Thème 5 — Axe 2 : le changement climatique, approches historique et géopolitique
Climat en Europe du Moyen Âge au XIXe siècle, Sommets de la Terre et COP, les États-Unis et l'environnement (spécialité HGGSP de Tle)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Thème 5 — Axe 2 : le changement climatique, approches historique et géopolitique » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le climat a une histoire : sources et fluctuations, du Moyen Âge au XIXe siècle, Subir, interpréter, s'adapter : les sociétés européennes face aux crises climatiques, Du savoir à l'alerte : la science du climat (1824-1988), Des Sommets de la Terre à Kyoto : naissance d'une gouvernance mondiale du climat (1972-2005). Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Climat
État moyen de l'atmosphère (températures, précipitations, vents) en un lieu, calculé sur une période d'au moins trente ans.
À ne pas confondre
Météo (temps qu'il fait) — La météo décrit l'état de l'atmosphère un jour ou une saison donnés ; un événement comme le Grand Hiver de 1709 ne définit pas à lui seul un climat.
Selon l'époque et le point de vue — Du grec klima, « inclinaison » (du soleil). La référence à une moyenne de trente ans est fixée au XXe siècle par l'Organisation météorologique internationale, puis reprise par l'OMM.
Ce que le mot permet d'écrire — À définir en introduction de tout sujet sur le climat. Faute à éviter : tirer d'un hiver froid ou d'un été chaud une conclusion sur l'évolution du climat.
Changement climatique
Modification durable (sur plusieurs décennies ou davantage) des caractéristiques moyennes du climat. La CCNUCC (1992) réserve l'expression aux changements attribués aux activités humaines, qui s'ajoutent à la variabilité naturelle.
À ne pas confondre
Variabilité climatique — La variabilité désigne les fluctuations naturelles (optimum médiéval, Petit Âge glaciaire) ; le changement climatique actuel est mondial, rapide et d'origine humaine.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression s'impose à la fin des années 1980 avec la création du GIEC (1988) ; aux États-Unis, on parle aussi de global warming depuis le témoignage de James Hansen devant le Sénat en 1988.
Ce que le mot permet d'écrire — Au bac, le sujet peut englober les fluctuations passées (« depuis le Moyen Âge ») : lis les bornes. Faute : plaquer le réchauffement anthropique sur le Moyen Âge.
Optimum climatique médiéval
Période de relative douceur en Europe et dans l'Atlantique Nord, vers 900-1250.
À ne pas confondre
Réchauffement actuel — L'optimum médiéval est régional, hétérogène et d'ampleur inférieure au réchauffement mondial actuel ; les climatologues parlent aujourd'hui d'« anomalie climatique médiévale ».
Selon l'époque et le point de vue — Mis en évidence par le climatologue britannique Hubert Lamb en 1965 ; les paléoclimatologues ont depuis nuancé son ampleur et son extension géographique.
Ce que le mot permet d'écrire — Ouvre la chronologie d'un sujet sur l'adaptation depuis le Moyen Âge (Groenland scandinave, vignes anglaises). Faute : s'en servir pour relativiser le réchauffement actuel.
Petit Âge glaciaire
Refroidissement modéré (moins de 1 °C en moyenne) et irrégulier du climat européen, vers 1300-1860, marqué par l'avancée des glaciers et des hivers rudes.
À ne pas confondre
Glaciation — Une glaciation dure des dizaines de milliers d'années et couvre l'Europe du Nord de calottes de glace ; la dernière s'achève il y a environ 11 700 ans.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression (Little Ice Age) est lancée par le géologue François Matthes en 1939 ; Emmanuel Le Roy Ladurie la diffuse chez les historiens français.
Ce que le mot permet d'écrire — Cœur du jalon « l'évolution du climat en Europe du Moyen Âge au XIXe siècle ». Faute : le décrire comme un froid continu et uniforme.
Indicateur climatique indirect (proxy)
Trace naturelle ou humaine qui permet de reconstituer un climat passé sans mesure instrumentale : cernes d'arbres, carottes de glace, dates des vendanges, prix du grain, moraines glaciaires.
À ne pas confondre
Mesure instrumentale — Le thermomètre ou le pluviomètre mesurent directement ; les séries régulières ne commencent qu'au XVIIe siècle (centre de l'Angleterre, 1659).
Selon l'époque et le point de vue — La dendrochronologie naît aux États-Unis au début du XXe siècle avec l'astronome Andrew E. Douglass ; Le Roy Ladurie fait des dates de vendanges une source d'histoire du climat en 1967.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour critiquer un document : une chronique, un tableau, une procession sont des indices à croiser. Faute : prendre une source isolée pour une mesure.
Effet de serre
Phénomène naturel par lequel certains gaz de l'atmosphère (vapeur d'eau, CO₂, méthane) retiennent une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, ce qui la réchauffe. Son renforcement par les émissions humaines cause le réchauffement actuel.
À ne pas confondre
Trou dans la couche d'ozone — L'ozone stratosphérique filtre les ultraviolets ; sa destruction par les CFC est un autre problème, traité par le protocole de Montréal (1987).
Selon l'époque et le point de vue — Fourier décrit le mécanisme en 1824, Tyndall mesure l'absorption de la chaleur par les gaz vers 1859, Arrhenius chiffre l'effet du CO₂ en 1896.
Ce que le mot permet d'écrire — Explique pourquoi la diplomatie négocie sur les émissions. Faute : présenter l'effet de serre comme une pollution en soi (sans lui, la Terre serait glaciale).
Atténuation
Ensemble des actions qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre ou augmentent leur absorption (puits de carbone), pour limiter le réchauffement.
À ne pas confondre
Adaptation — L'atténuation agit sur les causes du changement climatique ; l'adaptation sur ses effets.
Selon l'époque et le point de vue — Pilier des négociations depuis la CCNUCC (1992) : c'est l'objet des objectifs chiffrés de Kyoto (1997) et des contributions nationales de l'accord de Paris (2015).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à classer les réponses dans un sujet sur les échelles. Faute : confondre atténuation et adaptation.
Adaptation
Ajustement des pratiques, des techniques et des institutions aux effets d'un changement climatique, pour en limiter les dommages ou en tirer parti.
À ne pas confondre
Résilience — La résilience est la capacité d'une société à absorber un choc et à s'en remettre ; l'adaptation est l'action qui la renforce.
Selon l'époque et le point de vue — Longtemps empirique (greniers, diversification des cultures au Petit Âge glaciaire), elle entre dans le droit international avec la CCNUCC (1992) ; l'article 7 de l'accord de Paris fixe un objectif mondial d'adaptation.
Ce que le mot permet d'écrire — Central dans les sujets du type « Comment les sociétés se sont-elles adaptées… ». Faute : n'étudier l'adaptation qu'au présent.
GIEC
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, créé en 1988 par l'OMM et le PNUE ; il synthétise les connaissances scientifiques publiées dans des rapports d'évaluation.
À ne pas confondre
COP — Le GIEC évalue l'état de la science, il ne négocie rien ; les COP sont des négociations entre États.
Selon l'époque et le point de vue — Six rapports d'évaluation (1990, 1995, 2001, 2007, 2014, 2023) ; prix Nobel de la paix en 2007, partagé avec Al Gore.
Ce que le mot permet d'écrire — Illustre le lien entre savoir et décision politique. Faute : écrire que le GIEC mène des recherches ou impose des mesures aux États.
COP (Conférence des parties)
Réunion annuelle des États parties à la CCNUCC, où se négocient les accords sur le climat : COP1 à Berlin (1995), COP3 à Kyoto (1997), COP21 à Paris (2015).
À ne pas confondre
Sommet de la Terre — Les Sommets de la Terre (Stockholm 1972, Rio 1992, Johannesburg 2002, Rio+20 en 2012) portent sur l'environnement et le développement en général, environ tous les dix ans.
Selon l'époque et le point de vue — D'autres conventions ont leurs propres COP (biodiversité, désertification) : dans une copie, précise « COP climat » si nécessaire.
Ce que le mot permet d'écrire — Tout sujet sur le climat dans les relations internationales. Faute : parler de « la COP » comme d'une institution permanente dotée d'un pouvoir de sanction.
Responsabilités communes mais différenciées
Principe selon lequel tous les États doivent protéger le climat, mais les pays industrialisés, émetteurs historiques et plus riches, doivent agir les premiers et aider les autres.
À ne pas confondre
Égalité des efforts — Kyoto (1997) applique une différenciation stricte (seuls les pays industrialisés ont des objectifs chiffrés) ; Paris (2015) l'assouplit : chaque État contribue selon ses capacités.
Selon l'époque et le point de vue — Principe 7 de la déclaration de Rio et article 3 de la CCNUCC (1992), portés par le groupe des pays en développement (G77 et Chine).
Ce que le mot permet d'écrire — Clé pour expliquer les tensions Nord-Sud et le refus américain de Kyoto. Faute : croire que la Chine avait des obligations chiffrées sous Kyoto.
Justice climatique
Idée que les efforts et les coûts du changement climatique doivent être répartis selon les responsabilités et les vulnérabilités : les moins émetteurs sont souvent les plus exposés.
À ne pas confondre
Justice environnementale — Née aux États-Unis dans les années 1980 (comté de Warren, 1982), elle dénonce l'exposition des minorités aux pollutions locales ; la justice climatique porte sur les inégalités mondiales et entre générations.
Selon l'époque et le point de vue — Portée par les petits États insulaires et les ONG depuis les années 2000 ; elle aboutit au fonds pour les pertes et préjudices (COP27, 2022) et gagne les tribunaux (Urgenda, 2019).
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de nuancer une partie sur les réponses mondiales. Faute : la réduire à un slogan sans acteurs ni dates.
Climatoscepticisme
Contestation de la réalité, de l'origine humaine ou de la gravité du réchauffement, contre le consensus scientifique établi par le GIEC.
À ne pas confondre
Débat scientifique — Les chercheurs débattent des rythmes et des effets régionaux ; le climatoscepticisme conteste des résultats établis, souvent pour des raisons politiques ou économiques.
Selon l'époque et le point de vue — Organisé aux États-Unis à partir de la fin des années 1980 par des industriels (Global Climate Coalition, 1989-2002) et des think tanks conservateurs.
Ce que le mot permet d'écrire — Explique la polarisation américaine sur le climat. Faute : le présenter comme une opinion scientifique à égalité avec le GIEC.
Conservation
Gestion rationnelle des ressources naturelles (forêts, sols, eau) pour pouvoir les exploiter durablement.
À ne pas confondre
Préservation — La préservation (John Muir) veut soustraire la nature à toute exploitation ; la conservation (Gifford Pinchot) organise son usage.
Selon l'époque et le point de vue — Doctrine de Gifford Pinchot et de Theodore Roosevelt au début du XXe siècle ; le Service des forêts est créé en 1905, le Soil Conservation Service en 1935.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour l'objet conclusif sur les États-Unis. Faute : employer « conservation » au sens vague de « protection ».
Wilderness
Nature sauvage, perçue comme vierge de présence humaine durable, que les Américains ont érigée en patrimoine national.
À ne pas confondre
Parc national — Le parc national est un statut juridique (Yellowstone, 1872) ; la wilderness est une représentation, consacrée par le Wilderness Act de 1964.
Selon l'époque et le point de vue — Valorisée au XIXe siècle par Henry David Thoreau et John Muir ; l'historien William Cronon critique en 1995 cette idée d'une nature vierge, qui efface la présence amérindienne.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour discuter les ambiguïtés de la protection américaine. Faute : croire que les parcs étaient des espaces vides d'hommes.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Fluctuation naturelle / changement anthropique
Oppose les variations du climat dues au soleil, aux volcans et à la circulation atmosphérique au réchauffement causé par les émissions humaines.
Ce qu'il débloque — Structure les sujets chronologiques qui partent du Moyen Âge ou du XIXe siècle.
Exemple — Sur le sujet « Les sociétés face au changement climatique depuis le XIX e siècle », il permet de faire pivoter le plan autour de la découverte, de Fourier (1824) à Keeling (1958), que l'homme modifie le climat.
Atténuation / adaptation
Agir sur les causes (réduire les émissions) ou sur les effets (se protéger, changer ses pratiques).
Ce qu'il débloque — Classe les réponses des sociétés et montre qu'avant le XXe siècle, seule l'adaptation était possible.
Exemple — Sur le sujet « Comment les sociétés se sont-elles adaptées au changement climatique depuis le Moyen Âge ? », il permet de montrer que l'adaptation, seule réponse au Petit Âge glaciaire, devient un complément de l'atténuation après 1992.
Global / local
Le changement climatique est mondial, mais ses effets et beaucoup de réponses sont locaux.
Ce qu'il débloque — Construit les sujets multiscalaires et montre les décalages entre échelles.
Exemple — Sur le sujet « Le changement climatique : d'une urgence globale aux réponses locales », il permet d'opposer l'impuissance relative des COP à l'action des villes, des États fédérés et des juges.
Nord / Sud
Oppose les pays industrialisés, émetteurs historiques, aux pays en développement et émergents qui revendiquent leur droit au développement.
Ce qu'il débloque — Explique les blocages des négociations et la notion de justice climatique.
Exemple — Sur le sujet « Le climat, un enjeu des relations internationales depuis 1972 », il permet d'expliquer l'échec de Copenhague (2009) et la méthode souple de Paris (2015).
Préservation / conservation
Sanctuariser la nature (Muir) ou l'exploiter rationnellement (Pinchot).
Ce qu'il débloque — Structure la première partie de tout sujet sur les États-Unis et l'environnement.
Exemple — Sur le sujet « Les États-Unis, protecteurs de l'environnement ? », il permet de montrer que la protection américaine est, dès 1905-1913, partagée entre deux logiques.
Savoir / décision
La science établit un diagnostic ; la décision relève des États, des intérêts économiques et des opinions.
Ce qu'il débloque — Pour analyser le rôle du GIEC et l'écart entre alerte et action.
Exemple — Sur le sujet « Les réponses au changement climatique à différentes échelles », il permet de montrer qu'un consensus scientifique (GIEC, 2021) ne suffit pas à produire des engagements contraignants.
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