Lycée · Terminale · Spécialité HGGSP
Le changement climatique : enjeux géopolitiques et coopérations
Réchauffement global, négociations internationales et justice climatique (Spécialité HGGSP Tle, Thème 5 : L'environnement, entre exploitation et protection)
À propos de cette page
Comprendre le changement climatique : un fait scientifique établi
Le changement climatique contemporain n'est pas un phénomène naturel comme les glaciations passées : il est d'origine anthropique, c'est-à-dire causé par les activités humaines depuis la révolution industrielle (vers 1850).
Les principales causes sont la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), la déforestation et l'agriculture intensive. Depuis 1850, la température moyenne de la planète a augmenté d'environ +1,2 °C.
Le GIEC : produire et diffuser un savoir mondial
Pour qu'un problème environnemental devienne un enjeu politique mondial, il faut d'abord qu'il soit établi scientifiquement et reconnu. C'est le rôle du GIEC.
Le GIEC ne mène pas lui-même de recherches : il évalue l'état des connaissances. Ses rapports (le 6e, l'AR6, est paru en 2021-2023) sont validés par les États, ce qui leur donne un poids politique considérable.
| 1988 | Création du GIEC. |
| 1990 | 1er rapport : alerte sur le rôle de l'homme. |
| 2007 | Prix Nobel de la paix partagé avec Al Gore. |
| 2021-2023 | 6e rapport : réchauffement humain « sans équivoque ». |
Un enjeu géopolitique : inégalités, responsabilités et vulnérabilités
Le changement climatique est un enjeu géopolitique majeur car il met en jeu des rivalités de pouvoir : qui doit réduire ses émissions ? qui doit payer ? qui subit le plus les conséquences ?
Une double inégalité structure la géopolitique du climat :
- une inégalité de responsabilité : les pays du Nord (États-Unis, Europe) ont émis l'essentiel du $CO_2$ depuis 1850 ; aujourd'hui, la Chine est le premier émetteur annuel, mais pas par habitant ;
- une inégalité de vulnérabilité : les pays du Sud (États insulaires, Sahel, deltas d'Asie) subissent davantage les effets (montée des eaux, sécheresses) alors qu'ils en sont les moins responsables.
La construction d'une gouvernance climatique mondiale (1972-2015)
La prise de conscience environnementale s'est traduite par la construction progressive d'une gouvernance mondiale du climat, à travers de grands sommets internationaux.
| 1972 | Conférence de Stockholm : 1er sommet de l'ONU sur l'environnement, création du PNUE. |
| 1992 | Sommet de la Terre de Rio : adoption de la CCNUCC et du principe de développement durable. |
| 1997 | Protocole de Kyoto : 1ers objectifs chiffrés contraignants (pays du Nord). |
| 2009 | COP15 de Copenhague : échec retentissant, pas d'accord contraignant. |
| 2015 | COP21 de Paris : 1er accord universel. |
Les COP et l'accord de Paris : promesses et limites
Les COP sont le rendez-vous annuel de la diplomatie climatique. La plus marquante reste la COP21, qui a abouti à l'accord de Paris.
Sa logique repose sur les contributions déterminées au niveau national (CDN) : chaque État fixe librement ses propres objectifs de réduction, révisés tous les cinq ans pour être de plus en plus ambitieux. C'est une approche « bottom-up » (de bas en haut), souple mais peu contraignante.
Acteurs et stratégies face au climat
La gouvernance climatique ne se réduit pas aux États : c'est un jeu d'acteurs aux logiques parfois opposées.
| États et blocs | UE (volontariste, Pacte vert / Green Deal), Chine (1er émetteur mais leader du solaire), États-Unis (position fluctuante selon les présidents), pays pétroliers (frein). |
| Organisations internationales | ONU (CCNUCC, GIEC), qui organisent et légitiment la coopération. |
| ONG et société civile | Greenpeace, WWF, mouvements de jeunesse (Fridays for Future) : alertent, font pression, intentent des procès climatiques. |
| Entreprises | Multinationales fossiles (lobbying, greenwashing) mais aussi acteurs des énergies renouvelables. |
| Collectivités / villes | Réseaux de villes (C40) qui agissent localement, parfois plus vite que les États. |
Justice climatique, conflits et coopérations de demain
Le changement climatique alimente déjà des tensions et pose la question de la justice entre les peuples et les générations.
Le climat agit souvent comme un « multiplicateur de menaces » : il aggrave des tensions préexistantes (accès à l'eau, aux terres) sans en être l'unique cause.
- au Sahel, sécheresses et désertification accentuent les conflits pour les ressources et alimentent l'instabilité ;
- la fonte de l'Arctique ouvre de nouvelles routes maritimes et des ressources, ravivant les rivalités entre États riverains (Russie, États-Unis, Canada).
L'enjeu pour l'avenir est de concilier développement des pays du Sud et réduction des émissions, dans un esprit de solidarité et de coopération renforcée — alors même que les rivalités géopolitiques (guerre en Ukraine, retour aux énergies fossiles) freinent l'action.
- Le changement climatique contemporain est anthropique : il résulte des émissions de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle (+1,2 °C depuis 1850).
- Le GIEC (1988) produit le savoir scientifique de référence ; il fait face au climatoscepticisme.
- C'est un enjeu géopolitique structuré par une double inégalité : de responsabilité (Nord historique, Chine 1er émetteur) et de vulnérabilité (États insulaires, Sud).
- La gouvernance mondiale s'est construite de Stockholm (1972) à Rio (1992, CCNUCC), Kyoto (1997) et l'accord de Paris (COP21, 2015) : objectif de rester sous 2 °C, voire 1,5 °C.
- L'accord de Paris repose sur des CDN librement fixées et non contraignantes : sa principale faiblesse.
- La gouvernance est multi-acteurs (États, ONU, ONG, entreprises, villes), entre coopération et rivalité.
- La justice climatique (RCMD, fonds pertes et préjudices, 100 Mds $) et les réfugiés climatiques sont les grands défis de demain.
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