Méthode de l'étude critique de document(s) en HGGSP
Présenter, confronter et critiquer un ou deux documents à partir de la consigne, sans paraphrase (spécialité HGGSP, bac)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Méthode de l'étude critique de document(s) en HGGSP » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Lire le sujet : titre, consigne, documents, Présenter et contextualiser le(s) document(s), Exploiter le document au brouillon et problématiser, Construire un plan qui répond à la consigne. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Consigne
Phrase qui accompagne le ou les documents et fixe ce que l'on doit démontrer ; elle contient en germe la problématique, et souvent le plan.
À ne pas confondre
Titre du sujet — Le titre situe le thème (« Faire la guerre, faire la paix ») ; la consigne dit quoi démontrer. On répond à la consigne, pas au titre.
Selon l'époque et le point de vue — Dans l'épreuve de spécialité HGGSP issue des programmes de 2019, l'étude critique est accompagnée d'une consigne qui oriente l'analyse, là où les épreuves de collège posaient une série de questions.
Ce que le mot permet d'écrire — À recopier en haut du brouillon et à relire avant la conclusion. Faute : traiter le thème général du titre au lieu de la consigne.
Étude critique de document(s)
Exercice qui consiste à répondre à une consigne en analysant un ou deux documents, éclairés par des connaissances et mesurés dans leur intérêt comme dans leurs limites.
À ne pas confondre
Commentaire de texte (français, philosophie) — Le commentaire littéraire étudie d'abord la forme et le sens d'un texte ; l'étude critique traite le document comme une source à situer dans l'histoire et la géopolitique.
Selon l'époque et le point de vue — La critique des sources vient de l'érudition historique : Lorenzo Valla démontre vers 1440 que la « Donation de Constantin » est un faux ; Jean Mabillon fonde la diplomatique (De re diplomatica, 1681) ; Langlois et Seignobos (Introduction aux études historiques, 1898) distinguent critique externe et critique interne.
Ce que le mot permet d'écrire — Un des deux exercices de l'épreuve écrite de spécialité. Faute : le traiter comme une suite de questions indépendantes, sans introduction ni conclusion.
Présenter (identifier)
Donner la nature, l'auteur, la date, le lieu, les destinataires et le contexte du document, en montrant ce que chacun de ces éléments apporte au sens.
À ne pas confondre
Résumer — Présenter, c'est dire qui parle, quand et à qui ; résumer, c'est redire le contenu. La présentation ne résume pas.
Selon l'époque et le point de vue — C'est la « critique externe » des manuels de méthode historique de la fin du XIXe siècle : avant de lire un texte, on établit son origine.
Ce que le mot permet d'écrire — Se rédige dans l'introduction. Faute : aligner les éléments en liste sans les exploiter (« Auteur : Chirac. Date : 1995. »).
Contextualiser
Situer le document dans le moment et le lieu qui l'expliquent : les événements, les acteurs et les débats qui le rendent possible ou nécessaire.
À ne pas confondre
Réciter le cours — Le contexte sélectionne les seuls faits qui éclairent le document ; le cours récité les empile sans lien avec lui.
Selon l'époque et le point de vue — Marc Bloch, dans Apologie pour l'histoire (publiée en 1949, après sa mort), rappelle qu'un témoignage ne se comprend qu'à la lumière de son temps.
Ce que le mot permet d'écrire — Deux ou trois faits datés dans l'introduction, puis d'autres au fil du développement. Faute : un contexte qui dure une page.
Nature (d'un document)
Le type de document : traité, loi, discours, lettre, article de presse, photographie, carte, tableau statistique, affiche…
À ne pas confondre
Thème — La nature dit ce qu'est le document (« un traité ») ; le thème dit de quoi il parle (« l'espace »).
Selon l'époque et le point de vue — Les historiens classent les sources par nature parce que chacune appelle des questions propres : un texte normatif dit ce qui doit être, un témoignage ce qu'un individu a vu.
Ce que le mot permet d'écrire — La nature commande la critique : un traité ne décrit pas la pratique des États, une photographie est un cadrage. Faute : écrire « c'est un texte ».
Paratexte
Tout ce qui entoure le document et l'identifie : titre, source, date, notes, chapeau introductif.
À ne pas confondre
Document — Le paratexte est écrit par le concepteur du sujet ; le document, par son auteur. On ne cite pas le paratexte comme si c'était l'auteur qui parlait.
Selon l'époque et le point de vue — Notion popularisée par Gérard Genette (Seuils, 1987) à propos des livres, reprise dans l'enseignement pour désigner les informations qui accompagnent un document.
Ce que le mot permet d'écrire — À lire en premier : il donne souvent la date et l'auteur. Faute : le recopier tel quel dans l'introduction.
Citer (prélever)
Reprendre entre guillemets un passage court et précis du document, puis l'expliquer.
À ne pas confondre
Recopier — Citer, c'est choisir quelques mots qui prouvent une idée ; recopier, c'est reproduire des lignes entières sans analyse.
Selon l'époque et le point de vue — La citation exacte, avec sa référence, est la règle de la preuve en histoire depuis l'érudition des XVIIe et XVIIIe siècles.
Ce que le mot permet d'écrire — Citations de une à deux lignes, avec guillemets et, si le document est numéroté, la ligne. Faute : la citation qui occupe cinq lignes.
Paraphrase
Défaut qui consiste à redire le document avec d'autres mots, sans rien lui ajouter : ni explication, ni connaissance, ni critique.
À ne pas confondre
Reformulation — Reformuler une idée difficile en une phrase est utile si l'on explique ensuite ; la paraphrase s'arrête à la reformulation.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du grec paraphrasis, « développement d'un texte » ; dans les consignes scolaires françaises, il désigne le défaut le plus sanctionné des analyses de document.
Ce que le mot permet d'écrire — Test : si ta phrase pourrait être écrite par quelqu'un qui ne connaît rien au sujet, c'est de la paraphrase.
Confronter
Mettre en relation deux documents, ou un document et ses connaissances, pour faire apparaître accords, décalages ou contradictions, et en tirer un sens.
À ne pas confondre
Comparer — Comparer juxtapose ressemblances et différences ; confronter fait parler un document contre l'autre et en tire une conclusion.
Selon l'époque et le point de vue — Le croisement des sources est au cœur de la méthode historique : un fait est d'autant plus sûr qu'il est attesté par des sources indépendantes.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable dès qu'il y a deux documents, dans chaque partie. Faute : une partie par document.
Portée
Les effets du document après sa production : ce qu'il a changé, déclenché, inspiré, ou au contraire ce qu'il n'a pas obtenu.
À ne pas confondre
Intérêt — L'intérêt est ce que le document nous apprend aujourd'hui ; la portée est ce qu'il a produit à son époque et ensuite.
Selon l'époque et le point de vue — Mot de méthode ancien des épreuves d'histoire, qui invite à suivre le document au-delà de sa date (une loi appliquée, un discours repris, une image réinterprétée).
Ce que le mot permet d'écrire — Se place souvent en fin de devoir et dans la conclusion. Faute : confondre portée et résumé du contenu.
Limites (d'un document)
Ce que le document ne peut pas prouver : son point de vue, ses silences, ses erreurs, la distance entre ce qu'il affirme et la réalité.
À ne pas confondre
Défauts — Une limite n'est pas une faute de l'auteur : un traité n'a pas à décrire la pratique des États, mais l'historien ne peut pas s'en contenter.
Selon l'époque et le point de vue — C'est la « critique interne » de la méthode historique : l'auteur pouvait-il savoir ? avait-il intérêt à dire ou à taire ?
Ce que le mot permet d'écrire — Toujours justifier une limite par une connaissance (« or, en 1990… »). Faute : « le document est trop court ».
Point de vue (intentionnalité)
La position depuis laquelle l'auteur s'exprime (fonction, camp, intérêts) et le but qu'il poursuit en produisant le document.
À ne pas confondre
Subjectivité — Tout document a un point de vue ; dire « l'auteur est subjectif » ne sert à rien si l'on ne précise pas lequel et ce qu'il change à la lecture.
Selon l'époque et le point de vue — Les historiens distinguent depuis longtemps les témoignages volontaires, écrits pour convaincre la postérité, et les traces involontaires, plus révélatrices malgré elles.
Ce que le mot permet d'écrire — Un discours présidentiel, un pamphlet, une photographie d'agence d'État appellent tous une question : qui y gagne ? Faute : accuser l'auteur de mentir.
Problématique
Question directrice, née de la consigne et du document, à laquelle tout le devoir répond.
À ne pas confondre
Question de cours — « Qu'est-ce que la Charte de l'ONU ? » appelle une récitation ; une problématique pose une tension (« … mais à quelles conditions ? »).
Selon l'époque et le point de vue — La problématique est la règle de la composition à la française depuis le XIXe siècle : un devoir démontre, il n'expose pas.
Ce que le mot permet d'écrire — Une seule question, en fin d'introduction, reprise dans la conclusion. Faute : recopier la consigne en y ajoutant un point d'interrogation.
Paragraphe AEI
Paragraphe argumenté en trois temps : Affirmer une idée, l'Expliquer en citant le document, l'Illustrer par une connaissance précise ; en étude critique, on y ajoute une phrase critique.
À ne pas confondre
Paragraphe narratif — Le paragraphe narratif raconte dans l'ordre chronologique ; le paragraphe AEI défend une idée annoncée dès sa première phrase.
Selon l'époque et le point de vue — Sigle scolaire répandu dans l'enseignement secondaire français ; d'autres variantes existent (« idée, citation, explication, connaissance »), avec la même logique.
Ce que le mot permet d'écrire — Une idée par paragraphe, alinéa en début de ligne. Faute : l'idée qui n'apparaît qu'à la fin du paragraphe.
Plan thématique
Plan dont chaque partie répond à un aspect de la consigne et puise dans l'ensemble du document.
À ne pas confondre
Plan linéaire — Le plan linéaire suit l'ordre du texte ; il est rarement pertinent et favorise la paraphrase.
Selon l'époque et le point de vue — Il s'impose dans l'étude critique pour la même raison que dans la dissertation : c'est la question, et non le document, qui organise la réponse.
Ce que le mot permet d'écrire — Deux ou trois parties dont les titres pourraient répondre à la problématique. Faute : « I. Présentation, II. Analyse, III. Critique ».
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Dit / non-dit
Ce que le document affirme explicitement, et ce qu'il tait, suggère ou évite.
Ce qu'il débloque — Nourrit la critique : un silence est souvent plus révélateur qu'une affirmation.
Exemple — Sur le sujet « Le traité sur l'espace de 1967 », il permet de relever que le texte interdit l'appropriation des territoires mais ne dit rien de l'exploitation des ressources, que le Space Act américain de 2015 autorise pour les entreprises.
Norme / pratique
Ce qu'un texte juridique prescrit, et ce que font réellement les acteurs.
Ce qu'il débloque — Indispensable face à un traité, une charte, une loi : le texte n'est pas la réalité.
Exemple — Sur le sujet « La Charte des Nations unies », il permet de montrer que l'interdiction du recours à la force (1945) n'a pas empêché les guerres, mais qu'elle fournit le cadre qui les rend illégales ou légales.
Contexte de production / contexte de réception
Le moment où le document est créé, et les moments où il est lu, diffusé, réinterprété.
Ce qu'il débloque — Permet d'expliquer qu'un document change de sens en changeant de public.
Exemple — Sur le sujet « La photographie « Lever de Terre » (1968) », il permet de passer d'une image de la course à la Lune à un symbole écologiste des années 1970.
Intention / effet
Ce que l'auteur voulait obtenir, et ce que le document a réellement produit.
Ce qu'il débloque — Structure l'étude de la portée.
Exemple — Sur le sujet « La lettre d'Einstein à Roosevelt (1939) », il permet de distinguer l'alerte voulue contre une bombe allemande et l'effet réel : un comité modeste, puis le projet Manhattan en 1942.
Rupture / continuité
Ce qui change avec le document, et ce qu'il prolonge.
Ce qu'il débloque — Utile quand la consigne emploie « tournant », « nouveau », « rupture ».
Exemple — Sur le sujet « Le discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995 », il permet de montrer la rupture avec la position tenue depuis 1944, mais aussi la continuité avec le décret de 1993 qui créait déjà une journée nationale.
Acteurs étatiques / acteurs non étatiques
Les États, et les autres acteurs : entreprises, ONG, groupes armés, organisations internationales.
Ce qu'il débloque — Permet de discuter la pertinence d'un texte pensé pour des États.
Exemple — Sur le sujet « Clausewitz, De la guerre », il permet de demander si une définition de la guerre entre États éclaire encore l'action d'al-Qaïda le 11 septembre 2001.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.