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Les sociétés face aux risques

Aléa, vulnérabilité, résilience, risques naturels et technologiques, prévention, inégalités face aux catastrophes (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Les sociétés face aux risques » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Risque, aléa, vulnérabilité : les notions pour analyser les sociétés face aux risques, Un monde inégalement exposé aux aléas naturels, Les risques technologiques : des dangers produits par les sociétés, Des sociétés inégalement vulnérables face aux catastrophes. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
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Les repères à connaître

16 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.

  1. 1er novembre 1755Séisme, tsunami et incendie de Lisbonne (Portugal)Première catastrophe débattue par les philosophes (Voltaire, Rousseau) et reconstruite avec des techniques pensées contre les séismes.
  2. 22 mai 1960Séisme de Valdivia (Chili), magnitude 9,5Le séisme le plus puissant jamais enregistré ; il ancre au Chili une culture parasismique ancienne.
  3. 12-13 novembre 1970Cyclone de Bhola sur le Pakistan oriental (futur Bangladesh), 300 000 à 500 000 mortsLa catastrophe la plus meurtrière du XXe siècle liée à un cyclone ; la mauvaise gestion des secours nourrit la sécession du Bangladesh en 1971.
  4. 10 juillet 1976Nuage de dioxine à Seveso (Lombardie, Italie)Il donne son nom à la directive européenne du 24 juin 1982 sur les sites industriels dangereux.
  5. 2-3 décembre 1984Fuite de gaz toxique à l'usine Union Carbide de Bhopal (Inde)La pire catastrophe industrielle de l'histoire : plusieurs milliers de morts, surtout dans les quartiers pauvres voisins de l'usine.
  6. 26 avril 1986Explosion du réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl (URSS, aujourd'hui Ukraine)Accident nucléaire classé au niveau 7, le plus élevé ; la même année, Ulrich Beck théorise la « société du risque ».
  7. 17 janvier 1995Séisme de Kobe (Japon), magnitude 6,9, environ 6 400 mortsUn pays riche et préparé est durement touché ; le Japon renforce ses normes et ses secours.
  8. 26 décembre 2004Séisme de magnitude 9,1 au large de Sumatra et tsunami dans l'océan Indien, environ 230 000 mortsAucun système d'alerte n'existait dans cet océan : un réseau y est mis en place à partir de 2006.
  9. Janvier 2005Cadre d'action de Hyogo (2005-2015), adopté à Kobe par l'ONUPremier programme mondial qui fait de la résilience des nations et des collectivités l'objectif commun.
  10. 29 août 2005L'ouragan Katrina frappe la Louisiane ; les digues de La Nouvelle-Orléans cèdentEnviron 1 800 morts : la vulnérabilité existe aussi dans le pays le plus riche du monde, surtout dans ses quartiers pauvres.
  11. 12 janvier 2010Séisme d'Haïti, magnitude 7,0, plus de 200 000 mortsL'exemple type d'une vulnérabilité extrême : pauvreté, bâti fragile, État faible.
  12. 27 février 2010Séisme du Chili, magnitude 8,8, environ 500 mortsUn aléa bien plus fort qu'en Haïti mais un bilan bien plus faible : la preuve par la comparaison.
  13. 11 mars 2011Séisme et tsunami du Tōhoku (Japon), accident nucléaire de Fukushima DaiichiEnviron 18 500 morts et disparus : l'exemple type du risque « natech », naturel et technologique.
  14. 18 mars 2015Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030)Sept cibles mondiales pour 2030, dont la baisse de la mortalité due aux catastrophes.
  15. 4 août 2020Explosion d'environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium dans le port de Beyrouth (Liban)Plus de 200 morts : un risque technologique né d'un stockage dangereux au cœur d'une ville.
  16. 6 février 2023Séismes de magnitude 7,8 et 7,5 en Turquie et en SyriePlus de 50 000 morts en Turquie : des normes parasismiques existaient mais étaient mal appliquées.
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Risque, aléa, vulnérabilité : les notions pour analyser les sociétés face aux risques

Un risque est la possibilité qu'un événement dangereux provoque des dommages à une société. Il n'existe que s'il y a rencontre entre un phénomène et des hommes : un séisme de magnitude 7 dans un désert vide ne constitue pas un risque ; le même séisme sous une capitale en est un.

Aléa : phénomène naturel ou technologique potentiellement dangereux, défini par sa probabilité et son intensité (magnitude d'un séisme, hauteur d'une crue, vitesse des vents d'un cyclone).
Enjeux : ce qui est exposé à l'aléa (personnes, logements, réseaux, activités, patrimoine).
Vulnérabilité : fragilité de ces enjeux et difficulté plus ou moins grande de la société à faire face au choc.
Résilience : capacité d'une société à absorber le choc, à se réorganiser et à se reconstruire en tirant les leçons de la catastrophe.

Les géographes résument cette relation par une formule schématique : risque = aléa × vulnérabilité. Elle signifie que le risque disparaît si l'un des deux termes est nul, et qu'on peut le réduire en agissant sur l'un ou sur l'autre. On agit rarement sur l'aléa (on ne supprime pas un séisme) ; on agit surtout sur la vulnérabilité.

Quand le risque se réalise, il devient une catastrophe : l'événement dépasse la capacité de la société touchée à faire face avec ses propres moyens. Le risque majeur désigne un risque de faible probabilité mais de gravité très élevée.

Cette approche n'est pas nouvelle. En 1945, le géographe américain Gilbert F. White, dans Human Adjustment to Floods (université de Chicago), écrit que les inondations sont des « actes de Dieu », mais que les pertes qu'elles causent sont « largement des actes de l'homme ». L'idée structure tout le chapitre : une catastrophe n'est jamais purement naturelle.

Pour chaque exemple, pose quatre questions : quel aléa ? quels enjeux ? quelle vulnérabilité ? quelle réponse de la société ?
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Un monde inégalement exposé aux aléas naturels

Les aléas naturels se répartissent en grandes familles. Les aléas géologiques (séismes, éruptions, tsunamis) se concentrent le long des limites de plaques : la ceinture de feu du Pacifique, du Chili au Japon et à l'Indonésie, rassemble la grande majorité des séismes les plus forts. C'est là qu'a été enregistré le plus puissant jamais mesuré, à Valdivia (Chili), le 22 mai 1960, de magnitude 9,5. Les aléas hydrométéorologiques (cyclones, crues, sécheresses, canicules) dépendent du climat : les cyclones tropicaux naissent au-dessus des océans chauds de la zone intertropicale et frappent les Caraïbes, le golfe du Bengale ou les Philippines. Les aléas gravitaires (glissements de terrain, avalanches) touchent les versants et les montagnes.

Selon le rapport publié en 2020 par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR) et le Centre de recherche sur l'épidémiologie des catastrophes (CRED, Louvain), environ 7 300 catastrophes ont été enregistrées dans le monde entre 2000 et 2019, pour environ 1,2 million de morts. Les inondations sont le type le plus fréquent ; les séismes, plus rares, sont les plus meurtriers.

L'exposition dépend aussi de l'endroit où vivent les hommes. Les sociétés s'installent souvent là où l'aléa est fort, parce que ces lieux offrent des avantages. Le delta du Gange et du Brahmapoutre, au Bangladesh, a des sols fertiles mais subit cyclones et crues. Autour de Naples, plus d'un demi-million d'habitants vivent dans la « zone rouge » du Vésuve. La littoralisation et la croissance urbaine multiplient les enjeux : Tokyo, Manille, Dacca ou Mexico sont des métropoles bâties sur des zones d'aléa fort.

Exemple : le 26 décembre 2004, un séisme de magnitude 9,1 au large de Sumatra provoque un tsunami qui fait environ 230 000 morts dans une quinzaine de pays riverains de l'océan Indien.
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Les risques technologiques : des dangers produits par les sociétés

Les risques technologiques naissent des activités humaines : industrie chimique, nucléaire, stockage de produits dangereux, barrages, transport de matières dangereuses. L'aléa est ici produit par la société elle-même, souvent près des villes, car les usines s'installent là où se trouvent la main-d'œuvre, les ports et les axes de transport.

Quelques catastrophes jalonnent leur histoire récente. Le 10 juillet 1976, à Seveso (Lombardie, Italie), un nuage de dioxine s'échappe d'une usine chimique ; la zone la plus contaminée est évacuée. La Communauté européenne répond par la directive Seveso du 24 juin 1982, qui impose de recenser les sites dangereux et d'informer les populations ; elle est révisée en 1996 et en 2012. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, à Bhopal (Inde), environ 40 tonnes d'isocyanate de méthyle s'échappent d'une usine de pesticides de la firme américaine Union Carbide : plusieurs milliers de morts dans les premiers jours, des centaines de milliers d'intoxiqués, surtout dans les quartiers pauvres collés à l'usine. Le 26 avril 1986, l'explosion du réacteur n° 4 de Tchernobyl (URSS, aujourd'hui Ukraine) contamine une partie de l'Europe ; une zone d'exclusion de 30 km est créée. Le 4 août 2020, environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées depuis 2014 dans un entrepôt du port de Beyrouth, explosent : plus de 200 morts.

Le 11 mars 2011, l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi combine les deux familles : le tsunami noie les systèmes de refroidissement des réacteurs. On parle de risque natech (naturel et technologique). Plus de 100 000 personnes sont évacuées ; l'Allemagne décide dès 2011 de sortir du nucléaire.

En 1986, le sociologue allemand Ulrich Beck publie un livre traduit en français sous le titre La Société du risque : les sociétés industrielles produisent elles-mêmes les dangers qui les menacent.
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Des sociétés inégalement vulnérables face aux catastrophes

À aléa comparable, les bilans diffèrent énormément. Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 frappe Haïti, à environ 25 km de Port-au-Prince : plus de 200 000 morts selon la plupart des estimations et environ 1,5 million de sans-abri. Le 27 février 2010, un séisme de magnitude 8,8, qui libère environ 500 fois plus d'énergie, frappe le centre du Chili : environ 500 morts. Haïti, pays le plus pauvre du continent américain, a un bâti fragile, une capitale surpeuplée et un État faible ; le Chili applique des normes parasismiques depuis des décennies et entraîne sa population.

Facteur de vulnérabilitéExemple
Pauvreté, qualité du bâtiHaïti, 2010 : maisons en blocs de béton mal armés, construites sans contrôle
Normes mal appliquéesTurquie, 6 février 2023 : des immeubles récents s'effondrent malgré le code parasismique, en partie à cause d'amnisties accordées à des constructions illégales
Âge, isolementEurope, été 2003 : la canicule fait plus de 70 000 morts, surtout des personnes âgées
GouvernanceBirmanie, mai 2008 : après le cyclone Nargis, la junte militaire retarde l'entrée de l'aide internationale

Les inégalités existent aussi dans les pays riches et à l'intérieur d'une même ville. Le 29 août 2005, l'ouragan Katrina frappe la Louisiane : les digues de La Nouvelle-Orléans cèdent, environ 80 % de la ville est inondée, on compte environ 1 800 morts. Les habitants qui avaient une voiture ont pu partir ; les quartiers pauvres et majoritairement afro-américains, comme le Lower Ninth Ward, ont été les plus touchés.

Retiens l'asymétrie : les pays riches subissent les plus lourdes pertes en valeur ; les pays pauvres, les plus lourdes pertes en vies humaines et en part de leur richesse.
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Prévoir, prévenir, gérer : réduire les risques avant, pendant et après

Réduire un risque, c'est agir sur la vulnérabilité à chaque étape d'un cycle en trois temps.

MomentActionsExemple
AvantConnaître l'aléa (cartes, archives), le prévoir (surveillance des volcans, prévision des cyclones), prévenir (normes, interdiction de bâtir, ouvrages), éduquerAu Japon, le 1er septembre, anniversaire du séisme de 1923 à Tokyo, est une journée nationale d'exercices
PendantAlerter, évacuer, secourir, coordonner l'aideBangladesh, novembre 2007 : l'évacuation vers des abris limite le bilan du cyclone Sidr
AprèsReconstruire, indemniser, tirer les leçonsKobe, après 1995 : normes et secours renforcés

Le Bangladesh montre ce que peut la prévention. Le cyclone de novembre 1970 y fait entre 300 000 et 500 000 morts, celui d'avril 1991 environ 138 000. Le pays construit ensuite des milliers d'abris anticycloniques surélevés et forme des volontaires chargés de relayer l'alerte : le cyclone Sidr, en novembre 2007, fait quelques milliers de morts.

L'alerte suppose des réseaux. Un centre d'alerte aux tsunamis fonctionne à Hawaï pour le Pacifique depuis 1949 ; l'océan Indien n'en avait pas en 2004 : un système y est mis en place à partir de 2006. À l'échelle mondiale, l'ONU proclame une Décennie internationale de la prévention des catastrophes naturelles (1990-1999), puis adopte le cadre d'action de Hyogo (Kobe, janvier 2005) et le cadre de Sendai (18 mars 2015), qui fixe sept cibles pour 2030.

La protection a des limites. À Taro (Miyako, Japon), une digue de 10 mètres de haut est franchie par le tsunami du 11 mars 2011. Un ouvrage lourd peut créer un faux sentiment de sécurité et attirer l'urbanisation juste derrière lui : c'est l'« effet digue ».
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Urbanisation et changement climatique : des risques qui augmentent

Les risques augmentent d'abord parce que les enjeux exposés se multiplient. Depuis 2007 environ, plus de la moitié de l'humanité vit en ville, selon les Nations unies. Beaucoup de métropoles se sont développées sur des littoraux, des deltas ou des zones sismiques ; leur croissance rapide produit des quartiers informels bâtis sur des pentes instables ou des terrains inondables, là où le sol est le moins cher. La concentration des hommes, des réseaux et des activités crée des effets en chaîne : une coupure d'électricité ou de transport peut paralyser toute une région.

Le changement climatique agit comme un multiplicateur de risques. Le premier volume du sixième rapport du GIEC (août 2021) établit que les extrêmes de chaleur et les fortes précipitations sont devenus plus fréquents et plus intenses dans la plupart des régions, et que la montée du niveau des mers accroît le risque de submersion des littoraux. Entre juin et octobre 2022, des pluies de mousson exceptionnelles inondent environ un tiers du Pakistan : environ 1 700 morts et plus de 30 millions de personnes touchées.

Les catastrophes provoquent aussi des déplacements de population. L'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC, Genève) recense ces dernières années plusieurs dizaines de millions de déplacements internes par an liés aux catastrophes. Les petits États insulaires de faible altitude, comme les Maldives ou Tuvalu, sont menacés par la montée des eaux.

Nuance à connaître : la hausse du nombre de catastrophes enregistrées tient aussi à un meilleur recensement et à l'augmentation des biens exposés. Les pertes économiques augmentent fortement ; la mortalité, elle, recule là où la prévention progresse, comme au Bangladesh.
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Comment pense-t-on les risques ? De Lisbonne (1755) à la résilience

1755 : la catastrophe devient un objet de débat. Le 1er novembre 1755, jour de la Toussaint, un séisme de magnitude estimée entre 8,5 et 9, suivi d'un tsunami et d'incendies, détruit une grande partie de Lisbonne et fait plusieurs dizaines de milliers de morts. Voltaire publie en 1756 son Poème sur le désastre de Lisbonne, qui s'en prend aux « philosophes trompés » affirmant que « tout est bien ». Rousseau lui répond le 18 août 1756 : ce n'est pas la nature qui a entassé les maisons, ce sont les hommes. Le marquis de Pombal fait reconstruire la ville basse selon un plan régulier, avec une armature de bois destinée à résister aux secousses, et fait envoyer aux paroisses un questionnaire sur le séisme.

XXe siècle : de l'aléa à la vulnérabilité. Jusqu'aux années 1970, l'approche dominante est celle des sciences de la Terre et des ingénieurs : mesurer l'aléa, construire des protections. Des géographes contestent cette vision. Kenneth Hewitt, dans Interpretations of Calamity (1983), puis Piers Blaikie, Terry Cannon, Ian Davis et Ben Wisner dans At Risk (1994), montrent que la pauvreté, les rapports de pouvoir et les choix politiques fabriquent la vulnérabilité. En 2006, après Katrina, le géographe Neil Smith intitule un essai « There's No Such Thing as a Natural Disaster » (« Il n'y a pas de catastrophe naturelle »).

Depuis les années 2000 : la résilience. Venue de la physique des matériaux puis de l'écologie (C. S. Holling, 1973), la notion s'impose dans les textes internationaux : le cadre de Hyogo (2005) fait de la résilience des nations et des collectivités son objectif. Des chercheurs la critiquent : elle peut faire peser sur les habitants la charge de s'adapter, au lieu d'interroger les causes de leur vulnérabilité.

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Les pièges du chapitre

  • Confondre aléa et risque. Un cyclone est un aléa ; il ne devient un risque que s'il menace des enjeux. Le 12 janvier 2010, ce n'est pas « le risque » qui frappe Haïti : c'est l'aléa qui se produit, et la catastrophe qui en résulte.
  • Parler de « catastrophe naturelle » sans nuance. L'aléa est naturel, le bilan est social. Montre toujours la part des choix humains : lieu d'installation, qualité du bâti, alerte, secours.
  • Opposer mécaniquement pays riches et pays pauvres. Le Japon compte environ 18 500 morts et disparus en 2011, les États-Unis environ 1 800 morts avec Katrina ; à l'inverse, le Bangladesh a fortement réduit la mortalité des cyclones. La vulnérabilité se mesure à toutes les échelles, jusqu'au quartier.
  • Oublier les risques technologiques. Le programme porte sur tous les risques : Seveso, Bhopal, Tchernobyl, Fukushima et Beyrouth font partie de ta culture de base.
  • Croire qu'une protection supprime le risque. Une digue réduit la fréquence des dommages, pas le risque : si elle cède ou est franchie, les dégâts sont plus graves (La Nouvelle-Orléans, 2005 ; Taro, 2011).
  • Inventer des chiffres précis. Les bilans sont des estimations, parfois très discutées (Haïti, 2010). Écris « plus de 200 000 morts », jamais un chiffre à l'unité dont tu n'es pas sûr.
  • Sortir du sujet. Ce chapitre traite des risques, pas de la gestion des ressources (eau, énergie) ni du cas détaillé des milieux français, qui ont leurs propres chapitres.
  • Oublier de dater et de localiser. « Un séisme en Asie » ne vaut rien ; « le séisme de Kobe, au Japon, le 17 janvier 1995 » est un argument.
En bref
  • Un risque naît de la rencontre entre un aléa (naturel ou technologique) et des enjeux plus ou moins vulnérables : risque = aléa × vulnérabilité.
  • Les aléas naturels sont inégalement répartis (ceinture de feu du Pacifique, zone des cyclones tropicaux), mais les sociétés s'installent souvent dans les zones exposées pour leurs avantages (deltas, sols volcaniques, littoraux).
  • Les risques technologiques sont produits par les sociétés : Seveso (1976), Bhopal (1984), Tchernobyl (1986), Fukushima (2011, risque natech), Beyrouth (2020).
  • Le bilan dépend surtout de la vulnérabilité : Haïti (M 7,0, plus de 200 000 morts) et Chili (M 8,8, environ 500 morts) en 2010 ; Katrina (2005) montre les inégalités au sein d'un pays riche.
  • Réduire le risque : prévoir, prévenir, alerter, secourir, reconstruire ; le Bangladesh a réduit la mortalité des cyclones ; à l'échelle mondiale, cadres de Hyogo (2005) et de Sendai (2015).
  • Urbanisation et changement climatique accroissent les enjeux et les aléas ; la résilience est devenue l'objectif, mais aussi un objet de débat.
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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