À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en terminale sur « La fin de la Guerre froide et le « nouvel ordre mondial » » suit le programme officiel de histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les causes de la fin de la Guerre froide, L'effondrement du bloc soviétique (1989), La dissolution de l'URSS (1991), Le « nouvel ordre mondial » selon Bush. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · Les causes de la fin de la Guerre froide
2 · L'effondrement du bloc soviétique (1989)
3 · La dissolution de l'URSS (1991)
4 · Le « nouvel ordre mondial » selon Bush
5 · La guerre du Golfe (1990-1991) : première guerre du nouvel ordre
6 · Les limites et crises du nouvel ordre mondial
7 · Bilan : vers un monde unipolaire ?
1Les causes de la fin de la Guerre froide
La fin de la Guerre froide résulte d'une combinaison de facteurs internes à l'URSS et d'une pression externe exercée par les États-Unis et les sociétés civiles des démocraties populaires.
Définitions clés.
• Glasnost (« transparence ») : politique de liberté d'expression et de presse lancée par Mikhaïl Gorbatchev à partir de 1986.
• Perestroïka (« restructuration ») : réforme économique et administrative visant à moderniser l'URSS.
• Doctrine Sinatra (1989) : Gorbatchev laisse les pays du bloc de l'Est choisir leur propre voie (rupture avec la doctrine Brejnev).
Les causes structurelles de l'effondrement soviétique :
- Crise économique : l'économie planifiée est en stagnation depuis les années 1970 (« zastoi », l'ère de stagnation sous Brejnev). La course aux armements épuise les finances soviétiques.
- Crise idéologique : le modèle communiste perd toute légitimité. La corruption, les pénuries et l'écart entre propagande et réalité provoquent une désillusion profonde.
- Tensions nationalistes : les peuples des républiques soviétiques (Pays baltes, Ukraine, Caucase) revendiquent leur indépendance.
- La guerre d'Afghanistan (1979-1989) : un « bourbier » militaire et financier qui révèle les limites de la puissance soviétique.
Astuce. Les réformes de Gorbatchev sont à double tranchant : censées sauver l'URSS, elles libèrent des forces centrifuges incontrôlables qui accélèrent son effondrement.
La pression américaine : Ronald Reagan intensifie la compétition militaire avec l'initiative de Défense Stratégique (IDS, dite « Guerre des étoiles », 1983), forçant l'URSS à des dépenses militaires insoutenables. En 1987, le traité INF (élimination des missiles nucléaires à portée intermédiaire) marque un premier geste de désarmement.
2L'effondrement du bloc soviétique (1989)
L'année 1989 constitue un tournant historique majeur : en quelques mois, les régimes communistes d'Europe de l'Est s'effondrent les uns après les autres, dans un effet domino sans précédent.
| Pays | Événement | Date |
|---|
| Pologne | Victoire de Solidarność aux élections (premier Premier ministre non communiste) | Juin 1989 |
| Hongrie | Ouverture de la frontière austro-hongroise ; dissolution du parti communiste | Août-oct. 1989 |
| RDA | Chute du mur de Berlin | 9 nov. 1989 |
| Tchécoslovaquie | Révolution de Velours (transition pacifique) | Nov. 1989 |
| Roumanie | Chute et exécution de Ceaușescu | Déc. 1989 |
| Bulgarie | Chute du régime communiste | Nov. 1989 |
Le mur de Berlin. Construit en 1961 pour empêcher la fuite des Allemands de l'Est, le mur est le symbole le plus fort de la Guerre froide et du « rideau de fer ». Sa chute le 9 novembre 1989 est vécue comme la fin symbolique de la bipolarité mondiale.
Ces révolutions sont généralement pacifiques (sauf en Roumanie). Gorbatchev n'intervient pas militairement, rompant avec la doctrine Brejnev qui autorisait l'URSS à intervenir dans les pays frères. C'est la doctrine Sinatra — chaque pays fait « à sa façon ».
Exemple. En novembre 1989, des centaines de milliers d'Allemands de l'Est traversent la frontière en fête. Les gardes-frontières, dépassés, n'ont reçu aucun ordre. Le 3 octobre 1990, l'Allemagne est réunifiée sous la direction de Helmut Kohl.
Attention ! La chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) ne marque pas encore la fin de l'URSS : l'Union soviétique elle-même subsiste jusqu'au 25 décembre 1991. Ne confondez pas les deux dates.
3La dissolution de l'URSS (1991)
La désintégration de l'URSS est un processus qui s'accélère entre 1990 et 1991, sous l'effet conjugué des revendications nationalistes et de la crise économique.
Les étapes de la dissolution :
- 1990 : Les républiques baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) proclament leur indépendance ; Gorbatchev tente de les maintenir dans l'URSS, sans succès durable.
- Août 1991 : Tentative de coup d'État conservateur (putsch de Moscou) contre Gorbatchev. Échec du putsch grâce à la résistance de Boris Eltsine, président de la Russie, et de la population moscovite.
- Décembre 1991 : Les dirigeants de Russie, Ukraine et Biélorussie signent les accords de Minsk (8 décembre), acte de décès de l'URSS. La CEI (Communauté des États Indépendants) est créée.
- 25 décembre 1991 : Gorbatchev démissionne. L'URSS est officiellement dissoute. Le drapeau rouge est abaissé du Kremlin.
CEI (Communauté des États Indépendants). Organisation regroupant une partie des anciennes républiques soviétiques, créée en décembre 1991. Elle remplace formellement l'URSS mais n'a pas le même poids politique. La Russie y assume la succession internationale de l'URSS (siège au Conseil de sécurité de l'ONU, arsenal nucléaire).
Astuce. La Russie hérite du siège permanent de l'URSS au Conseil de sécurité de l'ONU — un point clé pour comprendre la diplomatie internationale post-1991.
4Le « nouvel ordre mondial » selon Bush
Face à l'effondrement soviétique, le président américain George H. W. Bush articule sa vision d'un nouveau système international lors de son discours devant le Congrès en septembre 1990, à l'occasion de la crise du Golfe.
« Nouvel ordre mondial ». Expression prononcée par Bush le 11 septembre 1990 : un monde fondé sur la primauté du droit international, la résolution des conflits par l'ONU, la démocratie libérale et le libre-échange. Les États-Unis s'arrogent le rôle de garant de cet ordre.
Les piliers du nouvel ordre mondial :
- Hyperpuissance américaine : les États-Unis, seule superpuissance, dominent militairement, économiquement et culturellement (hard power + soft power).
- Multilatéralisme : action collective via l'ONU, réactivation du Conseil de sécurité (bloqué pendant la Guerre froide).
- Universalisme démocratique : Francis Fukuyama théorise la « fin de l'Histoire » (1989) — la démocratie libérale serait le stade final de l'évolution politique des sociétés.
- Mondialisation économique : libre-échange, création de l'OMC (1995), expansion du capitalisme à l'échelle mondiale.
Exemple. Francis Fukuyama, dans La Fin de l'Histoire et le Dernier Homme (1992), affirme que la chute du communisme marque la victoire définitive de la démocratie libérale. Samuel Huntington lui répond en 1996 avec Le Choc des Civilisations, annonçant au contraire de nouveaux conflits identitaires et culturels.
Attention ! Le « nouvel ordre mondial » est une vision américaine de l'après-guerre froide, pas une réalité universellement acceptée. Des puissances comme la Chine, la Russie ou l'Iran la contestent.
5La guerre du Golfe (1990-1991) : première guerre du « nouvel ordre »
La guerre du Golfe constitue le premier test du nouvel ordre mondial : une coalition internationale, mandatée par l'ONU, intervient pour rétablir l'ordre international violé par l'Irak de Saddam Hussein.
Chronologie :
- 2 août 1990 : L'Irak envahit et annexe le Koweït.
- Août 1990 – janvier 1991 : Mise en place d'une coalition de 34 pays sous commandement américain. L'ONU adopte plusieurs résolutions (dont la résolution 678 autorisant le recours à la force).
- 17 janvier – 28 février 1991 : Opération « Tempête du désert » — la coalition libère le Koweït en 100 heures de combat terrestre après 6 semaines de bombardements.
Coalition internationale. La guerre du Golfe rassemble 34 pays (États-Unis, Royaume-Uni, France, pays arabes dont l'Arabie Saoudite, l'Égypte…). C'est la plus grande coalition depuis la Seconde Guerre mondiale, symbole du multilatéralisme voulu par Bush.
Portée symbolique : Pour Bush, la victoire rapide confirme la puissance américaine et la capacité de l'ONU à agir. Mais Saddam Hussein reste au pouvoir, ce qui constitue une limite de l'intervention (objectif limité à la libération du Koweït, pas au changement de régime).
Astuce. La guerre du Golfe est souvent qualifiée de « guerre propre » ou de « guerre télévisuelle » (CNN). Elle marque l'entrée dans l'ère de la guerre médiatique en direct, mais aussi ses manipulations (couveuses du Koweït).
6Les limites et crises du nouvel ordre mondial
Dès le début des années 1990, le « nouvel ordre mondial » révèle ses failles : les États-Unis ne peuvent pas maîtriser tous les conflits, et de nouveaux types de violences émergent.
Les principales crises :
- Somalie (1993) : L'opération « Restore Hope » tourne au fiasco. La mort de soldats américains à Mogadiscio oblige Clinton à retirer ses troupes. L'hyperpuissance n'est pas invincible.
- Yougoslavie (1991-1999) : Les guerres de décomposition de la Yougoslavie (Bosnie, Kosovo) montrent la difficulté à agir en Europe même. Le génocide de Srebrenica (1995) révèle l'impuissance de l'ONU.
- Rwanda (1994) : Le génocide des Tutsis (800 000 morts en 3 mois) se déroule sans intervention internationale efficace — échec patent du « droit d'ingérence ».
- Irak (1998-2003) : Saddam Hussein défie les inspecteurs de l'ONU, signe d'une résistance aux normes du nouvel ordre.
Attention ! Ces crises montrent que le « nouvel ordre mondial » est plus un slogan qu'une réalité : les États-Unis ne peuvent pas — ou ne veulent pas — intervenir partout.
Exemple. En Bosnie, les accords de Dayton (1995) mettent fin à la guerre après 100 000 morts et 2 millions de réfugiés. Ils sont négociés sous pression américaine, illustrant le rôle indispensable mais sélectif des États-Unis.
7Bilan : vers un monde unipolaire ?
La décennie 1990 voit les États-Unis exercer une hégémonie sans précédent dans l'histoire moderne : militaire, économique, culturelle et normative.
Hyperpuissance. Terme forgé par l'ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine (1998) pour qualifier les États-Unis : une puissance qui domine dans tous les domaines à la fois, au-delà de la simple superpuissance.
Les caractéristiques de l'unipolarité américaine :
- Hard power : budget militaire américain = 36 % des dépenses militaires mondiales dans les années 1990. L'OTAN s'étend à l'Est (Pologne, Hongrie, République tchèque en 1999).
- Soft power : domination culturelle (Hollywood, Internet, fast-food), économique (dollar, FMI, Banque mondiale) et normative (droits de l'homme, démocratie).
- Universalisme libéral : l'Occident promeut un modèle politique et économique universel.
Cependant, des contre-pouvoirs émergent : la Chine amorce sa montée en puissance économique, la Russie de Poutine (à partir de 1999) affirme ses intérêts, et le monde arabo-musulman manifeste une hostilité croissante à l'hégémonie américaine, qui culminera avec les attentats du 11 septembre 2001, mettant fin à la décennie du « nouvel ordre mondial ».
Astuce. Le « moment unipolaire » américain (expression de Charles Krauthammer, 1990) est chronologiquement court : il va de la chute de l'URSS (1991) au 11-Septembre (2001), soit seulement dix ans.
★À retenir
À retenir :
• 1989 : chute du mur de Berlin → effondrement des démocraties populaires d'Europe de l'Est.
• 25 décembre 1991 : dissolution officielle de l'URSS ; fin de la bipolarité.
• Gorbatchev (glasnost/perestroïka) et Reagan (IDS, traité INF) : acteurs-clés de la fin de la Guerre froide.
• Nouvel ordre mondial (Bush, 1990) : hégémonie américaine, multilatéralisme, démocratie libérale.
• Guerre du Golfe (1990-91) : premier test du nouvel ordre → victoire de la coalition mais limites visibles.
• Crises (Somalie, Bosnie, Rwanda) révèlent les failles du système.
• « Hyperpuissance » (Védrine) : domination américaine jusqu'au 11-Septembre 2001.