Ressources · Terminale · Spécialité Mathématiques
Limites de fonctions
Limites en l’infini et en un réel, asymptotes, opérations et formes indéterminées, fonction composée, comparaison et gendarmes, croissances comparées de l’exponentielle et des puissances.
À propos de cette page
Limites à l’infini, limites en un réel, asymptotes
Limite infinie en . signifie : tout intervalle contient toutes les valeurs pour assez grand. On définit de même la limite (avec les intervalles ) et les limites quand .
Limite finie en . signifie : tout intervalle ouvert contenant contient toutes les valeurs pour assez grand. La droite d’équation est alors asymptote horizontale à la courbe de en (de même en ).
Limite infinie en un réel . signifie : tout intervalle contient toutes les valeurs pour assez proche de . On distingue la limite à gauche (, avec ) et la limite à droite (, avec ). Si l’une des deux est infinie, la droite d’équation est asymptote verticale à la courbe.
Limite finie en un réel . signifie que est aussi proche de que l’on veut dès que est assez proche de (notion intuitive, sans définition formelle au programme). Pour une fonction usuelle (polynôme, quotient, racine carrée, exponentielle) définie en , cette limite vaut : c’est pourquoi « on remplace par ».
Limites de référence ( entier, ) :
| Fonction | en | en | en |
|---|---|---|---|
| si pair, si impair | |||
| en : ; en : si pair, si impair | |||
| non définie | |||
Position relative. Si la droite est asymptote horizontale, le signe de indique si la courbe est au-dessus () ou en dessous () de l’asymptote.
Lire le tableau. (exposant impair) et (exposant pair). : l’axe des abscisses, d’équation , est asymptote horizontale à la courbe de l’exponentielle en .
Deux asymptotes pour une même courbe. sur . En comme en , ; par somme, : la droite est asymptote horizontale. Comme , la courbe est au-dessus de cette asymptote pour et en dessous pour . En : , donc ; de même . La droite est asymptote verticale.
Même limite des deux côtés. sur . Quand , à gauche comme à droite, tend vers en restant strictement positif : . La droite est asymptote verticale.
Réflexe — Une limite finie en donne une asymptote horizontale ; une limite infinie en un réel donne une asymptote verticale . En une valeur interdite, je calcule séparément la limite à gauche et la limite à droite.
Attention — Une courbe peut couper son asymptote horizontale : tend vers en et pourtant vaut pour . Et une valeur interdite ne donne pas toujours une asymptote verticale : pour , , qui tend vers quand .
1 / 5
Opérations sur les limites et formes indéterminées
Opérations ( et réels ; les règles valent en , en ou en un réel ; FI = forme indéterminée).
Somme :
| FI |
Produit :
| (règle des signes) | ||
| (règle des signes) | ||
| FI |
Quotient :
| (règle des signes) | ||
| ou | ou | (règle des signes) |
| FI | ||
| FI |
Les quatre formes indéterminées : « », « », « », « ».
Polynômes et fonctions rationnelles en . Un polynôme a la même limite que son terme de plus haut degré ; une fonction rationnelle a la même limite que le quotient des termes de plus haut degré du numérateur et du dénominateur. On le justifie à chaque fois en factorisant. Cette règle ne vaut jamais en un réel .
En un réel . On remplace par . Forme « » avec : on étudie le signe du dénominateur à gauche et à droite de . Forme « » : on factorise par et on simplifie, ou on utilise la quantité conjuguée.
Sans forme indéterminée. par somme. : le numérateur tend vers ; pour , , donc le dénominateur tend vers . Par quotient, la limite est . À gauche de , le dénominateur tend vers et la limite est .
Polynôme : « ». : et est elle-même une forme indéterminée. On factorise par le terme de plus haut degré : pour , . Or et la parenthèse tend vers : par produit, la limite est . De même, tend vers en .
Fonction rationnelle : « ». . Pour : . Le numérateur tend vers , le dénominateur vers : , et la droite est asymptote horizontale en et en . Avec des degrés différents : pour , , qui tend vers en (produit de par un quotient qui tend vers ).
« » en un réel : factoriser par . : le numérateur s’annule en , donc il se factorise par : . Pour , le quotient vaut , qui tend vers .
« » avec une racine : la quantité conjuguée. . On multiplie et on divise par : pour . Le dénominateur tend vers : la limite vaut .
Réflexe — Je calcule la limite de chaque morceau. Si c’est une forme indéterminée, je transforme : en , je factorise par le terme de plus haut degré ; en un réel , je factorise par ou j’utilise la quantité conjuguée. Pour « », je cherche le signe du dénominateur de chaque côté. Puis je conclus en citant l’opération (somme, produit, quotient).
Attention — « » et « » sont faux : une forme indéterminée n’est pas un résultat. La règle du terme de plus haut degré ne s’applique qu’en : en un réel, on remplace par sa valeur. Et « » ne se conclut qu’avec le signe ( ou ) du dénominateur.
2 / 5
Limite d’une fonction composée
Théorème (limite d’une fonction composée). Soit , , des réels ou . Si et , alors .
En pratique. On pose , on cherche la limite de , puis on applique la limite de quand tend vers cette valeur. Quand tend vers un réel : , et si (ces fonctions sont continues, résultat admis).
Racine carrée. : on pose . Quand , , et . Par composition, la limite est .
Exponentielle en . : et . Par composition, la limite vaut .
Le côté compte. : quand , , donc et : la limite vaut . Quand , , donc et : la limite est .
Limite intérieure finie. : pour , , qui tend vers . Comme quand , la limite vaut .
Réflexe — Je repère la fonction « extérieure » (, , inverse…) et ce qu’il y a « dedans ». Je pose , je cherche la limite de (en précisant ou si besoin), puis j’applique la limite de la fonction extérieure quand tend vers cette valeur.
Attention — Le côté compte : tend vers à droite de , mais vers à gauche. Et « » ou « » ne sont pas des nombres : on écrit « et ».
3 / 5
Comparaison et théorème des gendarmes
Théorème de comparaison (admis ; même démonstration que pour les suites, voir le chapitre Limites de suites). Si, pour assez grand, et si , alors . Si et , alors . Énoncés analogues en et en un réel .
Théorème des gendarmes (admis). Si, pour assez grand, et si et ont la même limite finie en , alors . Cas utile : si avec , alors .
Ces théorèmes servent quand les opérations ne concluent pas : présence de ou (qui n’ont pas de limite en ), ou d’une fonction dont on ne connaît qu’un encadrement.
Comparaison en . . Pour tout réel , , donc . Or : par comparaison, .
Comparaison en . . Pour tout réel , , donc . Or : par comparaison, .
Gendarmes vers . en . Pour tout : , puis, en divisant par : . Les deux bornes tendent vers en : d’après le théorème des gendarmes, .
Gendarmes vers une limite non nulle. pour . On a , et en : donc .
Réflexe — et n’ont pas de limite en : je les encadre entre et , je reconstruis en justifiant chaque étape (ajouter, multiplier ou diviser par un nombre positif), puis je conclus. Limite infinie : une seule inégalité suffit (comparaison). Limite finie : il faut deux bornes de même limite (gendarmes).
Attention — « » est faux : prend les valeurs et pour des aussi grands que l’on veut. Si avec , on ne peut rien conclure. Et multiplier une inégalité par un nombre négatif change son sens.
4 / 5
Croissances comparées
Croissances comparées. et, plus généralement, pour tout entier :
; ; (en particulier ).
On dit que l’exponentielle « l’emporte » sur les puissances de . Ces résultats servent à lever les formes indéterminées où et une puissance de s’opposent.
Démonstration de (exigible, cas ). Soit sur . On a et pour . Donc est croissante sur et . Donc est croissante et . Ainsi, pour : , puis, en divisant par , . Comme , le théorème de comparaison donne .
Conséquence en . On pose , qui tend vers : . Comme , par quotient .
Cas général (suite de la démonstration exigible). Soit un entier et . On écrit . Avec , on a ; par produit, sa puissance -ième tend vers , et comme , . Par quotient, . Enfin, en , avec : . Par exemple, pour : .
Mettre en facteur. est de la forme « ». On écrit . Par croissance comparée, , donc la parenthèse tend vers ; comme , par produit la limite est .
Un quotient. : on divise numérateur et dénominateur par : . Or (croissance comparée) et : la limite vaut .
En . : on développe, . Par croissances comparées, les deux termes tendent vers : par somme, la limite vaut .
Réflexe — Devant ou en , je mets en facteur pour faire apparaître des , qui tendent vers . En , je développe pour faire apparaître des , ou je pose .
Attention — Les croissances comparées ne servent que pour une forme indéterminée : en , c’est « », donc par produit. Et ne vaut qu’en : en , tend vers .
5 / 5
Pour aller plus loin
Croissances comparées avec le logarithme. et : ces limites sont étudiées dans le chapitre Fonction logarithme népérien.
Des fonctions aux suites. Si , la suite a la même limite : les tableaux d’opérations sont les mêmes que dans le chapitre Limites de suites.
Limite et continuité. Une fonction continue en a pour limite en ; ce lien, et la limite d’une suite , sont traités dans le chapitre Continuité et théorème des valeurs intermédiaires.
- Limite finie en : asymptote horizontale . Limite infinie en un réel : asymptote verticale (limites à gauche et à droite).
- Formes indéterminées : « », « », « », « » ; en , terme de plus haut degré ; en un réel, factoriser par ou conjuguer.
- « » avec : la limite est infinie, son signe dépend du signe ( ou ) du dénominateur.
- Composée : on pose , on cherche la limite de , puis celle de .
- Comparaison : et donnent . Gendarmes : deux bornes de même limite donnent .
- Croissances comparées : et en ; en .
Questions fréquentes
Comment trouver les asymptotes d’une courbe ?
On calcule les limites aux bornes de l’ensemble de définition. Une limite finie ℓ en +∞ ou en −∞ donne une asymptote horizontale d’équation y = ℓ ; une limite infinie quand x tend vers un réel a (à gauche ou à droite) donne une asymptote verticale d’équation x = a. Le signe de f(x) − ℓ donne la position de la courbe.
Comment lever une forme indéterminée dans une limite de fonction ?
En ±∞, on factorise par le terme de plus haut degré (en haut et en bas pour un quotient). En un réel a, une forme « 0/0 » se lève en factorisant par (x − a) ou avec la quantité conjuguée. Pour « ℓ/0 », on étudie le signe du dénominateur à gauche et à droite.
Comment calculer la limite d’une fonction composée ?
On pose X = u(x), on cherche la limite de X (en précisant 0⁺ ou 0⁻ si besoin), puis on applique la limite de la fonction extérieure quand X tend vers cette valeur. Par exemple, e^(−3x) tend vers 0 en +∞ car −3x tend vers −∞.
Quand utiliser le théorème des gendarmes pour une fonction ?
Quand les opérations ne concluent pas, en général à cause de sin x ou cos x, qui n’ont pas de limite en ±∞. On encadre f(x) entre deux fonctions de même limite finie. Pour une limite infinie, une seule inégalité suffit : c’est le théorème de comparaison.
Que disent les croissances comparées ?
En +∞, eˣ/xⁿ tend vers +∞ et xⁿe⁻ˣ tend vers 0 ; en −∞, xⁿeˣ tend vers 0 : l’exponentielle l’emporte sur toute puissance de x. La démonstration de la croissance comparée de xⁿ et eˣ en +∞ est exigible au bac (cas n = 1, puis cas général en posant X = x/n) ; on s’en sert pour lever les formes indéterminées où eˣ et xⁿ s’opposent.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
Prof de maths à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs