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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

La gestion des ressources naturelles et leurs tensions

Thème 5 — L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire (Jalon : exploiter, préserver et protéger ; programme de Spécialité HGGSP de Terminale)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « La gestion des ressources naturelles et leurs tensions » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité hggsp. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : La ressource naturelle : une construction sociale et politique, L'eau : ressource vitale et facteur de tensions, Les ressources énergétiques au cœur des rivalités, Minerais et terres rares : les ressources de la transition. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité hggsp en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Définir les notions clés

Donnez une définition précise et concise de chacune des notions suivantes, indispensables au chapitre.

  1. Ressource naturelle
  2. Stress hydrique
  3. Mix énergétique
  4. Développement durable
Corrigé :

Ressource naturelle : élément ou substance présents dans la nature et exploités par les sociétés humaines pour satisfaire leurs besoins (énergie, alimentation, matières premières). Le statut de ressource est une construction sociale et historique : il dépend des besoins, des techniques et des choix politiques d'une époque. On distingue ressources renouvelables et non renouvelables (de stock).

Stress hydrique : situation dans laquelle la demande en eau dépasse la quantité disponible, ou dans laquelle la mauvaise qualité de l'eau en limite l'usage. Le seuil de référence est de 1 700 m³ d'eau disponible par habitant et par an (pénurie en dessous de 1 000 m³).

Mix énergétique : répartition des différentes sources d'énergie (pétrole, gaz, charbon, nucléaire, renouvelables) consommées par un pays ou la planète. La transition énergétique vise à le décarboner.

Développement durable : défini par le rapport Brundtland (1987), c'est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Il croise trois piliers : économique, social et environnemental.

Exercice 2 — Repères et acteurs

Répondez en une courte phrase ou par le nom attendu à chacune des questions de connaissances.

  1. Quel barrage, construit par l'Éthiopie sur le Nil Bleu, suscite de fortes tensions avec l'Égypte ?
  2. Quelle organisation, créée en 1960, réunit les principaux pays exportateurs de pétrole ?
  3. Quel pays détient environ 70 % de la production mondiale de cobalt ?
  4. Quel rapport de 1987 a popularisé la notion de développement durable ?
  5. Quel accord international de 2015 vise à limiter le réchauffement climatique à +1,5/+2 °C ?
Corrigé :
• Le barrage de la Renaissance (GERD, Grand Ethiopian Renaissance Dam), sur le Nil Bleu en Éthiopie.
• L'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), créée en 1960.
• La République démocratique du Congo (RDC), qui concentre environ 70 % du cobalt mondial.
• Le rapport Brundtland (1987), du nom de la Première ministre norvégienne G. H. Brundtland, intitulé Notre avenir à tous.
• L'Accord de Paris (2015), conclu lors de la COP21.

Exercice 3 — Distinguer exploiter, préserver et protéger

Pour chaque situation, indiquez à laquelle des trois logiques du jalon (exploiter / préserver / protéger) elle correspond et justifiez en une phrase.

  1. Le défrichement de la forêt amazonienne pour cultiver du soja.
  2. La gestion durable d'une forêt française par l'ONF avec certification FSC.
  3. La création du parc national des Calanques à Marseille en 2012.
  4. L'instauration de quotas de pêche pour préserver les stocks de poissons.
Corrigé :
• Défrichement pour le soja → Exploiter : prélèvement de la ressource au profit de l'agriculture (front pionnier), sans souci de renouvellement.
• Gestion ONF + certification FSC → Préserver : exploitation encadrée pour que la ressource se renouvelle (coupes raisonnées, reboisement).
• Parc national des Calanques → Protéger : un espace est soustrait à l'exploitation et placé sous statut juridique de protection de la biodiversité.
• Quotas de pêche → Préserver : régulation de l'exploitation pour permettre le renouvellement des stocks halieutiques et éviter la surpêche (réponse à la tragédie des biens communs).

Exercice 4 — Comprendre une notion : la tragédie des biens communs

À l'aide du cours, expliquez en un paragraphe argumenté ce qu'est la « tragédie des biens communs » et illustrez-la par un exemple lié aux ressources naturelles.

  1. Rédigez votre réponse en mobilisant la définition, le mécanisme et un exemple précis.
Corrigé :
La « tragédie des biens communs », formulée par Garrett Hardin en 1968, désigne le mécanisme par lequel une ressource librement accessible et non régulée tend à être surexploitée jusqu'à son épuisement. En effet, chaque acteur (pêcheur, exploitant, État) a un intérêt individuel à prélever toujours plus, puisque le bénéfice de son prélèvement lui revient entièrement tandis que le coût de l'épuisement est partagé par tous. La somme des comportements rationnels individuels aboutit à un désastre collectif.

Exemple : la surpêche. Selon la FAO, environ un tiers des stocks mondiaux de poissons sont surexploités. En haute mer ou dans des zones mal contrôlées, chaque flotte a intérêt à pêcher davantage, ce qui épuise les stocks pour tous. La réponse passe par une régulation : quotas, ZEE, aires marines protégées et coopération internationale. On pourrait aussi citer la déforestation ou la surexploitation des nappes phréatiques.

Exercice 5 — Analyse de document — Le barrage de la Renaissance (GERD)

Lisez le document puis répondez aux questions en vous appuyant sur le texte et vos connaissances.

  1. Document : « Inauguré progressivement à partir de 2020, le Grand barrage éthiopien de la Renaissance (GERD), construit sur le Nil Bleu, est le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique. Pour l'Éthiopie, il est le symbole de son développement : il doit produire plus de 5 000 MW et électrifier un pays où la moitié de la population n'a pas accès à l'électricité. Mais en aval, l'Égypte, qui tire 95 % de son eau douce du Nil, redoute une baisse du débit pendant le remplissage du réservoir (74 milliards de m³). Le Soudan, entre les deux, craint pour ses propres barrages mais espère aussi de l'électricité bon marché. Malgré des années de négociations sous l'égide de l'Union africaine, aucun accord contraignant sur le rythme de remplissage n'a été trouvé. » — D'après un dossier de presse géopolitique, 2023 (texte adapté).
  2. Question 1 : Quels sont les trois États concernés par ce conflit et quelle est leur position respective (amont/aval) ?
  3. Question 2 : Pourquoi peut-on dire que l'eau du Nil est ici à la fois un facteur de tension et un facteur potentiel de coopération ?
  4. Question 3 : En quoi ce document illustre-t-il les limites de la gouvernance environnementale internationale ?
Corrigé :

Q1. Trois États sont concernés : l'Éthiopie (pays d'amont, qui construit et contrôle le barrage à la source du Nil Bleu), l'Égypte (pays d'aval, en bout de chaîne, dépendant du Nil pour 95 % de son eau) et le Soudan (situé entre les deux, dans une position ambivalente : crainte pour ses barrages mais espoir d'électricité bon marché).

Q2. L'eau est un facteur de tension car l'Égypte y voit une menace existentielle sur son approvisionnement et la baisse du débit pendant le remplissage du réservoir (74 Mds de m³) ; le contrôle de la ressource par l'amont crée un rapport de force. Mais elle est aussi un facteur de coopération potentiel : le barrage peut fournir de l'électricité bon marché au Soudan et à la région, et les trois États négocient (sous l'égide de l'Union africaine) pour un partage. Cela illustre l'idée nuancée du cours : l'eau pousse autant à coopérer qu'à s'affronter.

Q3. Le document montre que malgré des années de négociations, aucun accord contraignant n'a été trouvé. Cela révèle les limites de la gouvernance environnementale : absence de « gendarme mondial », primauté de la souveraineté nationale (l'Éthiopie exploite une ressource sur son territoire), faiblesse des instances de médiation (l'Union africaine n'a pas de pouvoir coercitif) et opposition d'intérêts difficilement conciliables entre développement (Éthiopie) et sécurité hydrique (Égypte).

Exercice 6 — Raisonnement géopolitique — la transition déplace les tensions

Expliquez, en un paragraphe argumenté avec des exemples, en quoi la transition énergétique ne supprime pas les tensions sur les ressources mais les déplace.

  1. Construisez votre réponse en opposant les ressources fossiles aux minerais de la transition, avec des exemples précis.
Corrigé :
La transition énergétique vise à sortir des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), sources historiques de tensions géopolitiques : contrôle du Moyen-Orient, rôle de l'OPEP, dépendance européenne au gaz russe (utilisé comme arme depuis la guerre en Ukraine en 2022), points de passage stratégiques comme le détroit d'Ormuz. On pourrait croire qu'elle apaise ces rivalités.

Mais elle les déplace vers de nouvelles ressources : les énergies bas-carbone et le numérique sont très gourmands en métaux critiques (cuivre, lithium, cobalt, terres rares). Or leur production est extrêmement concentrée : la Chine domine le raffinage des terres rares (plus de 85 %), la RDC fournit ~70 % du cobalt, le triangle du lithium (Chili, Argentine, Bolivie) en concentre les réserves. Ces dépendances créent de nouvelles vulnérabilités stratégiques (l'UE a réagi avec le Critical Raw Materials Act en 2023). De plus, l'extraction de ces minerais est très polluante et liée à des conflits (« minerais de sang » en RDC).

Conclusion : la transition ne fait pas disparaître la logique de rivalité pour les ressources stratégiques ; elle en change les acteurs, les territoires et la nature, en y ajoutant le paradoxe d'une « transition verte » reposant sur des activités extractives polluantes.
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