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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

Le changement climatique : enjeux géopolitiques et coopérations

Réchauffement global, négociations internationales et justice climatique (Spécialité HGGSP Tle, Thème 5 : L'environnement, entre exploitation et protection)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité hggsp en terminale sur « Le changement climatique : enjeux géopolitiques et coopérations » suit le programme officiel de spécialité hggsp de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Comprendre le changement climatique : un fait scientifique établi, Le GIEC : produire et diffuser un savoir mondial, Un enjeu géopolitique : inégalités, responsabilités et vulnérabilités, La construction d'une gouvernance climatique mondiale (1972-2015). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité hggsp.
Au programme
1 · Comprendre le changement climatique : un fait scientifique établi
2 · Le GIEC : produire et diffuser un savoir mondial
3 · Un enjeu géopolitique : inégalités, responsabilités et vulnérabilités
4 · La construction d'une gouvernance climatique mondiale (1972-2015)
5 · Les COP et l'accord de Paris : promesses et limites
6 · Acteurs et stratégies face au climat
7 · Justice climatique, conflits et coopérations de demain
1Comprendre le changement climatique : un fait scientifique établi

Le changement climatique contemporain n'est pas un phénomène naturel comme les glaciations passées : il est d'origine anthropique, c'est-à-dire causé par les activités humaines depuis la révolution industrielle (vers 1850).

Définition. Le changement climatique désigne la modification durable des paramètres du climat (températures, précipitations, événements extrêmes) à l'échelle planétaire. Le réchauffement actuel résulte de l'intensification de l'effet de serre par les émissions de gaz à effet de serre (GES) : dioxyde de carbone ($CO_2$), méthane ($CH_4$), protoxyde d'azote.

Les principales causes sont la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), la déforestation et l'agriculture intensive. Depuis 1850, la température moyenne de la planète a augmenté d'environ +1,2 °C.

Exemple. La concentration de $CO_2$ dans l'atmosphère est passée d'environ 280 ppm (parties par million) avant l'ère industrielle à plus de 420 ppm aujourd'hui : un niveau inédit depuis plusieurs millions d'années.
Attention ! Ne confonds pas climat (tendances moyennes sur 30 ans) et météo (temps qu'il fait au jour le jour). Un hiver froid ne contredit pas le réchauffement global du climat.
2Le GIEC : produire et diffuser un savoir mondial

Pour qu'un problème environnemental devienne un enjeu politique mondial, il faut d'abord qu'il soit établi scientifiquement et reconnu. C'est le rôle du GIEC.

Repère. Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ; en anglais IPCC) a été créé en 1988 par l'ONU (PNUE et OMM). Il rassemble des milliers de scientifiques qui synthétisent les recherches existantes dans des rapports périodiques destinés aux décideurs politiques.

Le GIEC ne mène pas lui-même de recherches : il évalue l'état des connaissances. Ses rapports (le 6e, l'AR6, est paru en 2021-2023) sont validés par les États, ce qui leur donne un poids politique considérable.

1988Création du GIEC.
19901er rapport : alerte sur le rôle de l'homme.
2007Prix Nobel de la paix partagé avec Al Gore.
2021-20236e rapport : réchauffement humain « sans équivoque ».
Attention ! Le GIEC est régulièrement la cible du climatoscepticisme : courant qui nie ou minimise le rôle humain dans le réchauffement. Ce déni est souvent alimenté par des intérêts économiques (industries fossiles). Le consensus scientifique, lui, est à plus de 97 %.
Astuce. Le GIEC illustre un point clé du programme : le savoir scientifique est une condition de l'action environnementale, mais il ne suffit pas. Connaître le problème ne garantit pas qu'on agisse.
3Un enjeu géopolitique : inégalités, responsabilités et vulnérabilités

Le changement climatique est un enjeu géopolitique majeur car il met en jeu des rivalités de pouvoir : qui doit réduire ses émissions ? qui doit payer ? qui subit le plus les conséquences ?

Définition. Le principe des responsabilités communes mais différenciées (RCMD), adopté au Sommet de Rio (1992), reconnaît que tous les États sont concernés par le climat, mais que les pays industrialisés, historiquement les plus émetteurs, ont une responsabilité plus grande.

Une double inégalité structure la géopolitique du climat :

  • une inégalité de responsabilité : les pays du Nord (États-Unis, Europe) ont émis l'essentiel du $CO_2$ depuis 1850 ; aujourd'hui, la Chine est le premier émetteur annuel, mais pas par habitant ;
  • une inégalité de vulnérabilité : les pays du Sud (États insulaires, Sahel, deltas d'Asie) subissent davantage les effets (montée des eaux, sécheresses) alors qu'ils en sont les moins responsables.
Exemple. Les Tuvalu ou les Maldives, archipels de faible altitude, sont menacés de disparition par la montée du niveau marin. Leurs dirigeants plaident dans les COP pour la survie de leur territoire.
4La construction d'une gouvernance climatique mondiale (1972-2015)

La prise de conscience environnementale s'est traduite par la construction progressive d'une gouvernance mondiale du climat, à travers de grands sommets internationaux.

Définition. La gouvernance désigne l'ensemble des règles, institutions et acteurs (États, ONG, experts, entreprises) qui coordonnent l'action collective face à un problème, sans qu'il existe d'autorité supérieure unique. La gouvernance climatique est multi-acteurs et multi-niveaux.
1972Conférence de Stockholm : 1er sommet de l'ONU sur l'environnement, création du PNUE.
1992Sommet de la Terre de Rio : adoption de la CCNUCC et du principe de développement durable.
1997Protocole de Kyoto : 1ers objectifs chiffrés contraignants (pays du Nord).
2009COP15 de Copenhague : échec retentissant, pas d'accord contraignant.
2015COP21 de Paris : 1er accord universel.
Repère. La CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), signée à Rio en 1992, est le traité fondateur. Ce sont ses signataires qui se réunissent chaque année lors des COP (Conferences of the Parties).
Attention ! Le protocole de Kyoto (1997) a montré les limites de la gouvernance : les États-Unis ne l'ont jamais ratifié, et les grands émergents (Chine, Inde) n'avaient pas d'objectifs contraignants. Son efficacité fut donc très limitée.
5Les COP et l'accord de Paris : promesses et limites

Les COP sont le rendez-vous annuel de la diplomatie climatique. La plus marquante reste la COP21, qui a abouti à l'accord de Paris.

Repère. L'accord de Paris (12 décembre 2015) est le premier accord universel sur le climat (195 États). Il fixe l'objectif de contenir le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C », et de poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle.

Sa logique repose sur les contributions déterminées au niveau national (CDN) : chaque État fixe librement ses propres objectifs de réduction, révisés tous les cinq ans pour être de plus en plus ambitieux. C'est une approche « bottom-up » (de bas en haut), souple mais peu contraignante.

Attention ! L'accord de Paris n'est pas juridiquement contraignant sur les objectifs chiffrés : aucune sanction n'est prévue si un État ne tient pas ses engagements. C'est sa principale faiblesse. En 2017, les États-Unis de D. Trump s'en sont retirés (avant d'y revenir en 2021, puis de s'en retirer de nouveau en 2025).
Exemple. La COP28 de Dubaï (2023) a, pour la première fois, mentionné la nécessité de « transitionner hors des énergies fossiles ». Mais l'absence de calendrier contraignant illustre la lenteur des avancées face à l'urgence.
6Acteurs et stratégies face au climat

La gouvernance climatique ne se réduit pas aux États : c'est un jeu d'acteurs aux logiques parfois opposées.

États et blocsUE (volontariste, Pacte vert / Green Deal), Chine (1er émetteur mais leader du solaire), États-Unis (position fluctuante selon les présidents), pays pétroliers (frein).
Organisations internationalesONU (CCNUCC, GIEC), qui organisent et légitiment la coopération.
ONG et société civileGreenpeace, WWF, mouvements de jeunesse (Fridays for Future) : alertent, font pression, intentent des procès climatiques.
EntreprisesMultinationales fossiles (lobbying, greenwashing) mais aussi acteurs des énergies renouvelables.
Collectivités / villesRéseaux de villes (C40) qui agissent localement, parfois plus vite que les États.
Définition. Le greenwashing (écoblanchiment) est une stratégie de communication par laquelle une entreprise ou un État se donne une image écologique trompeuse, sans changement réel de pratiques.
Astuce. Pour le bac, retiens que le climat est un objet de coopération (négociations, transferts de technologies) mais aussi de rivalité : course aux énergies renouvelables, contrôle des métaux rares, diplomatie d'influence (la Chine finance des infrastructures « vertes » dans le Sud).
7Justice climatique, conflits et coopérations de demain

Le changement climatique alimente déjà des tensions et pose la question de la justice entre les peuples et les générations.

Définition. Un « réfugié climatique » (ou déplacé environnemental) désigne une personne contrainte de quitter son lieu de vie à cause de dégradations environnementales (montée des eaux, sécheresse). Le terme n'a pas de statut juridique reconnu par la Convention de Genève de 1951, ce qui pose un défi de droit international.

Le climat agit souvent comme un « multiplicateur de menaces » : il aggrave des tensions préexistantes (accès à l'eau, aux terres) sans en être l'unique cause.

  • au Sahel, sécheresses et désertification accentuent les conflits pour les ressources et alimentent l'instabilité ;
  • la fonte de l'Arctique ouvre de nouvelles routes maritimes et des ressources, ravivant les rivalités entre États riverains (Russie, États-Unis, Canada).
Repère. Le « fonds pertes et préjudices » (loss and damage), créé lors de la COP27 (2022) et lancé à la COP28, vise à dédommager les pays du Sud des dégâts climatiques irréversibles. C'est une avancée majeure de la justice climatique, mais ses financements restent insuffisants.
Attention ! La promesse des pays riches (Copenhague, 2009) de mobiliser 100 milliards de dollars par an pour aider les pays du Sud n'a été tenue qu'avec retard, nourrissant la méfiance Nord-Sud dans les négociations.

L'enjeu pour l'avenir est de concilier développement des pays du Sud et réduction des émissions, dans un esprit de solidarité et de coopération renforcée — alors même que les rivalités géopolitiques (guerre en Ukraine, retour aux énergies fossiles) freinent l'action.

À retenir
En bref :
• Le changement climatique contemporain est anthropique : il résulte des émissions de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle (+1,2 °C depuis 1850).
• Le GIEC (1988) produit le savoir scientifique de référence ; il fait face au climatoscepticisme.
• C'est un enjeu géopolitique structuré par une double inégalité : de responsabilité (Nord historique, Chine 1er émetteur) et de vulnérabilité (États insulaires, Sud).
• La gouvernance mondiale s'est construite de Stockholm (1972) à Rio (1992, CCNUCC), Kyoto (1997) et l'accord de Paris (COP21, 2015) : objectif de rester sous 2 °C, voire 1,5 °C.
• L'accord de Paris repose sur des CDN librement fixées et non contraignantes : sa principale faiblesse.
• La gouvernance est multi-acteurs (États, ONU, ONG, entreprises, villes), entre coopération et rivalité.
• La justice climatique (RCMD, fonds pertes et préjudices, 100 Mds $) et les réfugiés climatiques sont les grands défis de demain.
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