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Collège · 3ᵉ · Histoire

La IVe et la Ve République

Institutions françaises, de Gaulle et la démocratie contemporaine

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La IVe et la Ve République » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La IVe République (1946-1958) : un régime parlementaire, Réussites et faiblesses de la IVe République, Mai 1958 : la guerre d'Algérie emporte le régime, La Constitution de 1958 : un exécutif fort. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
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La IVe République (1946-1958) : un régime parlementaire

À la Libération, les Français rejettent le retour à la IIIe République, jugée responsable de 1940. Après un premier projet refusé, la Constitution de la IVe République est adoptée par référendum en octobre 1946 — de justesse, avec un tiers d'abstention. De Gaulle, qui voulait un exécutif fort (discours de Bayeux, juin 1946), a quitté le pouvoir en janvier 1946 et combat le nouveau régime.

Régime parlementaire. Régime où le gouvernement est responsable devant le Parlement, qui peut le renverser. Sous la IVe, l'Assemblée nationale, élue à la proportionnelle, domine : elle investit le président du Conseil (chef du gouvernement) et le renverse à volonté. Le président de la République (Vincent Auriol, puis René Coty), élu par le Parlement, n'a qu'un rôle de représentation.

Aucun parti n'a la majorité : le régime repose sur des coalitions fragiles entre socialistes (SFIO), démocrates-chrétiens (MRP), radicaux et modérés, face à une opposition double — les communistes (le premier parti, 25 % des voix) exclus du gouvernement en 1947, et les gaullistes du RPF.

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Réussites et faiblesses de la IVe République

Un bilan réel. La IVe République achève l'application du programme du CNR (Sécurité sociale, nationalisations), reconstruit le pays grâce au plan Marshall et à la planification (Jean Monnet), lance les Trente Glorieuses (croissance, baby-boom, HLM), fonde l'Europe (CECA 1951, traités de Rome 1957) et modernise l'État. Les femmes votent depuis 1945.

Instabilité ministérielle. En douze ans, 24 gouvernements se succèdent, d'une durée moyenne de six mois : renversés par des majorités de circonstance, ils ne peuvent mener de politique durable. Le plus célèbre, celui de Pierre Mendès France (1954-1955), met fin à la guerre d'Indochine et lance l'indépendance de la Tunisie… avant d'être renversé au bout de sept mois.

Le régime bute sur la décolonisation : guerre d'Indochine (1946-1954, Diên Biên Phu), puis guerre d'Algérie à partir de 1954, que les gouvernements successifs n'osent ni gagner ni terminer. L'opinion se détourne d'un « régime des partis » discrédité.

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Mai 1958 : la guerre d'Algérie emporte le régime

Le 13 mai 1958, à Alger, les Européens et l'armée, craignant qu'un nouveau gouvernement ne négocie avec le FLN, se soulèvent et forment un « comité de salut public ». Les généraux réclament le retour de de Gaulle, retiré à Colombey depuis 1946. Devant la menace d'un coup d'État militaire à Paris, le président Coty l'appelle : le 1er juin 1958, l'Assemblée investit de Gaulle président du Conseil et lui donne les pleins pouvoirs pour six mois, avec mission de rédiger une nouvelle Constitution.

Attention ! De Gaulle revient légalement, investi par l'Assemblée, mais sous la pression d'une insurrection : ses adversaires (Mitterrand, Mendès France) parlent de coup d'État. Lui-même déclare : « Croit-on qu'à 67 ans je vais commencer une carrière de dictateur ? »

Rédigée en trois mois par Michel Debré, la Constitution est approuvée par référendum le 28 septembre 1958 (près de 80 % de oui) et promulguée le 4 octobre 1958 : la Ve République est née. De Gaulle est élu président en décembre 1958 par un collège de 80 000 grands électeurs.

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La Constitution de 1958 : un exécutif fort

La Constitution répond aux faiblesses de la IVe : elle renforce l'exécutif et encadre le Parlement (« parlementarisme rationalisé »).

  • Le président de la République devient la clé de voûte : il nomme le Premier ministre, peut dissoudre l'Assemblée, consulter le peuple par référendum, prendre les pleins pouvoirs en cas de crise grave (article 16). Il est « le garant de l'indépendance nationale ».
  • Le gouvernement reste responsable devant l'Assemblée (motion de censure), mais dispose d'armes : l'ordre du jour, le vote bloqué, l'article 49-3 (texte adopté sans vote sauf censure).
  • Le scrutin majoritaire à deux tours remplace la proportionnelle : il fabrique des majorités stables.
  • Un Conseil constitutionnel contrôle la conformité des lois à la Constitution.
1962 : le tournant. Par référendum (28 octobre 1962, 62 % de oui), de Gaulle fait élire le président au suffrage universel direct, contre l'avis de presque tous les partis. Le président tire désormais sa légitimité du peuple : la Ve devient un régime semi-présidentiel. Première élection en décembre 1965 : de Gaulle bat Mitterrand au second tour.
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Les institutions de la Ve République

InstitutionDésignationPouvoirs
Président de la Républiquesuffrage universel direct, 5 ans (7 ans jusqu'en 2002)nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, dissout l'Assemblée, référendum, chef des armées, promulgue les lois
Premier ministre et gouvernementnommés par le président« détermine et conduit la politique de la nation », responsable devant l'Assemblée
Assemblée nationale (577 députés)suffrage universel direct, 5 ans, scrutin majoritairevote les lois et le budget, peut renverser le gouvernement (motion de censure)
Sénat (348 sénateurs)suffrage indirect (grands électeurs), 6 ansvote les lois ; l'Assemblée a le dernier mot
Conseil constitutionnel9 membres nommés pour 9 ansvérifie la conformité des lois à la Constitution, valide les élections
Séparation des pouvoirs. L'exécutif (président, gouvernement) et le législatif (Parlement) se contrôlent mutuellement : dissolution d'un côté, censure de l'autre. L'autorité judiciaire est indépendante. La Constitution peut être révisée (article 89) : elle l'a été plus de vingt fois, par exemple pour le quinquennat (2000), la parité (1999) ou la décentralisation (2003).
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La République gaullienne (1958-1969)

Un président qui gouverne. De Gaulle règle la question algérienne (autodétermination 1959, accords d'Évian 1962, malgré le putsch des généraux et l'OAS), puis mène une politique de grandeur : force de frappe nucléaire (1960), sortie du commandement intégré de l'OTAN (1966), reconnaissance de la Chine populaire (1964), réconciliation avec l'Allemagne (traité de l'Élysée, 1963), veto à l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE. Il s'adresse directement aux Français par la télévision et le référendum.

Modernisation. Nouveau franc (1960), Concorde, fusées, autoroutes, villes nouvelles ; la France des Trente Glorieuses se transforme, mais la société bouge plus vite que le régime : en mai 1968, la révolte étudiante puis la grève générale (10 millions de grévistes) paralysent le pays. De Gaulle dissout l'Assemblée et gagne les élections, mais l'autorité est ébranlée.

Le 27 avril 1969, le « non » l'emporte au référendum sur la régionalisation et le Sénat : fidèle à sa conception plébiscitaire du pouvoir, de Gaulle démissionne le lendemain. Il meurt en novembre 1970.

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La Ve République à l'épreuve : alternances, cohabitations, réformes

PrésidentMandatRepères
Georges Pompidou1969-1974industrialisation, entrée du Royaume-Uni dans la CEE ; meurt en fonction
Valéry Giscard d'Estaing1974-1981majorité à 18 ans, loi Veil sur l'IVG (1975), choc pétrolier
François Mitterrand1981-1995première alternance (gauche), abolition de la peine de mort (1981), décentralisation, deux cohabitations (1986-1988, 1993-1995), Maastricht
Jacques Chirac1995-2007cohabitation avec Jospin (1997-2002), fin du service militaire, quinquennat (2000), refus de la guerre d'Irak
Sarkozy, Hollande, Macron2007-crise financière, attentats de 2015, révision de 2008 (question prioritaire de constitutionnalité)
Alternance et cohabitation. L'alternance (1981) prouve que les institutions fonctionnent quelle que soit la majorité. La cohabitation — un président et une majorité parlementaire de bords opposés — oblige le président à nommer un Premier ministre adversaire qui gouverne réellement ; le quinquennat (2000) et l'inversion du calendrier électoral la rendent improbable.

Un régime solide mais contesté : abstention en hausse, critiques du « présidentialisme », usage répété du 49-3, dissolutions difficiles (1997, 2024). La Ve République est pourtant, après la IIIe, le régime le plus durable de l'histoire de France.

En bref
  • IVe République (1946-1958) : régime parlementaire, proportionnelle, 24 gouvernements en 12 ans ; reconstruction et Europe, mais échec face à la décolonisation.
  • 13 mai 1958 : la crise d'Alger ramène de Gaulle ; Constitution approuvée le 28 septembre 1958, promulguée le 4 octobre.
  • Ve République : exécutif fort (président, dissolution, référendum, 49-3), scrutin majoritaire ; en 1962, élection du président au suffrage universel.
  • De Gaulle (1958-1969) : Algérie, grandeur, mai 68, départ après le référendum de 1969.
  • Le régime tient aux épreuves : alternance (1981), cohabitations (1986, 1993, 1997), quinquennat (2000).
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