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Thème 2 — Axe 2 : le défi de la construction de la paix

Traités de Westphalie, l'ONU sous Kofi Annan, le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix depuis 1945 (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Thème 2 — Axe 2 : le défi de la construction de la paix » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Construire la paix : un processus, pas un moment, 1648 : les traités de Westphalie, une paix de compromis, Le « système westphalien » : un modèle ou un mythe ?, La sécurité collective : de la SDN à l'ONU (1920-1996). Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Paix

Situation dans laquelle des groupes organisés ont cessé de se combattre et règlent leurs différends selon des règles acceptées ; c'est à la fois un état juridique (fin de l'état de guerre) et un processus.

À ne pas confondre

  • Trêve — La trêve suspend les combats pour une durée limitée ; la paix met fin à l'état de guerre.

Selon l'époque et le point de vue — Le latin pax désigne déjà l'accord qui lie deux parties. Johan Galtung distingue en 1969 la paix négative (absence de guerre) et la paix positive (suppression des causes du conflit).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les sujets du chapitre. Faute à éviter : réduire la paix à la signature d'un texte, sans parler de son application.

Traité de paix

Accord écrit et ratifié par lequel des belligérants mettent fin juridiquement à l'état de guerre et règlent frontières, garanties, parfois réparations.

À ne pas confondre

  • Armistice — L'armistice est militaire et provisoire ; le traité est politique et définitif en principe.

Selon l'époque et le point de vue — Pratique ancienne ; les congrès de Westphalie (1648), de Vienne (1815) et de Paris (1919-1920) en font des moments de refondation de l'ordre européen.

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur du jalon Westphalie et des paix séparées au Moyen-Orient (1979, 1994). Faute : dire que les accords d'Oslo sont un traité de paix.

Armistice

Convention militaire qui suspend les hostilités sur l'ensemble des fronts, sans régler les questions politiques.

À ne pas confondre

  • Cessez-le-feu — Arrêt des tirs, souvent local ou temporaire, parfois exigé par le Conseil de sécurité (résolution 338 de 1973).

Selon l'époque et le point de vue — Les armistices de 1949, négociés à Rhodes sous l'égide de Ralph Bunche entre Israël et l'Égypte, le Liban, la Jordanie et la Syrie, tracent la « ligne verte ».

Ce que le mot permet d'écrire — Utile sur le Moyen-Orient. Faute : dire que la guerre de 1948-1949 s'est terminée par un traité de paix.

Souveraineté

Pouvoir suprême d'un État sur son territoire et sa population, qui ne reconnaît aucune autorité supérieure.

À ne pas confondre

  • Indépendance — L'indépendance est le fait de ne pas dépendre d'un autre État ; la souveraineté est le principe juridique qui la fonde.

Selon l'époque et le point de vue — Jean Bodin la définit en 1576 comme une puissance « absolue et perpétuelle » ; la Charte de l'ONU consacre l'égalité souveraine des États (art. 2 § 1).

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour Westphalie et la responsabilité de protéger. Faute : écrire que la souveraineté naît en 1648.

Système westphalien

Ordre international fondé sur des États souverains, égaux en droit, qui ne s'ingèrent pas dans les affaires intérieures les uns des autres et règlent leurs relations par la diplomatie, l'équilibre ou la guerre.

À ne pas confondre

  • Traités de Westphalie — Les traités sont les textes de 1648 ; le système est une interprétation forgée plus tard.

Selon l'époque et le point de vue — Popularisé par le juriste Leo Gross (1948), puis par les théoriciens des relations internationales ; qualifié de « mythe » par Andreas Osiander (2001).

Ce que le mot permet d'écrire — Pour discuter la portée de 1648. Faute : l'employer sans guillemets ni nuance, comme si les négociateurs l'avaient voulu.

Équilibre des puissances

Principe selon lequel la paix est préservée si aucune puissance ne peut dominer les autres ; les États s'allient pour contenir le plus fort.

À ne pas confondre

  • Sécurité collective — L'équilibre repose sur des alliances changeantes ; la sécurité collective, sur l'engagement de tous contre tout agresseur.

Selon l'époque et le point de vue — Invoqué dans les traités d'Utrecht (1713), pratiqué au congrès de Vienne (1815), il est jugé responsable de l'engrenage de 1914.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour la paix des XVIIe-XIXe siècles. Faute : croire qu'il empêche la guerre, alors qu'il l'encadre.

Sécurité collective

Système dans lequel tous les États s'engagent à réagir ensemble contre un agresseur, une agression contre l'un étant une menace pour tous.

À ne pas confondre

  • Alliance défensive — L'alliance protège ses seuls membres contre un ennemi désigné ; la sécurité collective vise tout agresseur, même membre du système.

Selon l'époque et le point de vue — Prévue par le Pacte de la SDN (art. 16, 1919), reprise par le chapitre VII de la Charte de l'ONU (1945) ; appliquée contre l'Irak en 1990-1991.

Ce que le mot permet d'écrire — Jalon Kofi Annan et guerres du Golfe. Faute : l'identifier au simple maintien de la paix.

Maintien de la paix

Déploiement, avec l'accord des parties, de forces de l'ONU impartiales et légèrement armées (casques bleus) pour surveiller un cessez-le-feu et s'interposer.

À ne pas confondre

  • Imposition de la paix — Usage de la force sans l'accord des parties, au titre du chapitre VII.

Selon l'époque et le point de vue — Né sans base explicite dans la Charte (le « chapitre six et demi » attribué à Dag Hammarskjöld) : ONUST (1948), FUNU (1956). Réformé par le rapport Brahimi (2000).

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les actions de l'ONU. Faute : dire que les casques bleus font la guerre à un agresseur.

Consolidation de la paix

Ensemble des actions menées après un conflit pour éviter sa reprise : désarmement et réinsertion des combattants, reconstruction de l'État, élections, justice, réconciliation.

À ne pas confondre

  • Maintien de la paix — Le maintien gèle le conflit ; la consolidation traite ses causes et reconstruit.

Selon l'époque et le point de vue — Définie dans l'Agenda pour la paix de Boutros Boutros-Ghali (1992) ; l'ONU crée une Commission de consolidation de la paix en décembre 2005.

Ce que le mot permet d'écrire — Montre que la paix est un processus long. Faute : l'oublier dans un sujet sur « construire » la paix.

Responsabilité de protéger

Principe selon lequel chaque État doit protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité ; s'il y manque manifestement, la communauté internationale peut agir, en dernier ressort par le Conseil de sécurité.

À ne pas confondre

  • Droit d'ingérence — Le droit d'ingérence justifie une intervention au nom de l'urgence humanitaire ; la responsabilité de protéger passe par le Conseil de sécurité, au cas par cas.

Selon l'époque et le point de vue — Forgée par la CIISE (2001), adoptée par le Sommet mondial de 2005 (§ 138-139), invoquée pour la Libye (résolution 1973, mars 2011).

Ce que le mot permet d'écrire — Clé du jalon Kofi Annan. Faute : la présenter comme une obligation d'intervenir.

Droit d'ingérence

Idée qu'il est légitime d'intervenir dans un État, même sans son accord, pour secourir des populations en danger.

À ne pas confondre

  • Assistance humanitaire — L'assistance apporte des secours avec l'accord de l'État ; l'ingérence s'en passe.

Selon l'époque et le point de vue — Formulé par Mario Bettati et Bernard Kouchner (Le Devoir d'ingérence, 1987) ; la résolution 688 (avril 1991) sur les Kurdes d'Irak en est souvent présentée comme une application.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les années 1990. Faute : le présenter comme une règle du droit international, ce qu'il n'est pas.

Multilatéralisme

Mode de relations internationales où les décisions sont prises à plusieurs, dans des institutions communes et selon des règles acceptées.

À ne pas confondre

  • Unilatéralisme — Un État agit seul ou avec une coalition choisie, sans passer par les institutions communes.

Selon l'époque et le point de vue — Les congrès de 1648 et 1815 en sont des formes anciennes ; l'ONU l'institutionnalise en 1945 ; la France s'en réclame contre la guerre d'Irak en 2003.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour opposer 1991 et 2003. Faute : confondre multilatéral et consensuel : on peut voter à la majorité.

Processus de paix

Suite de négociations, d'accords intérimaires et de mesures de confiance, étalée sur plusieurs années, qui doit mener à un règlement définitif.

À ne pas confondre

  • Traité de paix — Le traité est un aboutissement ; le processus est un chemin, qui peut s'interrompre.

Selon l'époque et le point de vue — L'expression se diffuse au Proche-Orient avec la diplomatie des « petits pas » de Henry Kissinger (1973-1975), puis avec Oslo (1993).

Ce que le mot permet d'écrire — Pour le conflit israélo-palestinien. Faute : parler du « traité d'Oslo ».

Conflit asymétrique

Conflit opposant des adversaires de nature et de moyens très inégaux : une armée régulière face à des groupes armés non étatiques recourant à la guérilla, aux attentats ou à l'insurrection.

À ne pas confondre

  • Conflit interétatique — Deux États et leurs armées régulières s'affrontent, comme l'Irak et la coalition en 1991.

Selon l'époque et le point de vue — Notion diffusée dans les années 1990-2000 par les stratèges américains ; l'Irak après 2003 en est un cas d'école.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les prolongements des guerres du Golfe. Faute : l'appliquer à la guerre de 1991.

Acteur non étatique

Acteur des relations internationales qui n'est pas un État : organisation non gouvernementale, mouvement armé, Église, entreprise, fondation ou médiateur privé.

À ne pas confondre

  • Organisation intergouvernementale — L'ONU ou la Ligue arabe sont créées par des États : ce ne sont pas des acteurs non étatiques au sens strict.

Selon l'époque et le point de vue — Au Moyen-Orient : OLP (1964), Hezbollah (1982), Hamas (1987) ; dans la paix : CICR (1863), initiative de Genève (2003).

Ce que le mot permet d'écrire — Exigé par l'intitulé de l'objet de travail conclusif. Faute : n'y voir que des groupes armés.

Médiation

Intervention d'un tiers, accepté par les parties, qui les aide à négocier sans leur imposer de solution.

À ne pas confondre

  • Arbitrage — L'arbitre tranche et sa décision s'impose aux parties.

Selon l'époque et le point de vue — Chigi et Contarini à Münster (1643-1648), Ralph Bunche à Rhodes (1949, prix Nobel 1950), Jimmy Carter à Camp David (1978), la Norvège à Oslo (1993).

Ce que le mot permet d'écrire — Montre le rôle des tiers. Faute : oublier que le médiateur a ses propres intérêts.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Paix négative / paix positive

Absence de guerre d'un côté, traitement des causes du conflit de l'autre (Galtung, 1969).

Ce qu'il débloque — Permet de mesurer ce qu'une paix a réellement réglé.

Exemple — Sur le sujet « Le Moyen-Orient depuis 1948 : une paix impossible ? », il permet de montrer que la paix israélo-égyptienne de 1979 est durable mais « froide », sans réconciliation des sociétés.

Paix par les traités / paix par la sécurité collective

Négociation entre belligérants d'un côté, organisation internationale garante de l'autre.

Ce qu'il débloque — Structure un plan chronologique depuis 1648.

Exemple — Sur le sujet « Quels sont les moyens pour construire la paix depuis 1648 ? », il permet d'opposer le congrès de Westphalie et la Charte de 1945, puis de montrer leur combinaison.

Souveraineté / ingérence

Le principe de non-intervention (Charte, art. 2 § 7) face à la protection des populations.

Ce qu'il débloque — Au cœur du jalon Kofi Annan.

Exemple — Sur un sujet sur l'ONU de Kofi Annan, il permet d'expliquer le passage de Srebrenica (1995) à la responsabilité de protéger (2005).

Multilatéralisme / unilatéralisme

Décision prise en commun dans les institutions, ou action d'un État et de ses alliés hors d'elles.

Ce qu'il débloque — Oppose deux manières de faire la guerre et la paix.

Exemple — Sur les guerres du Golfe, il permet d'opposer la coalition autorisée par la résolution 678 (1990) et l'invasion de 2003 sans aval du Conseil.

Acteurs étatiques / acteurs non étatiques

États et organisations qu'ils créent, face aux mouvements armés, ONG, médiateurs privés.

Ce qu'il débloque — Exigé par l'intitulé de l'objet de travail conclusif.

Exemple — Sur le sujet « Quels rôles jouent les acteurs internationaux (étatiques ou non) … ? », il permet de placer côte à côte les États-Unis, l'OLP, le Hamas et les chercheurs norvégiens d'Oslo.

Conflit interétatique / conflit asymétrique

Deux armées régulières face à face, ou une armée face à des insurgés.

Ce qu'il débloque — Décrit la transformation des conflits depuis 1991.

Exemple — Sur les guerres du Golfe, il permet de montrer qu'on passe de la libération du Koweït (1991) à l'insurrection irakienne (2003-2011).

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