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La France : une nouvelle place dans le monde

IVe République, reconstruction, guerre d'Algérie, naissance de la Ve République, de Gaulle, politique d'indépendance (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La France : une nouvelle place dans le monde » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1944-1946 : refonder la République, reconstruire le pays, La IVe République (1946-1958) : un régime instable, une modernisation réelle, Un empire contesté : de l'Union française aux premières indépendances (1945-1956), La guerre d'Algérie (1954-1958) : la guerre qui emporte la IVe République. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
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Les repères à connaître

16 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.

  1. 21 avril 1944Ordonnance accordant le droit de vote aux femmesPremière grande mesure de refondation républicaine du GPRF ; les femmes votent pour la première fois aux municipales du 29 avril 1945.
  2. Octobre 1945Ordonnances créant la Sécurité socialeSymbole de l'État-providence voulu par le programme du CNR, avec les nationalisations de 1944-1946 et le Commissariat au Plan (janvier 1946).
  3. 13 octobre 1946Adoption par référendum de la Constitution de la IVe RépubliqueLe régime naît d'un vote serré (environ 53 % de oui) contre l'avis du général de Gaulle, partisan d'un exécutif fort (discours de Bayeux, 16 juin 1946).
  4. Mai 1947Renvoi des ministres communistes par Paul RamadierFin du tripartisme : la guerre froide entre dans la vie politique française et la France s'ancre à l'Ouest (plan Marshall, traité de l'Atlantique Nord en 1949).
  5. 9 mai 1950Déclaration SchumanActe de naissance de la construction européenne : la CECA est signée à Paris le 18 avril 1951 par six pays.
  6. 7 mai et 21 juillet 1954Chute de Dien Bien Phu, puis accords de GenèveFin de la guerre d'Indochine, négociée par Pierre Mendès France : première grande défaite coloniale de la France.
  7. 1er novembre 1954« Toussaint rouge » : début de l'insurrection du FLNDébut de la guerre d'Algérie, qui dure près de huit ans et emporte la IVe République.
  8. 1956Indépendance du Maroc (2 mars) et de la Tunisie (20 mars) ; expédition de Suez (novembre)Décolonisation négociée au Maghreb ; à Suez, la France mesure qu'elle ne peut agir contre la volonté des deux Grands.
  9. 25 mars 1957Traités de RomeCréation de la CEE et d'Euratom : l'Europe devient un levier de la puissance française.
  10. 13 mai 1958Crise d'Alger : un comité de salut public réclame le retour du général de GaulleSous la menace d'un coup de force militaire, de Gaulle est investi président du Conseil le 1er juin 1958 : fin de fait de la IVe République.
  11. 28 septembre 1958Référendum approuvant la Constitution de la Ve RépubliquePrès de 80 % de oui en métropole ; la Constitution est promulguée le 4 octobre 1958.
  12. 13 février 1960Premier essai nucléaire français à Reggane, dans le SaharaLa France devient la quatrième puissance nucléaire, pilier de sa politique d'indépendance ; 1960 est aussi l'année des indépendances africaines.
  13. 18 mars 1962Accords d'ÉvianFin de la guerre d'Algérie ; l'indépendance de l'Algérie est proclamée le 5 juillet 1962.
  14. 28 octobre 1962Référendum sur l'élection du président au suffrage universel directLa révision fait du président la clef de voûte du régime ; première élection directe en décembre 1965.
  15. 1966Retrait de la France du commandement militaire intégré de l'OTANAnnoncé le 7 mars, effectif le 1er juillet : la France reste dans l'Alliance atlantique mais reprend la maîtrise de sa défense.
  16. 27-28 avril 1969Échec du référendum sur les régions et le Sénat, démission du général de GaulleFin de la présidence gaullienne ; Georges Pompidou, élu en juin 1969, poursuit la politique d'indépendance jusqu'à sa mort en avril 1974.
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1944-1946 : refonder la République, reconstruire le pays

À la Libération, la France est dans le camp des vainqueurs mais sort meurtrie de la guerre : près de 600 000 morts, des ports, des ponts et des voies ferrées détruits, un rationnement qui dure jusqu'en 1949. La défaite de 1940 et la collaboration de Vichy ont entamé son prestige. Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), proclamé à Alger le 3 juin 1944 et présidé par le général de Gaulle, s'installe à Paris en août 1944.

GPRF (1944-1946) : gouvernement qui rétablit la légalité républicaine et applique une partie du programme du Conseil national de la Résistance, adopté le 15 mars 1944.

Les réformes sont rapides. L'ordonnance du 21 avril 1944 accorde le droit de vote aux femmes, qui votent pour la première fois le 29 avril 1945. L'État nationalise les houillères du Nord-Pas-de-Calais (décembre 1944), Renault (janvier 1945), la Banque de France et les grandes banques de dépôt (décembre 1945), l'électricité et le gaz (avril 1946). Les ordonnances d'octobre 1945 créent la Sécurité sociale ; le Commissariat général du Plan, confié à Jean Monnet le 3 janvier 1946, oriente l'investissement.

Écartée de la conférence de Yalta (février 1945), la France obtient pourtant une zone d'occupation en Allemagne et un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU (Charte du 26 juin 1945).

Reste à fonder un régime. De Gaulle, hostile au « régime des partis », démissionne le 20 janvier 1946. Un premier projet de constitution est rejeté par référendum le 5 mai 1946 ; le 16 juin, à Bayeux, de Gaulle plaide pour un exécutif fort. Le second projet, qui place le Parlement au cœur du régime, est adopté le 13 octobre 1946 avec environ 53 % de oui et près d'un tiers d'abstention : la IVe République naît sans enthousiasme.

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La IVe République (1946-1958) : un régime instable, une modernisation réelle

La Constitution de 1946 fonde un régime parlementaire. Le président de la République, élu par le Parlement (Vincent Auriol en 1947, René Coty fin 1953), a peu de pouvoirs ; le président du Conseil dépend de l'Assemblée nationale, élue à la proportionnelle. Aucun parti n'ayant la majorité, les gouvernements reposent sur des coalitions fragiles : une vingtaine de gouvernements se succèdent en douze ans.

La guerre froide recompose la vie politique. Le tripartisme (PCF, SFIO, MRP) prend fin en mai 1947, quand Paul Ramadier renvoie les ministres communistes. Les gouvernements de Troisième Force (SFIO, MRP, radicaux, modérés) gouvernent alors contre deux oppositions : le PCF, qui recueille environ un quart des voix, et le RPF fondé par de Gaulle en avril 1947. La France choisit le camp occidental : elle reçoit l'aide du plan Marshall à partir de 1948 et signe le traité de l'Atlantique Nord le 4 avril 1949.

Ce régime décrié modernise pourtant le pays. Le premier plan (1947-1952) relance l'énergie, l'acier et les transports ; la croissance, de l'ordre de 4 à 5 % par an dans les années 1950, et le baby-boom transforment la société. L'économiste Jean Fourastié parlera en 1979 des « Trente Glorieuses ».

La IVe République invente aussi la construction européenne. Le 9 mai 1950, le ministre des Affaires étrangères Robert Schuman, inspiré par Jean Monnet, propose de mettre en commun le charbon et l'acier français et allemands : la CECA est signée à Paris le 18 avril 1951 par six pays. Le projet d'armée européenne (CED) est rejeté par l'Assemblée nationale le 30 août 1954, mais les traités de Rome du 25 mars 1957 créent la CEE et l'Euratom.

Débat : longtemps réduite à son instabilité, image entretenue par les gaullistes, la IVe République est aujourd'hui réévaluée par les historiens pour son bilan économique, social et européen.
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Un empire contesté : de l'Union française aux premières indépendances (1945-1956)

En 1945, l'empire, qui a servi de base à la France libre, semble garantir le rang de la France. La Constitution de 1946 le rebaptise Union française. Des réformes suivent : la loi du 19 mars 1946 fait de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de La Réunion des départements ; le travail forcé est aboli (11 avril 1946) ; la loi Lamine Guèye (7 mai 1946) étend la citoyenneté. Mais l'égalité politique reste inachevée et les nationalistes sont réprimés : à Sétif et Guelma, en Algérie, à partir du 8 mai 1945, des milliers d'Algériens sont tués ; à Madagascar, l'insurrection de mars 1947 est écrasée au prix de dizaines de milliers de morts.

En Indochine, Hô Chi Minh proclame l'indépendance du Vietnam le 2 septembre 1945. La guerre éclate en décembre 1946 ; après la victoire communiste en Chine (1949), elle devient un front de la guerre froide et les États-Unis en financent une part croissante. La chute de Dien Bien Phu, le 7 mai 1954, décide la sortie : investi le 18 juin, Pierre Mendès France signe les accords de Genève (21 juillet 1954), qui partagent le Vietnam au 17e parallèle.

Le 31 juillet 1954, à Carthage, Mendès France promet l'autonomie interne à la Tunisie. Les deux protectorats du Maghreb deviennent indépendants en 1956 : le Maroc le 2 mars, la Tunisie le 20 mars. En Afrique noire, la loi-cadre Defferre du 23 juin 1956 instaure le suffrage universel et des conseils de gouvernement locaux.

L'année 1956 révèle aussi les limites de la puissance française. Après la nationalisation du canal de Suez par Nasser (26 juillet), Français et Britanniques débarquent à Port-Saïd début novembre, puis se retirent sous la pression conjointe des États-Unis et de l'URSS. La leçon est double : il faut une Europe unie et une arme atomique nationale.

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La guerre d'Algérie (1954-1958) : la guerre qui emporte la IVe République

L'Algérie n'est pas une colonie comme les autres : conquise à partir de 1830, elle forme depuis 1848 des départements français. En 1954, environ un million d'Européens, les pieds-noirs, y vivent aux côtés de plus de huit millions d'Algériens musulmans, largement privés d'égalité politique (double collège du statut de 1947).

Le 1er novembre 1954, le FLN déclenche l'insurrection par une série d'attentats : c'est la « Toussaint rouge ». Le gouvernement Mendès France, avec François Mitterrand à l'Intérieur, affirme que l'Algérie est la France et envoie des renforts. L'État parle d'« événements » ou d'« opérations de maintien de l'ordre » : le mot guerre est évité. Après les massacres du Constantinois (20 août 1955) et leur répression, le conflit se durcit.

En 1956, le socialiste Guy Mollet, dont la coalition a promis la paix, est conspué à Alger par les Européens le 6 février et change de politique : l'Assemblée lui vote les pouvoirs spéciaux le 12 mars 1956 et le contingent est envoyé en Algérie. Au total, plus d'un million de jeunes appelés y servent entre 1954 et 1962. En 1957, pendant la bataille d'Alger, les parachutistes du général Massu démantèlent les réseaux du FLN en recourant massivement à la torture ; la disparition du mathématicien Maurice Audin (juin 1957) et le livre d'Henri Alleg, La Question (1958, saisi), la font connaître en métropole.

La guerre isole la France : le bombardement du village tunisien de Sakiet Sidi Youssef (8 février 1958) provoque une crise internationale. Le 13 mai 1958, à Alger, des manifestants européens soutenus par l'armée forment un comité de salut public présidé par Massu et réclament le retour du général de Gaulle. Menacé d'un coup de force militaire, le président René Coty fait appel au général, investi par l'Assemblée le 1er juin 1958. Incapable de sortir de la guerre, la IVe République s'efface.

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La Ve République : un exécutif fort, deux conceptions de la République (1958-1969)

Rédigée à l'été 1958 par Michel Debré sous l'autorité du général de Gaulle, la Constitution est approuvée par référendum le 28 septembre 1958 (près de 80 % de oui en métropole) et promulguée le 4 octobre. Elle reprend les idées du discours de Bayeux : le président, « clef de voûte » du régime selon Debré, est garant de l'indépendance nationale (art. 5), nomme le Premier ministre, peut dissoudre l'Assemblée (art. 12), soumettre un projet de loi au référendum (art. 11) et exercer des pouvoirs exceptionnels (art. 16). Le domaine de la loi est délimité (art. 34) : c'est le parlementarisme rationalisé. Élu le 21 décembre 1958 par un collège d'environ 80 000 grands électeurs, de Gaulle prend ses fonctions le 8 janvier 1959.

Après l'attentat du Petit-Clamart (22 août 1962), il propose l'élection du président au suffrage universel direct. Le recours à l'article 11, plutôt qu'à la procédure de révision de l'article 89, est jugé inconstitutionnel par la plupart des partis : l'Assemblée renverse le gouvernement Pompidou le 5 octobre 1962. De Gaulle dissout, gagne le référendum du 28 octobre 1962 (62 % de oui) puis les législatives de novembre.

Deux conceptions de la République. Pour de Gaulle, l'État doit être incarné par un chef qui tient sa légitimité du peuple, consulté par référendum. Pour Pierre Mendès France, qui vote contre son investiture le 1er juin 1958, la démocratie repose sur un Parlement fort et un gouvernement lié à sa majorité par un contrat de législature : dans La République moderne (1962), il critique la personnalisation du pouvoir.

En décembre 1965, de Gaulle est mis en ballottage par François Mitterrand avant d'être réélu. Désavoué au référendum du 27 avril 1969, il démissionne le lendemain ; Georges Pompidou lui succède en juin 1969.

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1958-1962 : la fin de l'empire et de la guerre d'Algérie

En Afrique subsaharienne, de Gaulle propose en 1958 une Communauté associant la France et ses territoires. Seule la Guinée de Sékou Touré vote « non » au référendum du 28 septembre 1958 : elle devient indépendante dès le 2 octobre. En 1960, quatorze territoires, de Dakar à Tananarive, accèdent à l'indépendance par la négociation, en signant avec Paris des accords de coopération et de défense.

En Algérie, de Gaulle avance par étapes : « Je vous ai compris » à Alger (4 juin 1958), offensives du plan Challe (1959), puis reconnaissance du droit des Algériens à l'autodétermination (16 septembre 1959), approuvé par référendum le 8 janvier 1961. Les partisans de l'Algérie française se retournent contre lui : semaine des barricades (janvier 1960), putsch des généraux (21-25 avril 1961), brisé grâce à l'article 16, puis terrorisme de l'OAS. À Paris, la manifestation d'Algériens du 17 octobre 1961 est réprimée par la police du préfet Maurice Papon : des dizaines de morts au moins, un bilan encore discuté. Le 8 février 1962, la répression d'une manifestation contre l'OAS fait neuf morts au métro Charonne.

Les accords d'Évian (18 mars 1962) sont approuvés par plus de 90 % des votants en métropole le 8 avril. L'indépendance de l'Algérie est proclamée le 5 juillet 1962. La plupart des pieds-noirs, plusieurs centaines de milliers de personnes, gagnent la métropole ; les harkis restés en Algérie sont victimes de massacres, et une partie seulement d'entre eux est accueillie en France. La guerre a fait, selon les historiens, de 25 000 à 30 000 morts parmi les soldats français et plusieurs centaines de milliers de morts algériens.

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La politique de grandeur : une nouvelle place dans le monde (1958-1974)

Pour de Gaulle, qui écrit dans ses Mémoires de guerre (1954) que « la France ne peut être la France sans la grandeur », la fin de l'empire libère le pays d'un fardeau. Elle lui permet de rechercher l'indépendance nationale dans un monde bipolaire, sans quitter le camp occidental.

Premier outil : la dissuasion nucléaire. Le programme, préparé sous la IVe République (le Commissariat à l'énergie atomique date du 18 octobre 1945), aboutit au premier essai atomique à Reggane le 13 février 1960, puis à la bombe H le 24 août 1968. Les bombardiers Mirage IV sont opérationnels à partir de 1964.

Deuxième outil : la distance prise avec les États-Unis. Après l'échec du mémorandum de septembre 1958, qui réclamait une direction à trois de l'Alliance, la France quitte le commandement militaire intégré de l'OTAN en 1966, tout en restant membre de l'Alliance atlantique. De Gaulle reconnaît la Chine populaire (27 janvier 1964), condamne l'intervention américaine au Vietnam à Phnom Penh (1er septembre 1966) et lance « Vive le Québec libre ! » à Montréal (24 juillet 1967). En Afrique, la coopération, pilotée à l'Élysée par Jacques Foccart, maintient une forte influence française.

Troisième outil : une Europe des États, non supranationale. Le plan Fouchet échoue en 1962, mais le traité de l'Élysée scelle la réconciliation franco-allemande le 22 janvier 1963. De Gaulle oppose son veto à l'entrée du Royaume-Uni (janvier 1963, novembre 1967) et pratique la politique de la chaise vide (juillet 1965-janvier 1966) jusqu'au compromis de Luxembourg. Son successeur Georges Pompidou lève le veto : le Royaume-Uni entre dans la CEE le 1er janvier 1973.

Bilan : une puissance moyenne qui retrouve une voix propre, mais dont les moyens restent limités et dont la sécurité repose, en dernier ressort, sur l'Alliance atlantique.
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Pièges et débats

Pièges à éviter
• Écrire que de Gaulle « quitte l'OTAN » : en 1966, la France quitte le commandement intégré, pas l'Alliance atlantique.
• Confondre les deux référendums : celui de 1958 adopte la Constitution ; celui de 1962 instaure l'élection du président au suffrage universel direct. De 1958 à 1962, le président est élu par un collège de grands électeurs.
• Présenter la IVe République comme un simple échec : elle lance la reconstruction, la planification, la construction européenne et le programme nucléaire.
• Dire que la IVe République tombe à cause de l'économie : elle meurt de la guerre d'Algérie et de la crise du 13 mai 1958.
• Faire de l'Algérie une colonie comme les autres : ce sont des départements, où vivent environ un million d'Européens, ce qui explique l'acharnement à la garder.
• Dater toutes les indépendances de 1960 : Indochine en 1954, Maroc et Tunisie en 1956, Guinée en 1958, Algérie en 1962.

Débats historiographiques. Le retour du général de Gaulle en 1958 est légal, puisqu'il est investi par l'Assemblée, mais il est obtenu sous la menace de l'armée : les historiens discutent de la part respective de la pression militaire, des réseaux gaullistes et du consentement des parlementaires. La guerre d'Algérie a longtemps été refoulée de la mémoire nationale. Des historiens comme Benjamin Stora (La Gangrène et l'oubli, 1991) ou Raphaëlle Branche (La Torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie, 2001) ont montré la pluralité des mémoires, celles des appelés, des pieds-noirs, des harkis et des Algériens, et la place systématique de la torture. Enfin, la politique de grandeur est discutée : pour les uns, elle rend à la France une influence réelle ; pour les autres, elle surestime ses moyens.

En bref
  • 1944-1946 : le GPRF refonde la République (vote des femmes, nationalisations, Sécurité sociale, Plan) ; la IVe République naît le 13 octobre 1946.
  • La IVe République, instable, modernise le pays, ancre la France à l'Ouest (plan Marshall, OTAN en 1949) et lance la construction européenne (CECA en 1951, traités de Rome en 1957).
  • L'empire se défait : Indochine (1954), Maroc et Tunisie (1956), Afrique subsaharienne (1958-1960), Algérie (1962) au terme d'une guerre de près de huit ans.
  • La guerre d'Algérie provoque la crise du 13 mai 1958 et le retour du général de Gaulle ; la Constitution du 4 octobre 1958, révisée en 1962, fonde un exécutif fort.
  • Deux conceptions de la République s'opposent : exécutif fort et référendum (de Gaulle), primauté du Parlement (Mendès France).
  • De Gaulle mène une politique d'indépendance : bombe atomique (1960), retrait du commandement intégré de l'OTAN (1966), Europe des États, influence africaine.
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