Je réserve ici
Spécialité SES Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité SES

Comment lutter contre le chômage ?

Mesure du chômage, chômage conjoncturel, classique et structurel, effets des institutions, et politiques de soutien de la demande, d’allègement du coût du travail, de formation et de flexibilisation (SES Terminale)

À propos de cette page
Le cours sur le chômage en Terminale SES part de la mesure (chômeur BIT, taux de chômage et taux d’emploi, halo, sous-emploi, chiffres Insee 2026), puis explique le chômage conjoncturel et keynésien, le chômage classique, le chômage structurel (appariement, salaire d’efficience) et les effets du salaire minimum et de la protection de l’emploi, avant les politiques : relance, allègements de cotisations, formation, flexibilisation.
1

Mesurer le chômage : chômeurs, taux de chômage, halo et sous-emploi

Avant d’expliquer le chômage, il faut savoir qui l’on compte. La définition retenue en France comme dans les comparaisons internationales est celle du Bureau international du travail (BIT), fixée en 1982 par la 13e Conférence internationale des statisticiens du travail.

Chômeur au sens du BIT : personne de 15 ans ou plus qui, pendant une semaine de référence, n’a pas travaillé, même une heure, est disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours et a recherché activement un emploi au cours du mois précédent (ou en a trouvé un qui commence dans moins de trois mois).

L’Insee mesure ce chômage chaque trimestre par l’enquête Emploi, un sondage auprès des ménages. Il ne faut pas le confondre avec les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail (Pôle emploi jusqu’au 31 décembre 2023) : l’inscription est une démarche administrative, le chômage BIT une situation mesurée selon des critères internationaux. Un inscrit qui a travaillé, ne serait-ce qu’une heure, pendant la semaine de référence n’est pas chômeur BIT ; une personne non inscrite peut l’être.

IndicateurCalculFrance, 2e trimestre 2026
Taux de chômagechômeurs ÷ population active × 1008,3 % (2,7 millions de chômeurs)
Taux d’emploi des 15-64 anspersonnes en emploi de 15 à 64 ans ÷ population de 15 à 64 ans × 10069,0 %
Halo autour du chômageinactifs qui souhaitent travailler sans remplir un critère du BIT1,9 million de personnes
Sous-emploipersonnes en emploi qui travaillent moins qu’elles ne le souhaitent ÷ emploi4,4 % des personnes en emploi

Source : Insee, Informations rapides n° 192, 7 août 2026 (France, Mayotte incluse depuis cette publication). Le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %.

La population active réunit les personnes en emploi et les chômeurs. Le taux de chômage ne dit donc rien de ceux qui restent hors de l’activité : c’est pourquoi on le complète par le taux d’emploi, qui ne dépend pas de la frontière, parfois floue, entre chômage et inactivité. Deux autres mesures élargissent le constat. Le halo autour du chômage regroupe des inactifs qui souhaitent travailler mais ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles tout de suite. Le sous-emploi concerne, lui, des personnes en emploi : temps partiel subi et chômage technique ou partiel.

Le débat de mesure est réel. Pour les uns, le taux de chômage BIT reste l’indicateur le plus solide parce qu’il est harmonisé et comparable dans le temps et entre pays. Pour d’autres, il sous-estime la sous-utilisation du travail : au printemps 2020, pendant le confinement, il a baissé alors que l’activité s’effondrait, parce que des personnes sans emploi ne pouvaient plus chercher et sont passées dans le halo. Une bonne copie croise toujours taux de chômage, taux d’emploi, halo et sous-emploi.

Taux de chômage ≠ part des chômeurs dans une classe d’âge : un taux de 21,6 % chez les 15-24 ans ne signifie pas qu’un jeune sur cinq est au chômage, car beaucoup sont étudiants, donc inactifs. Et un passage de 8 % à 10 % est une hausse de 2 points, soit de 25 %.

1 / 8

2

Les fluctuations de l’activité et le chômage conjoncturel

Le chômage conjoncturel suit les fluctuations de l’activité économique. En récession, les entreprises produisent moins : elles cessent d’embaucher, ne renouvellent pas les CDD ni les missions d’intérim, puis licencient. En reprise, le mouvement s’inverse.

Chômage conjoncturel : part du chômage qui varie avec le cycle de l’activité. Lorsqu’il vient d’une insuffisance de la demande, on parle de chômage keynésien : chômage involontaire causé par une insuffisance de la demande effective, c’est-à-dire de la demande (consommation et investissement) que les entrepreneurs anticipent pour fixer leur production, donc leurs embauches.

Dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), John Maynard Keynes rompt avec l’analyse classique : le niveau de l’emploi ne se fixe pas sur le marché du travail, il découle du volume de production que les entreprises pensent pouvoir vendre. Baisser les salaires n’y change rien et peut aggraver la situation, car le salaire est aussi un revenu qui alimente la consommation. Un équilibre de sous-emploi peut donc durer sans que le marché le corrige.

En France, la récession de 2009 (recul du PIB de l’ordre de 3 %), déclenchée par la crise financière de 2008, fait passer le taux de chômage d’environ 7,4 % en 2008 à 9,1 % en 2009 (Insee). Inversement, la reprise de la fin des années 2010 le ramène à 8,4 % en 2019 puis 7,3 % en 2023, trois points sous son niveau de 2015 (Insee). Depuis, le chômage remonte avec le ralentissement de l’emploi : 8,1 % au 1er trimestre 2026, 8,3 % au 2e trimestre 2026 (Insee).

Arthur Okun (1962) a mis en évidence une relation empirique : en deçà d’un certain rythme de croissance, le chômage augmente ; au-delà, il recule, car la hausse de la productivité et de la population active absorbe une partie de la croissance. Le seuil varie selon les pays et les périodes.

Les fluctuations laissent des traces durables : c’est l’hystérèse du chômage (Olivier Blanchard et Lawrence Summers, 1986). Le chômeur de longue durée perd des compétences, son réseau et la confiance des recruteurs ; les salariés en place négocient pour eux-mêmes. Le chômage conjoncturel d’hier devient alors structurel, et une reprise ne suffit plus à le résorber.

Chaîne à maîtriser pour une EC1 ou une EC2 : ralentissement de l’activité → baisse de la demande anticipée → baisse de la production → moins d’embauches, CDD non renouvelés, licenciements → hausse du chômage conjoncturel → risque d’hystérèse.

« Conjoncturel » ne veut pas dire « court » : un chômage conjoncturel peut durer. Il ne devient structurel que lorsqu’il ne dépend plus de la conjoncture (hystérèse).

2 / 8

3

Le chômage classique : un coût du travail trop élevé

Dans le modèle néoclassique, le marché du travail fonctionne comme les autres : l’offre de travail des ménages augmente avec le salaire réel, la demande de travail des entreprises diminue quand il augmente. Une entreprise embauche tant que la productivité marginale du salarié supplémentaire dépasse son coût. Si les salaires sont flexibles, le marché s’équilibre et le seul chômage est volontaire : certains refusent de travailler au salaire d’équilibre. Arthur Cecil Pigou (The Theory of Unemployment, 1933) attribue ainsi le chômage des années 1930 à la rigidité à la baisse des salaires.

Chômage classique : chômage dû à un coût du travail supérieur à la productivité des salariés concernés, qui rend leur embauche non rentable. L’expression est fixée par Edmond Malinvaud (1977), qui l’oppose au chômage keynésien.

Le coût du travail comprend le salaire brut et les cotisations sociales patronales. Ce qui compte n’est pas son niveau absolu mais son rapport à la productivité : c’est le coût salarial unitaire. Un salarié peu qualifié payé au SMIC peut coûter plus qu’il ne rapporte à l’entreprise, alors qu’un ingénieur mieux payé reste rentable : le chômage classique frappe d’abord les moins qualifiés.

Exemple : un emploi qui rapporte à l’entreprise 1 900 € par mois et lui coûte 2 100 € (salaire brut et cotisations) ne sera pas créé. Un allègement de cotisations de 300 € rend l’embauche rentable sans toucher au salaire du salarié.

Classiques et keynésiens ne divergent pas seulement sur la cause mais sur le remède : pour les premiers, baisser le coût du travail crée des emplois ; pour les seconds, baisser les salaires réduit les débouchés. Malinvaud montre que les deux chômages peuvent coexister selon les secteurs et les périodes : le diagnostic précède le remède. Le chômage classique, qui ne dépend pas de la conjoncture, est souvent rangé du côté du chômage structurel.

Coût du travail ≠ salaire net : un allègement de cotisations patronales baisse le coût pour l’employeur sans baisser ce que perçoit le salarié.

3 / 8

4

Le chômage structurel (1) : les problèmes d’appariement

Chômage structurel : part du chômage qui ne dépend pas de la conjoncture et subsiste même en haut de cycle ; elle tient au fonctionnement du marché du travail et à ses institutions.

Le programme en retient deux sources : les problèmes d’appariement et les asymétries d’information. L’appariement désigne la rencontre entre un poste vacant et un candidat. Il n’est jamais instantané : chercher un emploi ou un salarié prend du temps et coûte. Peter Diamond, Dale Mortensen et Christopher Pissarides, prix Nobel d’économie en 2010, ont montré qu’un marché où l’information circule mal produit un chômage permanent même quand les emplois existent.

  • Frictions : le temps nécessaire pour que l’offre et la demande se rencontrent, même quand les profils correspondent ; c’est le chômage frictionnel, qui existe même en plein emploi.
  • Inadéquation des qualifications : les chômeurs n’ont pas les compétences demandées par les postes vacants (soins, bâtiment, numérique…).
  • Inadéquation spatiale : les emplois vacants sont loin des chômeurs, que freinent le coût du logement, l’absence de moyen de transport ou les attaches familiales.

Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, 61 % des projets de recrutement étaient jugés difficiles par les employeurs en 2023, alors que le taux de chômage dépassait 7 % : emplois vacants et chômeurs coexistent. En 2026, avec un chômage en hausse, la part tombe à 43,8 % des 2,27 millions de projets déclarés.

La courbe dite de Beveridge relie le taux d’emplois vacants (en ordonnée) et le taux de chômage (en abscisse). Un ralentissement de l’activité fait glisser l’économie le long de la courbe : moins de postes vacants, plus de chômeurs. Une dégradation de l’appariement la déplace vers le haut et la droite : pour un même nombre de postes vacants, il y a davantage de chômeurs.

Dans une copie, ne présentez pas l’appariement comme « des chômeurs qui ne veulent pas travailler » : c’est un problème d’information, de qualifications et de géographie, dont les deux parties souffrent.

4 / 8

5

Le chômage structurel (2) : asymétries d’information et salaire d’efficience

Il y a asymétrie d’information lorsqu’une partie d’un contrat dispose d’informations que l’autre n’a pas. Sur le marché du travail, l’employeur connaît mal l’effort réel et les qualités de ses salariés, qu’il ne peut pas contrôler en permanence.

Salaire d’efficience : salaire supérieur au salaire d’équilibre, que l’entreprise choisit de verser pour motiver ses salariés, les fidéliser et attirer les meilleurs candidats.

En janvier 1914, Henry Ford porte la journée de ses ouvriers à 5 dollars, environ le double du salaire courant, pour réduire un absentéisme et une rotation du personnel très élevés.

Deux explications théoriques s’opposent sans s’exclure. Pour Carl Shapiro et Joseph Stiglitz (1984), un salaire élevé rend la perte d’emploi coûteuse et dissuade de « tirer au flanc » : c’est un instrument de discipline. Pour George Akerlof (1982), le salarié répond au « don » d’un salaire généreux par le « contre-don » d’un effort supplémentaire : c’est une norme de réciprocité.

Mais si toutes les entreprises paient au-dessus de l’équilibre, l’offre de travail dépasse durablement la demande : un chômage involontaire apparaît, né du comportement rationnel des entreprises et non d’une règle imposée par l’État. Shapiro et Stiglitz en tirent une conclusion frappante : ce chômage est même nécessaire au fonctionnement de la discipline, puisque la menace de licenciement n’a de poids que si retrouver un emploi est difficile.

Salaire d’efficience ≠ salaire minimum : le premier est choisi par l’entreprise, le second imposé par la loi. Les confondre fait perdre l’intérêt de l’argument, qui montre qu’un chômage structurel peut naître sans aucune intervention publique.

5 / 8

6

Les institutions du marché du travail : des effets positifs ou négatifs

Les institutions du marché du travail sont les règles qui l’encadrent : salaire minimum, droit du licenciement, assurance chômage, négociation collective. Le programme demande d’en voir les effets positifs ou négatifs sur le chômage structurel : une conclusion à sens unique est un contresens.

Le salaire minimum

Créé en 1950 (SMIG) et remplacé en 1970 par le SMIC, il est revalorisé chaque 1er janvier, et automatiquement en cours d’année quand les prix ont augmenté d’au moins 2 % : il est ainsi passé de 12,02 € à 12,31 € brut de l’heure le 1er juin 2026. Il représente de l’ordre de 60 % du salaire médian, un niveau élevé parmi les pays de l’OCDE.

  • Effet négatif : s’il dépasse la productivité des moins qualifiés, il les écarte de l’emploi, surtout les jeunes sans diplôme (chômage classique).
  • Effets positifs : il soutient la consommation, rend l’emploi plus attractif que l’inactivité, pousse les entreprises à former et à gagner en productivité, et limite le pouvoir d’un employeur dominant sur un bassin d’emploi (le monopsone, analysé par Joan Robinson en 1933).

David Card et Alan Krueger (1994) n’observent pas de baisse de l’emploi dans les fast-foods du New Jersey après la hausse du salaire minimum de 1992, par comparaison avec la Pennsylvanie voisine. David Neumark et William Wascher (2000) contestent ce résultat avec des données de paie et concluent à un effet négatif. Card a reçu en 2021 le prix Nobel d’économie pour ses contributions empiriques à l’économie du travail. Retenez la leçon de ce débat : l’effet d’un salaire minimum est une question empirique, qui dépend de son niveau.

Les règles de protection de l’emploi

Procédures et indemnités de licenciement protègent les salariés et stabilisent leurs revenus en récession. Mais elles rendent l’embauche plus risquée : une entreprise qui craint de ne pas pouvoir licencier hésite à recruter en CDI. Leur effet sur le niveau du chômage est incertain ; elles allongent surtout sa durée et nourrissent un dualisme du marché du travail : des insiders protégés en CDI face à des outsiders (jeunes, peu qualifiés) qui enchaînent CDD et intérim (Assar Lindbeck et Dennis Snower, 1988).

L’indemnisation du chômage relève de la même ambivalence : elle peut réduire l’intensité de la recherche, mais elle permet aussi de chercher un emploi mieux adapté, donc un meilleur appariement.

6 / 8

7

Soutenir la demande globale contre le chômage keynésien

Demande globale : ensemble des dépenses adressées aux producteurs nationaux : consommation, investissement, dépenses publiques et exportations nettes. Les politiques de soutien de la demande globale (ou de relance) sont des politiques macroéconomiques, budgétaire et monétaire, qui cherchent à l’augmenter.

  • Politique budgétaire : hausse des dépenses publiques ou baisse des impôts. Par l’effet multiplicateur (Richard Kahn, 1931, repris par Keynes), une dépense supplémentaire accroît le revenu national de davantage que son montant quand les capacités de production sont sous-employées, car les revenus distribués sont à leur tour dépensés. Les stabilisateurs automatiques (allocations chômage qui augmentent, recettes fiscales qui baissent) jouent dès que l’activité ralentit.
  • Politique monétaire : dans la zone euro, la BCE baisse ses taux directeurs pour stimuler le crédit, la consommation et l’investissement ; son taux de refinancement est descendu à 0 % en mars 2016.
  • Dispositifs de crise : au printemps 2020, l’activité partielle, financée par l’État et l’Unédic, a concerné plus de 8 millions de salariés et évité des licenciements massifs ; le plan France Relance (100 milliards d’euros, septembre 2020) a pris le relais.

Les limites sont connues. La relance de 1981-1982 (hausse du SMIC, créations d’emplois publics) a surtout profité aux importations et creusé le déficit extérieur : c’est la contrainte extérieure, qui conduit au tournant de la rigueur de mars 1983. La relance creuse aussi le déficit et la dette publics, encadrés dans la zone euro par le pacte de stabilité et de croissance. Surtout, elle n’agit ni sur le chômage classique ni sur le chômage structurel : si les emplois vacants sont inaccessibles aux chômeurs faute de qualification, une demande supplémentaire crée des tensions et de l’inflation plutôt que des emplois.

La relance est d’autant plus efficace que le chômage est conjoncturel, l’économie peu ouverte ou la relance coordonnée entre partenaires commerciaux, et qu’elle intervient tôt, avant que l’hystérèse ne rende le chômage durable. Les politiques économiques dans la zone euro sont traitées dans le chapitre Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?

7 / 8

8

Alléger le coût du travail, former, flexibiliser : agir sur l’offre

Alléger le coût du travail contre le chômage classique

Depuis 1993, la France réduit les cotisations sociales patronales sur les bas salaires : ristourne dégressive dite « Juppé » (1995), réduction « Fillon » (2003), CICE (2013), transformé en 2019 en baisse pérenne de cotisations. Au niveau du SMIC, il ne reste presque plus de cotisations patronales de sécurité sociale. Les évaluations pilotées par France Stratégie (comité de suivi jusqu’en 2018, puis synthèse de 2020) estiment l’effet du CICE à de l’ordre de 100 000 emplois.

Les limites : un coût budgétaire de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, des effets d’aubaine (embauches qui auraient eu lieu de toute façon) et un risque de trappe à bas salaires, car augmenter un salarié fait perdre une partie de l’allègement. Le rapport d’Antoine Bozio et Étienne Wasmer remis le 3 octobre 2024 (Les politiques d’exonérations de cotisations sociales : une inflexion nécessaire) propose de réformer ces exonérations pour atténuer cet effet.

Former contre l’inadéquation des qualifications

Pour la théorie du capital humain (Gary Becker, 1964), la formation accroît la productivité et donc l’employabilité. Dispositifs : compte personnel de formation (2015), loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 sur l’apprentissage, aides à l’embauche d’apprentis depuis 2020. Les nouveaux contrats d’apprentissage passent d’environ 370 000 en 2019 à environ 850 000 en 2023 (Dares). Limites : les effets sont lents, la formation profite d’abord aux plus diplômés, et une partie des embauches aidées aurait eu lieu sans aide.

Flexibiliser contre les rigidités

Les politiques de flexibilisation assouplissent l’embauche, le licenciement, le temps de travail ou l’indemnisation : rupture conventionnelle (2008), ordonnances du 22 septembre 2017 (barème des indemnités prud’homales), durée d’indemnisation réduite de 25 % quand le chômage est bas, depuis le 1er février 2023. La loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023 crée France Travail et conditionne le RSA à une activité hebdomadaire d’au moins 15 heures, sauf exceptions. En Allemagne, les lois Hartz (2003-2005) ont durci l’indemnisation et développé les « mini-jobs » ; le chômage allemand est de 3,8 % en 2025 (Eurostat), mais une partie de ces emplois relève du sous-emploi.

Le modèle danois de flexicurité associe licenciement facile, indemnisation généreuse et accompagnement intensif des chômeurs. Limite : sans sécurité, la flexibilité accroît la précarité, le sous-emploi et le dualisme.

Le débat ne se résume pas à « plus ou moins d’État » : les uns jugent prioritaire de baisser le coût et d’assouplir les règles pour que les emplois existent, les autres de soutenir la demande et de sécuriser les parcours pour que les emplois soient accessibles et durables. Une copie solide montre que chaque politique répond à un diagnostic, et qu’elles se combinent.

8 / 8

+

Pour aller plus loin

Pour rédiger : la méthode de la dissertation et la méthode de l’épreuve composée. Les nouvelles formes d’emploi qui brouillent la frontière entre emploi, chômage et inactivité sont étudiées dans Quelles mutations du travail et de l’emploi ? ; la coordination des politiques conjoncturelles dans la zone euro dans Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?

Ce questionnement fait partie des neuf évaluables à l’épreuve écrite à partir de la session 2027 (note de service du 11 septembre 2026, annexe I).

À retenir
  • Le chômeur BIT n’a pas travaillé, est disponible et cherche activement ; le taux de chômage (8,3 % au 2e trimestre 2026) se complète par le taux d’emploi, le halo et le sous-emploi.
  • Le chômage conjoncturel suit l’activité ; quand il vient d’une demande insuffisante, il est keynésien (Keynes, 1936). Il peut devenir structurel par hystérèse (Blanchard et Summers, 1986).
  • Le chômage classique vient d’un coût du travail supérieur à la productivité (Pigou, Malinvaud) ; il touche d’abord les moins qualifiés.
  • Le chômage structurel vient des problèmes d’appariement (frictions, inadéquations spatiales et de qualifications) et des asymétries d’information (salaire d’efficience) ; les institutions (salaire minimum, protection de l’emploi) ont des effets positifs ou négatifs.
  • À chaque diagnostic sa politique : soutien de la demande globale, allègement du coût du travail, formation, flexibilisation ; chacune a ses limites, d’où leur combinaison.

Questions fréquentes

Comment lutter contre le chômage ?

Il faut d’abord identifier sa cause. Contre le chômage keynésien (manque de débouchés), l’État soutient la demande globale par les politiques budgétaire et monétaire. Contre le chômage classique (coût du travail trop élevé au regard de la productivité), il allège les cotisations sociales patronales sur les bas salaires. Contre le chômage structurel (mauvais appariement, rigidités), il mise sur la formation et la flexibilisation du marché du travail.

Quelle est la différence entre chômage keynésien et chômage classique ?

Le chômage keynésien vient d’une insuffisance de la demande effective : les entreprises n’embauchent pas faute de débouchés anticipés. Le chômage classique vient d’un coût du travail supérieur à la productivité : embaucher n’est pas rentable. La distinction a été formalisée par Edmond Malinvaud en 1977.

Qu’est-ce que le chômage structurel ?

C’est la part du chômage qui ne dépend pas de la conjoncture. Il s’explique par les problèmes d’appariement (frictions, inadéquations spatiales et de qualifications), par les asymétries d’information (salaire d’efficience) et par certaines institutions du marché du travail (salaire minimum, protection de l’emploi).

Qui est chômeur au sens du BIT ?

Une personne de 15 ans ou plus qui n’a pas travaillé, même une heure, pendant la semaine de référence, qui est disponible pour travailler dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent (ou en a trouvé un qui commence dans moins de trois mois).

Le salaire minimum augmente-t-il le chômage ?

Son effet est ambivalent. S’il dépasse la productivité des moins qualifiés, il peut les écarter de l’emploi. Mais il soutient aussi la consommation, incite à accepter un emploi et limite le pouvoir des employeurs : Card et Krueger (1994) n’ont pas observé de baisse de l’emploi après la hausse du salaire minimum du New Jersey en 1992, résultat contesté par Neumark et Wascher (2000).

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Soutien scolaire à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs