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Quelles relations entre le diplôme, l'emploi et le salaire ?

Diplôme et accès à l'emploi, capital humain, salaire et productivité, chômage selon le diplôme, déclassement, inégalités d'accès au diplôme (SES de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Quelles relations entre le diplôme, l'emploi et le salaire ? » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le diplôme, un facteur important d'accès à l'emploi, Poursuivre ses études : un investissement en capital humain, Capital humain, productivité et salaire, Le diplôme, signal et filtre : une autre lecture économique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
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Les repères à connaître

15 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.

  1. 1776Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nationsSmith compare le travailleur formé à une « machine coûteuse » dont le salaire doit rembourser la formation : première intuition du capital humain.
  2. 1808Création du baccalauréat (décret du 17 mars 1808)Le diplôme devient un titre délivré par l'État, reconnu sur tout le territoire.
  3. 1881-1882Lois Ferry : école primaire gratuite (1881), puis obligatoire et laïque (1882)Première étape de la scolarisation de masse, limitée alors au primaire.
  4. 1946Préambule de la Constitution, alinéa 13« La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture » : fondement juridique de l'égalité des chances scolaire.
  5. 1959Réforme Berthoin : scolarité obligatoire jusqu'à 16 ansElle s'applique aux enfants nés à partir de 1953 et lance la massification du secondaire.
  6. 1964Gary Becker, Human CapitalPoursuivre ses études devient un investissement en capital humain, rentable s'il procure un salaire plus élevé.
  7. 1964Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les HéritiersL'école valorise un capital culturel hérité de la famille : l'accès au diplôme est socialement inégal.
  8. 1973Michael Spence, « Job Market Signaling » ; Kenneth Arrow, « Higher Education as a Filter »Le diplôme est aussi un signal (ou un filtre) qui informe l'employeur sur la productivité supposée du candidat.
  9. 1973Raymond Boudon, L'Inégalité des chancesÀ résultats égaux, les familles font des choix d'orientation différents selon leur position sociale.
  10. 1974Mark Granovetter, Getting a Job ; Jacob Mincer, Schooling, Experience and EarningsGranovetter montre le poids des relations (capital social) dans l'accès à l'emploi ; Mincer mesure le lien entre années d'études, expérience et salaire.
  11. 1975Loi Haby : collège uniqueTous les élèves suivent le même collège ; la sélection est repoussée vers le lycée.
  12. 1985Objectif de 80 % d'une génération au niveau du bac ; création du baccalauréat professionnelAccélération de la massification : le bac devient un diplôme de masse.
  13. 1992Gary Becker reçoit le prix Nobel d'économieConsécration de la théorie du capital humain.
  14. 2006Marie Duru-Bellat, L'Inflation scolaireQuand les diplômés se multiplient plus vite que les emplois qualifiés, chaque diplôme perd de sa valeur relative.
  15. Années 2010-2020Près de 80 % d'une génération obtient le baccalauréatContre environ un quart vers 1980 : le diplôme devient nécessaire, mais moins suffisant.
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Le diplôme, un facteur important d'accès à l'emploi

Un diplôme est un titre délivré par l'État ou par un établissement habilité, qui certifie un niveau de connaissances et de compétences (CAP, baccalauréat, BTS, licence, master…). Sur le marché du travail, il est d'abord un facteur d'accès à l'emploi : en France, l'enquête Emploi de l'INSEE montre chaque année que le taux de chômage diminue quand le niveau de diplôme augmente.

Plus haut diplôme obtenuTaux de chômage en 2022 (ordre de grandeur)
Aucun diplôme ou brevetenviron 13 %
CAP, BEPenviron 8 %
Baccalauréatenviron 7 %
Bac + 2environ 5 %
Supérieur long (bac + 3 et plus)environ 4 %

En ordre de grandeur, un actif sans diplôme est donc environ trois fois plus exposé au chômage qu'un diplômé du supérieur long. L'écart est encore plus fort en début de vie active, quand l'employeur ne peut juger le candidat que sur son diplôme : les enquêtes « Génération » du Céreq, qui interrogent les jeunes trois ans après leur sortie de formation, le confirment à chaque vague.

Le diplôme ne protège pas seulement du chômage. Il donne accès à des emplois plus stables (CDI plutôt que CDD ou intérim), plus qualifiés (cadres, professions intermédiaires) et mieux payés. Le taux d'emploi des 25-64 ans est lui aussi bien plus élevé chez les diplômés du supérieur que chez ceux qui n'ont pas le bac.

Taux de chômage = chômeurs / population active × 100. On compare des groupes, jamais des individus : un titulaire de master peut être au chômage, un non-diplômé peut occuper un emploi stable.

Reste à expliquer pourquoi le diplôme joue ce rôle. Les économistes et les sociologues n'en donnent pas la même lecture : c'est tout l'intérêt de ce « regard croisé ».

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Poursuivre ses études : un investissement en capital humain

En 1964, l'économiste américain Gary Becker (université de Chicago) publie Human Capital ; il reçoit le prix Nobel d'économie en 1992. Il systématise une intuition d'Adam Smith (1776) : se former, c'est accumuler un capital humain, c'est-à-dire l'ensemble des connaissances, des compétences et de l'expérience qu'un individu possède et qui le rendent plus productif.

Investissement en capital humain : dépense présente, en argent et en temps, consentie en vue de revenus futurs plus élevés. Les études en sont la forme principale, avec la formation continue et l'apprentissage sur le tas.

Comme tout investissement, la poursuite d'études a un coût :

  • des coûts directs : frais d'inscription, logement, transport, matériel ;
  • un coût d'opportunité : le salaire auquel on renonce en étudiant au lieu de travailler. Pour un étudiant de 19 ans, c'est souvent le coût le plus lourd.

En face, elle procure un gain : le salaire escompté, c'est-à-dire le supplément de salaire qu'on s'attend à percevoir tout au long de sa vie active grâce au diplôme, auquel s'ajoute un risque de chômage plus faible. L'individu, supposé rationnel, compare coûts et gains attendus : il poursuit ses études tant que le gain espéré d'une année supplémentaire dépasse son coût.

Léa hésite entre travailler dès le bac et préparer un BTS en deux ans. Le BTS lui coûte deux années de salaire (coût d'opportunité) et quelques frais ; il lui rapporte, en moyenne, un salaire plus élevé et un risque de chômage plus faible pendant une quarantaine d'années. L'investissement est « rentable » si le gain cumulé dépasse le coût.

Ce calcul a trois limites. Le gain est incertain : on raisonne sur des moyennes. Tous les étudiants n'ont pas les mêmes moyens de financer ces années sans salaire. Enfin, le choix d'études ne relève pas seulement du calcul : goûts, projet, influence de la famille et des pairs comptent aussi (section 7).

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Capital humain, productivité et salaire

Pourquoi un diplômé serait-il mieux payé ? Dans la théorie du capital humain, la réponse passe par la productivité. On se rappelle que, sur le marché du travail, le salaire est le prix du travail (rappel du chapitre sur le marché) : plus un travailleur contribue à la production, plus l'employeur est prêt à le rémunérer.

Le raisonnement tient en une chaîne : études → capital humain plus élevé → productivité plus forte → salaire plus élevé. En 1974, Jacob Mincer (Schooling, Experience and Earnings) mesure cette relation : le salaire augmente avec le nombre d'années d'études et avec l'expérience professionnelle. Selon les pays et les méthodes, une année d'études supplémentaire est associée à un salaire plus élevé d'environ 5 à 10 % : c'est le rendement de l'éducation (ordre de grandeur).

Le capital humain ne s'arrête pas au diplôme : l'expérience et la formation continue l'accroissent aussi. C'est pourquoi le salaire progresse avec l'âge, et plus vite chez les plus diplômés.

Les données françaises vont dans ce sens : les cadres, très majoritairement diplômés du supérieur, perçoivent en moyenne des salaires nettement supérieurs à ceux des employés et des ouvriers. Le diplôme ouvre aussi l'accès aux professions réglementées (médecin, avocat, architecte), où il est une condition légale d'exercice.

Cette relation reste une moyenne. À diplôme égal, les salaires varient selon la spécialité, le secteur, la taille de l'entreprise, la région et le sexe. Surtout, une corrélation n'est pas une causalité : les plus diplômés sont peut-être aussi ceux qui disposaient au départ de plus de ressources (famille, réseau, aptitudes). Enfin, le salaire dépend d'institutions : le SMIC (1970), les conventions collectives et les grilles de la fonction publique relient souvent directement le diplôme exigé et la rémunération, indépendamment de la productivité mesurée de chacun.

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Le diplôme, signal et filtre : une autre lecture économique

En 1973, deux économistes américains proposent une lecture différente. Michael Spence (« Job Market Signaling », prix Nobel 2001) part d'un constat : au moment de l'embauche, l'employeur ne connaît pas la productivité du candidat. Il est en situation d'information imparfaite. Le diplôme lui sert alors de signal : il montre que le candidat a été capable de fournir les efforts nécessaires pour l'obtenir, donc qu'il est probablement plus productif.

La même année, Kenneth Arrow (« Higher Education as a Filter ») décrit l'enseignement supérieur comme un filtre qui trie les individus selon leurs capacités, sans forcément les accroître.

Théorie du signal : le diplôme vaut moins par ce qu'il apprend que par ce qu'il révèle des qualités de son titulaire (persévérance, capacité d'apprentissage).
Capital humain (Becker, 1964)Signal / filtre (Spence, Arrow, 1973)
Ce que fait l'écoleElle rend plus productifElle révèle ou trie les capacités
Pourquoi le diplômé gagne plusParce qu'il produit plusParce que l'employeur le suppose plus productif
ConséquencePlus d'études, plus de richesse pour la sociétéCourse aux diplômes pour se distinguer des autres

Les deux lectures ne s'excluent pas : un diplôme apprend des savoirs et signale des qualités. Chacune explique à sa façon pourquoi le diplôme compte tant au premier emploi : l'employeur, qui ne connaît pas encore le jeune, s'appuie sur son titre. Avec les années, l'expérience et les résultats observés prennent le relais.

La lecture en termes de signal a une conséquence importante : si le diplôme vaut par sa rareté relative, sa valeur baisse quand tout le monde le possède. C'est le point de départ des analyses de l'inflation scolaire (section 6).

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Le diplôme ne fait pas tout : réseaux, genre, origine

Le regard sociologique rappelle que le diplôme est un facteur important, mais pas le seul, de l'accès à l'emploi.

Le capital social. En 1974, le sociologue américain Mark Granovetter (Getting a Job) montre, à partir d'une enquête menée près de Boston auprès de cadres et de techniciens, qu'une grande partie d'entre eux ont trouvé leur emploi grâce à des relations personnelles. Ce sont souvent les liens faibles (connaissances éloignées) plutôt que les proches qui apportent l'information utile, car ils fréquentent d'autres milieux (« The Strength of Weak Ties », 1973). Or le capital social, c'est-à-dire le réseau de relations mobilisable, est inégalement réparti : un stage ou un premier emploi se trouve plus facilement quand les parents connaissent des employeurs.

Le genre. En France, les filles sont en moyenne plus diplômées que les garçons, mais les femmes restent moins bien payées : selon l'INSEE, leur revenu salarial moyen est inférieur d'environ un quart à celui des hommes au début des années 2020. L'écart s'explique surtout par le temps partiel, les filières suivies et les métiers exercés ; à poste comparable, il subsiste un écart de quelques pour cent.

L'origine et le lieu de résidence. Les tests de discrimination (envoi de CV identiques ne différant que par le nom ou l'adresse), pratiqués en France depuis les années 2000, montrent qu'à diplôme égal les candidats portant un nom à consonance maghrébine reçoivent moins de réponses positives. Le territoire compte aussi : le chômage est plus élevé dans certains quartiers et bassins d'emploi.

Formule utile en copie : le diplôme est une condition de plus en plus nécessaire pour accéder à l'emploi qualifié, mais de moins en moins suffisante.

La socialisation (simple rappel) éclaire enfin les choix : l'orientation, l'ambition, la façon de se présenter à un entretien sont en partie héritées du milieu familial.

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Massification scolaire, inflation des diplômes et déclassement

En un demi-siècle, l'école française s'est massifiée : réforme Berthoin (1959), collège unique (loi Haby, 1975), objectif de 80 % d'une génération au niveau du bac et création du bac professionnel (1985). La part de bacheliers dans une génération passe d'environ un quart vers 1980 à près de 80 % dans les années 2010-2020 ; environ la moitié des 25-34 ans est aujourd'hui diplômée du supérieur.

Conséquence : la valeur relative de chaque diplôme baisse. C'est l'inflation scolaire, analysée par la sociologue Marie Duru-Bellat (L'Inflation scolaire, 2006) : quand le nombre de diplômés augmente plus vite que le nombre d'emplois qualifiés, il faut un diplôme plus élevé pour obtenir le même emploi qu'auparavant.

Déclassement : situation d'un individu qui occupe un emploi dont le niveau de qualification est inférieur à celui auquel son diplôme lui donne normalement accès (un titulaire de licence employé comme caissier, par exemple). On parle aussi de déclassement intergénérationnel quand un individu occupe une position sociale inférieure à celle de ses parents.

Dès 1961, le sociologue américain C. Arnold Anderson soulignait qu'un fils plus diplômé que son père n'occupe pas forcément une position sociale plus élevée : c'est le paradoxe d'Anderson.

Deux nuances s'imposent. D'abord, le diplôme n'a pas perdu son efficacité absolue : l'écart de chômage entre diplômés et non-diplômés reste massif, en particulier chez les jeunes. Ce qui a changé, c'est que ne pas avoir de diplôme est devenu un handicap plus lourd qu'avant, puisque presque tous les concurrents en ont un. Ensuite, le déclassement est souvent temporaire : beaucoup de jeunes diplômés commencent sous leur niveau puis progressent. La question devient alors moins « le diplôme vaut-il encore quelque chose ? » que « qui accède aux diplômes les plus rentables ? ».

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Des inégalités d'accès au diplôme

Si le diplôme conditionne l'emploi et le salaire, qui l'obtient ? Les statistiques du ministère de l'Éducation nationale (DEPP) montrent de fortes inégalités selon l'origine sociale : les enfants de cadres et d'enseignants obtiennent beaucoup plus souvent un bac général et un diplôme du supérieur long que les enfants d'ouvriers, et ils sont surreprésentés dans les classes préparatoires et les grandes écoles.

Deux explications classiques, publiées à neuf ans d'écart :

  • Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (Les Héritiers, 1964 ; La Reproduction, 1970) : l'école valorise un capital culturel (langage, références, rapport aux savoirs) que les enfants des milieux favorisés reçoivent dans leur famille. L'école transforme ainsi un héritage en mérite apparent.
  • Raymond Boudon (L'Inégalité des chances, 1973) : à résultats scolaires égaux, les familles font des choix d'orientation différents, car elles évaluent différemment les coûts, les risques et les bénéfices des études selon leur position sociale. Une famille modeste hésitera davantage devant des études longues, coûteuses et incertaines.
On retrouve ici le calcul coûts / avantages de Becker, mais vu par un sociologue : le même investissement n'a pas le même coût relatif pour tout le monde.

Le genre joue d'une autre manière : les filles réussissent mieux scolairement, mais s'orientent moins vers les filières scientifiques et techniques les plus rémunératrices (écoles d'ingénieurs, informatique), ce qui pèse ensuite sur leurs salaires.

Le regard croisé se referme : l'économie explique pourquoi le diplôme rapporte ; la sociologie montre que l'accès au diplôme, et la manière de le faire valoir, dépendent du milieu social. Le diplôme peut ainsi être à la fois un outil de mobilité pour certains individus et un instrument de reproduction sociale à l'échelle des groupes.

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Pièges et méthode

Sept erreurs qui coûtent des points
  • Confondre corrélation et causalité. Les diplômés gagnent plus, mais cela ne prouve pas que le diplôme seul en soit la cause : origine sociale, réseaux et aptitudes jouent aussi. Écrivez « est associé à » plutôt que « provoque ».
  • Raisonner sur un individu. « Mon cousin a un master et il est au chômage » ne contredit pas la statistique : un taux de chômage décrit un groupe.
  • Oublier le coût d'opportunité. Le coût principal des études n'est pas les frais d'inscription, c'est le salaire auquel on renonce.
  • Confondre capital humain et signal. Dans le premier cas, le diplôme rend productif ; dans le second, il révèle ou fait supposer la productivité.
  • Confondre capital humain et capital culturel. Le premier est une notion d'économiste (compétences productives) ; le second, une notion de sociologue (ressources culturelles héritées, valorisées par l'école).
  • Conclure que le diplôme ne sert plus à rien. L'inflation scolaire réduit la valeur relative des diplômes, mais l'absence de diplôme pénalise plus que jamais.
  • Mal calculer. Le taux de chômage se rapporte à la population active (actifs occupés + chômeurs), pas à la population totale ; un écart entre deux taux s'exprime en points de pourcentage.
Méthode : faites dialoguer les deux regards. L'économiste explique pourquoi le diplôme rapporte (capital humain, signal) ; le sociologue montre qui y accède (capital culturel, stratégies familiales) et comment on le fait valoir (capital social, discriminations).
En bref
  • En moyenne, plus le diplôme est élevé, plus le taux de chômage est faible (en 2022, environ 13 % sans diplôme contre 4 % pour le supérieur long, en ordre de grandeur), et plus l'emploi est stable, qualifié et bien payé.
  • Pour Gary Becker (1964), poursuivre ses études est un investissement en capital humain : on supporte des coûts directs et un coût d'opportunité en échange d'un salaire escompté plus élevé.
  • Le capital humain accroît la productivité, donc le salaire ; Mincer (1974) associe chaque année d'études à un salaire plus élevé d'environ 5 à 10 %.
  • Pour Spence (1973), le diplôme est aussi un signal qui réduit l'incertitude de l'employeur, surtout au premier emploi.
  • Le diplôme n'est pas le seul facteur : capital social (Granovetter, 1974), genre, origine, lieu de résidence et discriminations comptent aussi.
  • La massification (près de 80 % de bacheliers dans une génération) entraîne une inflation scolaire et des situations de déclassement (Duru-Bellat, 2006) ; mais ne pas avoir de diplôme pénalise plus que jamais.
  • L'accès au diplôme reste inégal selon l'origine sociale : capital culturel (Bourdieu et Passeron, 1964) et stratégies des familles (Boudon, 1973).
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