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Spécialité HGGSP Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité HGGSP

Thème 5 — Axe 1 : exploiter, préserver et protéger

La forêt française depuis Colbert, révolutions néolithique et industrielle et transformation des milieux (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Thème 5 — Axe 1 : exploiter, préserver et protéger » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Milieux, ressources, environnement : les mots du sujet, La « révolution néolithique » : produire sa nourriture, transformer les milieux, La « révolution industrielle » : un changement d'échelle, Deux ruptures ? Le débat sur l'Anthropocène. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Milieu

Ensemble des conditions naturelles (relief, climat, sols, eaux, êtres vivants) dans lequel vit une société et qu'elle transforme.

À ne pas confondre

  • Environnement — Le milieu est ce qui entoure une société ; l'environnement désigne ce milieu en tant qu'il est menacé et doit être géré ou protégé.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de la géographie française depuis Paul Vidal de la Blache (Tableau de la géographie de la France, 1903), qui étudiait les « genres de vie » adaptés aux milieux.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les sujets sur l'évolution des milieux ; faute à éviter : parler de milieu « naturel » intact en Europe, alors qu'il est anthropisé depuis le Néolithique.

Environnement

Ensemble des éléments naturels et humains qui entourent une société, envisagés comme un bien à gérer et à protéger.

À ne pas confondre

  • Nature — La nature désigne ce qui existe sans l'homme ; l'environnement inclut les rapports que les sociétés entretiennent avec elle.

Selon l'époque et le point de vue — Le sens actuel vient de l'anglais environment et se diffuse dans les années 1960-1970 ; la France crée en 1971 un ministère de la Protection de la nature et de l'Environnement.

Ce que le mot permet d'écrire — Attention à l'anachronisme : on ne parle pas de « politique environnementale » de Colbert, mais de gestion d'une ressource.

Ressource

Élément d'un milieu qu'une société juge utile et sait exploiter ; elle est renouvelable (bois, eau) ou non (charbon, pétrole).

À ne pas confondre

  • Réserve — La réserve est la quantité disponible d'une ressource ; la ressource est ce qu'une société sait et veut utiliser.

Selon l'époque et le point de vue — La notion est relative aux techniques : le charbon devient ressource majeure avec la machine à vapeur, le chêne de haute futaie avec la marine de guerre.

Ce que le mot permet d'écrire — Dans « ressource inépuisable », commentez les guillemets : une ressource renouvelable s'épuise si l'on prélève plus qu'elle ne produit.

Exploitation

Prélèvement et mise en valeur d'une ressource pour produire des biens ou des revenus.

À ne pas confondre

  • Surexploitation — La surexploitation prélève plus que ce que la ressource peut reconstituer ; l'exploitation peut être réglée et durable.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot, qui s'applique à la terre et aux forêts dès l'époque moderne, change d'échelle avec l'industrie au XIXe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne pas en faire un synonyme de destruction : l'ordonnance de 1669 organise une exploitation réglée.

Préservation

Action de soustraire un espace ou une espèce à l'exploitation pour le maintenir en l'état.

À ne pas confondre

  • Protection — Protéger, c'est encadrer les usages par des règles pour que la ressource dure ; préserver, c'est les suspendre.

Selon l'époque et le point de vue — Les « séries artistiques » de Fontainebleau (1853, décret de 1861) en sont l'un des premiers exemples ; en France, les parcs nationaux naissent de la loi de 1960 (Vanoise, 1963).

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour la troisième partie d'un plan chronologique ; ne pas confondre avec la conservation gestionnaire des forestiers.

Protection

Ensemble de règles et d'actions qui encadrent les usages d'un milieu pour empêcher sa dégradation.

À ne pas confondre

  • Préservation — La protection admet l'exploitation, la préservation l'exclut.

Selon l'époque et le point de vue — Elle est d'abord le fait de l'État (1346, 1669, 1827), puis s'élargit aux paysages (1861, loi sur les sites de 1930) et aux écosystèmes (loi de 1976 sur la protection de la nature).

Ce que le mot permet d'écrire — Précisez toujours qui protège, quoi et pour qui : la protection de 1669 sert la marine, celle de 2001 la biodiversité et les usagers.

Gestion durable

Exploitation d'une ressource qui ne compromet pas sa capacité à se renouveler ni ses autres fonctions (écologiques, sociales).

À ne pas confondre

  • Développement durable — Le développement durable (rapport Brundtland, 1987) concerne toute l'économie ; la gestion durable est d'abord une notion forestière, bien plus ancienne.

Selon l'époque et le point de vue — Racines dans l'ordonnance de Brunoy (1346) et chez Carlowitz (1713) ; définition européenne à la conférence d'Helsinki (1993) ; consacrée en France par la loi du 9 juillet 2001.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne pas dire que la durabilité naît en 1987 : la foresterie la pratique depuis des siècles, avec un sens surtout productif.

Futaie

Peuplement forestier d'arbres issus de graines, qu'on laisse grandir longtemps pour produire du bois d'œuvre (charpente, marine).

À ne pas confondre

  • Taillis — Le taillis est coupé tous les 20 à 30 ans environ et repousse à partir des souches ; il fournit surtout du bois de feu et du charbon de bois.

Selon l'époque et le point de vue — L'ordonnance de 1669 favorise la futaie (baliveaux, quart en réserve) ; au XIXe siècle, les forestiers formés à Nancy promeuvent la conversion des taillis en futaie.

Ce que le mot permet d'écrire — Permet de montrer que la protection sert un usage précis : la futaie pour la marine, le taillis pour les paysans et les forges.

Régime forestier

Ensemble de règles de gestion imposées par le Code forestier aux forêts de l'État et des collectivités, appliquées par une administration spécialisée.

À ne pas confondre

  • Code forestier — Le Code est la loi (1827, refondu en 2012) ; le régime forestier est le statut qu'il impose à certaines forêts.

Selon l'époque et le point de vue — Créé par le Code de 1827 et appliqué par les Eaux et Forêts, puis par l'ONF depuis 1966.

Ce que le mot permet d'écrire — Il ne s'applique pas aux forêts privées (les trois quarts de la forêt française) : c'est une limite de l'action de l'État.

Droits d'usage

Droits coutumiers des communautés rurales sur une forêt qui ne leur appartient pas : ramasser du bois, faire paître le bétail, mener les porcs à la glandée.

À ne pas confondre

  • Propriété — Le propriétaire possède le fonds ; l'usager n'a qu'un droit d'utilisation, que l'État a progressivement réduit.

Selon l'époque et le point de vue — Restreints par l'ordonnance de 1669 puis par le Code de 1827, ce qui provoque la guerre des Demoiselles en Ariège (1829-1832).

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensables pour montrer que la protection de la forêt est aussi un conflit social.

Reboisement

Reconstitution d'une forêt, par plantation ou semis, sur un terrain qui en a porté.

À ne pas confondre

  • Boisement — Le boisement plante des arbres là où il n'y avait pas de forêt (landes, anciennes terres agricoles).

Selon l'époque et le point de vue — Politique d'État au XIXe siècle (lois de 1860, 1864 et 1882 en montagne), puis de production avec le Fonds forestier national (1946).

Ce que le mot permet d'écrire — Les Landes de Gascogne relèvent surtout du boisement : la nuance est appréciée des correcteurs.

Défrichement

Suppression de la forêt ou de la végétation naturelle pour mettre la terre en culture ou en pâture.

À ne pas confondre

  • Déforestation — La déforestation désigne un recul durable des surfaces forestières à grande échelle, dont le défrichement est l'un des moyens.

Selon l'époque et le point de vue — Pratiqué dès le Néolithique, massif aux XIe-XIIIe siècles en Europe, puis encadré par le Code forestier de 1827, qui soumet le défrichement des bois privés à autorisation.

Ce que le mot permet d'écrire — Montre la continuité entre les deux révolutions : défricher est un geste constant des sociétés agraires.

Révolution néolithique

Passage, à partir de 9500 av. J.-C. environ au Proche-Orient, d'une économie de prédation (chasse, cueillette) à une économie de production (agriculture, élevage).

À ne pas confondre

  • Néolithisation — Le mot néolithisation insiste sur un processus long et progressif, là où « révolution » suggère une rupture brutale.

Selon l'époque et le point de vue — Expression popularisée par V. Gordon Childe dans les années 1930 ; discutée par les archéologues qui soulignent la lenteur du processus (Demoule, 2017).

Ce que le mot permet d'écrire — Le programme la met entre guillemets : discutez le mot, ne le récitez pas.

Révolution industrielle

Passage, à partir des années 1760-1780 en Grande-Bretagne, à une production mécanisée fondée sur les énergies fossiles, d'abord le charbon.

À ne pas confondre

  • Industrialisation — L'industrialisation est le processus long et inégal de diffusion de l'industrie selon les pays et les régions.

Selon l'époque et le point de vue — Expression employée dès le XIXe siècle (Adolphe Blanqui, 1837 ; Arnold Toynbee, 1884), discutée par les historiens qui préfèrent parler d'industrialisation progressive.

Ce que le mot permet d'écrire — Précisez l'échelle : la France s'industrialise plus lentement que le Royaume-Uni (40 contre 290 millions de tonnes de charbon environ en 1913).

Anthropocène

Nom proposé en 2000 pour une nouvelle époque géologique dans laquelle l'humanité serait devenue la principale force de transformation de la planète.

À ne pas confondre

  • Anthropisation — L'anthropisation est la transformation d'un milieu par l'homme, à toutes les échelles et à toutes les époques ; l'Anthropocène est une hypothèse sur l'échelle planétaire.

Selon l'époque et le point de vue — Proposé par Paul Crutzen et Eugene Stoermer (2000), daté de 1784, 1610 ou 1950 selon les auteurs ; formalisation rejetée par les géologues en 2024 ; critiqué par Bonneuil et Fressoz (2013).

Ce que le mot permet d'écrire — Excellent pour problématiser « deux ruptures ? » ; faute à éviter : le présenter comme une période officielle.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Rupture / continuité

Mesurer ce qui change radicalement et ce qui se prolonge d'une époque à l'autre.

Ce qu'il débloque — Structure les sujets sur les deux révolutions et sur la nouveauté du XIXe siècle.

Exemple — Sur le sujet « Peut-on parler d'un nouveau rapport des sociétés à leurs milieux à partir du XIXe siècle ? », il permet d'opposer la rupture d'échelle du charbon aux continuités de la gestion forestière (1346, 1669).

Exploiter / protéger

Les deux attitudes coexistent et se nourrissent : on protège souvent pour pouvoir exploiter.

Ce qu'il débloque — Évite le plan chronologique naïf « avant exploitation, après protection ».

Exemple — Sur la forêt depuis Colbert, il permet de montrer que l'ordonnance de 1669 protège les futaies pour fournir la marine.

Préserver / conserver

Mettre un milieu hors d'atteinte ou le gérer rationnellement pour qu'il dure.

Ce qu'il débloque — Distingue les logiques des artistes et des naturalistes de celle des forestiers.

Exemple — Sur le rôle des sociétés depuis le XIXe siècle, il oppose la réserve de Fontainebleau (1861) aux reboisements productifs du Fonds forestier national (1946).

État / usagers

L'intérêt général défini par l'État se heurte aux droits coutumiers et aux besoins des populations locales.

Ce qu'il débloque — Fait apparaître les conflits et les acteurs, attendus dans toute dissertation d'HGGSP.

Exemple — Sur la forêt française, il permet de relier le Code de 1827 à la guerre des Demoiselles (1829-1832) et la loi de 1857 à la disparition des bergers landais.

Local / planétaire

Changer d'échelle d'analyse : une forêt, un pays, la planète.

Ce qu'il débloque — Utile pour passer de la forêt française à la question de l'Anthropocène.

Exemple — Sur les deux révolutions, il permet de montrer que le Néolithique transforme des milieux locaux tandis que l'industrialisation agit, à terme, à l'échelle du globe.

Temps court / temps long

Distinguer l'événement (une loi, une tempête) des évolutions pluriséculaires (surface forestière, population).

Ce qu'il débloque — Permet de relativiser une date-rupture.

Exemple — Sur la forêt, la tempête de 1999 (temps court) s'inscrit dans une progression de la surface boisée depuis le milieu du XIXe siècle (temps long).

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