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Méthode de l'analyse de document(s) en histoire-géographie
Présenter un document, répondre à la consigne, confronter texte, image, carte ou statistique à ses connaissances (histoire-géographie au lycée)
À propos de cette page
Les repères à connaître
12 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.
- 0 h 00 – 0 h 03Lire la consigne, deux foisAvoir entouré les verbes, souligné le thème et noté les bornes chronologiques et spatiales en haut du brouillon.
- 0 h 03 – 0 h 06Lire le paratexte avant le documentAvoir noté la nature, l'auteur et sa fonction, la date, le destinataire et la source.
- 0 h 06 – 0 h 16Lecture annotée du documentAvoir surligné d'une couleur par axe de la consigne et numéroté les passages utiles (ligne, élément de légende, colonne).
- 0 h 16 – 0 h 21Mobiliser ses connaissancesAvoir écrit, en face de chaque passage relevé, une date, un acteur ou une notion que le document ne donne pas.
- 0 h 21 – 0 h 24Repérer le point de vue et les silencesAvoir noté qui parle, pour qui, dans quel but, et au moins une chose que le document ne montre pas.
- 0 h 24 – 0 h 27Construire le planAvoir deux ou trois axes tirés des verbes de la consigne, chacun avec ses citations et ses connaissances.
- 0 h 27 – 0 h 32Rédiger l'introduction au proprePrésentation du document, problématique sous forme de question, annonce des axes.
- 0 h 32 – 0 h 40Premier paragraphe argumentéUne idée, deux citations courtes expliquées, une connaissance précise.
- 0 h 40 – 0 h 48Deuxième paragraphe argumentéMême construction ; une phrase de transition avec le paragraphe précédent.
- 0 h 48 – 0 h 54Troisième paragraphe ou regard critiquePortée et limites du document, confrontées aux connaissances.
- 0 h 54 – 0 h 57Rédiger la conclusionUne réponse nette à la consigne et une phrase sur la portée du document.
- 0 h 57 – 1 h 00Se relireGuillemets fermés, dates et noms propres vérifiés, accords, aucun verbe de la consigne oublié.
Ce qu'on attend : expliquer et critiquer un document
L'analyse de document(s) est l'exercice le plus fréquent en histoire-géographie au lycée. On vous donne un ou deux documents (texte, tableau statistique, carte, image) et une consigne. Vous devez montrer ce que le document apprend sur une question du programme, en le confrontant à vos connaissances, puis dire ce qu'il ne montre pas.
L'exercice prend deux formes. En 2nde, la plus courante est la consigne accompagnée de questions : trois à cinq questions guident l'élève de l'identification à l'interprétation. En fin de lycée domine la consigne unique, qui appelle une réponse rédigée et organisée en paragraphes. La méthode est la même : les questions de 2nde sont les étapes que vous ferez seul ensuite.
Le programme de 2019 (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) range cet exercice parmi les capacités communes à l'histoire et à la géographie, sous l'intitulé « Analyser, interroger, adopter une démarche réflexive » : mener l'analyse critique d'un document, le replacer dans son contexte, confronter son point de vue à d'autres.
Étape 1 : lire la consigne avant le document
La consigne est le sujet. On la lit avant le document, deux fois, et on la décompose au brouillon.
| À repérer | Question à se poser | Ce que cela donne |
|---|---|---|
| Les verbes | Que dois-je faire ? | Chaque verbe (« présenter », « montrer », « expliquer », « confronter ») appelle une partie de la réponse. |
| Le thème | De quoi dois-je parler ? | Les notions à définir dès l'introduction. |
| Les bornes | Où et quand ? | Le cadre chronologique et spatial, souvent implicite. |
• Verbes : « montrez » (prouver une affirmation déjà posée), « expliquez » (dire ce que font les pouvoirs publics et pourquoi).
• Thème : les inégalités socio-spatiales (qui habite où, avec quels équipements) et les politiques urbaines.
• Bornes : une ville, Le Cap, et non toute l'Afrique du Sud ; la période qui suit l'abolition des lois de l'apartheid en 1991 et les premières élections au suffrage universel sans distinction raciale, en 1994.
• Plan qui en découle : I. Une ville fragmentée ; II. Des politiques de rattrapage aux résultats limités.
Étape 2 : présenter le document
La présentation n'est pas une fiche d'identité : elle sert à dire pourquoi ce document permet de répondre à la consigne. Elle réunit cinq éléments, qu'on peut retenir dans l'ordre N-A-D-D-C.
| Élément | Ce qu'il faut écrire | Pourquoi c'est utile |
|---|---|---|
| Nature | Loi, discours, lettre, tableau peint, carte, tableau statistique… | Une loi s'impose, un discours cherche à convaincre, une lettre privée n'est pas faite pour être publiée. |
| Auteur | Son nom et sa fonction | Un roi, un philosophe, un organisme statistique ne parlent pas avec la même autorité. |
| Date | L'année, et le moment qu'elle représente | Elle place le document avant ou après un événement clé. |
| Destinataire | À qui le document s'adresse | Il éclaire l'intention de l'auteur. |
| Contexte | La situation qui explique le document | C'est votre première connaissance mobilisée. |
Avant : « Ce document est un texte d'Henri IV de 1598. Il parle de la religion. »
Après : « Le document est un extrait de l'édit de Nantes, acte législatif signé par le roi Henri IV en avril 1598 et adressé à tous ses sujets. Il est promulgué au terme des guerres de Religion qui opposent catholiques et protestants depuis 1562. En accordant aux protestants la liberté de conscience et une liberté de culte limitée à certains lieux, le roi cherche à rétablir la paix civile : le texte montre comment l'autorité royale s'impose au-dessus des confessions. »
Étape 3 : prélever, citer, expliquer
Le cœur de l'analyse tient en un geste répété : citer un passage court, l'expliquer avec ses propres mots, puis l'éclairer par une connaissance que le document ne donne pas.
• Citer : Montesquieu affirme que « le pouvoir arrête le pouvoir ».
• Expliquer : pour éviter l'abus, aucun pouvoir ne doit être sans limite ; il faut qu'un autre pouvoir puisse le freiner.
• Éclairer : Montesquieu pense à la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, qu'il observe en Angleterre, où il a séjourné de 1729 à 1731 et où le Parlement contrôle le roi depuis le Bill of Rights de 1689. Il vise implicitement la monarchie absolue française, où le roi concentre ces pouvoirs.
Étape 3 bis : lire un tableau, une carte, une image
Un document non écrit s'analyse avec la même démarche, mais il faut d'abord savoir le lire.
Le tableau statistique. Avant les chiffres : le titre, l'unité (millions, pourcentage, indice), la date et la source. Ensuite, on ne recopie pas les valeurs : on les met en rapport. Le taux d'évolution se calcule ainsi : (valeur d'arrivée − valeur de départ) ÷ valeur de départ × 100. Une valeur qui passe de 40 à 50 augmente donc de 25 %. On dégage une tendance, puis une exception.
La carte. Titre, légende, échelle, orientation, date, et projection. Une carte est une construction : sur la carte de Mercator (1569), conçue pour la navigation, les surfaces sont dilatées aux hautes latitudes, si bien que le Groenland paraît presque aussi grand que l'Afrique, alors qu'il est environ quatorze fois plus petit.
L'image. On décrit d'abord (dénoter : les plans, les personnages, les objets, les couleurs), puis on interprète (connoter : ce que ces choix signifient), enfin on se demande qui a voulu l'image et pour qui.
• Dénoter : deux hommes debout encadrent une étagère chargée d'instruments astronomiques, d'un globe terrestre, de livres et d'un luth ; au premier plan, une forme oblique déformée qui se révèle, vue de biais, être un crâne.
• Connoter : le savoir scientifique et la connaissance du monde qui s'élargit, mais aussi la mort qui guette (le crâne) et la discorde : la corde cassée du luth et un recueil de cantiques luthériens évoquent la division religieuse de l'Europe.
Étape 4 : porter un regard critique
Critiquer un document, ce n'est pas le condamner : c'est se demander d'où il parle. Quatre questions suffisent : qui parle ? à qui ? dans quel but ? que tait-il ?
• Qui parle ? Un navigateur génois au service des Rois catholiques, qui ont financé l'expédition.
• Par quel canal ? L'original est perdu : on connaît le texte par le résumé qu'en a fait le dominicain Bartolomé de Las Casas, qui en cite des passages et en résume d'autres. Le texte a donc été filtré.
• Dans quel but ? Colomb doit convaincre ses commanditaires que le voyage est rentable : il insiste sur les indices d'or et décrit les habitants comme de futurs serviteurs, faciles à convertir.
• Que tait-il ? Le point de vue des Taïnos, qui n'ont pas laissé d'écrit. Le document renseigne donc davantage sur le regard des Européens que sur les sociétés rencontrées.
• Confronter : le même Las Casas dénonce en 1552, dans sa Très brève relation de la destruction des Indes, les violences de la colonisation espagnole.
Étape 5 : rédiger la réponse
Quand la consigne est unique, la réponse suit un ordre fixe.
| Partie | Contenu | Longueur indicative |
|---|---|---|
| Introduction | Présentation du document, problématique sous forme de question, annonce des axes | 5 à 8 lignes |
| Développement | Deux ou trois paragraphes argumentés, séparés par un saut de ligne | 10 à 15 lignes chacun |
| Conclusion | Réponse nette à la consigne, portée et limites du document | 3 à 5 lignes |
[A] Le journal révèle d'abord un regard de futur maître sur les habitants des îles. [E] Le jour du débarquement aux Bahamas, le 12 octobre 1492, Colomb écrit qu'ils « doivent être de bons serviteurs » et qu'ils deviendraient facilement chrétiens : il ne décrit pas une société, il évalue ce qu'elle peut rapporter à la Couronne de Castille, en main-d'œuvre et en âmes à convertir. [I] Ce regard annonce le système de l'encomienda, qui, dès le début du XVIe siècle, soumet les Amérindiens des Antilles au travail forcé au profit des colons. Il faut toutefois rappeler que ces mots nous parviennent à travers le résumé de Las Casas.
Barème, attentes du correcteur et pièges
Il n'existe pas de barème national unique en 2nde : chaque professeur construit sa grille. Mais toutes reposent sur les capacités du programme de 2019 et valorisent les mêmes choses.
| Critère | Ce qui rapporte | Ce qui ne rapporte rien |
|---|---|---|
| Compréhension de la consigne | Chaque verbe traité, les bornes respectées | Un exposé général sur le thème |
| Présentation et contexte | Nature, auteur, date, destinataire reliés à la consigne | La source recopiée |
| Exploitation du document | Citations courtes, expliquées, pertinentes | La paraphrase, les citations fleuves |
| Connaissances | Dates, acteurs, notions que le document ne donne pas | Le cours récité sans lien avec le texte |
| Regard critique | Point de vue, silences, confrontation, prouvés | « Le document est subjectif » |
| Expression | Paragraphes, connecteurs, vocabulaire du programme | Des listes à puces, le style télégraphique |
• Le résumé : suivre le document ligne à ligne au lieu de suivre la consigne.
• La récitation : un paragraphe de cours qui ne cite jamais le document.
• L'anachronisme : appeler « démocratie » au sens actuel la démocratie athénienne du Ve siècle av. J.-C., qui exclut les femmes, les étrangers et les esclaves ; parler d'« absolutisme » comme si le mot existait au XVIIe siècle, alors qu'il n'apparaît qu'à la fin du XVIIIe.
• La confusion auteur / sujet : Rigaud n'est pas Louis XIV ; le journal de Colomb nous parvient par Las Casas.
• Le « montre bien » : « le document montre bien que… » ne prouve rien sans citation.
• Oublier la date du document pour lui reprocher d'ignorer la suite.
- La consigne est le sujet : on la lit avant le document et on en tire le plan (un verbe, une partie).
- Présenter = nature, auteur et fonction, date, destinataire, contexte, puis l'intérêt du document pour la consigne.
- Le geste central : une citation courte, une explication, une connaissance extérieure au document.
- Tableau : unité, source, calculs et comparaisons ; carte : légende, échelle, projection ; image : décrire, puis interpréter.
- Regard critique : qui parle, à qui, pour quoi faire, que tait-il ? Un document partial reste une source.
- Rédaction : introduction (présentation, problématique, annonce), paragraphes AEI, conclusion qui répond.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
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