Ressources · 2ⁿᵈᵉ ·
Méthode de la composition en histoire-géographie
Analyser le sujet, problématiser, construire un plan, rédiger introduction, parties et conclusion (histoire-géographie au lycée)
À propos de cette page
Les repères à connaître
12 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.
- 0 h 00 – 0 h 05Lire le sujet trois foisLe sujet est recopié en haut du brouillon, chaque mot entouré, les dates soulignées.
- 0 h 05 – 0 h 15Analyser les termes et les bornesChaque mot est défini, les bornes chronologiques et spatiales sont notées et justifiées, le type de sujet (tableau, évolution, relation) est identifié.
- 0 h 15 – 0 h 25Mobiliser ses connaissances en vracUne liste d'une quinzaine de dates, acteurs, lieux, chiffres et notions liés au sujet, sans souci d'ordre.
- 0 h 25 – 0 h 30Formuler la problématiqueUne question ouverte, écrite en entier, qui reprend les mots du sujet et fait apparaître sa tension.
- 0 h 30 – 0 h 42Construire le plan détailléTrois parties et leurs sous-parties, chaque idée accompagnée d'au moins un exemple précis tiré de la liste.
- 0 h 42 – 0 h 50Rédiger l'introduction et la conclusion au brouillonLes deux textes entiers : on ne les improvise jamais sur la copie, et la conclusion est ainsi prête même si le temps manque.
- 0 h 50 – 0 h 55Recopier l'introductionL'introduction au propre, la problématique bien visible, suivie d'une ligne sautée.
- 0 h 55 – 1 h 13Rédiger la partie IDeux ou trois paragraphes argumentés (AEI), puis une transition de deux phrases.
- 1 h 13 – 1 h 31Rédiger la partie IIMême volume que la partie I : si l'on a pris du retard, on raccourcit les exemples, jamais le nombre d'idées.
- 1 h 31 – 1 h 49Rédiger la partie IIILa partie la plus souvent sacrifiée : elle doit avoir autant de paragraphes que les autres.
- 1 h 49 – 1 h 54Recopier la conclusionLe bilan qui répond à la problématique, puis l'ouverture, séparés du développement par une ligne sautée.
- 1 h 54 – 2 h 00Se relireDates, noms propres et accords vérifiés ; aucune abréviation ni flèche recopiée du brouillon.
Lire et analyser le sujet
Tout se joue dans les quinze premières minutes. Un sujet de composition est une phrase courte dont chaque mot compte : les notions, le cadre spatial, les bornes chronologiques, et parfois un petit mot (« et », « face à », « entre ») qui indique la relation à étudier.
• Affirmation : un processus, donc une évolution à montrer dans le temps, pas un tableau figé.
• État : l'ensemble des institutions par lesquelles le souverain gouverne un territoire (conseils, officiers, intendants, justice, impôt, armée).
• Royaume de France : le cadre est français ; l'Angleterre relève d'un autre chapitre.
• XVIe-XVIIe siècle : on part de l'avènement de François Ier (1515) ; on peut aller jusqu'à la mort de Louis XIV (1715), à condition de justifier ce débordement dans l'introduction.
Au brouillon, écris le sujet en grand, entoure chaque mot et note en marge sa définition et ses limites. Pose ensuite les questions simples : qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? pourquoi ? Elles font surgir les acteurs (le roi, les officiers, les grands nobles, les protestants), les moyens (justice, impôt, armée, langue) et les résistances (guerres de Religion, Fronde).
Repère enfin le type de sujet. Un sujet « tableau » (« La société d'ordres au XVIIIe siècle ») demande de décrire et d'expliquer une situation. Un sujet « évolution » (« affirmation », « croissance », « mutations ») demande de montrer un changement. Un sujet « relation » (« Les sociétés face aux risques ») demande d'articuler deux termes. Le type de sujet oriente déjà le plan.
Problématiser : trouver la question du sujet
La problématique est la question à laquelle toute la copie répond. Elle naît d'une tension dans le sujet : un paradoxe, une contradiction apparente, un débat. Ce n'est ni le sujet suivi d'un point d'interrogation, ni une série de cinq questions.
Méthode en trois temps : (1) repère la tension ; (2) formule-la en une question ouverte, qui commence par « Comment », « Pourquoi » ou « Dans quelle mesure » ; (3) vérifie qu'elle reprend les mots du sujet et qu'on peut y répondre en trois étapes.
• Mauvais : « Comment l'État s'est-il affirmé en France ? » (le sujet recopié).
• Mauvais : « Louis XIV était-il un bon roi ? » (jugement moral, et un seul règne).
• Bon : « Comment le pouvoir royal parvient-il à s'imposer en France entre 1515 et 1715, malgré les crises qui le menacent ? »
Une bonne problématique annonce le chemin sans donner la réponse : ici, le correcteur attend une copie qui montre à la fois les outils de l'État et les résistances qu'il rencontre, et qui explique pourquoi les secondes n'empêchent pas le premier de grandir.
Construire le plan
Le plan est la réponse à la problématique, découpée en trois parties (deux sont acceptées si elles sont solides) de deux ou trois sous-parties chacune. Trois types de plan dominent :
| Plan | Quand l'utiliser | Risque |
|---|---|---|
| Chronologique | Sujet d'évolution sur une longue période (« affirmation », « mutations ») | Tourner au récit : chaque partie doit porter une idée, pas seulement des dates |
| Thématique | Sujet « tableau » ou de géographie (acteurs, espaces, enjeux) | Juxtaposer trois catalogues sans lien |
| Analytique | Sujet « relation » : constat, causes, réponses | Répéter la même idée d'une partie à l'autre |
I. 1515-1559 : des rois qui renforcent leur pouvoir (Concordat de Bologne, 1516 ; ordonnance de Villers-Cotterêts, 1539).
II. 1559-1661 : un État mis à l'épreuve, qui sort renforcé des crises (guerres de Religion, 1562-1598 ; édit de Nantes, 1598 ; Richelieu, principal ministre de 1624 à 1642 ; Fronde, 1648-1653).
III. 1661-1715 : l'absolutisme de Louis XIV et ses limites (Versailles, 1682 ; révocation de l'édit de Nantes, 1685 ; capitation, 1695).
Chaque titre de partie est une idée, pas une étiquette : « Un État mis à l'épreuve » affirme quelque chose, « Les guerres de Religion » ne dit rien. Les dates-charnières doivent correspondre à de vrais tournants : 1559 (mort d'Henri II), 1661 (début du règne personnel de Louis XIV, à la mort de Mazarin).
Vérifie enfin l'équilibre : chaque partie doit pouvoir recevoir autant d'exemples précis que les autres. Si une partie n'en a qu'un, fusionne-la ou change de plan.
Rédiger l'introduction
L'introduction tient en un paragraphe de 10 à 15 lignes, en quatre temps : l'accroche, la présentation du sujet (définitions, bornes, contexte), la problématique, l'annonce du plan. Elle se rédige entièrement au brouillon.
Comment le pouvoir royal parvient-il à s'imposer entre 1515 et 1715, malgré les crises qui le menacent ?
Nous verrons d'abord comment les rois de la Renaissance renforcent leur pouvoir, puis comment l'État surmonte les épreuves de 1559 à 1661, avant d'étudier l'absolutisme de Louis XIV et ses limites. »
L'accroche doit être datée et liée au sujet : un fait, un document, une citation vérifiée. Elle mène au sujet en une ou deux phrases. La présentation justifie les bornes : ici, 1715 dépasse le XVIIe siècle, mais la mort de Louis XIV clôt logiquement l'étude. La problématique est isolée, souvent à la ligne. L'annonce du plan reprend l'idée de chaque partie, sans numéros ni titres soulignés.
Rédiger le développement : le paragraphe argumenté
Chaque sous-partie est un paragraphe argumenté, qui commence par un alinéa. La méthode la plus sûre est le paragraphe AEI : Affirmer l'idée en une phrase, l'Expliquer (mécanisme, cause, notion), l'Illustrer par un exemple précis (date, lieu, acteur, chiffre), puis conclure d'une phrase qui revient au sujet.
Observe la mécanique : la première phrase donne l'idée, la deuxième l'explique, les deux suivantes la prouvent par des faits datés, la dernière la relie à la problématique.
Entre deux parties, écris une transition de deux phrases : l'une résume la partie achevée, l'autre annonce la suivante. Utilise des connecteurs logiques (« en effet », « pourtant », « c'est pourquoi », « ainsi ») : ce sont eux qui transforment une suite de faits en raisonnement.
Conclure et se relire
La conclusion, rédigée au brouillon avant de commencer le développement, a deux temps : un bilan qui répond clairement à la problématique, puis une ouverture. Elle ne résume pas les parties une à une : elle répond à la question posée.
L'ouverture élargit vers une autre période, un autre espace ou un débat lié au sujet. Elle doit être aussi précise que le reste de la copie : une date, un acteur. Une question lancée au lecteur (« Et aujourd'hui ? ») ne vaut rien.
La relecture (cinq minutes au moins) se fait en trois passages, chacun avec un seul objectif :
1. les dates, les noms propres et les chiffres ;
2. l'orthographe, surtout les accords du participe passé et les pluriels ;
3. la présentation : alinéas, une ligne sautée entre l'introduction, chaque partie et la conclusion, aucune abréviation.
Barème et attentes du correcteur
En seconde, il n'existe pas de barème national unique pour la composition : chaque professeur construit sa grille. Toutes reposent pourtant sur les mêmes critères, car le programme de 2019 compte parmi ses capacités la construction d'une argumentation historique ou géographique. Ce sont aussi ceux de la dissertation de la spécialité HGGSP, évaluée en terminale lors d'une épreuve écrite de 4 heures.
| Critère | Ce qui rapporte des points | Ce qui en fait perdre |
|---|---|---|
| Compréhension du sujet | Termes définis, bornes posées et justifiées | Hors-sujet partiel, période ou espace mal lus |
| Problématique | Une question claire, issue d'une tension du sujet | Sujet recopié, question absente ou fermée |
| Organisation | Plan annoncé et respecté, parties équilibrées, transitions | Récit sans idée, catalogue, déséquilibre |
| Connaissances | Dates, acteurs, lieux, chiffres et notions précis et expliqués | Généralités, dates fausses, anachronismes |
| Expression | Phrases complètes, vocabulaire du chapitre, orthographe soignée | Tirets, abréviations, flèches du brouillon |
Ce qui rapporte le plus : un plan qui répond vraiment à la problématique, et des exemples précis expliqués. Un correcteur préfère trois exemples analysés à dix exemples cités. Il lit d'abord l'introduction et la conclusion : si la problématique annoncée reçoit une réponse à la fin, la copie part avec un a priori favorable.
Pièges
1. Le hors-sujet partiel : dépasser les bornes ou changer d'espace sans le justifier, par exemple développer l'Angleterre dans un sujet sur la France.
2. La problématique recopiée : le sujet suivi d'un point d'interrogation, qui ne pose aucun problème.
3. Le plan récit : « d'abord, ensuite, enfin », sans idée directrice dans les titres.
4. Le plan déséquilibré : une partie I de deux pages, une partie III de cinq lignes.
5. L'exemple flou : « à un moment, un roi a voulu… » ; il faut la date, le lieu, l'acteur.
6. L'anachronisme : appeler Louis XIV un « dictateur » ou l'Angleterre de 1689 une « démocratie ».
7. Le style télégraphique : tirets, abréviations et flèches recopiés du brouillon.
8. Le temps mal géré : un brouillon entièrement rédigé, puis plus assez de temps pour recopier.
Deux pièges plus discrets guettent les bons élèves. Le premier est la copie-cours : tout est juste, mais l'élève récite le chapitre dans l'ordre du manuel au lieu de répondre à la problématique. Le correcteur reconnaît immédiatement ce plan. Le second est le jugement moral : « Les conquistadors étaient cruels » n'est pas une analyse. L'historien explique les causes, les acteurs et les conséquences ; il peut citer les débats de l'époque (la controverse de Valladolid, en 1550-1551), mais il ne distribue pas de bons et de mauvais points.
- Analyser le sujet : définir chaque mot, fixer et justifier les bornes, repérer le type de sujet (tableau, évolution, relation).
- Problématiser : une question ouverte née d'une tension du sujet, jamais le sujet recopié ni un jugement moral.
- Construire un plan en trois parties dont les titres sont des idées (chronologique, thématique ou analytique), équilibrées.
- Introduction : accroche datée, définitions et bornes, problématique, annonce du plan.
- Développement : des paragraphes AEI (affirmer, expliquer, illustrer), des transitions, des exemples datés et expliqués.
- Conclusion : bilan qui répond à la problématique, puis ouverture précise et liée au sujet.
- Temps : environ 50 minutes de brouillon sur 2 heures, 5 minutes de relecture.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs