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Thème 2 — Axe 1 : la dimension politique de la guerre

Clausewitz, des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux, Al-Qaïda et Daech (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « Thème 2 — Axe 1 : la dimension politique de la guerre » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Penser la guerre : définitions et enjeux, Clausewitz, un officier prussien face à la guerre napoléonienne, De la guerre : les concepts clés, Le modèle interétatique : apogée et dérives (1870-1991). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
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Les repères à connaître

16 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.

  1. 23 août 1793Décret de levée en masse (Convention nationale)La nation entière est mise au service de la guerre : la guerre des rois devient guerre des peuples, ce qui rend possible la montée aux extrêmes.
  2. 14 octobre 1806Batailles d'Iéna et d'AuerstedtLa Prusse s'effondre en une journée ; Clausewitz est fait prisonnier. Point de départ de sa réflexion et de la réforme de l'armée prussienne.
  3. 1808-1814Guerre d'Espagne et guérilla contre l'occupation françaisePremier grand exemple moderne de guerre irrégulière menée par une population contre une armée régulière ; le mot « guérilla » en vient.
  4. 1832Publication posthume de De la guerre (Vom Kriege)Le traité définit la guerre comme instrument de la politique ; il sert de référence à tous les stratèges jusqu'à aujourd'hui.
  5. 1870-1871Guerre franco-allemandeGuerre interétatique courte (Sedan, 2 septembre 1870) au service d'un but politique, l'unité allemande (18 janvier 1871).
  6. 1907Conventions de La HayeLe droit codifie la guerre entre États : définition du combattant, déclaration préalable des hostilités.
  7. 1914-1918Première Guerre mondialePremière guerre totale : mobilisation de toute l'économie et de toute la société.
  8. 1939-1945Seconde Guerre mondialeApogée de la guerre totale ; les civils deviennent des cibles à grande échelle.
  9. 6 et 9 août 1945Bombardements atomiques d'Hiroshima et de NagasakiRupture nucléaire : entre puissances nucléaires, la guerre absolue devient suicidaire ; naissance de la dissuasion.
  10. 1954-1962Guerre d'AlgérieGuerre irrégulière de décolonisation : une armée régulière l'emporte sur le terrain mais perd la guerre politique.
  11. 1988Fondation d'Al-Qaïda autour d'Oussama ben LadenNaissance d'un acteur transnational du djihadisme, issu de la guerre contre l'armée soviétique en Afghanistan.
  12. 11 septembre 2001Attentats d'Al-Qaïda contre les États-Unis2 977 morts ; les États-Unis parlent d'« acte de guerre » et attaquent l'Afghanistan le 7 octobre 2001 : début de la « guerre contre la terreur ».
  13. 29 juin 2014Proclamation du « califat » par DaechUn groupe djihadiste se dote d'un territoire entre Syrie et Irak : acteur à la fois régulier et irrégulier.
  14. 13 novembre 2015Attentats de Paris et de Saint-Denis revendiqués par Daech130 morts ; le 16 novembre, François Hollande déclare devant le Congrès : « La France est en guerre. »
  15. 23 mars 2019Chute de Baghouz, dernier réduit territorial de Daech en SyrieFin du califat territorial, pas de l'organisation, qui survit en réseau et par ses « provinces ».
  16. 24 février 2022Invasion de l'Ukraine par la RussieRetour en Europe d'une guerre interétatique de haute intensité, aux buts territoriaux et politiques déclarés.
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Penser la guerre : définitions et enjeux

Le thème 2 de la spécialité HGGSP, « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution », part d'une question simple : qu'est-ce qui fait d'une violence armée une guerre ? L'axe 1 répond par la dimension politique : la guerre n'est pas une explosion de brutalité, c'est un moyen au service d'une fin. Le programme (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) propose deux jalons : la pensée de Carl von Clausewitz (1780-1831), qui définit la guerre comme « continuation de la politique par d'autres moyens » ; puis la mise à l'épreuve de ce modèle par des acteurs non étatiques, Al-Qaïda et Daech.

Guerre : affrontement armé, organisé et durable entre des groupes politiques, dont l'un au moins cherche à imposer sa volonté à l'autre par la force.
Conflit : opposition d'intérêts entre acteurs, qui peut rester diplomatique, économique ou juridique. Toute guerre est un conflit ; tout conflit n'est pas une guerre.

Trois distinctions organisent le chapitre. La guerre interétatique oppose des États souverains, avec des armées régulières, une déclaration et une fin négociée : c'est le modèle européen de l'époque moderne jusqu'en 1945. La guerre irrégulière oppose une armée à des combattants qui refusent l'affrontement en ligne : guérilla, insurrection, terrorisme. La guerre asymétrique met face à face des adversaires de puissance très inégale, le plus faible cherchant à compenser son infériorité par la surprise, la durée et l'effet psychologique.

Le fil du chapitre va donc des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux. Le 11 septembre 2001, les États-Unis, première puissance militaire du monde, sont frappés sur leur sol par un réseau sans territoire ni armée. La question est de savoir si la grille de Clausewitz permet encore de comprendre ces guerres, et ce qu'elle devient quand l'ennemi n'est plus un État.

Dans toute copie, posez d'abord qui fait la guerre (un État, un groupe armé), pour quoi (le but politique) et comment (les moyens). Ce triptyque acteur-but-moyens est déjà clausewitzien.
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Clausewitz, un officier prussien face à la guerre napoléonienne

Au XVIIIe siècle, la guerre européenne est une affaire de souverains. Des armées professionnelles, coûteuses et peu nombreuses, manœuvrent pour prendre des places fortes ; la guerre de Sept Ans (1756-1763) se règle par des traités qui échangent des territoires. Les buts sont limités, la population reste en principe à l'écart.

La Révolution française bouleverse ce modèle. Le décret de levée en masse du 23 août 1793 met la nation entière au service de la guerre. Napoléon Bonaparte en tire une guerre de mouvement qui cherche la bataille décisive et la destruction de l'armée adverse : Austerlitz (2 décembre 1805), puis Iéna et Auerstedt (14 octobre 1806), où la Prusse s'effondre en une journée.

Carl von Clausewitz, né en 1780 à Burg, près de Magdebourg, entre dans l'armée prussienne à douze ans. Fait prisonnier lors de la débâcle de 1806, il participe ensuite, avec Scharnhorst et Gneisenau, à la réforme de l'armée prussienne. En 1812, refusant l'alliance imposée par Napoléon à la Prusse, il passe au service de la Russie et assiste à la bataille de la Moskova (7 septembre 1812). En 1815, il est chef d'état-major d'un corps prussien pendant la campagne de Waterloo. Directeur de l'École générale de guerre de Berlin de 1818 à 1830, il meurt du choléra à Breslau en novembre 1831.

Il a aussi observé une autre guerre : en Espagne (1808-1814), la guérilla harcèle les troupes françaises. Clausewitz enseigne la « petite guerre » dès 1810-1811 et consacre un chapitre de son traité à l'« armement du peuple ».

Son œuvre, De la guerre (Vom Kriege), inachevée, est publiée en 1832 par sa veuve, Marie von Brühl. Des notes de l'auteur (1827, puis vers 1830) montrent qu'il voulait la réviser : seul le premier chapitre du livre I lui paraissait achevé.

Clausewitz n'invente pas la guerre napoléonienne : il cherche à comprendre pourquoi elle a été si différente des guerres du siècle précédent. Sa réponse est politique : la Révolution a changé la nature de l'État et de ses buts, donc celle de la guerre.
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De la guerre : les concepts clés

Le livre I s'ouvre sur une définition : la guerre est « un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté ». Trois idées en découlent.

1. La primauté du politique. La formule la plus célèbre suit : la guerre est « une simple continuation de la politique par d'autres moyens ». Le but politique fixe l'objectif militaire et la mesure des efforts ; le moyen n'a pas de sens sans la fin. Conséquence : c'est le gouvernement, non le chef militaire, qui décide de la guerre, de ses buts et de sa fin.

2. Guerre absolue et guerre réelle. En théorie, chaque adversaire répond à l'effort de l'autre par un effort plus grand : c'est la montée aux extrêmes, qui conduirait à une guerre « absolue ». Dans la réalité, la politique, le temps, l'incertitude — le « brouillard » de la guerre — et la friction (fatigue, erreurs, hasard) freinent cette logique. La guerre réelle est donc toujours plus limitée que son concept.

3. La « trinité ». Clausewitz compare la guerre à un caméléon qui change de nature selon les cas, mais qui combine toujours trois tendances : la violence et la haine, qui relèvent surtout du peuple ; le jeu du hasard et des probabilités, domaine du chef et de son armée ; la subordination à la raison politique, qui revient au gouvernement. Une guerre se comprend par l'équilibre entre ces trois pôles.

Il y ajoute des outils plus militaires : la défensive, forme de guerre plus forte mais aux buts négatifs (conserver plutôt que conquérir), et le centre de gravité de l'ennemi, point où porter l'effort : son armée, sa capitale, son allié principal.

La formule de Clausewitz est à la fois descriptive et normative : elle dit ce qu'est la guerre (un instrument) et ce qu'elle doit rester (soumise au politique). Une copie qui n'en retient que la première moitié perd l'essentiel.
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Le modèle interétatique : apogée et dérives (1870-1991)

Au XIXe siècle, Clausewitz devient une référence. Helmuth von Moltke, chef d'état-major prussien, s'en réclame lors des victoires sur l'Autriche (1866) et sur la France (1870-1871) : la capitulation de Sedan (2 septembre 1870) et la proclamation de l'Empire allemand à Versailles (18 janvier 1871) illustrent une guerre courte au service d'un but politique, l'unité allemande. Mais Moltke tire déjà le modèle vers l'autonomie militaire : une fois la guerre commencée, le politique devrait s'effacer devant les opérations. Les francs-tireurs de 1870 rappellent, eux, que l'irrégulier n'a pas disparu.

Le droit codifie le duel entre États : première convention de Genève (1864) sur les blessés, conventions de La Haye (1899 et 1907) qui définissent le combattant et, en 1907, imposent une déclaration préalable des hostilités.

Les guerres mondiales poussent la logique vers la guerre totale. De 1914 à 1918, puis de 1939 à 1945, les États mobilisent toute leur économie et toute leur société ; les civils deviennent des cibles. En 1935, le général allemand Erich Ludendorff publie La Guerre totale et renverse la formule : la politique devrait servir la guerre. La montée aux extrêmes, que Clausewitz jugeait théorique, se réalise.

Les bombardements atomiques d'Hiroshima (6 août 1945) et de Nagasaki (9 août) ouvrent une rupture. Entre puissances nucléaires, la guerre absolue signifierait la destruction mutuelle : la dissuasion interdit l'affrontement direct. Raymond Aron, dans Penser la guerre, Clausewitz (1976), y lit une confirmation de la primauté du politique : l'arme suprême sert d'abord à ne pas faire la guerre.

La guerre froide (1947-1991) déplace la violence vers des guerres limitées et irrégulières : Corée (1950-1953), décolonisation (Indochine 1946-1954, Algérie 1954-1962), Vietnam. Mao Zedong théorise dès 1938 la « guerre prolongée », où la guérilla use un adversaire plus fort : le combattant irrégulier devient un acteur central.

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Al-Qaïda : une guerre transnationale en réseau

Al-Qaïda (« la base ») naît en 1988, entre Pakistan et Afghanistan, parmi les volontaires arabes venus combattre l'armée soviétique, entrée en Afghanistan en décembre 1979 et retirée en février 1989. Son chef, le Saoudien Oussama ben Laden, s'installe en 1996 en Afghanistan, où les talibans prennent Kaboul la même année.

Le but est politique : chasser les États-Unis du monde musulman — l'« ennemi lointain » — pour faire tomber les régimes jugés impies — l'« ennemi proche » — et restaurer à terme un califat. En février 1998, ben Laden appelle à tuer des Américains, civils compris. Suivent les attentats contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es Salaam (7 août 1998, 224 morts), puis contre le destroyer USS Cole au Yémen (12 octobre 2000).

Le 11 septembre 2001, dix-neuf terroristes détournent quatre avions de ligne ; les tours du World Trade Center à New York et le Pentagone sont frappés, le quatrième avion s'écrase en Pennsylvanie : 2 977 personnes sont tuées. Le Conseil de sécurité reconnaît dès le 12 septembre le droit de légitime défense (résolution 1368) et l'OTAN invoque pour la première fois l'article 5 de son traité. Le 7 octobre 2001, les États-Unis et leurs alliés attaquent l'Afghanistan : le régime taliban tombe en quelques semaines. George W. Bush parle d'une « guerre contre la terreur », qui sert aussi à justifier l'invasion de l'Irak en mars 2003, sans autorisation explicite du Conseil de sécurité.

Al-Qaïda est un acteur transnational : un réseau sans territoire propre, qui recrute, finance et frappe par-delà les frontières, puis se décentralise en « franchises » (Al-Qaïda au Maghreb islamique en 2007, dans la péninsule Arabique en 2009). Ben Laden est tué par un commando américain à Abbottabad, au Pakistan, le 2 mai 2011 ; son successeur Ayman al-Zawahiri l'est à Kaboul le 31 juillet 2022, un an après le retour au pouvoir des talibans (15 août 2021).

Le 11 septembre montre le paradoxe : un acteur non étatique poursuit un but politique par la violence, ce qui est clausewitzien ; mais il n'a ni armée, ni territoire, ni gouvernement à abattre, ce qui ne l'est pas.
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Daech : un proto-État djihadiste (2006-2019)

Daech (acronyme arabe de l'« État islamique en Irak et au Levant ») naît de la branche irakienne d'Al-Qaïda, dirigée par le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui après l'invasion américaine de l'Irak (2003). Après la mort de Zarqaoui (juin 2006), le groupe se proclame « État islamique d'Irak » en octobre 2006. Sous la direction d'Abou Bakr al-Baghdadi (à partir de 2010), il profite de la guerre civile syrienne ouverte en 2011, s'étend en Syrie en 2013 et rompt avec Al-Qaïda, qui le désavoue en février 2014.

Le 10 juin 2014, il prend Mossoul, deuxième ville d'Irak, puis proclame le 29 juin un califat sur les territoires conquis entre Syrie et Irak, avec Raqqa pour capitale de fait. À la différence d'Al-Qaïda, Daech tient un territoire, administre plusieurs millions d'habitants, lève des impôts, vend du pétrole et combat avec des armes lourdes prises à l'armée irakienne : c'est un acteur à la fois régulier et irrégulier. Ses crimes contre les minorités, en particulier les Yézidis du Sinjar à partir d'août 2014, sont qualifiés de génocide par une commission d'enquête de l'ONU en juin 2016.

Il attire plusieurs dizaines de milliers de combattants étrangers et projette le terrorisme hors de la région : attentats de Paris et de Saint-Denis (13 novembre 2015, 130 morts), de Bruxelles (22 mars 2016), de Nice (14 juillet 2016). Le 16 novembre 2015, devant le Parlement réuni en Congrès, François Hollande déclare : « La France est en guerre. »

Une coalition internationale dirigée par les États-Unis intervient à partir d'août 2014 (la France avec l'opération Chammal, en septembre), en appui des forces irakiennes et kurdes. Mossoul est reprise en juillet 2017, Raqqa en octobre 2017, le dernier réduit de Baghouz, en Syrie, le 23 mars 2019 ; Baghdadi est tué en octobre 2019. Le califat territorial disparaît, pas l'organisation, qui survit en réseau et par ses « provinces » (Afrique de l'Ouest et Sahel, Afghanistan, Afrique centrale).

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Clausewitz est-il dépassé ? Le débat

Après 1991, plusieurs auteurs annoncent la fin du modèle. L'historien israélien Martin van Creveld (La Transformation de la guerre, 1991) juge la guerre « trinitaire » dépassée : l'État perd le monopole de la violence au profit de milices, de clans et de réseaux. Le Britannique John Keegan (Histoire de la guerre, 1993) voit dans la guerre un fait culturel plus ancien que l'État. Mary Kaldor (New and Old Wars, 1999) décrit des « nouvelles guerres », comme en Bosnie (1992-1995), où les civils sont la cible principale et où une économie de guerre prospère sur le chaos.

D'autres défendent l'actualité de Clausewitz. Raymond Aron rappelait qu'il avait lui-même pensé l'« armement du peuple », et que Lénine comme Mao l'avaient lu. Le général britannique Rupert Smith (L'Utilité de la force, 2005) parle de « guerre au sein des populations » : la victoire militaire ne suffit plus, il faut gagner l'adhésion des habitants — ce qui reste un enjeu politique. Surtout, Al-Qaïda et Daech poursuivent des fins politiques (chasser l'Occident, fonder un califat) : la définition de la guerre comme instrument reste valable, même si l'acteur n'est pas un État. La trinité se recompose : un « peuple » mobilisé par la propagande, des combattants, une direction qui fixe les buts.

Les échecs occidentaux confirment la leçon : en Irak après 2003, en Afghanistan jusqu'au retrait de 2021, la supériorité militaire n'a pas produit le résultat politique recherché.

Enfin, la guerre entre États n'a pas disparu. Après l'annexion de la Crimée en 2014, l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, ramène en Europe une guerre de haute intensité entre armées régulières, avec des objectifs territoriaux et politiques déclarés. Les formes régulières et irrégulières coexistent et s'hybrident : c'est ce qu'on appelle parfois la « guerre hybride ».

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Pièges à éviter

Les contresens qui coûtent des points
• Faire dire à Clausewitz que la guerre est une affaire de militaires : il affirme exactement l'inverse, la primauté du gouvernement.
• Confondre « guerre absolue » (un concept théorique) et « guerre totale » (une réalité historique du XXe siècle, nommée par Léon Daudet en 1918 et Ludendorff en 1935).
• Croire que les guerres irrégulières naissent en 2001 : guérilla espagnole (1808-1814), francs-tireurs de 1870, guerres de décolonisation.
• Confondre irrégulier et asymétrique : l'irrégularité désigne la forme du combat, l'asymétrie l'inégalité des forces.
• Confondre Al-Qaïda (réseau, 1988, ennemi lointain) et Daech (territoire, califat de 2014) : l'un est issu de l'autre, puis ils se combattent.
• Écrire que Daech « est un État » : il s'est proclamé État, aucun État ne l'a reconnu ; parlez de proto-État.
• Présenter le « choc des civilisations » comme un fait : c'est une thèse (Samuel Huntington, 1996), discutée.
• Dire que la dissuasion a supprimé la guerre : elle a bloqué l'affrontement direct entre puissances nucléaires, pas les guerres limitées.
• Oublier que ce chapitre s'arrête à la guerre : la construction de la paix relève de l'axe 2.

Sur un sujet de dissertation, le mot « politique » doit apparaître dans chaque partie : c'est la clé de lecture de l'axe. Une copie qui raconte des batailles sans dire qui décide et pour quel but passe à côté du sujet, même si toutes ses dates sont justes.

En bref
  • Pour Clausewitz (De la guerre, 1832), la guerre est « un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté » et « une simple continuation de la politique par d'autres moyens ».
  • Sa pensée naît des guerres de la Révolution et de l'Empire : levée en masse (1793), Iéna (1806), guérilla espagnole (1808-1814).
  • Concepts : primauté du politique, montée aux extrêmes, guerre absolue / guerre réelle, friction, trinité peuple-armée-gouvernement.
  • Le modèle interétatique culmine avec les guerres totales (1914-1945), puis la dissuasion nucléaire (1945) déplace la violence vers des guerres limitées et irrégulières.
  • Al-Qaïda (1988) : réseau transnational, 11 septembre 2001, « guerre contre la terreur ». Daech : califat proclamé le 29 juin 2014, territoire perdu en 2019.
  • Débat : van Creveld (1991) et Kaldor (1999) jugent le modèle dépassé ; Aron et Smith (2005) en défendent la grille politique ; la guerre en Ukraine (2022) rappelle que la guerre entre États n'a pas disparu.
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