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Spécialité Mathématiques Terminale

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Continuité et théorème des valeurs intermédiaires

Continuité en un point et sur un intervalle, opérations et image d’une suite convergente, théorème des valeurs intermédiaires et cas strictement monotone, balayage et dichotomie, suites uₙ₊₁ = f(uₙ) et point fixe.

À propos de cette page
Ce cours de spécialité maths de Terminale sur la continuité suit six parties : continuité en un point et fonctions définies par morceaux, opérations et limite de f(uₙ), théorème des valeurs intermédiaires, corollaire pour une fonction strictement monotone, encadrement par balayage et dichotomie (avec le programme Python), suites uₙ₊₁ = f(uₙ) et point fixe. Chaque partie se termine par une réponse modèle rédigée comme au bac.
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Continuité en un point, sur un intervalle

Ce qu’il faut savoir

Continuité en un point. Soit f une fonction définie sur un intervalle I et a un réel de I. f est continue en a si limx→af(x)=f(a).

Continuité sur un intervalle. f est continue sur I si elle est continue en chaque réel de I. Graphiquement, sa courbe se trace sur I sans lever le crayon : pas de saut, pas de trou. Cette image aide à comprendre, mais elle ne justifie rien.

Dérivable implique continue. Si f est dérivable en a, alors f est continue en a ; une fonction dérivable sur I est donc continue sur I. La réciproque est fausse : x↦|x| et x↦x sont continues en 0 sans y être dérivables.

Fonction définie par morceaux. En un réel a où l’expression change, on calcule f(a), la limite à gauche (x→a avec x<a) et la limite à droite (x→a avec x>a) : f est continue en a lorsque ces trois nombres sont égaux. De même, f est dérivable en a lorsque le taux de variation f(a+h)−f(a)h a la même limite finie à gauche (h<0) et à droite (h>0).

Convention. Dans un tableau de variations, une flèche oblique signifie que la fonction est continue et strictement monotone sur l’intervalle correspondant.

Exemples

Démonstration : dérivable ⟹ continue (non exigible). Pour x≠a, on écrit f(x)=f(a)+(x−a)×f(x)−f(a)x−a. Quand x→a, le quotient tend vers le réel f′(a) et x−a→0 ; par produit, le second terme tend vers 0. Donc limx→af(x)=f(a) : f est continue en a.

Continue mais pas dérivable : |x| en 0. limx→0|x|=0=|0| : la valeur absolue est continue en 0. Mais le taux |0+h|−|0|h=|h|h vaut −1 pour h<0 et 1 pour h>0 : les limites à gauche et à droite diffèrent, la fonction n’est pas dérivable en 0 (la courbe fait un « coin »).

Un saut : la partie entière. La fonction partie entière E associe à x le plus grand entier inférieur ou égal à x : E(2,7)=2, E(−0,5)=−1. Pour 1⩽x<2, E(x)=1 : la limite à gauche en 2 vaut 1, alors que E(2)=2. E n’est pas continue en 2 ; sa courbe est un escalier qui saute d’une unité à chaque entier. (La partie entière n’est pas au programme : elle sert seulement de contre-exemple, et l’énoncé la redéfinit toujours.)

Raccorder deux expressions. g(x)=x2−3 si x<2 et g(x)=kx−5 si x⩾2. À gauche de 2 : limx→2,x<2g(x)=4−3=1. En 2 et à droite : g(2)=2k−5. Donc g est continue en 2 si et seulement si 2k−5=1, soit k=3.

Une valeur à choisir. q(x)=x3−1x−1 pour x≠1. Comme x3−1=(x−1)(x2+x+1), on a q(x)=x2+x+1 pour x≠1, qui tend vers 3 quand x→1. En posant q(1)=3, on obtient une fonction continue en 1 (on dit qu’on prolonge q par continuité en 1).

Réflexe — En un point de jonction, je calcule f(a), la limite à gauche et la limite à droite, puis je compare. Pour une fonction donnée par une seule formule, je ne refais pas ce calcul : je cite le cours (fonctions de référence, opérations, ou « f est dérivable, donc continue »).

Attention — Continue ne veut pas dire dérivable : c’est « dérivable ⟹ continue » qui est vrai. Et « la courbe semble tracée d’un seul trait » n’est pas une justification acceptée en devoir.

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Fonctions continues : opérations et suites

Ce qu’il faut savoir

Fonctions de référence. Sont continues sur chaque intervalle où elles sont définies : les fonctions polynômes (sur ℝ), les fonctions rationnelles (quotients de polynômes), la racine carrée (sur [0;+∞[), l’exponentielle (sur ℝ), le logarithme népérien (sur ]0;+∞[), le sinus, le cosinus et la valeur absolue (sur ℝ).

Opérations. Si u et v sont continues sur I, alors u+v, ku (k réel) et uv sont continues sur I ; uv est continue sur tout intervalle où v ne s’annule pas. Composée : si u est continue sur I, à valeurs dans un intervalle J, et si v est continue sur J, alors x↦v(u(x)) est continue sur I.

Image d’une suite convergente (admis). Si (un) converge vers a et si f est continue en a, alors la suite (f(un)) converge vers f(a).

Exemples

Quotient. f(x)=x+1x−4. Le numérateur est continu sur [0;+∞[ (somme de la racine carrée et d’une constante) ; le dénominateur est un polynôme qui ne s’annule qu’en 4. Par quotient, f est continue sur [0;4[ et sur ]4;+∞[.

Composée. h(x)=ln(x2+1). Le polynôme x↦x2+1 est continu sur ℝ et prend ses valeurs dans [1;+∞[, contenu dans ]0;+∞[ où ln est continue. Par composée, h est continue sur ℝ.

Limite d’une suite par continuité. vn=9+2n pour n⩾1. On a lim(9+2n)=9 et la racine carrée est continue en 9, donc limvn=9=3. De même, 5n→0 et l’exponentielle est continue en 0, donc lime5n=e0=1.

Réflexe — Je découpe la fonction en fonctions de référence et je nomme l’opération : « somme », « produit », « quotient dont le dénominateur ne s’annule pas sur … », « composée de … suivie de … ». Je vérifie les conditions : dénominateur non nul, nombre sous la racine positif ou nul, nombre dans le logarithme strictement positif.

Attention — « Continue sur [0;4[ et sur ]4;+∞[ » ne veut pas dire « continue sur [0;+∞[ » : la fonction n’est même pas définie en 4. Et sans continuité, f(un) peut ne pas tendre vers f(a) : 1−1n→1, mais E(1−1n)=0 pour tout n⩾1, alors que E(1)=1.

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Le théorème des valeurs intermédiaires

Ce qu’il faut savoir

Théorème des valeurs intermédiaires (TVI, admis). Soit f une fonction continue sur un intervalle [a;b]. Pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), il existe au moins un réel c de [a;b] tel que f(c)=k.

Autrement dit, l’équation f(x)=k admet au moins une solution dans [a;b] : la courbe de f coupe au moins une fois la droite d’équation y=k.

Cas k=0. Si f est continue sur [a;b] et si f(a) et f(b) sont de signes contraires (f(a)×f(b)<0), alors f s’annule au moins une fois sur ]a;b[.

Ce que le TVI ne dit pas : ni la valeur de c, ni le nombre de solutions. Et l’hypothèse de continuité est indispensable.

Exemples

Rédaction type. Montrer que x3+x−1=0 admet au moins une solution dans [0;1]. On pose f(x)=x3+x−1. f est une fonction polynôme, donc continue sur [0;1]. f(0)=−1 et f(1)=1+1−1=1. Comme 0 est compris entre −1 et 1, d’après le théorème des valeurs intermédiaires, l’équation f(x)=0 admet au moins une solution dans [0;1].

Avec k≠0. Équation x3−2x=5 : f(x)=x3−2x est continue sur [2;3], f(2)=8−4=4 et f(3)=27−6=21. Comme 4⩽5⩽21, le TVI donne au moins une solution dans [2;3].

Avec l’exponentielle. g(x)=xex−1 est continue sur [0;1] (produit et somme de fonctions continues), g(0)=−1<0 et g(1)=e−1>0 : g s’annule au moins une fois sur ]0;1[.

Sans continuité, plus de garantie. r(x)=1x sur [−1;1] : r(−1)=−1 et r(1)=1, mais r(x)=0 n’a aucune solution. Le TVI ne s’applique pas : r n’est pas définie en 0, donc pas continue sur [−1;1].

Un résultat classique. Si f est continue sur [0;1] et à valeurs dans [0;1], l’équation f(x)=x a au moins une solution. En effet, g(x)=f(x)−x est continue sur [0;1], g(0)=f(0)⩾0 et g(1)=f(1)−1⩽0 : 0 est compris entre g(1) et g(0), et le TVI donne un réel c tel que g(c)=0, soit f(c)=c.

Réflexe — J’écris les trois arguments dans l’ordre : « f est continue sur [a;b] (parce que …) », « f(a)=… et f(b)=… », « k est compris entre f(a) et f(b) » ; puis je conclus : « d’après le théorème des valeurs intermédiaires, l’équation f(x)=k admet au moins une solution dans [a;b] ».

Attention — Le TVI donne « au moins une » solution, jamais « une unique ». Et si f(a) et f(b) ont le même signe, on ne peut rien conclure : x2−1 vaut 3 en −2 et en 2, et s’annule pourtant deux fois sur [−2;2].

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Fonction strictement monotone : nombre de solutions

Ce qu’il faut savoir

Corollaire du TVI (cas strictement monotone). Si f est continue et strictement monotone sur [a;b], alors pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), l’équation f(x)=k admet une unique solution dans [a;b].

Intervalles ouverts ou infinis. Le résultat reste vrai sur ]a;b[, [a;+∞[, ]−∞;b] ou ℝ, en remplaçant f(a) ou f(b) par les limites de f aux bornes ; k doit alors être strictement compris entre ces limites, car une limite n’est pas une valeur atteinte.

Nombre de solutions. On découpe l’intervalle d’étude selon le tableau de variations. Sur chaque morceau où f est continue et strictement monotone, l’équation f(x)=k a une solution si k est entre les valeurs (ou limites) aux bornes du morceau, aucune sinon. On additionne.

Pourquoi l’unicité ? Si f est strictement croissante et x1<x2, alors f(x1)<f(x2) : deux réels distincts n’ont jamais la même image.

Exemples

Réponse modèle bac. Montrer que l’équation x3+3x−5=0 admet une unique solution α sur ℝ. On pose g(x)=x3+3x−5. g est dérivable sur ℝ, donc continue, et g′(x)=3x2+3>0 : g est strictement croissante sur ℝ. Pour x≠0, g(x)=x3(1+3x2−5x3) : la parenthèse tend vers 1, donc limx→+∞g(x)=+∞ et limx→−∞g(x)=−∞. Comme 0 est strictement compris entre −∞ et +∞, d’après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l’équation g(x)=0 admet une unique solution α sur ℝ. Enfin g(1)=−1<0 et g(2)=9>0, donc 1<α<2.

Compter les solutions. f(x)=x3−12x+1 sur ℝ : f′(x)=3x2−12=3(x−2)(x+2), avec f(−2)=−8+24+1=17 et f(2)=8−24+1=−15.

x−∞−22+∞
f′(x)+0−0+
f(x)−∞↗17↘−15↗+∞

Pour f(x)=0 : sur ]−∞;−2], f croît strictement de −∞ à 17 et 0 est entre les deux : une solution ; sur [−2;2], f décroît strictement de 17 à −15 : une solution ; sur [2;+∞[, f croît strictement de −15 à +∞ : une solution. L’équation f(x)=0 a exactement trois solutions. En revanche, f(x)=20 n’en a qu’une : sur ]−∞;2], f(x)⩽17<20 ; sur [2;+∞[, 20 est entre −15 et +∞.

Une borne non atteinte. f(x)=3xx+1 sur [0;+∞[ : f′(x)=3(x+1)2>0, f(0)=0 et limx→+∞f(x)=3. L’équation f(x)=2 a une unique solution (x=2), mais f(x)=3 n’en a aucune : f(x)=3−3x+1<3 pour tout x⩾0.

Réflexe — Je vérifie quatre points : f continue ; f strictement monotone (signe de f′) ; valeurs ou limites aux bornes ; k compris entre elles. Je cite alors « le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires ». Pour compter les solutions, je traite un morceau par flèche du tableau de variations.

Attention — Sans le mot « strictement », pas d’unicité : une fonction constante sur un intervalle y prend une infinité de fois la même valeur. Et une limite n’est pas atteinte : si f tend vers 3 sans l’atteindre, f(x)=3 peut n’avoir aucune solution.

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Encadrer une solution : balayage et dichotomie

Ce qu’il faut savoir

Le corollaire prouve qu’une solution α existe et qu’elle est unique ; on l’approche ensuite par un encadrement.

Balayage. On calcule f(x)−k avec un pas de 0,1 jusqu’au changement de signe : on obtient un encadrement d’amplitude 0,1. On recommence avec un pas de 0,01 dans cet intervalle, et ainsi de suite.

Dichotomie. On part de [a;b] où f change de signe. On calcule f(m) au milieu m=a+b2 et on garde la moitié où il y a changement de signe : si f(a)×f(m)⩽0, on garde [a;m], sinon [m;b]. Après n étapes, l’amplitude de l’encadrement vaut b−a2n.

Précision. Un encadrement α1<α<α2 d’amplitude 10−2 donne des valeurs approchées de α à 10−2 près : α1 par défaut, α2 par excès. Pour l’arrondi au centième, on regarde en plus le signe au milieu de l’encadrement.

Exemples

Dichotomie à la main. On reprend g(x)=x3+3x−5 de la partie précédente : g(1)=−1<0 et g(2)=9>0.

ÉtapeMilieu mg(m)Intervalle gardé
11,52,875>0[1;1,5]
21,25≈0,703>0[1;1,25]
31,125≈−0,201<0[1,125;1,25]
41,1875≈0,237>0[1,125;1,1875]

Après 4 étapes, 1,125<α<1,1875 : l’amplitude vaut 124=116.

En Python. La fonction dicho(a, b, p) renvoie un encadrement de la solution d’amplitude inférieure ou égale à p :

def f(x):
    return x**3 + 3*x - 5

def dicho(a, b, p):
    while b - a > p:
        m = (a + b) / 2
        if f(a) * f(m) <= 0:
            b = m
        else:
            a = m
    return (a, b)

L’appel dicho(1, 2, 0.01) fait 7 passages dans la boucle (après 6 passages, l’amplitude 164 dépasse encore 0,01 ; après 7, elle vaut 1128<0,01) et renvoie (1.1484375, 1.15625).

Balayage. h(x)=x+x est continue et strictement croissante sur [0;+∞[ (somme de deux fonctions continues strictement croissantes), h(1)=2 et h(4)=6 : l’équation h(x)=3 a une unique solution α, dans ]1;4[. Au pas de 0,1 : h(1,6)≈2,865<3 et h(1,7)≈3,004>3, donc 1,6<α<1,7. Au pas de 0,01 : h(1,69)=2,99<3 et h(1,7)≈3,004>3, donc 1,69<α<1,70. Enfin h(1,695)≈2,997<3, donc α>1,695 : l’arrondi de α au centième est 1,70.

Pour aller plus vite : la méthode de Newton. On remplace la courbe par sa tangente : xn+1=xn−g(xn)g′(xn). Avec g(x)=x3+3x−5 et x0=1 : x1=76≈1,1667, x2=883765≈1,1542, x3≈1,154171 : trois étapes donnent déjà 6 décimales justes (α≈1,154171), contre une vingtaine pour la dichotomie. La méthode de la sécante remplace la tangente par la corde.

Réflexe — Pour une précision de 10−2, je balaye au pas de 0,01, ou je fais assez d’étapes de dichotomie pour que b−a2n⩽0,01. Je vérifie toujours le signe aux deux bornes de l’encadrement que j’écris.

Attention — Pour f(x)=k avec k≠0, c’est le signe de f(x)−k qui change, pas celui de f(x). Et l’encadrement 1,69<α<1,70 ne dit pas, à lui seul, si l’arrondi au centième est 1,69 ou 1,70.

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Suites uₙ₊₁ = f(uₙ) : limite et point fixe

Ce qu’il faut savoir

Théorème du point fixe. Soit (un) la suite définie par u0 et, pour tout n, un+1=f(un). Si (un) converge vers un réel ℓ et si f est continue en ℓ, alors f(ℓ)=ℓ : la limite est un point fixe de f.

Ce théorème ne prouve pas la convergence : il donne les valeurs possibles de la limite, une fois la convergence établie (en général par le théorème de convergence monotone).

Méthode complète, quand f est croissante sur un intervalle [a;b] qui contient tous les termes :
1. on démontre par récurrence un encadrement et le sens de variation, par exemple a⩽un⩽un+1⩽b, en appliquant f, qui conserve l’ordre ;
2. croissante et majorée (ou décroissante et minorée), la suite converge vers un réel ℓ de [a;b] ;
3. f est continue en ℓ, donc f(ℓ)=ℓ : on résout et on garde la solution située dans [a;b].

Exemples

Démonstration du théorème (non exigible). Si un→ℓ, alors un+1→ℓ aussi (c’est la même suite, décalée d’un rang). Par ailleurs, f est continue en ℓ, donc f(un)→f(ℓ) (image d’une suite convergente). Comme un+1=f(un) pour tout n, l’unicité de la limite donne ℓ=f(ℓ).

Réponse modèle bac. u0=1 et, pour tout n, un+1=2un. On pose f(x)=2x, croissante sur [0;+∞[.
Récurrence. Pour tout n, on note 𝒫(n) : « 1⩽un⩽un+1⩽4 ». Initialisation : u0=1 et u1=21=2, donc 1⩽1⩽2⩽4 : 𝒫(0) est vraie. Hérédité : soit k un entier tel que 𝒫(k) est vraie. Comme f est croissante sur [0;+∞[, f(1)⩽f(uk)⩽f(uk+1)⩽f(4), soit 2⩽uk+1⩽uk+2⩽4, d’où 1⩽uk+1⩽uk+2⩽4 : 𝒫(k+1) est vraie. Conclusion : 𝒫(n) est vraie pour tout n.
Convergence. La suite est croissante et majorée par 4 : d’après le théorème de convergence monotone, elle converge vers un réel ℓ tel que 1⩽ℓ⩽4.
Limite. f est continue sur [0;+∞[, donc en ℓ : ℓ=2ℓ. En élevant au carré, ℓ2=4ℓ, soit ℓ(ℓ−4)=0 : ℓ=0 ou ℓ=4. Comme ℓ⩾1, limun=4.

Un point fixe ne suffit pas. t0=0,3 et tn+1=1−tn : t1=0,7, t2=0,3, et ainsi de suite. La suite alterne entre 0,3 et 0,7 sans converger, alors que x↦1−x a un point fixe, 0,5.

Réflexe — Trois temps, dans cet ordre : 1) je prouve que la suite converge (récurrence, puis convergence monotone) ; 2) je justifie que f est continue en ℓ ; 3) je résous f(ℓ)=ℓ et j’élimine les solutions qui sortent de l’encadrement.

Attention — Résoudre f(ℓ)=ℓ avant d’avoir prouvé la convergence ne prouve rien : la suite peut diverger alors que f a des points fixes. Et s’il y a deux points fixes, c’est l’encadrement des termes, ou le sens de variation, qui désigne la limite.

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Pour aller plus loin

Calculer les limites aux bornes. Le corollaire du TVI sur un intervalle ouvert demande les limites de f aux bornes : les techniques (formes indéterminées, croissances comparées) sont dans le chapitre Limites de fonctions.

Prouver la convergence. Le théorème de convergence monotone et les suites arithmético-géométriques (où l’on résout aussi ℓ=aℓ+b) sont traités dans Limites de suites ; la rédaction d’une récurrence, dans Raisonnement par récurrence.

Définir le logarithme. L’exponentielle est continue et strictement croissante sur ℝ, de limite 0 en −∞ et +∞ en +∞ : pour tout k>0, l’équation ex=k a donc une unique solution, notée lnk. C’est le point de départ du chapitre Fonction logarithme népérien.

À retenir
  • f continue en a : limx→af(x)=f(a). Dérivable ⟹ continue ; la réciproque est fausse (|x| et x en 0).
  • Polynômes, fonctions rationnelles, racine carrée, exponentielle, logarithme, sinus et cosinus sont continus là où ils sont définis ; sommes, produits, quotients (dénominateur non nul) et composées aussi.
  • TVI : f continue sur [a;b] et k entre f(a) et f(b) ⟹ l’équation f(x)=k a au moins une solution dans [a;b].
  • Continue et strictement monotone ⟹ une unique solution ; aux bornes ouvertes, k strictement entre les limites.
  • Balayage et dichotomie encadrent la solution : après n étapes de dichotomie, l’amplitude vaut b−a2n.
  • un+1=f(un) converge vers ℓ et f continue en ℓ ⟹ f(ℓ)=ℓ ; la convergence se prouve d’abord.

Questions fréquentes

Comment montrer qu’une fonction est continue ?

On ne s’appuie pas sur le dessin : on cite le cours. Les fonctions polynômes, rationnelles, racine carrée, exponentielle, logarithme, sinus et cosinus sont continues là où elles sont définies, ainsi que leurs sommes, produits, quotients (dénominateur non nul) et composées. Une fonction dérivable est aussi continue. En un point de jonction d’une fonction par morceaux, on compare la valeur et les limites à gauche et à droite.

Que dit exactement le théorème des valeurs intermédiaires ?

Si f est continue sur [a ; b], tout réel k compris entre f(a) et f(b) est atteint au moins une fois : l’équation f(x) = k a au moins une solution dans [a ; b]. Le théorème ne donne ni la valeur de la solution ni le nombre de solutions.

Comment prouver qu’une équation a une unique solution ?

On utilise le corollaire du TVI : f continue et strictement monotone sur l’intervalle, et k compris entre les valeurs aux bornes (ou strictement entre les limites si l’intervalle est ouvert). Pour compter les solutions, on applique ce résultat sur chaque intervalle du tableau de variations et on additionne.

Comment encadrer une solution par dichotomie ?

On part d’un intervalle [a ; b] où f change de signe, on calcule f au milieu m et on garde la moitié où le signe change encore. Après n étapes, l’amplitude vaut (b − a)/2ⁿ. En Python, une boucle « while b − a > p » répète l’opération jusqu’à la précision p.

Comment trouver la limite d’une suite uₙ₊₁ = f(uₙ) ?

On prouve d’abord que la suite converge, en général par récurrence (encadrement et sens de variation) puis par le théorème de convergence monotone. Ensuite, si f est continue en la limite ℓ, on a f(ℓ) = ℓ : on résout cette équation et on garde la solution compatible avec l’encadrement des termes.

Bloqué sur ce chapitre ?

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