrer qu'il existe un unique instant t1≥0 auquel la vitesse atteint 45 m/s.
  4. d)Déterminer, par balayage ou par dichotomie, un encadrement de t1 d'amplitude 0,1.
  5. e)Un second modèle propose w(t)=50tt+5. Déterminer limt→+∞w(t), résoudre w(t)=45 et comparer avec le premier modèle.

Bon courage !

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Voir le corrigé et le barème
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Corrigé et barème – Limites de fonctions, continuité et théorème des valeurs intermédiaires — niveau ★★

Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité Mathématiques Terminale

Exercice 1 – Automatismes

(3 pts)
  1. a)Forme « ∞−∞ ». Avec la quantité conjuguée : x+1−x=(x+1)−xx+1+x=1x+1+x. Le dénominateur tend vers +∞, donc la limite vaut 0. (1 pt) (0,75)
  2. b)(x2+3x)ex=x2ex+3xex. Par croissances comparées, limx→−∞x2ex=0 et limx→−∞xex=0, donc la limite vaut 0. (1 pt) (0,75)
  3. c)C'est le taux d'accroissement de la fonction exponentielle entre 0 et x : ex−e0x−0. La fonction exponentielle étant dérivable en 0, il tend vers exp′(0)=e0=1. (0,5 pt) (0,75)
  4. d)Par croissances comparées, limx→+∞exxn=+∞ pour tout entier naturel n ; avec n=3, la limite vaut +∞. (0,5 pt) (0,75)

Méthode — Une différence de racines carrées en forme « ∞−∞ » se traite par la quantité conjuguée : le produit (a−b)(a+b)=a−b fait disparaître les racines.

Exercice 2 – Qui a raison ?

(4 pts)
  1. a)Faux. Le théorème des valeurs intermédiaires garantit au moins une solution, pas l'unicité. Contre-exemple : f(x)=cos(3πx) est continue sur [0;1], f(0)=1, f(1)=cos(3π)=−1, et f s'annule en 16, 12 et 56 (pour ces valeurs, 3πx vaut π2, 3π2 et 5π2). (1 pt) (1)
  2. b)Faux : « +∞−∞ » est une forme indéterminée. Contre-exemple : f(x)=x2 et g(x)=−x ; alors f(x)+g(x)=x(x−1)→+∞. (1 pt) (1)
  3. c)Faux : c'est une minoration par une fonction qui tend vers +∞ qui permet de conclure, pas une majoration. Contre-exemple : f(x)=−x et g(x)=x ; on a bien f(x)≤g(x) pour x>0 et g(x)→+∞, mais f(x)→−∞. (1 pt) (1)
  4. d)Vrai. La suite (un+1) est la même suite décalée d'un rang, donc un+1→ℓ. Comme f est continue en ℓ et un→ℓ, f(un)→f(ℓ). Or un+1=f(un) : par unicité de la limite, f(ℓ)=ℓ. (1 pt) (1)

Piège — Une affirmation générale se réfute par un seul contre-exemple, mais se démontre par un raisonnement valable dans tous les cas : un exemple qui fonctionne ne prouve rien.

Exercice 3 – Deux solutions, dont une évidente

(4 pts)
  1. a)(x−2)ex=xex−2ex. Par croissances comparées, limx→−∞xex=0, et limx→−∞ex=0. Donc limx→−∞f(x)=0−0+2=2 : la droite d'équation y=2 est asymptote horizontale à la courbe de f en −∞. (1 pt) (0,8)
  2. b)limx→+∞(x−2)=+∞ et limx→+∞ex=+∞, donc, par produit puis par somme, limx→+∞f(x)=+∞. (0,5 pt) (0,8)
  3. c)f′(x)=1×ex+(x−2)ex=(x−1)ex, du signe de x−1 car ex>0. f est strictement décroissante sur ]−∞;1] et strictement croissante sur [1;+∞[, de minimum f(1)=2−e≈−0,72. Tableau : 2 (limite en −∞) ↘ 2−e (en x=1) ↗ +∞. (1 pt) (0,8)
  4. d)Sur ]−∞;1] : f(0)=(0−2)×1+2=0, et f y est strictement décroissante, donc 0 est l'unique solution sur cet intervalle. Sur [1;+∞[ : f est continue, strictement croissante, f(1)=2−e<0 et limx→+∞f(x)=+∞ ; d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation y admet une unique solution β, et β≠1 car f(1)≠0. Au total, exactement deux solutions : 0 et β>1. (1 pt : 0,5 par intervalle) (0,8)
  5. e)f(1,5)=−0,5e1,5+2≈−0,24<0 et f(1,6)=−0,4e1,6+2≈0,02>0, donc 1,5<β<1,6. (0,5 pt) (0,8)

Astuce — Avant de lancer la calculatrice, on teste les valeurs simples (0, 1, −1) : une solution évidente dispense d'un encadrement et découpe naturellement l'étude en intervalles.

Exercice 4 – Suite récurrente : le bon point fixe

(4 pts)
  1. a)x2→+∞, donc f(x)→+∞. f′(x)=2x5≥0 sur [0;+∞[ : f est croissante sur cet intervalle. f(x)=x⟺x2−5x+4=0⟺(x−1)(x−4)=0 : les solutions sont 1 et 4. (1 pt) (1)
  2. b)Initialisation : u1=4+45=1,6 et 1≤1,6≤2≤2. Hérédité : si 1≤un+1≤un≤2, la croissance de f sur [0;+∞[ donne f(1)≤f(un+1)≤f(un)≤f(2), soit 1≤un+2≤un+1≤1,6≤2. La propriété est donc vraie pour tout entier naturel n. (1 pt : 0,5 pour l'initialisation, 0,5 pour l'hérédité) (1)
  3. c)(un) est décroissante et minorée par 1, donc elle converge vers un réel ℓ avec 1≤ℓ≤2. f étant continue (polynôme), ℓ=f(ℓ), donc ℓ∈{1;4} ; comme ℓ≤2, ℓ=1. (1 pt) (1)
  4. d)Si un≥5, alors un+1=f(un)≥f(5)=295≥5 : par récurrence (avec u0=5), un≥5 pour tout n. Une limite éventuelle vérifierait ℓ≥5 et f(ℓ)=ℓ, ce qui est impossible puisque les seuls points fixes sont 1 et 4 : la suite diverge. Plus précisément, un+1−un=un2−5un+45=(un−1)(un−4)5>0, donc la suite est croissante ; n'étant pas convergente, elle n'est pas majorée et tend vers +∞. (1 pt) (1)

Erreur fréquente — L'équation f(ℓ)=ℓ ne fournit que des candidats pour la limite : il faut d'abord prouver la convergence, puis utiliser les encadrements obtenus pour choisir le bon point fixe.

Exercice 5 – Problème — La chute d'un parachutiste

(5 pts)
  1. a)limt→+∞(−0,2t)=−∞ et limX→−∞eX=0 : par composition, e−0,2t→0, donc v(t)→50. La vitesse se stabilise vers une vitesse limite de 50 m/s. (0,5 pt) (1)
  2. b)v est continue comme composée et combinaison linéaire de fonctions continues (affine et exponentielle). v′(t)=50×0,2e−0,2t=10e−0,2t>0 : v est strictement croissante sur [0;+∞[. (1 pt) (1)
  3. c)v est continue et strictement croissante sur [0;+∞[, v(0)=50(1−1)=0 et limt→+∞v(t)=50. Comme 45∈[0;50[, le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires assure l'existence d'un unique t1≥0 tel que v(t1)=45. (1 pt) (1)
  4. d)v(11,5)=50(1−e−2,3)≈44,99<45 et v(11,6)=50(1−e−2,32)≈45,09>45, donc 11,5<t1<11,6 : la vitesse de 45 m/s est atteinte au bout d'environ 11,5 s. (1 pt) (1)
  5. e)Pour t>0, w(t)=501+5t, qui tend vers 501=50 : même vitesse limite. Pour t≥0, w(t)=45⟺50t=45(t+5)⟺5t=225⟺t=45. Le premier modèle atteint 45 m/s au bout de 11,5 s environ, le second au bout de 45 s : les deux modèles ont la même limite mais des vitesses d'approche très différentes. (1,5 pt : 0,5 pour la limite, 0,5 pour l'équation, 0,5 pour la comparaison) (1)

Piège — Une limite n'est pas forcément une valeur atteinte : v(t)<50 pour tout t. C'est pourquoi on applique le corollaire avec l'intervalle semi-ouvert [0;50[.

Ce document est la propriété intellectuelle de Ben, professeur particulier (benprofparticulier.fr), protégée par le Code de la propriété intellectuelle (art. L. 111-1 et L. 122-4). Il est mis à disposition pour un usage personnel de révision. Toute reproduction, diffusion, mise en ligne ou revente, totale ou partielle, sans autorisation écrite est interdite et constitue une contrefaçon (art. L. 335-2).

Niveau ★★★ — pour aller plus loin · 120 min · noté sur 20.

benprofparticulier.frSpécialité Mathématiques · Terminale

Devoir surveillé – Limites de fonctions, continuité et théorème des valeurs intermédiaires — niveau ★★★

Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité Mathématiques Terminale

Nom : Date : Note : / 20

Tous les calculs doivent figurer sur la copie. Les résultats seront donnés sous la forme la plus simple possible.

Exercice 1 – Automatismes

(3 pts)
  1. a)Déterminer limx→01+x−1x.
  2. b)Déterminer limx→+∞(e2x−x5ex).
  3. c)Déterminer limx→+∞x(e1x−1).

Exercice 2 – Démontrer — Croissances comparées

(5 pts)
  1. a)Soit h la fonction définie sur [0;+∞[ par h(x)=ex−x22. Démontrer que, pour tout x≥0, ex−x>0, puis que h(x)>0.
  2. b)En déduire limx→+∞exx.
  3. c)En déduire, à l'aide d'un changement de variable, limx→−∞xex.
  4. d)Soit n un entier naturel non nul. Vérifier que, pour x>0, exxn=1nn(ex/nx/n)n, et en déduire limx→+∞exxn.
  5. e)Démontrer que l'équation ex=10x2 admet au moins une solution dans [1;+∞[.

Exercice 3 – Pour aller plus loin — Points fixes et cordes

(4 pts)
  1. a)Soit f une fonction continue sur [0;1] telle que 0≤f(x)≤1 pour tout x∈[0;1]. Démontrer que f admet un point fixe, c'est-à-dire un réel c∈[0;1] tel que f(c)=c.
  2. b)À l'aide de la fonction x↦1+x2, montrer que ce résultat tombe en défaut si l'on remplace [0;1] par [0;1[ (dans l'hypothèse comme dans la conclusion).
  3. c)Soit f une fonction continue sur [0;1] telle que f(0)=f(1). En étudiant g(x)=f(x+12)−f(x) sur [0;12], démontrer qu'il existe c∈[0;12] tel que f(c+12)=f(c). Interpréter ce résultat pour un randonneur qui parcourt un sentier en boucle, partant et arrivant au même point.
  4. d)Soit f une fonction continue sur [0;+∞[ telle que f(0)=1 et limx→+∞f(x)=0. Démontrer que f admet un point fixe.

Exercice 4 – Une suite définie par des équations

(4 pts)
  1. a)Pour tout entier n≥1, on note fn la fonction définie sur [0;1] par fn(x)=xn+3x−3. Démontrer que l'équation fn(x)=0 admet une unique solution, notée an, dans [0;1], et que 0<an<1.
  2. b)Calculer les valeurs exactes de a1 et de a2.
  3. c)Montrer que fn+1(an)=ann(an−1), puis en déduire que la suite (an) est strictement croissante.
  4. d)Justifier que la suite (an) converge vers un réel ℓ tel que 0<ℓ≤1.
  5. e)Démontrer que ℓ=1 (on pourra raisonner par l'absurde et exprimer ann en fonction de an).

Exercice 5 – Problème — Combien de solutions ?

(4 pts)

Soit k un réel strictement positif. On cherche le nombre de solutions réelles de l'équation (Ek) : ex=kx. a) Montrer que toute solution de (Ek) est strictement positive, puis que, sur ]0;+∞[, (Ek) équivaut à φ(x)=k, où φ(x)=exx.

  1. a)Déterminer les limites de φ en 0 (à droite) et en +∞.
  2. b)Étudier les variations de φ sur ]0;+∞[.
  3. c)Discuter, selon les valeurs de k>0, le nombre de solutions de (Ek). Justifier soigneusement.
  4. d)Pour k=3, donner un encadrement d'amplitude 0,1 de la plus petite solution.

Bon courage !

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benprofparticulier.frSpécialité Mathématiques · Terminale

Corrigé et barème – Limites de fonctions, continuité et théorème des valeurs intermédiaires — niveau ★★★

Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité Mathématiques Terminale

Exercice 1 – Automatismes

(3 pts)
  1. a)Forme « 00 ». Pour x≥−1 et x≠0 : 1+x−1x=(1+x)−1x(1+x+1)=11+x+1, qui tend vers 12 quand x→0. On reconnaît aussi le nombre dérivé en 1 de la fonction racine carrée : 121=12. (1 pt) (1)
  2. b)Forme « ∞−∞ ». e2x−x5ex=e2x(1−x5e−x). Par croissances comparées, x5e−x=x5ex→0 ; la parenthèse tend vers 1 et e2x→+∞, donc la limite vaut +∞. (1 pt) (1)
  3. c)On pose X=1x : quand x→+∞, X→0+ et x(e1x−1)=eX−1X. Or limX→0eX−1X=exp′(0)=1. Par composition, la limite vaut 1. (1 pt) (1)

Astuce — Un changement de variable X=1x transforme une limite en l'infini en une limite en 0, où l'on reconnaît souvent un nombre dérivé.

Exercice 2 – Démontrer — Croissances comparées

(5 pts)
  1. a)Soit k(x)=ex−x : k′(x)=ex−1≥0 sur [0;+∞[, donc k est croissante et k(x)≥k(0)=1>0. Ensuite h′(x)=ex−x=k(x)>0 : h est strictement croissante sur [0;+∞[, donc h(x)≥h(0)=1>0. (1,5 pt : 0,5 pour k, 1 pour h) (1)
  2. b)D'après a), pour x>0, ex>x22, donc exx>x2. Comme x2→+∞, le théorème de comparaison donne limx→+∞exx=+∞. (0,5 pt) (1)
  3. c)On pose X=−x : quand x→−∞, X→+∞ et xex=−Xe−X=−1eX/X. D'après b), le dénominateur tend vers +∞, donc limx→−∞xex=0. (1 pt) (1)
  4. d)(ex/nx/n)n=(ex/n)nxn/nn=nnexxn, d'où l'égalité en divisant par nn. Quand x→+∞, X=xn→+∞ et eXX→+∞ d'après b) ; sa puissance n-ième tend aussi vers +∞ et 1nn>0, donc limx→+∞exxn=+∞. (1 pt : 0,5 pour l'égalité, 0,5 pour la limite) (1)
  5. e)Soit g(x)=ex−10x2, continue sur [1;+∞[. g(1)=e−10<0. Pour x>0, g(x)=x2(exx2−10) ; d'après d) avec n=2, la parenthèse tend vers +∞, donc g(x)→+∞. Il existe donc un réel B>1 tel que g(B)>0 (par exemple g(6)=e6−360≈43>0). g étant continue sur [1;B] avec g(1)<0<g(B), le théorème des valeurs intermédiaires fournit c∈]1;B[ tel que g(c)=0, c'est-à-dire ec=10c2. (1 pt) (1)

Méthode — Une limite égale à +∞ fournit un point où la fonction est positive : c'est ce qui permet d'appliquer le théorème des valeurs intermédiaires sur un intervalle non borné.

Exercice 3 – Pour aller plus loin — Points fixes et cordes

(4 pts)
  1. a)Soit g(x)=f(x)−x, continue sur [0;1] comme différence de fonctions continues. g(0)=f(0)≥0 et g(1)=f(1)−1≤0. Comme 0 est compris entre g(1) et g(0), le théorème des valeurs intermédiaires fournit c∈[0;1] tel que g(c)=0, soit f(c)=c. (1 pt) (1)
  2. b)f(x)=1+x2 est continue sur [0;1[ et, pour 0≤x<1, 12≤f(x)<1 : f envoie [0;1[ dans [0;1[. Mais f(x)=x⟺1+x=2x⟺x=1, qui n'appartient pas à [0;1[ : f n'a pas de point fixe. L'intervalle fermé est indispensable. (1 pt) (1)
  3. c)g est continue sur [0;12] (composée et différence de fonctions continues, avec x+12∈[0;1]). g(0)+g(12)=f(12)−f(0)+f(1)−f(12)=f(1)−f(0)=0. Si g(0)=0, c=0 convient ; sinon g(0) et g(12)=−g(0) sont non nuls et de signes contraires, et le théorème des valeurs intermédiaires donne c∈]0;12[ avec g(c)=0. Dans tous les cas, f(c+12)=f(c). Interprétation : en notant f(s) l'altitude lorsque la fraction s de la durée totale s'est écoulée, il existe deux instants séparés d'une demi-durée où le randonneur est à la même altitude. (1,5 pt : 0,5 pour la continuité, 0,5 pour le calcul de la somme, 0,5 pour la conclusion) (1)
  4. d)Soit g(x)=f(x)−x, continue sur [0;+∞[. g(0)=1>0 et, par somme, limx→+∞g(x)=−∞ ; il existe donc B>0 tel que g(B)<0. Le théorème des valeurs intermédiaires sur [0;B] fournit c tel que g(c)=0, soit f(c)=c. (0,5 pt) (1)

Erreur fréquente — Le théorème des valeurs intermédiaires s'applique à la fonction auxiliaire g, pas à f : ce sont la continuité de g et les signes de g aux bornes qu'il faut justifier.

Exercice 4 – Une suite définie par des équations

(4 pts)
  1. a)fn est continue (polynôme) et fn′(x)=nxn−1+3>0 sur [0;1] : fn est strictement croissante. fn(0)=−3<0 et fn(1)=1+3−3=1>0. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, fn(x)=0 admet une unique solution an dans [0;1] ; comme fn(0)≠0 et fn(1)≠0, on a 0<an<1. (1 pt) (0,8)
  2. b)a1 : 4x−3=0, donc a1=34. a2 : x2+3x−3=0, Δ=9+12=21, racines −3±212 ; seule −3+212≈0,79 appartient à ]0;1[, donc a2=21−32. (0,5 pt) (0,8)
  3. c)Par définition, ann+3an−3=0, donc 3an−3=−ann. Alors fn+1(an)=ann+1+3an−3=ann+1−ann=ann(an−1). Comme 0<an<1, fn+1(an)<0=fn+1(an+1) ; fn+1 étant strictement croissante sur [0;1], on en déduit an<an+1. (1 pt : 0,5 pour le calcul, 0,5 pour la conclusion) (0,8)
  4. d)(an) est croissante et majorée par 1 : d'après le théorème de convergence monotone, elle converge vers un réel ℓ. En passant à la limite dans a1≤an<1, on obtient 34≤ℓ≤1, donc 0<ℓ≤1. (0,5 pt) (0,8)
  5. e)Supposons ℓ<1. La suite étant croissante de limite ℓ, on a 0<an≤ℓ pour tout n, donc 0<ann≤ℓn. Comme 0<ℓ<1, ℓn→0 et, par le théorème des gendarmes, ann→0. Or ann=3(1−an)→3(1−ℓ)>0 : contradiction avec l'unicité de la limite. Donc ℓ=1. (1 pt) (0,8)

Piège — Dans ann, la base et l'exposant varient ensemble : savoir que an<1 ne suffit pas pour affirmer que ann→0. Il faut une base fixe ℓ<1 pour majorer, d'où le raisonnement par l'absurde.

Exercice 5 – Problème — Combien de solutions ?

(4 pts)
  1. a)Si x≤0, alors kx≤0<ex (car k>0) : x n'est pas solution. Toute solution est donc strictement positive et, pour x>0, ex=kx⟺exx=k⟺φ(x)=k. (0,5 pt) (0,8)
  2. b)En 0+ : ex→1 et x→0 avec x>0, donc φ(x)→+∞ (quotient). En +∞ : par croissances comparées, φ(x)→+∞. (1 pt : 0,5 par limite) (0,8)
  3. c)φ′(x)=ex×x−ex×1x2=ex(x−1)x2, du signe de x−1. φ est strictement décroissante sur ]0;1], strictement croissante sur [1;+∞[, de minimum φ(1)=e. (0,5 pt) (0,8)
  4. d)Si 0<k<e : φ(x)≥e>k pour tout x>0, donc aucune solution. Si k=e : le minimum e n'est atteint qu'en x=1 (monotonie stricte de part et d'autre), donc une seule solution, x=1. Si k>e : sur ]0;1], φ est continue, strictement décroissante, de limite +∞ en 0+ et φ(1)=e ; comme k∈]e;+∞[, le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires donne une unique solution dans ]0;1[. De même, sur [1;+∞[, φ est continue, strictement croissante de e à +∞ : une unique solution dans ]1;+∞[. Soit deux solutions au total. (1,5 pt : 0,5 par cas) (0,8)
  5. e)3>e : il y a deux solutions, la plus petite dans ]0;1[, où φ est strictement décroissante. φ(0,6)=e0,60,6≈3,04>3 et φ(0,7)=e0,70,7≈2,88<3, donc la plus petite solution est comprise entre 0,6 et 0,7. (0,5 pt) (0,8)

Astuce — Isoler le paramètre (k=φ(x)) ramène la discussion à la lecture d'un seul tableau de variations : le nombre de solutions est le nombre de points d'intersection de la courbe de φ avec la droite horizontale d'équation y=k.

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