06 29 33 79 32 Je réserve ici

Collège · 3ᵉ · Histoire

1944-1947 : refonder la République, redéfinir la démocratie

Le GPRF et le programme du CNR, les ordonnances de 1944-1945 (vote des femmes, Sécurité sociale, nationalisations), la Constitution de 1946 et les débuts de la Guerre froide en France

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « 1944-1947 : refonder la République, redéfinir la démocratie » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1944 : la République rétablie, Le programme du CNR, feuille de route de la Libération, Refonder la démocratie politique : vote des femmes et épuration, Redéfinir la démocratie : la démocratie sociale. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
1

1944 : la République rétablie

En juillet 1940, la IIIe République avait été remplacée par l'État français du maréchal Pétain. À la Libération, il ne s'agit pas seulement de chasser l'occupant, mais de refonder la République sur des bases nouvelles.

GPRF. Le Gouvernement provisoire de la République française est créé à Alger le 3 juin 1944, trois jours avant le débarquement de Normandie, et présidé par le général de Gaulle. Il réunit gaullistes, résistants de l'intérieur, communistes, socialistes et démocrates-chrétiens. Il gouverne jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, fin 1946.

L'ordonnance du 9 août 1944 déclare Vichy « nul et non avenu » : la République est censée n'avoir jamais cessé d'exister. Le 25 août, à l'Hôtel de Ville de Paris libéré, de Gaulle refuse de « proclamer » la République : « elle n'a jamais cessé d'être ». Le GPRF s'installe à Paris le 31 août et impose son autorité aux comités locaux de libération, évitant à la fois le chaos et l'administration militaire alliée (AMGOT) que préparaient les Américains.

Attention ! Le pays est ruiné : 600 000 morts, un million de bâtiments détruits, les ports et les ponts bombardés, la production industrielle à 40 % de celle de 1938. Le rationnement dure jusqu'en 1949. Refonder la République se fait dans la pénurie.
2

Le programme du CNR, feuille de route de la Libération

Le Conseil national de la Résistance (CNR), créé par Jean Moulin en mai 1943 pour unir les mouvements de résistance, les partis et les syndicats, adopte le 15 mars 1944 un programme d'action, connu sous le titre Les Jours heureux. Il prévoit à la fois les mesures pour la libération et un plan de réformes pour l'après-guerre.

Ce que prévoit le programme du CNRCe qui est réalisé
Rétablir le suffrage universel et les libertés (presse, syndicats)vote des femmes (1944), presse libre (ordonnance d'août 1944), liberté syndicale
Punir les collaborateurs et confisquer leurs biensl'épuration ; Renault nationalisée par confiscation (1945)
« Retour à la nation des grands moyens de production » : énergie, sous-sol, banques, assurancesles nationalisations de 1944-1946
« Un plan complet de sécurité sociale » et la retraite des vieux travailleursordonnances d'octobre 1945
Participation des travailleurs à la direction de l'économiecomités d'entreprise (février 1945)
Astuce. Le programme du CNR n'a pas force de loi : c'est un engagement commun des résistants, des gaullistes aux communistes. Sa mise en œuvre par le GPRF s'explique par cette union, et par la volonté d'empêcher un retour aux inégalités des années 1930, jugées responsables de la défaite.
3

Refonder la démocratie politique : vote des femmes et épuration

Le droit de vote des femmes. L'ordonnance du 21 avril 1944 dispose que « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Elles votent pour la première fois aux municipales du 29 avril 1945, puis aux élections du 21 octobre 1945 : 33 femmes entrent à l'Assemblée constituante. Le suffrage devient enfin réellement universel, près d'un siècle après 1848.

L'épuration. Punir les collaborateurs est la condition du retour à l'État de droit. Après une phase d'épuration sauvage à l'été 1944 (environ 9 000 exécutions sommaires, femmes tondues), l'épuration légale s'organise : cours de justice, Haute Cour pour les dirigeants. Pétain est condamné à mort en août 1945 et gracié en raison de son âge ; Laval est fusillé en octobre 1945. Environ 1 500 personnes sont exécutées après jugement ; l'écrivain Robert Brasillach en fait partie (février 1945).

Exemple. Le référendum du 21 octobre 1945 pose deux questions : faut-il revenir à la IIIe République ? (96 % de non) ; l'Assemblée élue sera-t-elle constituante avec des pouvoirs limités ? (66 % de oui). Les Français rejettent massivement le régime d'avant-guerre, jugé responsable de la défaite.

Les élections de 1945 font émerger trois grands partis issus de la Résistance, qui gouvernent ensemble : c'est le tripartisme.

PartiRésultat d'octobre 1945Tendance
PCF (Parti communiste)26 %, premier parti de France« parti des 75 000 fusillés », lié à l'URSS
MRP (Mouvement républicain populaire)24 %démocrate-chrétien, fondé en 1944, proche de de Gaulle
SFIO (socialistes)23 %réformiste ; Vincent Auriol, Paul Ramadier
4

Redéfinir la démocratie : la démocratie sociale

La démocratie ne doit plus être seulement politique : elle doit garantir à chacun des droits économiques et sociaux. Le GPRF légifère par ordonnances (textes pris par le gouvernement, faute de Parlement élu).

RéformeDateContenu
Nationalisations1944-1946Houillères du Nord (déc. 1944), Renault (janv. 1945, confisquée pour collaboration), Banque de France et quatre grandes banques (déc. 1945), Air France, EDF-GDF (avril 1946), grandes compagnies d'assurances (1946)
Comités d'entreprise22 février 1945obligatoires dans les entreprises de plus de 100 salariés (50 en 1946) : information des salariés, œuvres sociales
Sécurité socialeordonnances des 4 et 19 octobre 1945assurance maladie, maternité, vieillesse, accidents du travail, financées par les cotisations ; gérée par les représentants des assurés ; conçue par Pierre Laroque, mise en place par le ministre communiste Ambroise Croizat
Allocations familiales généralisées1945-1946soutien à la natalité : c'est le début du baby-boom
Statut des fonctionnaires, ENA1945-1946une haute administration recrutée par concours, au service de l'État
Commissariat au Planjanvier 1946Jean Monnet planifie la reconstruction : priorité au charbon, à l'électricité, à l'acier, aux transports
Nationalisation. Transfert d'une entreprise privée à l'État, qui en devient propriétaire. En 1944-1946, l'objectif est double : punir des entreprises qui ont collaboré (Renault) et donner à l'État les moyens de reconstruire le pays (énergie, crédit, transports).
Sécurité sociale. Système de protection qui garantit à chacun des ressources en cas de maladie, de maternité, d'accident ou de vieillesse, financé par les cotisations des salariés et des employeurs. Sa devise, chez Laroque : « libérer les travailleurs de l'incertitude du lendemain ».
5

La Constitution de 1946 et la IVe République

Écrire la Constitution est difficile. De Gaulle, qui veut un exécutif fort, se heurte aux partis et démissionne le 20 janvier 1946. Un premier projet, très favorable à l'Assemblée, est rejeté par référendum le 5 mai 1946 : c'est la première fois que les Français disent non à un texte constitutionnel. Dans le discours de Bayeux (16 juin 1946), de Gaulle expose sa conception : un chef de l'État au-dessus des partis. Un second projet, à peine corrigé, est adopté le 13 octobre 1946 (53 % de oui, avec un tiers d'abstention). La Constitution est promulguée le 27 octobre 1946 : c'est la IVe République.

InstitutionRôle
L'Assemblée nationale, élue au suffrage universel à la proportionnellevote les lois, investit et peut renverser le gouvernement : elle domine le régime
Le Conseil de la Républiqueseconde chambre, simple avis
Le président de la République, élu par le Parlement pour 7 anspouvoirs limités ; Vincent Auriol (SFIO), élu le 16 janvier 1947
Le président du Conseilchef du gouvernement, dépendant de la majorité de l'Assemblée
L'Union françaisenouveau nom de l'empire colonial ; les colonisés deviennent citoyens, mais sans égalité réelle
Exemple. Le préambule de la Constitution réaffirme la Déclaration de 1789 et proclame de nouveaux droits : « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme » ; droit d'obtenir un emploi, droit syndical, droit de grève, protection de la santé, instruction gratuite et laïque, droit d'asile. Ce préambule reste en vigueur : la Constitution de 1958 y renvoie.
Attention ! La IVe République ressemble beaucoup à la IIIe : régime parlementaire où l'Assemblée fait et défait les gouvernements. Cette instabilité (24 gouvernements en 12 ans) sera l'une des causes de sa chute en 1958.
6

1947 : la Guerre froide entre en France

L'union de la Résistance ne survit pas au début de la Guerre froide. En mars 1947, la doctrine Truman divise le monde en deux blocs ; les communistes français, fidèles à l'URSS, deviennent des alliés impossibles.

1947Événement
7 avrilde Gaulle fonde le RPF (Rassemblement du peuple français), hostile au « régime des partis »
5 maile président du Conseil socialiste Paul Ramadier renvoie les ministres communistes, qui ont voté contre le gouvernement sur les salaires et la guerre d'Indochine : fin du tripartisme
5 juinannonce du plan Marshall ; la France l'accepte, l'URSS et le PCF le dénoncent
novembre-décembrevague de grèves insurrectionnelles (mines, chemins de fer), soutenues par le PCF ; le gouvernement fait appel à l'armée ; la CGT se scinde (Force ouvrière naît en décembre)

La IVe République est désormais gouvernée par une « Troisième force » (SFIO, MRP, radicaux) prise en étau entre l'opposition communiste et l'opposition gaulliste. La France choisit le camp occidental : plan Marshall, puis OTAN en 1949.

Astuce. Pour le brevet, retiens l'enchaînement : 1944 refonder (GPRF, CNR, vote des femmes) → 1945-1946 réformer (Sécurité sociale, nationalisations, Constitution) → 1947 se diviser (Guerre froide, fin du tripartisme).
En bref
  • GPRF (3 juin 1944, de Gaulle) : Vichy déclaré « nul et non avenu » (9 août 1944), la République « n'a jamais cessé d'être ».
  • Programme du CNR (15 mars 1944, Les Jours heureux) : suffrage universel, épuration, nationalisations, Sécurité sociale. Il unit toute la Résistance.
  • Démocratie politique : vote des femmes (ordonnance du 21 avril 1944, premier vote le 29 avril 1945) ; épuration (Pétain condamné, Laval fusillé) ; référendum du 21 oct. 1945 : 96 % rejettent la IIIe République. Tripartisme PCF-MRP-SFIO.
  • Démocratie sociale et économique : nationalisations (Renault, houillères, banques, EDF-GDF, assurances), Sécurité sociale (4 et 19 octobre 1945, Laroque et Croizat), comités d'entreprise, Plan Monnet (1946).
  • Constitution du 27 octobre 1946 : IVe République, régime parlementaire dominé par l'Assemblée ; préambule = droits économiques et sociaux (égalité femmes-hommes, travail, grève, santé, instruction). De Gaulle a démissionné (janv. 1946) et critique le régime à Bayeux.
  • 1947 : Guerre froide ; RPF (avril) ; 5 mai : renvoi des ministres communistes = fin du tripartisme ; plan Marshall ; grèves de l'automne. La « Troisième force » gouverne.
Bloqué sur ce chapitre ?

Cours particuliers de histoire à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au collège · Aide aux devoirs