06 29 33 79 32 Je réserve ici
Terminale

Ressources · Terminale ·

Méthode de la dissertation en HGGSP

Analyser un sujet, poser une problématique, construire un plan, mobiliser exemples, acteurs et échelles, rédiger introduction et conclusion (spécialité HGGSP, bac)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Méthode de la dissertation en HGGSP » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : L'épreuve de spécialité et les attentes du correcteur, Lire et analyser le sujet : définir, borner, reformuler, Mobiliser ses connaissances : acteurs, échelles, exemples datés, Problématiser : trouver la tension du sujet. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Dissertation

Exercice qui répond à un sujet par une argumentation construite (introduction, développement en parties, conclusion), fondée sur les seules connaissances du candidat.

À ne pas confondre

  • Étude critique de document(s) — L'étude critique part d'un ou deux documents fournis, à analyser et à critiquer ; la dissertation part d'un sujet seul, sans document.

Selon l'époque et le point de vue — Exercice central de l'enseignement français depuis le XIXe siècle ; en HGGSP, il constitue la moitié de l'épreuve écrite de spécialité issue de la réforme du baccalauréat et du programme de 2019.

Ce que le mot permet d'écrire — C'est un exercice de démonstration : la faute est d'en faire un exposé de tout ce qu'on sait sur le thème.

Analyser (un sujet)

Décomposer le sujet en ses termes, définir chacun, fixer ses bornes et repérer ce qu'il demande vraiment.

À ne pas confondre

  • Décrire — Décrire, c'est dire ce qui est ; analyser, c'est expliquer comment et pourquoi, en reliant les éléments entre eux.

Selon l'époque et le point de vue — Le verbe vient du grec analusis, « décomposition » ; en histoire-géographie, il désigne la première étape de toute dissertation.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour tous les sujets ; la faute est de sauter cette étape et de partir du thème général au lieu du sujet précis.

Bornes

Limites chronologiques (dates de début et de fin) et spatiales (espaces étudiés) du sujet.

À ne pas confondre

  • Contexte — Le contexte peut évoquer brièvement ce qui précède les bornes ; les bornes, elles, délimitent ce qu'on démontre.

Selon l'époque et le point de vue — Notion classique de la méthode historique : toute période est construite par l'historien, qui doit justifier ses découpages.

Ce que le mot permet d'écrire — Chaque date donnée par le sujet se justifie dans l'introduction ; si le sujet n'en donne pas, on les fixe soi-même. Faute : ignorer une borne, ou déborder largement.

Problématique

Question ouverte, posée par le candidat, qui fait apparaître la tension du sujet et guide toute la démonstration.

À ne pas confondre

  • Sujet — Le sujet est donné ; la problématique est la question que l'on construit à partir de lui. La recopier avec un point d'interrogation ne suffit pas.
  • Question fermée — Une question fermée appelle oui ou non ; une problématique appelle une démonstration.

Selon l'époque et le point de vue — Terme passé des sciences sociales à l'enseignement secondaire ; problématiser est une capacité explicitement travaillée dans les programmes du lycée de 2019.

Ce que le mot permet d'écrire — Se place à la fin de l'introduction, juste avant l'annonce du plan. Faute : en poser plusieurs, ou aucune.

« Dans quelle mesure… ? »

Formule qui demande d'évaluer le degré de validité d'une affirmation : jusqu'où elle est vraie, et où elle cesse de l'être.

À ne pas confondre

  • « Est-ce que… ? » — « Est-ce que » appelle oui ou non ; « dans quelle mesure » appelle une réponse nuancée et graduée.

Selon l'époque et le point de vue — Tournure courante des sujets d'examen en histoire, en géographie et en sciences sociales.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour les sujets du type « X, un enjeu de puissance ? ». Faute : répondre entièrement oui ou entièrement non, sans nuance.

Expliquer / Montrer que

Expliquer : dire pourquoi et comment. Montrer que : prouver une affirmation déjà posée par le sujet, par des arguments et des exemples.

À ne pas confondre

  • Discuter — « Montrer que » ne demande pas de réfuter l'affirmation ; « discuter » demande d'en examiner aussi les limites.

Selon l'époque et le point de vue — Verbes de consigne communs à l'histoire-géographie, aux SES et à l'étude critique de documents.

Ce que le mot permet d'écrire — Faute : contester une affirmation qu'on demandait de prouver, ou se contenter de raconter sans expliquer.

Confronter

Mettre deux sources, deux points de vue ou deux échelles face à face pour en dégager les accords, les différences et leurs raisons.

À ne pas confondre

  • Comparer — Comparer relève des ressemblances et des différences ; confronter cherche en plus pourquoi elles existent (auteurs, intérêts, moments).

Selon l'époque et le point de vue — Verbe hérité de la critique historique des sources, surtout présent dans l'étude critique, mais utile en dissertation.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans les sujets de mémoire ou de conflit. Faute : présenter les points de vue l'un après l'autre sans jamais les relier.

Plan

Organisation de la démonstration en deux ou trois parties, elles-mêmes divisées en sous-parties.

À ne pas confondre

  • Plan chronologique — Suit les étapes d'une évolution, découpées par des dates justifiées.
  • Plan thématique — Suit les dimensions d'un phénomène (acteurs, moyens, limites) ; il doit progresser vers une réponse.

Selon l'époque et le point de vue — Le plan en parties titrées est une exigence ancienne de la dissertation à la française ; en HGGSP, les titres apparents sont admis s'ils sont rédigés.

Ce que le mot permet d'écrire — Les titres doivent être des phrases qui affirment. Faute : le plan catalogue ou « avantages / inconvénients ».

Paragraphe argumenté (AEI)

Unité du développement : une Affirmation, son Explication, une Illustration par un exemple précis.

À ne pas confondre

  • Exemple — L'exemple n'est que la troisième étape ; seul, il ne démontre rien.

Selon l'époque et le point de vue — Sigle d'usage scolaire, qui connaît des variantes selon les manuels, pour décrire la construction classique d'un argument.

Ce que le mot permet d'écrire — Un paragraphe par sous-partie, avec alinéa. Faute : le paragraphe sans exemple, ou la liste de dates sans explication.

Accroche

Première phrase de l'introduction : un fait daté, une citation exacte ou une situation précise, directement liée au sujet.

À ne pas confondre

  • Généralité — « Depuis toujours… » n'est pas une accroche mais une phrase vide.

Selon l'époque et le point de vue — Élément traditionnel de l'introduction ; en HGGSP, l'actualité ou un texte fondateur (traité, discours) font de bonnes accroches.

Ce que le mot permet d'écrire — Elle doit mener au sujet en une ou deux phrases. Faute : une citation inventée ou mal attribuée.

Annonce du plan

Dernière phrase de l'introduction, qui présente les parties dans l'ordre où elles seront traitées.

À ne pas confondre

  • Problématique — La problématique pose la question ; l'annonce dit comment on va y répondre.

Selon l'époque et le point de vue — Usage de la dissertation française : le correcteur doit connaître le chemin avant de le suivre.

Ce que le mot permet d'écrire — Une phrase fluide (« Nous verrons d'abord… puis… enfin… »). Faute : annoncer un plan que le développement ne suit pas.

Transition

Une ou deux phrases en fin de partie qui font le bilan de celle-ci et justifient le passage à la suivante.

À ne pas confondre

  • Conclusion partielle — La conclusion partielle résume ; la transition résume et ouvre sur la question qui suit.

Selon l'époque et le point de vue — Élément de la rhétorique classique, repris dans toute la dissertation scolaire.

Ce que le mot permet d'écrire — Elle rend visible la logique du plan. Faute : l'oublier, ce qui donne des parties juxtaposées.

Conclusion (bilan et ouverture)

Fin de la copie : un bilan qui répond explicitement à la problématique, puis une ouverture vers un prolongement lié au sujet.

À ne pas confondre

  • Résumé — Le résumé répète les parties ; le bilan donne la réponse et son mouvement.

Selon l'époque et le point de vue — Partie rituelle de la dissertation ; souvent sacrifiée faute de temps, d'où le conseil de la rédiger au brouillon.

Ce que le mot permet d'écrire — Faute : une ouverture sans rapport, ou une conclusion qui ajoute des connaissances nouvelles.

Acteur

Individu, groupe, État, organisation ou entreprise qui agit et dont les décisions pèsent sur la situation étudiée.

À ne pas confondre

  • Facteur — Un facteur est une cause (le réchauffement, la technique) ; un acteur est quelqu'un qui décide.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de la géographie et de la géopolitique contemporaines, qui étudient les jeux entre acteurs sur un territoire.

Ce que le mot permet d'écrire — Chaque sujet de HGGSP en appelle plusieurs, de natures différentes. Faute : ne nommer que des États, ou des acteurs vagues (« les pays »).

Échelle (approche multiscalaire)

Niveau d'analyse, du local au mondial ; l'approche multiscalaire passe d'une échelle à l'autre pour montrer que les enjeux s'y emboîtent.

À ne pas confondre

  • Échelle d'une carte — En dissertation, l'échelle désigne un niveau d'analyse, pas le rapport de réduction d'une carte.

Selon l'époque et le point de vue — Démarche mise en avant par les géographes depuis les années 1970, notamment Yves Lacoste et la revue Hérodote (1976).

Ce que le mot permet d'écrire — Exigée dans presque tous les sujets. Faute : rester à l'échelle mondiale, sans lieu précis.

Géopolitique

Étude des rivalités de pouvoirs sur des territoires, et des représentations que les acteurs se font de ces territoires.

À ne pas confondre

  • Géographie politique — La géographie politique décrit l'organisation politique des espaces ; la géopolitique étudie les conflits de pouvoir qui s'y jouent.

Selon l'époque et le point de vue — Mot forgé en 1899 par le Suédois Rudolf Kjellén ; renouvelé en France par Yves Lacoste à partir de 1976.

Ce que le mot permet d'écrire — Un sujet dit « enjeu géopolitique » demande des acteurs en rivalité sur un espace. Faute : l'employer comme simple synonyme de « international ».

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Causes / conséquences

Expliquer pourquoi un phénomène survient, puis ce qu'il transforme.

Ce qu'il débloque — Plan en deux temps, souvent complété par une troisième partie sur les réponses des acteurs.

Exemple — Sur le sujet « Le changement climatique, un enjeu géopolitique depuis 1988 », il permet de passer du constat scientifique aux rivalités qu'il suscite entre États.

Acteurs / échelles

Qui agit, et à quel niveau : local, national, régional, mondial.

Ce qu'il débloque — Grille de brouillon plus que plan : elle garantit que chaque partie contient plusieurs acteurs et plusieurs échelles.

Exemple — Sur le sujet « Les guerres irrégulières depuis 2001 », il permet de relier Daech à Mossoul, la coalition internationale et les attentats en Europe.

Rupture / continuité

Distinguer ce qui change brusquement de ce qui dure.

Ce qu'il débloque — Idéal pour un plan chronologique ou pour nuancer une date présentée comme un tournant.

Exemple — Sur le sujet « Faire la paix depuis 1648 », il permet de montrer que l'ONU rompt avec la SDN tout en reprenant son principe de sécurité collective.

Coopération / rivalité

Les acteurs s'entendent et s'affrontent, souvent en même temps.

Ce qu'il débloque — Plan qui montre que la coopération encadre la rivalité sans la supprimer.

Exemple — Sur le sujet « Conquérir l'espace depuis 1957 », il permet d'articuler la course à la Lune et la Station spatiale internationale.

Histoire / mémoire

L'histoire établit et explique les faits ; la mémoire est le souvenir vécu et transmis par des groupes.

Ce qu'il débloque — Plan qui suit les étapes du dialogue entre historiens, témoins, État et justice.

Exemple — Sur le sujet « Histoire et mémoires de la guerre d'Algérie », il permet de distinguer les travaux historiques des mémoires concurrentes.

Ambitions / limites

Ce qu'un acteur veut atteindre, et ce qui l'en empêche.

Ce qu'il débloque — Utile pour les sujets sur une puissance : deux parties d'affirmation, une partie de nuance.

Exemple — Sur le sujet « La Chine à la conquête des mers et de l'espace », il permet d'opposer ses succès spatiaux à la sentence arbitrale de 2016 qu'elle refuse.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs