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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

La gestion des ressources naturelles et leurs tensions

Thème 5 — L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire (Jalon : exploiter, préserver et protéger ; programme de Spécialité HGGSP de Terminale)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité hggsp en terminale sur « La gestion des ressources naturelles et leurs tensions » suit le programme officiel de spécialité hggsp de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La ressource naturelle : une construction sociale et politique, L'eau : ressource vitale et facteur de tensions, Les ressources énergétiques au cœur des rivalités, Minerais et terres rares : les ressources de la transition. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité hggsp.
Au programme
1 · La ressource naturelle : une construction sociale et politique
2 · L'eau : ressource vitale et facteur de tensions
3 · Les ressources énergétiques au cœur des rivalités
4 · Minerais et terres rares : les ressources de la transition
5 · Forêts et ressources halieutiques : exploiter ou protéger
6 · Du développement durable à la gouvernance environnementale
7 · Étude de cas : l'exploitation de la forêt, entre exploitation, préservation et protection
1La ressource naturelle : une construction sociale et politique

Une ressource naturelle n'existe pas « en soi » : un élément du milieu (un gisement, un cours d'eau, une forêt) ne devient ressource que parce qu'une société, à un moment donné, sait l'exploiter et en a besoin. On parle d'une construction sociale et historique de la ressource.

Définition. Une ressource naturelle est un élément ou une substance présents dans la nature, exploités par les sociétés humaines pour satisfaire leurs besoins (énergie, alimentation, matières premières). On distingue les ressources renouvelables (eau, forêt, vent, soleil — à condition de ne pas surexploiter) des ressources non renouvelables ou stock (pétrole, gaz, charbon, minerais).

Le statut de ressource évolue avec les techniques et les besoins : l'uranium n'est devenu stratégique qu'avec le nucléaire (années 1940-1950) ; le lithium et le cobalt le deviennent avec les batteries et la transition énergétique (depuis les années 2010).

Exemple. Le pétrole de schiste américain n'était pas une ressource exploitable avant la maîtrise de la fracturation hydraulique (fracking). Cette innovation technique a fait des États-Unis le premier producteur mondial d'hydrocarbures dans les années 2010, bouleversant la géopolitique énergétique.
Notion clé. Exploiter une ressource suppose des choix politiques (qui exploite ? au profit de qui ?) et soulève la question de la soutenabilité : préserver la ressource pour les générations futures (cf. rapport Brundtland, 1987).
2L'eau : ressource vitale et facteur de tensions

L'eau douce est une ressource vitale, inégalement répartie et limitée : moins de 1 % de l'eau de la planète est de l'eau douce liquide accessible. Sa raréfaction (croissance démographique, irrigation, pollution, changement climatique) en fait un enjeu majeur du XXIe siècle.

Stress hydrique. Situation dans laquelle la demande en eau dépasse la quantité disponible ou que sa qualité limite son usage. On parle de stress hydrique en dessous de 1 700 m³ d'eau disponible par habitant et par an, et de pénurie en dessous de 1 000 m³.

Les tensions autour de l'eau sont aiguisées par les bassins-versants transfrontaliers : un fleuve partagé oppose pays d'amont (qui contrôlent la source) et pays d'aval (dépendants).

BassinPays d'amontPays d'avalTension
NilÉthiopieSoudan, ÉgypteBarrage GERD (depuis 2011)
Tigre-EuphrateTurquieSyrie, IrakProjet GAP (barrages)
MékongChineLaos, Cambodge, VietnamBarrages chinois
JourdainIsraëlJordanie, PalestinePartage très conflictuel
Exemple. Le barrage de la Renaissance (GERD), construit par l'Éthiopie sur le Nil Bleu, peut stocker 74 milliards de m³ d'eau. L'Égypte, qui dépend du Nil pour 95 % de son eau, y voit une menace existentielle : les négociations entre Le Caire, Khartoum et Addis-Abeba restent bloquées.
Attention ! Le terme de « guerre de l'eau » est à nuancer : si l'eau aggrave les tensions, elle pousse aussi à la coopération (accords de partage, commissions de bassin). Les conflits ouverts strictement « pour l'eau » restent rares ; l'eau est plus souvent un facteur aggravant qu'une cause unique.
3Les ressources énergétiques au cœur des rivalités

L'énergie est le moteur du développement : la consommation mondiale a explosé depuis la révolution industrielle. Les hydrocarbures (pétrole, gaz, charbon) représentent encore environ 80 % du mix énergétique mondial, ce qui en fait des ressources hautement stratégiques.

Mix énergétique. Répartition des différentes sources d'énergie consommées par un pays ou la planète (pétrole, gaz, charbon, nucléaire, renouvelables). La transition énergétique désigne le passage progressif d'un mix dominé par les énergies fossiles vers un mix décarboné.

La répartition très inégale des hydrocarbures crée des rapports de force géopolitiques :

  • Le Moyen-Orient concentre près de la moitié des réserves mondiales de pétrole (Arabie saoudite, Iran, Irak). L'OPEP (créée en 1960) cherche à peser sur les prix.
  • La Russie est un acteur énergétique majeur (gaz, pétrole) : la guerre en Ukraine (depuis 2022) a transformé le gaz en arme géopolitique et bouleversé l'approvisionnement de l'Europe.
  • Les routes d'acheminement (détroit d'Ormuz, gazoducs, méthaniers GNL) sont des points névralgiques.
Exemple. Le détroit d'Ormuz, large de 50 km, voit transiter près de 20 % du pétrole mondial. Une fermeture par l'Iran en cas de crise paralyserait l'économie mondiale : c'est un point de passage stratégique (chokepoint).
À retenir. La transition énergétique ne supprime pas les tensions : elle les déplace des hydrocarbures vers les minerais nécessaires aux énergies bas-carbone (cuivre, lithium, cobalt, terres rares).
4Minerais et terres rares : les ressources de la transition

La transition énergétique et numérique est extrêmement gourmande en métaux : un véhicule électrique contient six fois plus de minerais qu'une voiture thermique. Les minerais critiques deviennent un enjeu géopolitique de premier plan.

Terres rares. Groupe de 17 métaux (néodyme, lanthane, cérium…) indispensables aux hautes technologies (aimants des éoliennes, moteurs électriques, écrans, défense). Le nom est trompeur : elles ne sont pas rares dans la croûte terrestre, mais leur extraction et leur raffinage sont coûteux et très polluants.

La caractéristique majeure est la concentration de la production, qui crée des dépendances :

  • Chine : domine le raffinage des terres rares (environ 60 % de l'extraction, plus de 85 % du raffinage mondial), ce qui lui confère un levier stratégique.
  • RDC : environ 70 % du cobalt mondial, indispensable aux batteries, dans un contexte de conflits armés et de travail des enfants (« minerais de sang »).
  • Triangle du lithium (Chili, Argentine, Bolivie) : la majorité des réserves mondiales de lithium.
Attention ! L'extraction minière a un coût environnemental et humain lourd (pollution des sols et des eaux, déforestation, conditions de travail). La « transition verte » repose donc en partie sur des activités très polluantes dans les pays du Sud : c'est l'un de ses paradoxes.
Exemple. Face à la dépendance, l'Union européenne a adopté en 2023 le Critical Raw Materials Act, visant à diversifier ses sources et à développer le recyclage et l'économie circulaire pour sécuriser ses approvisionnements.
5Forêts et ressources halieutiques : exploiter ou protéger

Forêts et ressources halieutiques (la pêche) sont des ressources renouvelables, mais menacées de surexploitation : leur renouvellement ne suffit plus à compenser les prélèvements.

Déforestation. Destruction du couvert forestier, principalement au profit de l'agriculture (soja, huile de palme, élevage), de l'exploitation du bois et des mines. La forêt rend pourtant des services écosystémiques majeurs : puits de carbone, biodiversité, régulation du cycle de l'eau.

La forêt amazonienne, « poumon vert » et plus grande forêt tropicale du monde, illustre la tension entre exploitation et protection : d'un côté le développement économique du Brésil (front pionnier agricole), de l'autre la préservation d'un puits de carbone d'intérêt planétaire. Sa gestion oppose souveraineté nationale et patrimoine commun de l'humanité.

Exemple. Sous la présidence de Bolsonaro (2019-2022), la déforestation amazonienne a fortement augmenté ; elle a reculé après le retour de Lula (2023), qui en a fait un argument diplomatique. La gestion de l'Amazonie est ainsi un enjeu à la fois national et mondial.

De même, la surpêche menace les ressources halieutiques : selon la FAO, environ un tiers des stocks de poissons mondiaux sont surexploités. Les ZEE (zones économiques exclusives) et les quotas tentent de réguler l'accès, mais la pêche illégale et industrielle (notamment chinoise) accentue la pression.

Notion clé. Ces ressources illustrent la « tragédie des biens communs » (Garrett Hardin, 1968) : quand une ressource est librement accessible, chaque acteur a intérêt à la surexploiter, ce qui conduit à son épuisement collectif. D'où la nécessité d'une régulation (quotas, aires protégées, gouvernance).
6Du développement durable à la gouvernance environnementale

Face à la surexploitation des ressources, la communauté internationale tente de bâtir une gouvernance environnementale mondiale, c'est-à-dire un ensemble de règles, d'institutions et d'acteurs pour gérer en commun les ressources et l'environnement.

Développement durable. Défini par le rapport Brundtland (1987), c'est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Il croise trois piliers : économique, social et environnemental.

Les grandes étapes de la gouvernance environnementale :

DateÉvénementApport
1972Conférence de StockholmPremière conférence de l'ONU sur l'environnement (PNUE)
1987Rapport BrundtlandDéfinition du développement durable
1992Sommet de la Terre (Rio)Agenda 21, conventions climat et biodiversité
1997Protocole de KyotoPremiers objectifs chiffrés de réduction des GES
2015Accord de Paris (COP21)Limiter le réchauffement à +1,5/+2 °C ; 17 ODD
Acteurs. La gouvernance mobilise des acteurs multiples : États, organisations internationales (ONU, PNUE), ONG (Greenpeace, WWF), firmes transnationales, collectivités locales et opinions publiques. Leurs intérêts sont souvent divergents.
Attention ! Cette gouvernance reste fragile : elle repose sur le volontariat des États (pas de gendarme mondial), bute sur la souveraineté nationale et sur l'opposition entre pays du Nord (responsables historiques de la pollution) et pays du Sud (qui revendiquent un droit au développement).
7Étude de cas : la forêt, entre exploitation, préservation et protection

Le jalon du programme invite à étudier une ressource précise sous l'angle « exploiter, préserver et protéger ». La forêt en est un cas idéal car elle cristallise tous les enjeux.

Trois logiques à distinguer.
Exploiter : prélever la ressource pour ses usages économiques (bois, défrichement agricole, mines).
Préserver : gérer durablement la ressource pour qu'elle se renouvelle (gestion forestière, certification PEFC/FSC).
Protéger : soustraire un espace à l'exploitation (parcs nationaux, réserves de biosphère, aires protégées).

La forêt française illustre la gestion durable : exploitée depuis des siècles, elle est encadrée par l'ONF (Office National des Forêts) et a vu sa surface progresser depuis le XIXe siècle. À l'inverse, la forêt amazonienne ou indonésienne connaît une exploitation prédatrice (front pionnier, huile de palme).

Exemple. Le parc national des Calanques, près de Marseille (créé en 2012), illustre la logique de protection : il concilie préservation de la biodiversité, fréquentation touristique et activités humaines, sous tension permanente entre usages.
Méthode bac. Pour traiter ce jalon, articulez toujours les trois logiques (exploiter / préserver / protéger), identifiez les acteurs et leurs conflits d'usage, et opposez un exemple de gestion durable (forêt française) à un exemple d'exploitation prédatrice (Amazonie, Bornéo).
À retenir
En bref :
• Une ressource naturelle est une construction sociale et historique : son statut dépend des besoins, des techniques et des choix politiques.
• L'eau douce, vitale et inégalement répartie, oppose pays d'amont et d'aval (Nil/GERD, Tigre-Euphrate, Mékong) : facteur de tensions mais aussi de coopération.
• Les hydrocarbures (≈80 % du mix) restent stratégiques (Moyen-Orient, OPEP, Russie, chokepoints comme Ormuz) ; la transition énergétique déplace les tensions vers les minerais critiques.
• Les terres rares et le cobalt (Chine, RDC, triangle du lithium) créent des dépendances stratégiques au coût environnemental élevé.
• Forêts et pêche illustrent la tragédie des biens communs : surexploitation, déforestation, surpêche, d'où la nécessité d'une régulation.
• La gouvernance environnementale (Brundtland 1987, Rio 1992, Accord de Paris 2015) tente de concilier exploitation et protection, mais reste fragile (souveraineté, clivage Nord/Sud).
• Le jalon « exploiter, préserver, protéger » s'articule autour de trois logiques et des conflits d'usage entre acteurs.
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