Le coût du travail comprend le salaire brut et les cotisations sociales patronales ; les politiques d'allègement réduisent surtout ces cotisations sur les bas salaires. « Efficacement » invite à mesurer les emplois créés, leur coût et les effets pervers, en France depuis 1993.
Réduire le coût du travail suffit-il à faire reculer le chômage, et à quel prix ?
Le plan en trois parties
Des politiques efficaces contre le chômage classique des moins qualifiés
- Quand le coût du travail dépasse la productivité, l'allègement rend l'embauche rentable sans baisser le salaire net.Malinvaud (1977) ; allègements généraux depuis 1993, ristourne Juppé (1995), réduction Fillon (2003).
- Les évaluations concluent à des créations ou sauvegardes d'emplois.CICE (2013) : de l'ordre de 100 000 emplois selon le comité de suivi de France Stratégie (2020).
Une efficacité limitée et coûteuse
- Les effets d'aubaine financent des embauches qui auraient eu lieu de toute façon.Transformation du CICE en baisse pérenne de cotisations en 2019 : plusieurs dizaines de milliards d'euros par an.
- La dégressivité crée une trappe à bas salaires.Au niveau du SMIC, presque plus de cotisations patronales de sécurité sociale depuis 2019 : augmenter un salarié fait perdre une partie de l'allègement.
- Ces politiques n'agissent pas sur le chômage keynésien, et une baisse des salaires réduirait la demande.Keynes (1936) ; récession de 2009 (Insee).
Une efficacité qui dépend du ciblage et de la combinaison avec d'autres politiques
- Cibler les bas salaires, là où l'emploi est le plus sensible au coût.Allègements concentrés près du SMIC depuis 1993.
- Associer allègements, formation et soutien de la demande selon le diagnostic.Environ 850 000 nouveaux contrats d'apprentissage en 2023 (Dares) ; plan France Relance (2020).
La question du coût du travail rejoint celle de la compétitivité des entreprises dans une économie ouverte, au cœur du débat sur le commerce international.