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Histoire-Géographie · Classe de Terminale

La France depuis les années 1950 : la Ve République

Histoire — Thème 3 : Faire la France depuis 1945 · De la fondation de la Ve République aux mutations politiques et sociales contemporaines

À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en terminale sur « La France depuis les années 1950 : la Ve République » suit le programme officiel de histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La naissance de la Ve République (1958-1962), Le gaullisme au pouvoir : affirmation et contestation (1958-1969), De Pompidou à Giscard d'Estaing : modernisation et crise (1969-1981), L'alternance de 1981 et la gauche au pouvoir. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · La naissance de la Ve République (1958-1962)
2 · Le gaullisme au pouvoir : affirmation et contestation (1958-1969)
3 · De Pompidou à Giscard d'Estaing : modernisation et crise (1969-1981)
4 · L'alternance de 1981 et la gauche au pouvoir
5 · Cohabitations et recompositions politiques (1986-2002)
6 · La Ve République face aux défis du XXIe siècle (2002-2017)
7 · La recomposition du paysage politique depuis 2017
8 · Frise chronologique des grandes étapes de la Ve République
1La naissance de la Ve République (1958-1962)

La IVe République (1946-1958) est paralysée par l'instabilité ministérielle (25 gouvernements en 12 ans) et incapable de résoudre la guerre d'Algérie (1954-1962). En mai 1958, le putsch d'Alger provoque une crise institutionnelle majeure. Le général Charles de Gaulle, héros de la Résistance, revient au pouvoir le 1er juin 1958.

Définition. La Ve République est le régime politique français instauré par la Constitution du 4 octobre 1958. Elle renforce l'exécutif (Président, Premier ministre) face au Parlement, instaurant un régime semi-présidentiel.

La Constitution de 1958, rédigée sous l'impulsion de Michel Debré et De Gaulle, est approuvée par référendum (79,25 % de oui). Elle est fondée sur le principe de la séparation des pouvoirs mais avec un exécutif renforcé. De Gaulle est élu président en décembre 1958 par un collège de grands électeurs.

En 1962, après l'attentat du Petit-Clamart, De Gaulle propose par référendum l'élection du Président au suffrage universel direct (62 % de oui). Cette réforme renforce la légitimité populaire du chef de l'État et transforme profondément le régime.

À retenir. 1958 : fondation de la Ve République (Constitution). 1962 : élection du Président au suffrage universel direct. Ces deux dates sont les piliers institutionnels du régime.
2Le gaullisme au pouvoir : affirmation et contestation (1958-1969)

De Gaulle incarne une vision de la France fondée sur la grandeur nationale et l'indépendance. En politique étrangère, il pratique une diplomatie de puissance : développement de la force de frappe nucléaire (1960, premier essai), retrait de l'OTAN (commandement intégré, 1966), reconnaissance de la Chine communiste, discours de Phnom Penh critique des États-Unis (1966).

Définition. Le gaullisme désigne le courant politique fondé sur les idées du général de Gaulle : unité nationale, État fort, indépendance de la France, réunion des Français au-delà des partis.

Sur le plan intérieur, la décolonisation est le défi majeur. Après des années de guerre, les accords d'Évian (18 mars 1962) mettent fin à la guerre d'Algérie et accordent l'indépendance. C'est un traumatisme pour les pieds-noirs et une partie de l'armée (OAS).

La France connaît alors la croissance économique des Trente Glorieuses. Mais en mai 1968, une vague de contestation étudiante et ouvrière secoue le pays. La grève générale paralyse la France. De Gaulle dissout l'Assemblée et remporte les législatives de juin. Mais affaibli, il démissionne après l'échec du référendum d'avril 1969.

Attention ! Mai 1968 n'est pas une révolution mais une crise sociale et culturelle profonde. Elle aboutit à des accords salariaux (accords de Grenelle) et une libéralisation des mœurs, mais pas à un changement de régime.
3De Pompidou à Giscard d'Estaing : modernisation et crise (1969-1981)

Georges Pompidou (1969-1974) poursuit la modernisation économique de la France (autoroutes, industrie lourde, TGV en projet). Il adopte une politique européenne plus ouverte (entrée du Royaume-Uni dans la CEE en 1973). Mais son septennat est brutalement interrompu par sa mort en 1974.

Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), premier président non gaulliste de la Ve République, impulse des réformes sociales importantes : abaissement de la majorité électorale à 18 ans (1974), légalisation de l'IVG (loi Veil, 1975), divorce par consentement mutuel (1975).

Exemple. La loi Veil (17 janvier 1975), portée par Simone Veil, ministre de la Santé, légalise l'interruption volontaire de grossesse en France. Elle symbolise les avancées du droit des femmes sous la Ve République.

Mais le choc pétrolier de 1973 (puis 1979) brise la croissance des Trente Glorieuses. Le chômage et l'inflation s'installent. La gauche unie (programme commun PCF-PS de 1972) représente une alternative crédible. Giscard perd face à François Mitterrand en mai 1981.

Repère. Giscard d'Estaing est le premier président vaincu lors d'une élection présidentielle (1981), ce qui valide le principe d'alternance démocratique sous la Ve République.
4L'alternance de 1981 et la gauche au pouvoir

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République, réalisant la première alternance de la Ve République. C'est une rupture symbolique forte : la gauche arrive à l'Élysée pour la première fois depuis 1958.

Le gouvernement Mauroy (1981-1983) engage de nombreuses réformes : nationalisations de banques et groupes industriels, 5e semaine de congés payés, abolition de la peine de mort (loi Badinter, septembre 1981), décentralisation (loi Defferre, 1982).

Définition. La décentralisation (lois de 1982-1983) transfère des compétences de l'État central aux collectivités territoriales (régions, départements, communes), créant notamment des conseils régionaux élus.

Mais la rigueur s'impose en 1983 face à la crise économique : tournant de la rigueur de Jacques Delors. La gauche renonce à la relance keynésienne. Le PS perd les élections législatives en 1986, inaugurant la première cohabitation.

Exemple. L'abolition de la peine de mort (loi du 9 octobre 1981), défendue par Robert Badinter, garde des Sceaux, est l'une des réformes les plus emblématiques de l'ère Mitterrand. La France était alors l'un des derniers pays d'Europe occidentale à maintenir cette peine.
5Cohabitations et recompositions politiques (1986-2002)

La Ve République connaît trois épisodes de cohabitation :

PériodePrésidentPremier ministre
1986-1988Mitterrand (PS)Chirac (RPR)
1993-1995Mitterrand (PS)Balladur (RPR)
1997-2002Chirac (RPR)Jospin (PS)

Ces cohabitations révèlent la flexibilité du régime mais aussi ses tensions. En 2000, le passage au quinquennat (par référendum) et le changement du calendrier électoral réduisent le risque de cohabitation.

Le 21 avril 2002 est un séisme politique : Jean-Marie Le Pen (Front national) se qualifie pour le second tour face à Chirac, éliminant le socialiste Lionel Jospin. Cet événement révèle la fragmentation du vote de gauche et la montée de l'extrême droite.

Attention ! Le quinquennat (adopté en 2000, applicable à partir de 2002) réduit le mandat présidentiel de 7 à 5 ans et aligne les calendriers présidentiel et législatif, limitant la probabilité de cohabitation mais renforçant la domination présidentielle.
6La Ve République face aux défis du XXIe siècle (2002-2017)

Jacques Chirac est réélu en 2002 (82 % face au FN). Son second mandat est marqué par le refus de participer à la guerre en Irak (2003), les émeutes des banlieues (octobre-novembre 2005), le rejet du Traité constitutionnel européen par référendum (mai 2005, 54,7 % de non).

Nicolas Sarkozy (2007-2012) adopte un style présidentiel très volontariste (hyperprésidentialisme). Il gère la crise financière de 2008, réforme les retraites (2010) au prix d'une contestation sociale massive. Il est battu par François Hollande en 2012.

Exemple. La crise financière de 2008 (crise des subprimes) provoque la plus grave récession depuis 1929 en France. Elle fragilise les finances publiques et alimente le sentiment de déclassement des classes moyennes.

François Hollande (2012-2017) affronte une France divisée : mariage pour tous (2013), réforme du travail (loi El Khomri, 2016), attentats terroristes majeurs (Charlie Hebdo, janvier 2015 ; Bataclan, novembre 2015 ; Nice, juillet 2016). Il renonce à se représenter en 2016, premier président sortant sous la Ve République à y renoncer.

Définition. La laïcité, principe constitutionnel (loi de 1905), est au cœur de nombreux débats depuis les années 2000 : port du voile à l'école (loi de 2004), Islam de France. Elle cristallise les tensions entre universalisme républicain et reconnaissance des identités particulières.
7La recomposition du paysage politique depuis 2017

L'élection de Emmanuel Macron en mai 2017 consacre une recomposition politique inédite. Fondateur du mouvement En Marche ! (devenu La République En Marche, puis Renaissance), il bat Marine Le Pen au second tour (66 % contre 34 %) après avoir éliminé les candidats PS et Les Républicains dès le premier tour.

Cette recomposition traduit plusieurs tendances de fond :

  • L'affaiblissement des partis traditionnels (PS, RPR/UMP/LR) qui dominaient depuis 1981.
  • La montée du Rassemblement national (ex-Front national, rebaptisé en 2018 par Marine Le Pen) comme premier parti d'opposition.
  • L'émergence de La France Insoumise (Jean-Luc Mélenchon) à gauche.
  • Une bipolarisation nouvelle entre le bloc central (Macron) et les extrêmes.
Définition. La crise des gilets jaunes (novembre 2018 - 2019) est un mouvement social inédit, né de la contestation d'une taxe sur le carburant, qui exprime une colère profonde contre les inégalités et le sentiment d'abandon des territoires ruraux et périurbains.

Le second mandat de Macron (élu en 2022 face à Marine Le Pen avec 58,5 %) est marqué par la perte de la majorité absolue à l'Assemblée, la réforme des retraites controversée (2023) et la montée des tensions politiques.

Bilan. La Ve République, fondée il y a plus de 65 ans, a montré une remarquable longévité. Mais elle est confrontée à une crise de représentation (abstention record), une fragmentation politique et des défis sociaux qui interrogent ses institutions.
8Frise chronologique et schéma de synthèse

Cette frise synthétise les dates-clés de la Ve République depuis sa fondation :

Ce schéma illustre l'enchaînement des facteurs qui fragilisent aujourd'hui la Ve République :

À retenir
En bref :
1958 : Constitution de la Ve République sous De Gaulle — régime semi-présidentiel.
1962 : élection du Président au suffrage universel direct (référendum).
Mai 1968 : grande crise sociale et culturelle — De Gaulle part en 1969.
1981 : 1re alternance, Mitterrand élu — réformes (abolition peine de mort, décentralisation).
1986, 1993, 1997 : trois cohabitations — régime flexible mais tendu.
2000 : quinquennat adopté par référendum.
21 avril 2002 : Le Pen au second tour — séisme politique.
2017 : Macron élu — recomposition (fin du bipartisme PS/RPR).
• Défis actuels : abstention, fragmentation, crise sociale, montée du RN.
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