Ressources · 6ᵉ · Français
Phrase complexe : la subordination
Reconnaître la proposition principale et la proposition subordonnée, connaître les conjonctions de subordination et leur sens, distinguer coordination et subordination, analyser une phrase complexe pas à pas
À propos de cette page
Proposition principale et proposition subordonnée
• La subordonnée commence par une conjonction de subordination (quand, lorsque, parce que, si, que…) ; cette conjonction fait partie de la subordonnée.
• La subordonnée dépend de la principale : seule, elle ne peut pas former une phrase.
[Quand le soleil se lève], [les coqs chantent]. → subordonnée : quand le soleil se lève ; principale : les coqs chantent.
[Nous rentrons] [parce que la nuit tombe]. → subordonnée : parce que la nuit tombe ; principale : nous rentrons.
Mon oncle espère [que le ferry partira à l’heure]. → la subordonnée que le ferry partira à l’heure dit ce que mon oncle espère.
Réflexe — je lis la proposition toute seule : « Parce que la nuit tombe. » n’est pas une phrase complète, c’est donc la subordonnée. Puis j’enlève la subordonnée : ce qui reste est la principale.
Où se place la subordonnée ?
• en tête de la phrase, suivie d’une virgule : Si tu as froid, prends mon écharpe.
• au milieu de la principale, entre deux virgules : Le gardien, lorsqu’il entend un bruit, allume sa lampe. → principale : le gardien allume sa lampe.
Attention — une subordonnée n’est jamais une phrase à elle seule. « Le match est reporté. Parce que le terrain est inondé. » est fautif : on écrit « Le match est reporté parce que le terrain est inondé. » De même, après un verbe comme espérer, savoir ou dire, la principale est incomplète sans la subordonnée : « Mon oncle espère… » quoi ? La subordonnée en que complète le verbe.
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Les conjonctions de subordination et leur sens
| Sens | Conjonctions | Question posée à la principale |
|---|---|---|
| le temps | quand, lorsque, dès que, pendant que | quand ? |
| la cause | parce que, puisque, comme (en tête de phrase) | pourquoi ? |
| la condition | si | à quelle condition ? |
| ce que l’on dit, pense ou veut | que (après dire, penser, croire, savoir, espérer, vouloir…) | quoi ? |
Avec la même principale, la conjonction change le sens :
Le chat se cache quand l’orage gronde. → le temps (quand se cache-t-il ?)
Le chat se cache parce que l’orage gronde. → la cause (pourquoi ?)
Le chat se cachera si l’orage gronde. → la condition (à quelle condition ?)
Lina remarque que le chat se cache. → ce que Lina remarque (quoi ?)
Réflexe — pour trouver le sens, je pose une question à la principale : quand ? (temps), pourquoi ? (cause), à quelle condition ? (condition), quoi ? (ce que l’on dit ou pense, avec que).
Attention — comme exprime la cause quand la subordonnée est placée en tête : Comme la route était glissante, le car roulait lentement. Après si qui exprime la condition, on n’emploie jamais le conditionnel : on écrit Si nous marchions plus vite, nous rattraperions le groupe, et non « si nous marcherions » (voir le conditionnel présent). Mais comme a aussi d’autres sens : dans Il nage comme un poisson, il sert à comparer et n’introduit pas de subordonnée de cause. Enfin, que devient qu’ devant une voyelle : parce qu’il, lorsqu’elle, puisqu’on.
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Coordination ou subordination ?
• la conjonction de coordination (mais, ou, et, or, ni, car) relie deux propositions placées sur le même plan : chacune reste indépendante et pourrait former une phrase seule ;
• la conjonction de subordination (quand, lorsque, dès que, parce que, puisque, si, que…) fait entrer une proposition dans une autre : la subordonnée dépend de la principale et ne peut pas former une phrase seule.
[Le facteur distribue le courrier] et [il aime son travail]. → deux propositions coordonnées : chacune est une phrase possible.
Le facteur distribue le courrier [quand le jour se lève]. → quand le jour se lève est subordonnée : seule, elle ne veut rien dire.
Le pique-nique est annulé, car il pleut à verse. / Le pique-nique est annulé parce qu’il pleut à verse. → même sens (la cause), mais car coordonne, parce que subordonne.
Réflexe — je lis seule la proposition qui suit le mot de liaison, sans ce mot : Il pleut à verse. est une phrase, donc avec car les propositions sont coordonnées. Avec parce que, la proposition commence obligatoirement par la conjonction : « Parce qu’il pleut à verse. » reste inachevé, c’est une subordonnée. Pour reconnaître une conjonction de coordination, je connais la liste : mais, ou, et, or, ni, car.
Attention — donc, puis, ensuite, pourtant relient aussi des propositions, mais ce sont des adverbes, pas des conjonctions de subordination : les propositions qu’ils relient restent indépendantes (Le chat miaula, puis il sauta sur le mur.). Et quand les propositions sont seulement séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points, on parle de juxtaposition.
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Analyser une phrase complexe
1. Je souligne les verbes conjugués (un infinitif ne compte pas ; un temps composé compte pour un seul verbe).
2. Je compte : autant de propositions que de verbes conjugués.
3. Je mets chaque proposition entre crochets.
4. Je regarde ce qui relie les propositions : une ponctuation (juxtaposition), une conjonction de coordination (coordination) ou une conjonction de subordination (subordination). Une subordonnée dépend toujours d’une principale : je cherche laquelle.
Le garde ferme le parc, mais deux enfants restent parce qu’ils cherchent leur ballon.
→ 3 verbes conjugués = 3 propositions : [Le garde ferme le parc], mais [deux enfants restent] [parce qu’ils cherchent leur ballon].
→ Les deux premières sont coordonnées par mais ; la troisième est subordonnée à la deuxième (conjonction parce que).
Dès que le rideau se lève, les spectateurs se taisent ; un violon commence à jouer.
→ 3 propositions : [Dès que le rideau se lève], [les spectateurs se taisent] ; [un violon commence à jouer].
→ La première est subordonnée à la deuxième (temps) ; la deuxième et la troisième sont juxtaposées par le point-virgule. Jouer est un infinitif : il ne compte pas.
Réflexe — pour savoir de quelle proposition dépend une subordonnée, je lui pose la question du sens : Les spectateurs se taisent quand ? → dès que le rideau se lève.
Attention — une même principale peut avoir deux subordonnées : [Quand il fait beau], [nous déjeunons dehors] [parce que la cuisine est trop chaude]. → une principale (nous déjeunons dehors) et deux subordonnées, l’une de temps, l’autre de cause.
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Pour aller plus loin
Pour aller plus loin
• Avant ce chapitre : compter les propositions et reconnaître une phrase simple ou complexe → Phrase complexe : phrase simple et phrase complexe ; relier des propositions par la ponctuation ou une conjonction de coordination → Phrase complexe : juxtaposition et coordination.
• D’autres mots subordonnants : qui, que, où, placés juste après un nom, introduisent aussi une subordonnée, insérée dans la principale : Le chien [qui aboie] appartient au voisin. — La maison [où je suis né] a été vendue. Ce sont des pronoms relatifs ; on apprendra à nommer ces propositions subordonnées relatives en 5e → Les expansions du nom ; les autres subordonnées sont classées en 4e → Les propositions subordonnées.
• Plus tard au collège : les subordonnées qui expriment le temps, la cause ou la condition sont des compléments circonstanciels ; on les classe selon leur sens (but, conséquence, concession…) → Les subordonnées circonstancielles.
- La proposition subordonnée est incluse dans la proposition principale ; seule, elle ne forme pas une phrase.
- Elle commence par une conjonction de subordination et se place à la fin, en tête (suivie d’une virgule) ou au milieu de la principale.
- Temps : quand, lorsque, dès que, pendant que ; cause : parce que, puisque, comme (en tête) ; condition : si ; que après dire, penser, savoir…
- Conjonctions de coordination (mais, ou, et, or, ni, car) : propositions sur le même plan ; de subordination : une proposition dépend de l’autre.
- Analyser : souligner les verbes conjugués, compter, mettre entre crochets, regarder le lien.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une proposition subordonnée ?
C’est une proposition incluse dans une autre proposition, la principale, grâce à une conjonction de subordination (quand, parce que, si, que…). Seule, elle ne forme pas une phrase : « Parce que la piscine est fermée. » reste inachevé.
Quelles conjonctions de subordination faut-il connaître en 6e ?
Pour le temps : quand, lorsque, dès que, pendant que. Pour la cause : parce que, puisque, et comme quand la subordonnée est en tête. Pour la condition : si. Enfin, « que » après un verbe comme dire, penser, savoir ou espérer.
Comment trouver la proposition principale ?
On repère la conjonction de subordination, on isole la subordonnée (de la conjonction jusqu’à la fin de sa proposition), puis on l’enlève : ce qui reste est la principale. La subordonnée peut être à la fin, en tête ou au milieu de la principale.
Quelle est la différence entre « car » et « parce que » ?
Les deux expriment la cause. Mais « car » est une conjonction de coordination : les deux propositions restent sur le même plan et chacune pourrait former une phrase. « Parce que » est une conjonction de subordination : la proposition qu’il introduit dépend de la principale.
Comment analyser une phrase complexe ?
Je souligne les verbes conjugués, je compte les propositions (une par verbe conjugué), je les mets entre crochets, puis je regarde ce qui les relie : une ponctuation (juxtaposition), une conjonction de coordination (coordination) ou une conjonction de subordination (subordination).
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