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La Seconde Guerre mondiale

Guerre d'anéantissement, grandes phases, Shoah, Vichy et collaboration, Résistance, France libre, bilan (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La Seconde Guerre mondiale » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une guerre mondiale en trois phases (1937-1945), Une guerre d'anéantissement : le front de l'Est et les crimes de guerre, La Shoah et le génocide des Tsiganes, Juin 1940 en France : continuer ou arrêter la guerre, un choix décisif. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
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Les repères à connaître

16 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.

  1. 1937Invasion de la Chine par le Japon ; massacre de Nankin (décembre)En Asie, la guerre commence avant 1939 : c'est le premier foyer du conflit mondial.
  2. 23 août 1939Pacte germano-soviétiqueSon protocole secret partage l'Europe orientale et permet à Hitler d'attaquer la Pologne sans craindre l'URSS.
  3. 1er septembre 1939Invasion de la Pologne ; déclarations de guerre franco-britanniques le 3 septembreDébut de la guerre en Europe.
  4. 18 juin 1940Appel du général de Gaulle à la BBCActe fondateur de la France libre : refus de l'armistice au nom d'une guerre mondiale.
  5. 22 juin 1940Armistice franco-allemand signé à RethondesLa France est coupée en deux zones ; fin de la campagne de France.
  6. 10 juillet 1940Vote des pleins pouvoirs au maréchal PétainFin de la IIIe République et naissance du régime de Vichy (« État français »).
  7. 3 octobre 1940Premier statut des JuifsPreuve d'un antisémitisme d'État décidé par Vichy sans exigence allemande.
  8. 22 juin 1941Opération Barbarossa : l'Allemagne attaque l'URSSOuverture du front de l'Est, cœur de la guerre d'anéantissement et de la « Shoah par balles ».
  9. 7 décembre 1941Attaque japonaise de Pearl HarborEntrée en guerre des États-Unis : le conflit devient pleinement mondial.
  10. 20 janvier 1942Conférence de WannseeCoordination de la « solution finale » à l'échelle de l'Europe.
  11. 16-17 juillet 1942Rafle du Vél' d'Hiv à Paris13 152 Juifs arrêtés par la police française : sommet de la collaboration d'État dans la persécution.
  12. 2 février 1943Capitulation allemande à StalingradTournant de la guerre à l'Est : le Reich perd l'initiative.
  13. 27 mai 1943Première réunion du Conseil national de la RésistanceUnification de la Résistance intérieure sous l'autorité de De Gaulle, par Jean Moulin.
  14. 6 juin 1944Débarquement allié en NormandieOuverture du front de l'Ouest et début de la libération de la France (Paris libéré le 25 août).
  15. 8 mai 1945Capitulation de l'AllemagneFin de la guerre en Europe.
  16. 6 et 9 août 1945 · 2 septembre 1945Bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki ; capitulation du JaponFin de la guerre en Asie et entrée dans l'âge nucléaire.
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Une guerre mondiale en trois phases (1937-1945)

La guerre commence en Asie : le Japon, maître de la Mandchourie depuis 1931, envahit la Chine en juillet 1937 ; la prise de Nankin (décembre 1937) s'accompagne du massacre de dizaines de milliers de civils et de prisonniers. En Europe, le pacte germano-soviétique (23 août 1939) permet à Hitler d'envahir la Pologne le 1er septembre 1939 ; le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre.

1939-1942 : l'expansion de l'Axe. Par la guerre éclair, l'Allemagne conquiert la Pologne, le Danemark et la Norvège, le Benelux et la France (mai-juin 1940). Le Royaume-Uni de Churchill résiste seul pendant la bataille d'Angleterre (été-automne 1940). L'année 1941 mondialise le conflit : attaque de l'URSS (22 juin), attaque japonaise de Pearl Harbor (7 décembre), déclaration de guerre de l'Allemagne et de l'Italie aux États-Unis (11 décembre). À l'été 1942, l'Axe atteint son extension maximale, de la Volga à l'Égypte et de la Birmanie aux archipels du Pacifique.

1942-1943 : le tournant. La bataille de Midway (juin 1942) arrête l'expansion japonaise ; El-Alamein (octobre-novembre 1942) et le débarquement anglo-américain au Maroc et en Algérie (8 novembre 1942) retournent la situation en Afrique du Nord ; la capitulation de la 6e armée allemande à Stalingrad (2 février 1943) marque le retournement à l'Est, confirmé à Koursk (juillet 1943). Mussolini est renversé le 25 juillet 1943.

1943-1945 : la victoire alliée. Elle repose sur la supériorité industrielle des Alliés, et d'abord des États-Unis, « grand arsenal de la démocratie » selon Roosevelt (29 décembre 1940), qui arment leurs alliés grâce à la loi du prêt-bail (mars 1941). Débarquements de Normandie (6 juin 1944) et de Provence (15 août 1944), offensive soviétique Bagration (juin 1944) : l'Allemagne capitule le 8 mai 1945. Après les bombes atomiques d'Hiroshima (6 août 1945) et de Nagasaki (9 août) et l'entrée en guerre de l'URSS contre lui (8 août), le Japon capitule le 2 septembre 1945.

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Une guerre d'anéantissement : le front de l'Est et les crimes de guerre

La Seconde Guerre mondiale est une guerre totale : les belligérants mobilisent toutes leurs ressources, et la frontière entre combattants et civils s'efface. À l'Est, elle devient une guerre d'anéantissement.

Guerre d'anéantissement (Vernichtungskrieg) : guerre dont le but n'est pas seulement de vaincre l'armée adverse, mais de détruire physiquement une partie de la population ennemie, désignée comme inférieure ou dangereuse.

Dès l'invasion de la Pologne (septembre 1939), les élites polonaises sont visées par des exécutions de masse et des territoires annexés sont vidés de leurs habitants. Contre l'URSS, en 1941, la guerre est conçue comme la conquête d'un espace vital et la destruction du « judéo-bolchevisme ». Le 30 mars 1941, Hitler annonce à ses généraux une lutte d'anéantissement ; l'« ordre des commissaires » (6 juin 1941) prescrit l'exécution des commissaires politiques capturés ; le Generalplan Ost prévoit la colonisation allemande de l'Est et la disparition de dizaines de millions de Slaves par la famine et l'expulsion.

Sur environ 5,7 millions de prisonniers de guerre soviétiques, environ 3,3 millions meurent en captivité, surtout de faim et de maladie. Le siège de Leningrad (septembre 1941 - janvier 1944) fait de l'ordre de 800 000 à 1 million de morts civils, essentiellement de faim. Au nom de la lutte contre les partisans, des centaines de villages de Biélorussie sont détruits avec leurs habitants.

La violence de masse touche d'autres théâtres. En Chine, l'armée japonaise multiplie les massacres et le travail forcé ; l'unité 731 pratique des expérimentations sur des prisonniers. L'URSS fait exécuter environ 22 000 officiers et membres des élites polonaises à Katyn et en d'autres lieux au printemps 1940. Les Alliés bombardent massivement les villes : Hambourg (juillet 1943), Dresde (février 1945), Tokyo (mars 1945).

Réservez « guerre d'anéantissement » à la guerre nazie à l'Est et aux projets d'extermination. Les bombardements alliés relèvent de la guerre totale : ils visent la production et le moral de l'ennemi, ce que les historiens discutent, sans s'inscrire dans un projet d'extermination.
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La Shoah et le génocide des Tsiganes

Le génocide des Juifs d'Europe, la Shoah (« catastrophe » en hébreu), est l'aboutissement de l'antisémitisme placé au cœur de l'idéologie nazie. Il procède par étapes.

1939-1941 : exclusion et concentration. En Pologne occupée, les Juifs sont enfermés dans des ghettos : Lodz (avril 1940), Varsovie (fermé en novembre 1940), où s'entassent environ 400 000 personnes. La faim et les épidémies y font des dizaines de milliers de morts.

1941-1942 : les tueries de masse. En URSS, derrière la Wehrmacht, quatre Einsatzgruppen, aidés de bataillons de police et d'auxiliaires locaux, assassinent les Juifs par fusillades (« Shoah par balles ») : à Babi Yar, près de Kiev, plus de 33 000 personnes sont tuées les 29 et 30 septembre 1941. Plus d'un million de Juifs périssent ainsi.

1942-1944 : l'extermination industrielle. Les premiers gazages ont lieu à Chelmno en décembre 1941. La conférence de Wannsee (20 janvier 1942), présidée par Heydrich, coordonne la « solution finale » à l'échelle du continent ; son protocole recense 11 millions de Juifs européens. Six centres de mise à mort fonctionnent en Pologne occupée : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Majdanek et Auschwitz-Birkenau, où environ 1,1 million de personnes, dont près d'un million de Juifs, sont assassinées. Au printemps 1944 encore, environ 430 000 Juifs de Hongrie y sont déportés. Des Juifs résistent, comme lors de l'insurrection du ghetto de Varsovie (avril-mai 1943).

Au total, 5 à 6 millions de Juifs sont assassinés, près des deux tiers des Juifs d'Europe. Les Tsiganes (Roms et Sintis) subissent aussi un génocide, qui fait plusieurs centaines de milliers de victimes selon des estimations très variables. Dès 1939-1941, l'opération T4 avait tué plus de 70 000 personnes handicapées en Allemagne.

Exemple de phrase de copie : « La conférence de Wannsee (20 janvier 1942) ne décide pas seule le génocide, déjà engagé en URSS depuis l'été 1941 : elle en organise l'extension à toute l'Europe. »
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Juin 1940 en France : continuer ou arrêter la guerre, un choix décisif

La campagne de France (10 mai - 22 juin 1940) est une défaite éclair : la percée allemande dans les Ardennes et à Sedan (13 mai) coupe les armées alliées ; environ 60 000 soldats français sont tués et près de 1,8 million faits prisonniers. Des millions de civils fuient sur les routes : c'est l'exode. Le 14 juin, les Allemands entrent dans Paris.

Le gouvernement, replié à Bordeaux, se divise. Paul Reynaud, président du Conseil, veut continuer la lutte depuis l'Empire aux côtés du Royaume-Uni ; le maréchal Pétain et le général Weygand réclament l'armistice. Reynaud démissionne le 16 juin ; Pétain, appelé à lui succéder, annonce à la radio le 17 juin qu'« il faut cesser le combat ». Le 18 juin, depuis Londres, le général de Gaulle, sous-secrétaire d'État à la Guerre dans le gouvernement Reynaud, appelle sur la BBC à poursuivre la lutte : la France a un empire, des alliés, et « cette guerre est une guerre mondiale ».

L'armistice est signé à Rethondes le 22 juin 1940. Une ligne de démarcation coupe le pays : le Nord et la façade atlantique sont occupés ; le gouvernement garde la zone sud, l'Empire et la flotte, désarmée mais non livrée ; il paie les frais d'occupation ; les prisonniers restent en Allemagne. L'Alsace et la Moselle sont annexées de fait.

Le 10 juillet 1940, à Vichy, les parlementaires votent les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix contre 80. Dès le lendemain, des actes constitutionnels font de lui le « chef de l'État français » : la IIIe République disparaît. Le 2 août 1940, un tribunal militaire condamne de Gaulle à mort par contumace.

Le choix de juin 1940 est décisif : arrêter la guerre ouvre la voie à un régime autoritaire et à la collaboration ; la continuer fonde la France libre, qui permettra à la France de figurer parmi les vainqueurs en 1945.
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Le régime de Vichy : Révolution nationale, collaboration et persécutions (1940-1944)

Le régime de Vichy est une dictature personnelle : Pétain concentre les pouvoirs, les élections et les syndicats sont supprimés, un culte du chef est organisé. Sa Révolution nationale, résumée par la devise « Travail, Famille, Patrie », rejette l'héritage républicain et désigne des boucs émissaires : Juifs, francs-maçons, communistes, étrangers.

L'antisémitisme d'État est une initiative française. Le premier statut des Juifs (3 octobre 1940) les exclut de la fonction publique, de l'enseignement, de la presse ; la loi du 4 octobre permet d'interner les Juifs étrangers ; le second statut (2 juin 1941) aggrave les exclusions ; le Commissariat général aux questions juives (mars 1941) organise la spoliation (« aryanisation » des biens).

Après l'entrevue de Montoire avec Hitler (24 octobre 1940), Pétain déclare le 30 octobre : « J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. » La collaboration d'État est économique (frais d'occupation, livraisons), politique et policière. Revenu au pouvoir en avril 1942, Pierre Laval déclare à la radio le 22 juin 1942 : « Je souhaite la victoire de l'Allemagne ». Les accords entre René Bousquet, chef de la police de Vichy, et le SS Oberg (été 1942) mettent la police française au service des arrestations : lors de la rafle du Vél' d'Hiv (16-17 juillet 1942), 13 152 Juifs sont arrêtés à Paris. En août 1942, Vichy livre des Juifs étrangers de la zone sud, pourtant sans troupes allemandes. Environ 76 000 Juifs sont déportés de France ; environ 3 % reviennent.

Après l'invasion de la zone sud (11 novembre 1942), Vichy perd toute autonomie réelle. Le Service du travail obligatoire (STO, loi du 16 février 1943) envoie plus de 600 000 travailleurs en Allemagne ; la Milice de Joseph Darnand (janvier 1943) traque résistants et Juifs. À Paris, les collaborationnistes (Jacques Doriot, Marcel Déat) réclament un engagement total aux côtés du Reich.

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Résistance intérieure et France libre : de la dispersion à la Libération (1940-1945)

La France libre naît à Londres : le 28 juin 1940, le gouvernement britannique reconnaît de Gaulle comme chef des Français libres. Elle se dote d'une armée, les Forces françaises libres, et d'une base en Afrique : le Tchad de Félix Éboué se rallie le 26 août 1940, suivi de l'essentiel de l'Afrique-Équatoriale française. Ses soldats combattent à Koufra (1941) et à Bir Hakeim (mai-juin 1942).

La Résistance intérieure est d'abord le fait de pionniers : tracts, journaux clandestins, réseaux de renseignement et d'évasion liés à Londres. En zone sud se forment les mouvements Combat (Henri Frenay), Libération-Sud et Franc-Tireur ; en zone nord, Libération-Nord et l'Organisation civile et militaire. Le Parti communiste, entravé par le pacte germano-soviétique, s'engage pleinement dans la lutte armée après juin 1941 (Front national, sans rapport avec le parti créé en 1972, et Francs-tireurs et partisans). Les étrangers y prennent une large part, comme le groupe Manouchian des FTP-MOI. Le STO (1943) pousse des milliers de réfractaires vers les maquis.

L'unification est l'œuvre de Jean Moulin, parachuté en janvier 1942 comme représentant de De Gaulle. Il fonde les Mouvements unis de Résistance (janvier 1943) puis le Conseil national de la Résistance, réuni pour la première fois à Paris le 27 mai 1943. Arrêté à Caluire le 21 juin 1943, il meurt en juillet. À Alger, le Comité français de libération nationale (juin 1943) devient le Gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944.

À la Libération, les Forces françaises de l'intérieur (FFI) appuient les débarquements. La répression allemande frappe durement les civils (Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944 : plus de 640 habitants tués). Paris se soulève le 19 août et est libéré le 25 août 1944 par la 2e DB du général Leclerc et les FFI. La 1re armée du général de Lattre combat jusqu'en Allemagne, et de Lattre représente la France à la signature de la capitulation allemande à Berlin, le 8 mai 1945.

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Bilan humain et débats historiographiques

Un bilan sans précédent. La guerre fait de l'ordre de 60 millions de morts, dont au moins la moitié de civils, alors que les victimes de 1914-1918 étaient surtout militaires. L'URSS perd environ 26 à 27 millions d'habitants, la Chine de 10 à 20 millions selon des estimations très incertaines, la Pologne 5,5 à 6 millions (environ 16 % de sa population), l'Allemagne 6 à 7 millions, le Japon 2,5 à 3 millions, la France 550 000 à 600 000. À Hiroshima et Nagasaki, les bombes font plus de 100 000 morts immédiats, et de l'ordre de 200 000 à la fin de 1945. Le jugement des criminels, la création de l'ONU et la reconstruction relèvent du chapitre suivant, La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts d'un nouvel ordre mondial.

Débat 1 : la décision de la Shoah. Les historiens « intentionnalistes » y voyaient un programme fixé par Hitler dès l'origine ; les « fonctionnalistes » insistaient sur la radicalisation d'un appareil d'État aux pouvoirs concurrents. On retient aujourd'hui une décision prise par étapes au second semestre 1941, portée à la fois par l'idéologie de Hitler et par les initiatives des exécutants. L'exposition sur les crimes de la Wehrmacht (Hambourg, 1995) a ruiné le mythe d'une armée restée à l'écart des massacres.

Débat 2 : Vichy. Robert Aron (Histoire de Vichy, 1954) présentait Pétain comme un « bouclier » protégeant les Français. Robert Paxton (La France de Vichy, édition française de 1973) a montré, à partir des archives allemandes, que la collaboration avait été recherchée par Vichy ; avec Michael Marrus (Vichy et les Juifs, 1981), il a établi l'autonomie de l'antisémitisme d'État.

Débat 3 : Hiroshima. Pour les uns, la bombe devait éviter une invasion très meurtrière du Japon ; d'autres y voient aussi un message adressé à l'URSS (Gar Alperovitz, 1965) ; d'autres encore soulignent que l'entrée en guerre soviétique a pesé autant que la bombe dans la capitulation japonaise (Tsuyoshi Hasegawa, 2005).

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Pièges à éviter

Les erreurs qui coûtent des points
  • « La guerre commence partout en 1939. » En Asie, elle commence en 1937 ; l'URSS et les États-Unis n'y entrent qu'en 1941. Dater le début du conflit, c'est préciser le théâtre.
  • Confondre camp de concentration et centre de mise à mort. Dachau (ouvert en 1933) est un camp de concentration : détention, travail forcé, mortalité massive. Treblinka est un centre de mise à mort : les déportés y sont assassinés dès leur arrivée. Auschwitz-Birkenau cumule les deux fonctions.
  • Réduire Vichy à la contrainte allemande. Le statut des Juifs du 3 octobre 1940 n'a pas été exigé par l'occupant, et la collaboration d'État a été proposée par Vichy (Paxton). La thèse du « bouclier » est abandonnée par les historiens.
  • Confondre collaboration et collaborationnisme. La première est une politique d'État (Pétain, Laval) ; le second, un engagement idéologique pro-nazi (Doriot, Déat).
  • « La Résistance, c'est de Gaulle. » De Gaulle incarne la France libre, à l'extérieur ; la Résistance intérieure naît souvent sans lui. C'est l'unification de 1943 (Moulin, CNR) qui les relie.
  • Dater la fin de la Seconde Guerre mondiale du 8 mai 1945. C'est la fin en Europe ; en Asie, le Japon ne capitule que le 2 septembre 1945.
  • Donner des chiffres faux avec précision. Les bilans sont des estimations : écrivez « environ 26 à 27 millions » pour l'URSS, « 5 à 6 millions » pour les Juifs assassinés, plutôt qu'un nombre inventé à l'unité.
  • L'anachronisme juridique. La notion de « crime contre l'humanité » est définie en août 1945, pour juger les crimes de la guerre : ne l'attribuez pas aux contemporains de 1941.
En bref
  • Une guerre mondiale : commencée en Asie (1937) puis en Europe (1er septembre 1939), elle devient planétaire en 1941 (Barbarossa, 22 juin ; Pearl Harbor, 7 décembre).
  • Trois phases : expansion de l'Axe (1939-1942), tournant (Midway, El-Alamein, Stalingrad le 2 février 1943), victoire alliée (Normandie le 6 juin 1944, capitulations des 8 mai et 2 septembre 1945).
  • Une guerre d'anéantissement à l'Est : espace vital, ordre des commissaires, plus de 3 millions de prisonniers soviétiques morts, siège de Leningrad.
  • La Shoah : ghettos, Einsatzgruppen, Wannsee (20 janvier 1942), six centres de mise à mort ; 5 à 6 millions de Juifs assassinés ; génocide des Tsiganes.
  • Juin 1940 : choix décisif entre l'armistice (Pétain, 17 et 22 juin) et la poursuite de la guerre (de Gaulle, 18 juin).
  • Vichy : dictature, Révolution nationale, statut des Juifs (3 octobre 1940), collaboration d'État (Montoire, Vél' d'Hiv), 76 000 Juifs déportés de France.
  • Résistance et France libre : diversité, unification par Jean Moulin (CNR, 27 mai 1943), GPRF, libération de Paris (25 août 1944).
  • Bilan : de l'ordre de 60 millions de morts, au moins la moitié civils ; l'âge nucléaire s'ouvre à Hiroshima (6 août 1945).
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