06 29 33 79 32 Je réserve ici

Collège · 3ᵉ · Histoire

La décolonisation

Indépendances en Asie et en Afrique, nouveaux États

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La décolonisation » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le monde colonial en 1945, Pourquoi les empires s'effondrent-ils ?, L'Asie d'abord (1945-1954), L'Afrique : négociations et guerres (1956-1975). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
1

Le monde colonial en 1945

En 1945, un tiers de l'humanité vit encore sous domination coloniale. Le Royaume-Uni règne sur 500 millions de personnes (Inde, Afrique orientale et australe, Moyen-Orient), la France sur 70 millions (Indochine, Maghreb, Afrique noire, Madagascar), les Pays-Bas sur l'Indonésie, la Belgique sur le Congo, le Portugal sur l'Angola et le Mozambique.

Colonie / métropole. Une colonie est un territoire dominé, administré et exploité par un État étranger, la métropole. Les colonisés n'ont ni les mêmes droits ni les mêmes ressources que les colons ; en Algérie, un million d'Européens dominent neuf millions de musulmans, citoyens de seconde zone.

Les empires paraissent solides : en 1944, à Brazzaville, de Gaulle promet des réformes mais exclut toute indépendance. Pourtant, en trente ans, presque toutes les colonies deviennent des États : c'est la décolonisation.

2

Pourquoi les empires s'effondrent-ils ?

  • Les métropoles sont affaiblies par la guerre : ruinées, vaincues ou occupées (France, Pays-Bas), elles ont perdu leur prestige — les Japonais ont chassé les Européens d'Asie en 1942.
  • Les colonisés ont combattu pour la liberté des autres : tirailleurs, soldats indiens ; ils réclament la leur. Des nationalismes nés dans l'entre-deux-guerres (Gandhi, Hô Chi Minh, Bourguiba, Messali Hadj) s'appuient sur des élites formées dans les écoles de la métropole.
  • Le contexte international : la charte de l'ONU (1945) proclame le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ; les États-Unis (anciens colonisés) et l'URSS (anticolonialiste) condamnent la colonisation et cherchent à gagner les nouveaux États à leur camp pendant la guerre froide.
  • Les métropoles doutent : coût des guerres coloniales, opinions publiques divisées, Église et intellectuels critiques.
Deux voies. Là où la métropole négocie (Inde, Ghana, Maroc, Afrique noire française), l'indépendance est pacifique ; là où elle refuse — surtout quand des colons sont installés — c'est la guerre (Indochine, Algérie, Kenya, colonies portugaises).
3

L'Asie d'abord (1945-1954)

L'Inde (1947). Depuis les années 1920, Gandhi mène la lutte par la non-violence : désobéissance civile, boycott des produits anglais, marche du sel (1930). Épuisé par la guerre, le Royaume-Uni négocie : le 15 août 1947, l'Inde (Nehru) et le Pakistan musulman (Jinnah) deviennent indépendants. La partition provoque des massacres (plusieurs centaines de milliers de morts) et 15 millions de déplacés ; Gandhi est assassiné en janvier 1948.

L'Indonésie (1945-1949). Sukarno proclame l'indépendance en 1945 ; après quatre ans de guerre, les Pays-Bas la reconnaissent en 1949.

L'Indochine (1945-1954). Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh, chef communiste du Viêt-minh, proclame la République du Vietnam. La France refuse : huit ans de guerre, jusqu'à la défaite de Diên Biên Phu (7 mai 1954). Les accords de Genève (juillet 1954) créent le Laos, le Cambodge et deux Vietnam, séparés au 17e parallèle : la guerre froide prend le relais.

4

L'Afrique : négociations et guerres (1956-1975)

Le Maghreb. Après des émeutes et une répression, la France négocie : le Maroc (Mohammed V) et la Tunisie (Bourguiba) sont indépendants en mars 1956. L'Algérie, elle, est en guerre (section 5).

L'Afrique noire. Le Ghana de Nkrumah ouvre la voie (6 mars 1957). En France, la loi-cadre Defferre (1956) puis la Communauté proposée par de Gaulle (1958, refusée par la Guinée de Sékou Touré) préparent les indépendances : en 1960, « l'année de l'Afrique », 17 États naissent, dont 14 anciennes colonies françaises, le Nigeria britannique et le Congo belge, où l'indépendance dégénère aussitôt en guerre civile (assassinat de Lumumba, 1961).

Les guerres. Au Kenya, la révolte des Mau-Mau (1952-1956) est écrasée avant l'indépendance (1963). Le Portugal s'accroche à l'Angola et au Mozambique jusqu'à la chute de sa dictature (1974) : indépendances en 1975. La Rhodésie blanche ne devient le Zimbabwe qu'en 1980, la Namibie en 1990.

5

La guerre d'Algérie (1954-1962)

Colonie depuis 1830, l'Algérie est divisée en trois départements : pour la France, « l'Algérie, c'est la France ». Les nationalistes, réprimés dès les massacres de Sétif (8 mai 1945, des milliers de morts), passent à la lutte armée : le 1er novembre 1954, le FLN (Front de libération nationale) lance une série d'attentats, la « Toussaint rouge ».

La France envoie jusqu'à 400 000 soldats, dont les appelés du contingent. La guerre est sans front : attentats du FLN, « ratissages », bataille d'Alger (1957) où l'armée emploie la torture, camps de regroupement, massacres des deux côtés. Le 13 mai 1958, l'émeute des Européens d'Alger fait tomber la IVe République : de Gaulle revient au pouvoir.

D'abord ambigu (« Je vous ai compris »), de Gaulle propose l'autodétermination (septembre 1959). Les partisans de l'Algérie française se rebellent : putsch des généraux (avril 1961), attentats de l'OAS. Le 17 octobre 1961, à Paris, une manifestation algérienne est réprimée dans le sang. Les accords d'Évian (18 mars 1962) sont approuvés par référendum ; l'Algérie est indépendante le 5 juillet 1962.

Bilan. Environ 300 000 à 400 000 morts algériens, 25 000 soldats français ; près d'un million de pieds-noirs (Européens d'Algérie) rapatriés en quelques mois ; des dizaines de milliers de harkis (Algériens ayant servi la France) massacrés ou parqués dans des camps. Longtemps appelée « événements », la guerre n'est reconnue comme telle par la France qu'en 1999.
6

Bandung, le tiers-monde et les non-alignés

En avril 1955, à Bandung (Indonésie), 29 États d'Asie et d'Afrique — Nehru, Nasser, Sukarno, Zhou Enlai — condamnent le colonialisme, affirment l'égalité des peuples et refusent de choisir entre les deux blocs. L'année suivante, Nasser nationalise le canal de Suez et résiste à l'expédition franco-britannique (1956) : les anciennes puissances coloniales doivent reculer sous la pression des États-Unis et de l'URSS.

Tiers-monde. Expression forgée en 1952 par le démographe Alfred Sauvy, par analogie avec le tiers état de 1789 : les pays pauvres, anciennement colonisés, « ignorés, exploités, méprisés », qui veulent « être quelque chose ». Non-alignement : refus d'appartenir à l'un des deux blocs, proclamé à la conférence de Belgrade (1961) par Tito, Nehru et Nasser.

À l'ONU, où ils deviennent majoritaires, les nouveaux États obtiennent en 1960 une résolution condamnant le colonialisme, et réclament un nouvel ordre économique (CNUCED, 1964).

7

Les défis des nouveaux États

  • Construire un État dans des frontières héritées de la colonisation, qui mêlent ou séparent les peuples : guerres civiles (Congo, Biafra au Nigeria 1967-1970), coups d'État, régimes à parti unique.
  • Se développer : économies fondées sur une ou deux matières premières, dépendance envers l'ancienne métropole (néocolonialisme, « Françafrique »), dette, explosion démographique, faible scolarisation. Le fossé Nord-Sud se creuse.
  • Trouver sa place dans la guerre froide : les deux Grands courtisent ou déstabilisent les jeunes États (Congo, Angola, Vietnam).
Attention ! L'indépendance politique n'est pas l'indépendance économique : en 1970, l'Afrique produit surtout ce qu'elle produisait en 1930, pour les mêmes clients. Quelques pays d'Asie (Corée du Sud, Singapour) décolleront dès les années 1970 ; la plupart des États africains resteront parmi les plus pauvres du monde.
En bref
  • Après 1945, métropoles affaiblies, nationalismes renforcés, ONU et deux Grands hostiles au colonialisme : les empires s'effondrent en trente ans.
  • Asie d'abord : Inde (1947, non-violence, partition), Indonésie (1949), Indochine (guerre, Diên Biên Phu 1954).
  • Afrique ensuite : Maroc et Tunisie (1956), Ghana (1957), « année de l'Afrique » (1960), colonies portugaises (1975).
  • Guerre d'Algérie (1954-1962) : FLN, torture, 13 mai 1958, de Gaulle et l'autodétermination, Évian (mars 1962), pieds-noirs et harkis.
  • Bandung (1955), tiers-monde, non-alignés (1961) : les nouveaux États veulent exister entre les blocs.
  • Défis : frontières coloniales, instabilité, sous-développement, néocolonialisme.
Bloqué sur ce chapitre ?

Cours particuliers de histoire à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au collège · Aide aux devoirs