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Agents pathogènes et maladies vectorielles

Bactéries, virus, parasites, contamination et transmission, maladies vectorielles (paludisme, dengue), cycle d'un parasite, prévention et lutte (programme de 2nde SVT)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Agents pathogènes et maladies vectorielles » en seconde permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de seconde et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, Les différents agents pathogènes, Contamination et modes de transmission, Une maladie vectorielle : le paludisme. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en seconde.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Identifier des agents pathogènes

Facile

Un laboratoire décrit trois agents pathogènes isolés chez des malades.

  1. a) Agent A : cellule sans noyau, entourée d'une paroi, visible au microscope optique, qui se divise seule dans un milieu nutritif. Nommer le type d'agent pathogène.
  2. b) Agent B : particule non cellulaire formée d'une molécule d'ARN entourée d'une coque de protéines, qui ne se multiplie qu'à l'intérieur de cellules vivantes. Nommer le type d'agent et expliquer pourquoi on ne peut pas le cultiver dans un simple bouillon nutritif.
  3. c) Agent C : cellule pourvue d'un noyau, qui vit et se multiplie à l'intérieur des globules rouges humains. Nommer le type d'agent et donner un exemple.
  4. d) Un antibiotique peut-il détruire chacun de ces agents ? Justifier.

a) L'agent A est une cellule sans noyau : c'est une cellule procaryote. Sa paroi et sa division autonome dans un milieu nutritif le confirment : A est une bactérie.

b) L'agent B n'est pas une cellule et ne se multiplie que dans des cellules vivantes : B est un virus. Un virus ne possède ni ribosomes ni métabolisme propre ; il utilise la machinerie de la cellule qu'il infecte pour fabriquer de nouveaux virus. Un bouillon nutritif ne contient aucune cellule vivante : le virus ne peut pas s'y multiplier. On le cultive sur des cellules maintenues en culture.

c) L'agent C est une cellule à noyau, donc eucaryote, et unicellulaire : C est un eucaryote unicellulaire. Un parasite qui se multiplie dans les globules rouges humains est par exemple Plasmodium, agent du paludisme.

d) Les antibiotiques bloquent des structures propres aux bactéries (paroi, ribosomes bactériens). Seul A peut être détruit par un antibiotique. B, un virus, ne possède pas ces structures ; C, un eucaryote, se traite par des médicaments antipaludiques spécifiques.

Exercice 2 — Modes de transmission et prévention

Facile

Pour chacune des maladies suivantes, nommer le mode de transmission et proposer une mesure de prévention adaptée.

  1. a) Le choléra : la bactérie, éliminée en grande quantité dans les selles des malades, contamine l'eau de boisson.
  2. b) La grippe : le virus est présent dans les sécrétions respiratoires des personnes infectées.
  3. c) La peste : la bactérie vit chez les rats et passe à l'être humain par la piqûre de leurs puces.
  4. d) Expliquer pourquoi le paludisme n'est pas contagieux au sens courant (d'une personne à l'autre par contact), alors qu'il est transmissible.

a) La bactérie passe des selles à l'eau puis à la bouche : c'est une transmission oro-fécale, par l'eau. Prévention : assainir les eaux usées, boire une eau traitée ou bouillie, se laver les mains.

b) Le virus est émis dans les gouttelettes lorsqu'on tousse, éternue ou parle : transmission aérienne. Prévention : port du masque par les malades, tousser dans son coude, aérer les pièces, se laver les mains.

c) La puce transmet la bactérie d'un hôte à un autre : transmission par un vecteur ; la peste est aussi une zoonose, le rat étant le réservoir. Prévention : dératisation et lutte contre les puces.

d) Plasmodium vit dans le foie et les globules rouges : il n'est pas présent sur la peau ni dans les sécrétions respiratoires, et un contact ne permet donc pas son passage. Il doit être aspiré par une anophèle femelle et accomplir une partie de son cycle dans ce moustique avant d'être injecté à un autre humain. La maladie est transmissible, mais seulement par l'intermédiaire du vecteur (ou par le sang, lors d'une transfusion).

Exercice 3 — Des tailles très différentes

Facile

Un virus de la grippe mesure environ 120 nm ; une bactérie de forme allongée mesure 3 µm de long. Le microscope optique ne distingue pas deux points séparés de moins de 0,2 µm environ.

  1. a) Convertir la taille du virus en micromètres.
  2. b) Calculer combien de fois la bactérie est plus longue que le virus.
  3. c) Montrer que le virus ne peut pas être observé en détail au microscope optique, contrairement à la bactérie.
  4. d) Un jeune Plasmodium mesure environ 1,5 µm et se loge dans une hématie de 7,5 µm de diamètre. Calculer le rapport de ces deux tailles et nommer le type d'agent pathogène auquel appartient Plasmodium.

a) 1 µm = 1 000 nm, donc 120 nm = 120 ÷ 1 000 µm = 0,12 µm.

b) On divise les deux longueurs, exprimées dans la même unité : 3 ÷ 0,12 = 25. La bactérie est 25 fois plus longue que le virus.

c) Le virus mesure 0,12 µm, ce qui est inférieur à la limite de résolution de 0,2 µm : le microscope optique ne peut pas en distinguer les contours, on ne l'observe qu'au microscope électronique. La bactérie mesure 3 µm, soit 15 fois la limite de résolution : elle est bien visible au microscope optique.

d) 7,5 ÷ 1,5 = 5 : l'hématie est 5 fois plus grande que le jeune parasite, qui peut donc s'y loger. Plasmodium est une cellule à noyau : c'est un eucaryote unicellulaire.

Exercice 4 — Croissance d'une population bactérienne

Moyen

Une plaie est contaminée par 40 bactéries. Dans des conditions favorables, leur nombre double toutes les 25 minutes. On suppose qu'aucune bactérie ne meurt.

  1. a) Calculer le nombre de bactéries au bout de 50 minutes, puis de 75 minutes.
  2. b) Montrer qu'au bout de 2 h 30 min, la population compte 2 560 bactéries.
  3. c) Déterminer au bout de combien de temps la population dépasse 10 000 bactéries pour la première fois.
  4. d) Expliquer pourquoi, dans la réalité, cette croissance ne se poursuit pas indéfiniment.

a) 50 min correspondent à 50 ÷ 25 = 2 doublements : 40 × 2 × 2 = 160 bactéries. 75 min correspondent à 3 doublements : 40 × 2³ = 40 × 8 = 320 bactéries.

b) 2 h 30 min = 150 min, soit 150 ÷ 25 = 6 doublements. Le nombre de bactéries est multiplié par 2⁶ = 64 : 40 × 64 = 2 560. La population compte bien 2 560 bactéries.

c) Après n doublements, la population vaut 40 × 2ⁿ. Après 7 doublements : 40 × 128 = 5 120, encore inférieur à 10 000. Après 8 doublements : 40 × 256 = 10 240, supérieur à 10 000. Il faut donc 8 doublements, soit 8 × 25 = 200 min : la population dépasse 10 000 bactéries au bout de 3 h 20 min.

d) Le modèle suppose des ressources illimitées et aucune mortalité. En réalité, les nutriments et l'espace disponibles s'épuisent, les déchets s'accumulent, et l'organisme se défend ; un traitement antibiotique peut aussi tuer les bactéries. La croissance ralentit puis s'arrête. Ce calcul montre cependant qu'une contamination par quelques dizaines de bactéries peut devenir une infection importante en quelques heures.

Exercice 5 — Le cycle du paludisme

Moyen

Voici, dans le désordre, les étapes du cycle de Plasmodium : (1) les parasites pénètrent dans les hématies et s'y multiplient ; (2) une anophèle femelle infectée pique un humain et injecte des sporozoïtes avec sa salive ; (3) dans l'intestin du moustique, les gamètes s'unissent, puis les parasites formés gagnent les glandes salivaires ; (4) les sporozoïtes se multiplient dans les cellules du foie ; (5) une anophèle femelle saine pique une personne infectée et aspire des gamétocytes.

  1. a) Remettre les étapes dans l'ordre en commençant par l'étape (2).
  2. b) Indiquer dans quel organisme a lieu la reproduction sexuée du parasite. Justifier à partir du document.
  3. c) Expliquer l'origine des accès de fièvre qui reviennent à intervalles réguliers chez le malade.
  4. d) Un voyageur rentre d'une zone d'endémie en bonne santé et déclare un accès de fièvre dix jours plus tard. Expliquer ce délai.

a) Ordre : (2) → (4) → (1) → (5) → (3), puis le cycle recommence avec (2) : le moustique devenu infectant pique un nouvel humain.

b) L'étape (3) indique que « les gamètes s'unissent » : l'union de gamètes est une fécondation, caractéristique de la reproduction sexuée. Elle se produit dans l'intestin du moustique : la reproduction sexuée de Plasmodium a lieu dans l'anophèle, qui est donc l'hôte définitif. Chez l'humain, le parasite se multiplie seulement de façon asexuée.

c) Dans le sang, les parasites se multiplient à l'intérieur des hématies puis les font éclater ; les parasites libérés infectent de nouvelles hématies. Ces cycles sont synchronisés : de nombreuses hématies éclatent en même temps, libérant parasites et déchets dans le sang, ce qui déclenche la fièvre. Les accès de fièvre reviennent donc au rythme des cycles de multiplication dans les hématies (tous les deux jours pour les espèces les plus fréquentes).

d) Après la piqûre, les sporozoïtes se multiplient d'abord dans le foie pendant au moins une semaine, sans provoquer de symptôme. La fièvre n'apparaît que lorsque les parasites envahissent les hématies. Le délai correspond à cette phase hépatique silencieuse : toute fièvre après un séjour en zone d'endémie doit faire consulter en signalant le voyage.

Exercice 6 — Comparer des taux d'incidence de la dengue

Moyen

Pendant une même saison des pluies, sur une île tropicale, on a recensé les nouveaux cas de dengue dans deux communes.

CommuneHabitantsNouveaux cas
A12 50038
B21 40051

  1. a) Calculer le taux d'incidence de chaque commune pour 100 000 habitants, arrondi à l'unité.
  2. b) Un journal titre : « La commune B est la plus touchée par la dengue. » Expliquer l'erreur.
  3. c) Dans la commune A, une enquête révèle de nombreux pneus abandonnés remplis d'eau de pluie. Proposer une explication à la différence entre les deux communes.

a) Commune A : 38 ÷ 12 500 = 0,003 04 et 0,003 04 × 100 000 = 304 cas pour 100 000 habitants.
Commune B : 51 ÷ 21 400 ≈ 0,002 383 et 0,002 383 × 100 000 ≈ 238 cas pour 100 000 habitants.

b) Le journal compare les nombres bruts de cas (51 contre 38). Or la commune B est presque deux fois plus peuplée : il est normal qu'elle compte plus de cas. Rapporté à la population, le risque est plus élevé dans A (304 contre 238 cas pour 100 000 habitants). C'est la commune A qui est la plus touchée.

c) Les moustiques Aedes pondent dans de petites eaux stagnantes, où se développent leurs larves. Des pneus remplis d'eau sont des gîtes larvaires : ils augmentent la population de moustiques vecteurs, donc le nombre de piqûres et la probabilité qu'un moustique pique un malade puis une personne saine. L'abondance de gîtes larvaires peut expliquer l'incidence plus forte dans A. Ce n'est qu'une hypothèse : il faudrait comparer, par exemple, la densité de moustiques dans les deux communes.

Exercice 7 — Gîtes larvaires du moustique tigre

Moyen

Des agents de lutte antivectorielle inspectent les récipients contenant de l'eau dans les jardins d'un quartier, avant et après une campagne d'information des habitants.

Récipients en eau inspectésRécipients contenant des larves
Avant la campagne6021
Après la campagne486

  1. a) Calculer le pourcentage de récipients contenant des larves avant et après la campagne.
  2. b) Conclure sur l'efficacité de la campagne, en exploitant les deux colonnes du tableau.
  3. c) Expliquer en quoi la suppression des gîtes larvaires réduit le risque de dengue.
  4. d) Justifier qu'une pulvérisation d'insecticide contre les moustiques adultes, utilisée seule, est une mesure peu durable.

a) Avant : 21 ÷ 60 = 0,35, soit 35 %. Après : 6 ÷ 48 = 0,125, soit 12,5 %.

b) La proportion de récipients contenant des larves a été divisée par près de trois (de 35 % à 12,5 %). De plus, les agents trouvent moins de récipients en eau (48 au lieu de 60) : les habitants en ont vidé ou supprimé. La campagne a réduit à la fois le nombre de gîtes et leur taux d'occupation : elle est efficace.

c) Le moustique tigre pond dans de petites eaux stagnantes ; ses larves y vivent jusqu'à l'émergence des adultes. Sans gîte, pas de nouvelles générations : la population de moustiques diminue. Or la dengue ne se transmet entre humains que par la piqûre d'un moustique infecté. Moins de moustiques signifie moins de piqûres, donc moins d'occasions pour le virus de passer d'un malade à une personne saine.

d) L'insecticide tue les adultes présents, mais pas les œufs, qui résistent des mois au dessèchement, ni les larves des gîtes restants : une nouvelle génération émerge rapidement. De plus, des pulvérisations répétées sélectionnent des moustiques résistants et touchent des espèces non ciblées. Sans suppression des gîtes, l'effet de l'insecticide n'est que temporaire.

Exercice 8 — Moustiquaires imprégnées et résistance aux insecticides

Difficile

Document 1. Dans une région d'endémie palustre, on a suivi pendant un an des enfants de moins de 5 ans dans deux groupes de villages comparables (données simplifiées).

GroupeEnfants suivisEnfants ayant eu au moins un accès palustre
Sans moustiquaire1 840412
Avec moustiquaire imprégnée d'insecticide1 760187
Document 2. Des anophèles capturés dans la même région sont exposés une heure à un papier imprégné d'un insecticide de la famille utilisée sur les moustiquaires ; on mesure la mortalité 24 h plus tard. Une mortalité inférieure à 90 % signale une population résistante.
Année201420172020
Mortalité99 %88 %64 %

  1. 1. Calculer, pour chaque groupe du document 1, le pourcentage d'enfants ayant eu au moins un accès palustre.
  2. 2. Montrer que la moustiquaire imprégnée réduit d'environ moitié la proportion d'enfants touchés.
  3. 3. Expliquer, à l'aide du cycle du paludisme et du comportement de l'anophèle, pourquoi cette mesure est efficace.
  4. 4. Décrire l'évolution présentée par le document 2 et l'expliquer par le mécanisme de la sélection naturelle.
  5. 5. En déduire une limite de la lutte par moustiquaires imprégnées et proposer deux mesures complémentaires.

1. Sans moustiquaire : 412 ÷ 1 840 ≈ 0,224, soit 22,4 % des enfants. Avec moustiquaire : 187 ÷ 1 760 ≈ 0,106, soit 10,6 %. On compare des pourcentages, car les deux groupes n'ont pas le même effectif.

2. La baisse relative vaut (22,4 − 10,6) ÷ 22,4 = 11,8 ÷ 22,4 ≈ 0,53. La proportion d'enfants touchés diminue d'environ 53 %, soit environ de moitié. Les villages étant comparables, cette différence peut être attribuée aux moustiquaires.

3. Le paludisme est transmis par la piqûre d'une anophèle femelle, qui pique surtout la nuit. La moustiquaire, installée au-dessus du lit, forme une barrière physique pendant le sommeil : elle empêche l'injection de sporozoïtes, donc la contamination. L'insecticide tue en outre les moustiques qui s'y posent. Comme Plasmodium doit passer une à deux semaines dans le moustique avant d'atteindre ses glandes salivaires, tuer les anophèles réduit le nombre de celles qui vivent assez longtemps pour devenir infectantes. La mesure protège l'enfant qui dort sous la moustiquaire et diminue la transmission dans tout le village.

4. La mortalité passe de 99 % en 2014 (population sensible) à 88 % en 2017, sous le seuil de 90 % (résistance apparue), puis à 64 % en 2020 : la population d'anophèles est devenue de plus en plus résistante. Explication : dans la population initiale existaient, par mutation, quelques moustiques porteurs de caractères de résistance. Exposés massivement à l'insecticide, les moustiques sensibles meurent, tandis que les résistants survivent et se reproduisent davantage, transmettant ces caractères à leurs descendants. De génération en génération, la proportion de résistants augmente : c'est la sélection naturelle. L'insecticide n'a pas créé la résistance, il l'a sélectionnée.

5. Limite : si les moustiques sont résistants, l'insecticide des moustiquaires ne les tue plus ; il reste l'effet de barrière, mais l'effet protecteur pour le village diminue. Mesures complémentaires : alterner ou associer des insecticides de familles différentes, supprimer les gîtes larvaires ou utiliser des larvicides biologiques, dépister et traiter rapidement les malades pour réduire la source de parasites, vacciner les jeunes enfants.

Exercice 9 — Température et transmission de la dengue

Difficile

Document 1. Chez Aedes albopictus, le virus de la dengue, aspiré lors d'un repas de sang, doit se multiplier dans le moustique et gagner ses glandes salivaires avant de pouvoir être transmis : c'est l'incubation extrinsèque. Données simplifiées, obtenues en élevage :

Température18 °C22 °C26 °C30 °C
Durée de l'incubation extrinsèque (jours)241597
Espérance de vie de la femelle après le repas infectant (jours)21191711
Document 2. Le moustique tigre, détecté en France métropolitaine en 2004, y est aujourd'hui implanté dans la grande majorité des départements. Des cas autochtones de dengue y sont signalés, presque tous entre juillet et octobre.

  1. 1. Décrire l'effet de la température sur la durée de l'incubation extrinsèque.
  2. 2. Montrer qu'à 18 °C, une femelle infectée ne peut en moyenne pas transmettre le virus.
  3. 3. Calculer, pour les trois autres températures, la durée pendant laquelle la femelle est en moyenne infectante. Indiquer la température la plus favorable à la transmission parmi celles étudiées.
  4. 4. Expliquer pourquoi les cas autochtones apparaissent surtout en été, et pourquoi le réchauffement climatique pourrait étendre la zone et la période à risque.
  5. 5. Expliquer pourquoi un cas autochtone suppose l'arrivée préalable d'une personne malade, et en déduire une mesure prise autour d'un cas signalé.

1. Quand la température passe de 18 °C à 30 °C, la durée de l'incubation extrinsèque diminue de 24 à 7 jours. Plus il fait chaud, plus le virus se multiplie vite dans le moustique, qui devient infectant plus tôt.

2. À 18 °C, le virus met 24 jours à atteindre les glandes salivaires, alors que la femelle ne vit en moyenne que 21 jours après son repas infectant. Comme 24 > 21, elle meurt en moyenne avant d'être devenue infectante : elle ne peut pas transmettre le virus.

3. La femelle est infectante entre la fin de l'incubation et sa mort : durée = espérance de vie − incubation.
22 °C : 19 − 15 = 4 jours ; 26 °C : 17 − 9 = 8 jours ; 30 °C : 11 − 7 = 4 jours.
La transmission est la plus favorisée à 26 °C, avec 8 jours de piqûres potentiellement infectantes. À 30 °C, l'incubation est plus courte, mais la chaleur réduit aussi la survie du moustique.

4. En métropole, les températures proches de 26 °C sont atteintes en été : l'incubation extrinsèque devient assez courte pour que les moustiques deviennent infectants avant de mourir, et les moustiques adultes sont alors nombreux. Au printemps et en automne, plus frais, l'incubation dépasse souvent la survie. Un réchauffement allongerait la saison favorable et rendrait des régions plus fraîches (nord, altitude) propices à la transmission, d'autant que le vecteur y est déjà présent.

5. Les moustiques tigres de métropole ne portent pas le virus : un moustique doit d'abord piquer une personne dont le sang contient le virus, souvent un voyageur revenant d'une zone d'endémie, puis, après l'incubation extrinsèque, piquer une personne saine. Autour d'un cas signalé, on élimine les moustiques et les gîtes larvaires dans le voisinage, et on protège le malade des piqûres (répulsif) pendant la phase où le virus circule dans son sang.

Exercice 10 — Démontrer le rôle du moustique

Difficile

Plasmodium berghei est un parasite du paludisme des rongeurs, transmis par des anophèles. On utilise des souris saines de même souche, réparties en lots de 12, et des anophèles femelles élevées en laboratoire.

LotTraitementSouris infectées
APiquées par des anophèles nourries 18 jours plus tôt sur une souris infectée10 sur 12
BPiquées par des anophèles nourries 2 jours plus tôt sur une souris infectée0 sur 12
CPiquées par des anophèles nourries 18 jours plus tôt sur une souris saine0 sur 12
DInjection d'une petite quantité de sang d'une souris infectée12 sur 12
EÉlevées trois semaines dans la même cage qu'une souris infectée, sans moustique0 sur 12

  1. 1. Indiquer le lot témoin qu'il faut comparer au lot A pour montrer que le moustique transmet le parasite. Justifier.
  2. 2. Comparer les lots A et C et conclure.
  3. 3. Comparer les lots A et B, puis expliquer leur différence à l'aide du cycle de Plasmodium.
  4. 4. Exploiter les lots D et E : quels modes de transmission sont possibles, lesquels ne le sont pas ?
  5. 5. Rédiger une conclusion d'ensemble sur le rôle du moustique et en tirer une conséquence pour la prévention.

1. Le témoin est le lot C : les souris y sont piquées par des anophèles de même âge, dans les mêmes conditions et après le même délai (18 jours) ; seul diffère l'hôte sur lequel les moustiques se sont nourris (souris saine au lieu de souris infectée). Une différence de résultat ne peut donc venir que de ce facteur.

2. Dans le lot A, 10 souris sur 12 sont infectées ; dans le lot C, aucune. Les piqûres elles-mêmes ne rendent donc pas malade : le moustique ne transmet le paludisme que s'il a auparavant prélevé du sang sur un hôte infecté. Le fait que 2 souris du lot A échappent à l'infection s'explique par des piqûres qui n'ont pas injecté assez de parasites (moustique qui ne pique pas ou peu, par exemple).

3. Les moustiques des lots A et B ont tous été nourris sur une souris infectée ; seul diffère le délai avant la piqûre. Après 2 jours, aucune transmission ; après 18 jours, 10 souris sur 12 sont infectées. D'après le cycle, les gamétocytes aspirés doivent d'abord se transformer en gamètes, qui s'unissent dans l'intestin du moustique, puis les parasites formés se multiplient et gagnent les glandes salivaires sous forme de sporozoïtes. Ce développement demande du temps : au bout de 2 jours, les glandes salivaires ne contiennent pas encore de sporozoïtes, et la salive injectée n'est pas infectante.

4. Lot D : 12 souris sur 12 sont infectées par une injection de sang. Le parasite peut se transmettre directement par le sang, sans passer par le moustique : chez l'humain, une transfusion de sang contaminé peut transmettre le paludisme. Lot E : aucune souris infectée malgré trois semaines de cohabitation. Il n'y a pas de transmission par contact ni par voie aérienne : le paludisme n'est pas contagieux au sens courant.

5. En conditions naturelles, la transmission du parasite d'un hôte à l'autre passe par le moustique : c'est le vecteur. Il n'est pas un simple transporteur, puisque le parasite doit y séjourner et s'y développer pendant plusieurs jours avant d'être transmissible. Conséquence pour la prévention : empêcher les piqûres (moustiquaires) et réduire la population d'anophèles ou leur durée de vie coupe la transmission ; il faut aussi contrôler le sang des donneurs, puisque la transmission sanguine est possible.

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