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Agents pathogènes et maladies vectorielles

Bactéries, virus, parasites, contamination et transmission, maladies vectorielles (paludisme, dengue), cycle d'un parasite, prévention et lutte (programme de 2nde SVT)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Agents pathogènes et maladies vectorielles » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Les différents agents pathogènes, Contamination et modes de transmission, Une maladie vectorielle : le paludisme. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
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L'essentiel

Agent pathogène. Micro-organisme (virus, bactérie, eucaryote unicellulaire, champignon) ou parasite pluricellulaire capable de provoquer une maladie chez un hôte. La maladie qu'il cause est une maladie infectieuse.
Contamination, infection. La contamination est l'entrée de l'agent pathogène dans l'organisme (muqueuse, plaie, piqûre…). L'infection est sa multiplication dans l'organisme. Une personne infectée peut ne présenter aucun symptôme (porteur asymptomatique) et transmettre quand même l'agent.
Vecteur, maladie vectorielle. Un vecteur est un être vivant, le plus souvent un arthropode qui se nourrit de sang (moustique, tique, puce), qui transmet un agent pathogène d'un hôte à un autre. Une maladie vectorielle est une maladie infectieuse transmise par un vecteur : paludisme, dengue, maladie de Lyme.
Réservoir, zoonose. Le réservoir est l'ensemble des êtres vivants (ou le milieu) où l'agent se maintient entre deux transmissions. Une zoonose est une maladie transmise de l'animal à l'être humain (rage, peste, maladie de Lyme).
Endémie, épidémie, pandémie. Une maladie est endémique quand elle est présente en permanence dans une région ; une épidémie est une augmentation rapide et inhabituelle du nombre de cas ; une pandémie est une épidémie étendue à plusieurs continents.
Les défenses de l'organisme (système immunitaire, principe de la vaccination) sont étudiées en 1re : ici, on s'intéresse aux agents pathogènes et à leur transmission.
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Les différents agents pathogènes

TypeOrganisationTailleExemples de maladies
VirusNon cellulaire : matériel génétique (ADN ou ARN) entouré de protéines20 à 300 nmgrippe, dengue, rougeole
BactérieCellule sans noyau (procaryote)de 1 à 10 µm environcholéra, tuberculose, maladie de Lyme
Eucaryote unicellulaireCellule avec noyauquelques µm à quelques dizaines de µmpaludisme (Plasmodium), toxoplasmose
ChampignonEucaryote uni- ou pluricellulairevariablemycoses (Candida)
Ver parasiteAnimal pluricellulairedu mm à plusieurs mténia, bilharziose
Propriété — le virus, parasite obligatoire des cellules. Un virus n'a ni métabolisme ni ribosomes : il ne se multiplie qu'en détournant la machinerie d'une cellule hôte. Une bactérie est une cellule autonome qui se divise en deux quand les conditions sont favorables, parfois en quelques dizaines de minutes : sa population croît alors très vite.
Antibiotiques. Les antibiotiques bloquent des structures propres aux bactéries (paroi, ribosomes bactériens) : ils sont sans effet sur les virus. Une grippe ou une dengue ne se soignent donc pas par antibiotique ; contre le paludisme, on utilise des médicaments antipaludiques spécifiques.
Exemple. 1 µm = 1 000 nm. Un virus de 100 nm est donc 10 fois plus petit qu'une bactérie de 1 µm. Il échappe au microscope optique, dont la limite de résolution est d'environ 0,2 µm, et s'observe au microscope électronique.
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Contamination et modes de transmission

  • Contact direct : peau, muqueuses, liquides biologiques (gale, herpès).
  • Voie aérienne : gouttelettes et aérosols émis en toussant ou en parlant (grippe, tuberculose).
  • Voie oro-fécale : eau ou aliments souillés par des selles (choléra, hépatite A).
  • Sang et voie sexuelle : rapports sexuels, seringues partagées, transmission de la mère à l'enfant (hépatite B, VIH).
  • Vecteur : piqûre d'un arthropode infecté (paludisme, dengue, maladie de Lyme).
Chaîne de transmission. Une maladie infectieuse se propage si trois maillons sont réunis : une source (malade, porteur, animal réservoir), un mode de transmission, un hôte réceptif. Toute mesure de prévention consiste à rompre au moins un maillon.
Taux d'incidence. Taux d'incidence = (nombre de nouveaux cas pendant une période ÷ effectif de la population) × 100 000. Il s'exprime en cas pour 100 000 habitants et permet de comparer des populations de tailles différentes.
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Une maladie vectorielle : le paludisme

Le paludisme. Agent : Plasmodium, eucaryote unicellulaire (P. falciparum est l'espèce la plus dangereuse). Vecteur : la femelle du moustique anophèle, qui pique surtout la nuit ; seules les femelles piquent, car le sang leur est nécessaire pour produire leurs œufs. Plus de 200 millions de cas et environ 600 000 décès par an, surtout des enfants de moins de 5 ans en Afrique subsaharienne (estimations de l'OMS, années 2020).

Le cycle de Plasmodium

  1. Une anophèle infectée pique : elle injecte avec sa salive des sporozoïtes.
  2. Les sporozoïtes gagnent le foie et se multiplient dans les cellules hépatiques, sans symptôme (au moins une semaine).
  3. Libérés dans le sang, les parasites (mérozoïtes) pénètrent dans les hématies, s'y multiplient et les font éclater. Ces éclatements, synchronisés, provoquent des accès de fièvre réguliers (tous les deux jours pour les espèces les plus fréquentes) et une anémie.
  4. Certains parasites deviennent des gamétocytes, aspirés par une anophèle qui pique le malade.
  5. Dans l'intestin du moustique, les gamètes s'unissent (reproduction sexuée) ; les nouveaux sporozoïtes gagnent les glandes salivaires en une à deux semaines, plus vite quand il fait chaud.
Deux hôtes. Le parasite se multiplie de façon asexuée chez l'être humain (hôte intermédiaire) et se reproduit sexuellement chez le moustique (hôte définitif). L'anophèle n'est donc pas un simple transporteur : sans lui, le cycle ne s'accomplit pas.
Le paludisme ne se transmet pas d'une personne à l'autre par contact. En dehors des piqûres, seules des transmissions par le sang (transfusion, de la mère à l'enfant) sont possibles.
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La dengue et les autres maladies vectorielles

La dengue. Agent : un virus (quatre sérotypes). Vecteurs : les moustiques Aedes, dont Aedes albopictus, le « moustique tigre », qui pique le jour. Le virus aspiré lors d'un repas de sang se multiplie dans le moustique avant d'atteindre ses glandes salivaires : c'est l'incubation extrinsèque, de plusieurs jours, plus courte quand il fait chaud. Symptômes : forte fièvre, maux de tête, douleurs musculaires ; formes sévères avec hémorragies. Pas d'antiviral spécifique : on traite les symptômes, en évitant l'aspirine et les anti-inflammatoires.
Le moustique tigre en France. Détecté en métropole en 2004, il est aujourd'hui implanté dans la grande majorité des départements. Ses larves se développent dans de petites eaux stagnantes (soucoupes, pneus, gouttières) et ses œufs résistent des mois au dessèchement. Chaque été apparaissent des cas autochtones de dengue (contamination sur place) : un moustique local a piqué un voyageur malade, puis une autre personne.
MaladieAgent pathogèneVecteur
PaludismePlasmodium (eucaryote unicellulaire)anophèle femelle
Dengue, chikungunya, Zikavirusmoustiques Aedes
Maladie de LymeBorrelia (bactérie)tique
LeishmanioseLeishmania (eucaryote unicellulaire)phlébotome (petit insecte piqueur)
PesteYersinia pestis (bactérie)puce du rat
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Prévention et lutte contre les maladies vectorielles

Principe. Connaître le cycle de l'agent et la biologie du vecteur permet d'agir sur chaque maillon : réduire les vecteurs, éviter les piqûres, dépister et soigner les malades, qui sont la source de l'agent pour les vecteurs.
Mesures individuellesMesures collectives
Répulsifs cutanés, vêtements couvrants ; moustiquaire imprégnée d'insecticide la nuit (paludisme) ; examen de la peau après une sortie en forêt (tiques) ; traitement préventif pour les voyageurs en zone d'endémie ; vaccin quand il existe (fièvre jaune, dengue ; paludisme pour les jeunes enfants des zones d'endémie, recommandé par l'OMS depuis 2021).Suppression des gîtes larvaires ; larvicides biologiques (Bti) ; insecticides ciblés ; lâchers de moustiques mâles stériles ; dépistage et traitement rapide des malades ; surveillance des cas et traitement antivectoriel autour de chaque cas signalé.
Limites. L'usage massif d'insecticides sélectionne des moustiques résistants (sélection naturelle) et peut toucher des espèces non ciblées (pollinisateurs, prédateurs des larves). Plasmodium devient lui aussi résistant à certains médicaments. Le réchauffement climatique et les échanges internationaux étendent l'aire des vecteurs.
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Méthodes

Méthode 1 — Proposer une mesure de prévention à partir d'un cycle
  1. Repérer l'agent pathogène, ses hôtes et son vecteur.
  2. Identifier chaque passage de l'agent d'un organisme à un autre, et le lieu où vit le vecteur à chaque stade.
  3. Pour chaque passage, proposer une action qui le bloque.
  4. Justifier la mesure par une caractéristique précise du cycle (moment, lieu, stade).
Exemple rédigé. Maladie de Lyme : la tique, postée sur la végétation basse, se fixe sur la peau d'un promeneur ; la bactérie Borrelia est d'autant plus souvent transmise que la tique reste fixée longtemps. Mesures : porter des vêtements longs et fermés en forêt (on bloque le contact) ; s'examiner au retour et retirer toute tique au tire-tique le plus tôt possible (on raccourcit la durée de fixation, donc le risque de transmission).
Méthode 2 — Calculer et comparer un taux d'incidence
  1. Relever le nombre de nouveaux cas et l'effectif de chaque population, sur la même période.
  2. Diviser le nombre de cas par l'effectif, puis multiplier par 100 000.
  3. Arrondir raisonnablement et donner l'unité : cas pour 100 000 habitants.
  4. Comparer les taux, jamais les nombres bruts de cas.
Exemple rédigé. Une ville de 15 750 habitants compte 63 nouveaux cas en un an : 63 ÷ 15 750 = 0,004 et 0,004 × 100 000 = 400 cas pour 100 000 habitants. Une ville voisine compte 72 cas pour 36 000 habitants, soit 200 cas pour 100 000 : elle a plus de cas, mais elle est deux fois moins touchée.
Méthode 3 — Exploiter une expérience
  1. Identifier la question posée et le seul facteur qui varie entre les lots.
  2. Repérer le lot témoin : identique, sauf pour ce facteur.
  3. Comparer les résultats lot par lot, chiffres à l'appui.
  4. Conclure en répondant à la question, sans dépasser ce que montrent les résultats.
Exemple rédigé. Pour tester un répulsif, on présente à une cage de moustiques femelles à jeun un avant-bras enduit de la crème répulsive, puis, dans les mêmes conditions, un avant-bras enduit de la même crème sans principe actif (témoin). Si les piqûres sont bien moins nombreuses sur le premier, on conclut que c'est le principe actif, et non la crème elle-même, qui éloigne les moustiques.
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Pièges et erreurs classiques

Vecteur ou agent ? Le moustique n'est pas l'agent pathogène, c'est le vecteur. L'agent du paludisme est Plasmodium ; celui de la dengue est un virus.
Tous les moustiques ne se valent pas. L'anophèle (qui pique la nuit) transmet le paludisme ; les Aedes (qui piquent le jour) transmettent la dengue. Dans les deux cas, seules les femelles piquent.
Pas de transmission immédiate. Un moustique qui vient de piquer un malade n'est pas aussitôt infectant : l'agent doit d'abord se multiplier en lui et gagner ses glandes salivaires.
Antibiotiques. Ils n'agissent que sur les bactéries, jamais sur les virus.
Infecté ne veut pas dire malade. Un porteur asymptomatique peut transmettre l'agent pathogène.
Nombre de cas. Comparer les cas de deux populations de tailles différentes n'a pas de sens : on compare des taux d'incidence.
En bref
  • Un agent pathogène (virus, bactérie, eucaryote unicellulaire, champignon, ver) provoque une maladie infectieuse ; contamination = entrée, infection = multiplication.
  • Un virus n'est pas une cellule et ne se multiplie que dans une cellule hôte ; les antibiotiques n'agissent que sur les bactéries.
  • Modes de transmission : contact direct, voie aérienne, eau et aliments, sang et voie sexuelle, vecteur.
  • Maladie vectorielle : un vecteur (moustique, tique, puce) transmet l'agent d'un hôte à un autre ; l'agent se développe souvent dans le vecteur avant d'être transmissible.
  • Paludisme : Plasmodium transmis par l'anophèle femelle (nuit) ; multiplication dans le foie puis les hématies (fièvre), reproduction sexuée dans le moustique.
  • Dengue : virus transmis par les Aedes, dont le moustique tigre (jour), implanté en métropole.
  • Prévention : rompre un maillon du cycle (gîtes larvaires, moustiquaires, répulsifs, dépistage et traitement des malades), en tenant compte des résistances et des effets sur l'environnement.
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