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Spécialité SES Terminale

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Comment lutter contre le chômage ?

Mesure du chômage, chômage keynésien, classique et structurel, politiques de soutien de la demande, du coût du travail et de flexibilisation (programme de SES de Terminale)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Comment lutter contre le chômage ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Mesurer le chômage : chômeurs BIT, halo et sous-emploi, Le chômage conjoncturel, un chômage keynésien, Le chômage classique : un coût du travail trop élevé, Le chômage structurel : appariement et salaire d'efficience. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2024 · Centres étrangers — Comment les différentes politiques permettent-elles de lutter contre le chômage ? voir le sujet complet →
  • 2023 · La Réunion — La lutte contre le chômage passe-t-elle nécessairement par la mise en œuvre de politiques de soutien de la demande globale ? voir le sujet complet →
  • 2025 · Amérique du Nord — Comment expliquer et réduire le chômage structurel ? voir le sujet complet →
  • 2023 · Centres étrangers — Comment peut-on expliquer le chômage structurel ? voir le sujet complet →
  • 2026 · Antilles-Guyane — Comment peut-on expliquer le chômage ? voir le sujet complet →

Sujet 1 — Comment les différentes politiques permettent-elles de lutter contre le chômage ?

Analyse des termes — Les « différentes politiques » sont les interventions des pouvoirs publics (État, Banque centrale européenne, partenaires sociaux) : politiques macroéconomiques de soutien de la demande, politiques d'allègement du coût du travail, politiques de formation et de flexibilisation. « Lutter contre le chômage », c'est réduire le nombre de chômeurs au sens du BIT, mais aussi le halo et le sous-emploi ; le sujet porte sur les pays développés, en particulier la France depuis les années 1980.

Problématique — Puisque le chômage a plusieurs causes, comment les pouvoirs publics adaptent-ils leurs instruments à chacune d'elles, et à quelles conditions ces politiques sont-elles efficaces ?

Introduction rédigéeEn 2023, la France compte environ 2,3 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail, soit 7,3 % de la population active : l'un des niveaux les plus bas depuis 2008, mais plus du double du taux allemand. Le chômage désigne la situation des personnes sans emploi, disponibles et qui recherchent activement un emploi ; il se prolonge par un halo et un sous-emploi qui élargissent la sous-utilisation du travail. Les politiques de lutte contre le chômage regroupent les interventions des pouvoirs publics — État, Banque centrale européenne, partenaires sociaux — qui visent à créer des emplois ou à faciliter l'accès des chômeurs à ceux qui existent. Or le chômage n'a pas une cause unique : il peut naître d'une insuffisance de la demande, d'un coût du travail trop élevé ou d'un mauvais fonctionnement du marché du travail. Dès lors, comment les pouvoirs publics adaptent-ils leurs instruments à la diversité des causes du chômage, et à quelles conditions ces politiques sont-elles efficaces ? Nous verrons d'abord que le soutien de la demande globale combat le chômage keynésien (I), puis que l'allègement du coût du travail vise le chômage classique (II), enfin que la formation et la flexibilisation s'attaquent au chômage structurel (III).

I. Soutenir la demande globale pour réduire le chômage keynésien

  • Le chômage keynésien naît d'une insuffisance de la demande effective : les entreprises n'embauchent pas faute de débouchés anticipés (Keynes, 1936).Récession de 2009 : le taux de chômage passe d'environ 7,4 % en 2008 à 9,1 % en 2009 (Insee).
  • La politique budgétaire soutient la demande par l'effet multiplicateur et les stabilisateurs automatiques ; elle peut aussi préserver l'emploi en crise.Printemps 2020 : plus de 8 millions de salariés en activité partielle ; le chômage recule de 8,4 % (2019) à 8,0 % (2020) malgré un PIB en recul de plus de 7 %.
  • La politique monétaire baisse le coût du crédit et stimule l'investissement ; mais la relance bute sur la contrainte extérieure et la dette.Taux de refinancement de la BCE à 0 % en mars 2016 ; relance de 1981-1982 suivie du tournant de la rigueur de mars 1983.

II. Alléger le coût du travail pour réduire le chômage classique

  • Le chômage classique apparaît quand le coût du travail dépasse la productivité, surtout pour les moins qualifiés (Malinvaud, 1977).Le SMIC représente de l'ordre de 60 % du salaire médian en France, un niveau élevé dans l'OCDE.
  • Les allègements de cotisations patronales sur les bas salaires rendent rentables des emplois peu qualifiés sans baisser le salaire net.Ristourne Juppé (1995), réduction Fillon (2003), CICE (2013) : de l'ordre de 100 000 emplois selon le comité de suivi de France Stratégie (2020).
  • Leur efficacité est limitée par les effets d'aubaine, la trappe à bas salaires et leur coût budgétaire.Transformation du CICE en baisse pérenne de cotisations en 2019 : un coût de plusieurs dizaines de milliards d'euros par an pour les finances publiques.

III. Former et flexibiliser pour réduire le chômage structurel

  • La formation améliore l'appariement en réduisant les inadéquations de qualifications.Nouveaux contrats d'apprentissage : environ 370 000 en 2019, environ 850 000 en 2023 (Dares) ; 61 % de projets de recrutement jugés difficiles en 2023 (BMO).
  • La flexibilisation réduit les rigidités qui freinent l'embauche et le dualisme insiders/outsiders (Lindbeck et Snower, 1988).Rupture conventionnelle (2008), ordonnances du 22 septembre 2017 ; en Allemagne, lois Hartz (2003-2005) et chômage d'environ 3 % en 2023 (Eurostat).
  • La flexibilité n'est efficace que compensée par la sécurité ; sinon, elle nourrit la précarité et le sous-emploi.Flexicurité danoise ; à l'inverse, en Espagne, un chômage des jeunes d'environ 29 % en 2023 dans un marché très dual (Eurostat).
Conclusion rédigéeLes politiques de lutte contre le chômage ne forment pas une panoplie où l'on puise au hasard : chacune répond à un diagnostic. Le soutien de la demande globale réduit le chômage keynésien lorsque les capacités de production sont sous-employées, comme en 2009 ou en 2020 ; l'allègement du coût du travail favorise l'emploi des moins qualifiés quand le chômage est classique ; la formation et la flexibilisation améliorent l'appariement et réduisent le chômage structurel. Leur efficacité dépend donc de la justesse du diagnostic et de leur combinaison, car les trois formes de chômage coexistent et l'hystérèse transforme un chômage conjoncturel en chômage durable. Reste que la baisse du taux de chômage ne dit pas tout de la qualité des emplois créés : la question se prolonge dans celle du pouvoir intégrateur du travail, fragilisé par la précarité et le sous-emploi.

Le piège — Réciter trois types de chômage puis trois politiques sans jamais relier chaque politique au diagnostic qui la justifie, ni en discuter les conditions d'efficacité et les limites.

Sujet 2 — La lutte contre le chômage passe-t-elle nécessairement par la mise en œuvre de politiques de soutien de la demande globale ?

Analyse des termes — La demande globale est l'ensemble des dépenses adressées aux producteurs (consommation, investissement, dépenses publiques, exportations nettes) ; la soutenir, c'est mener des politiques budgétaire et monétaire expansionnistes. Le mot « nécessairement » est la clé : il faut se demander si ces politiques sont indispensables et si elles suffisent, face à toutes les formes de chômage.

Problématique — Le soutien de la demande globale est-il la condition indispensable de la baisse du chômage, ou n'est-il efficace que contre une partie de ses causes ?

Introduction rédigéeAu printemps 2020, alors que l'activité s'effondre, l'État finance le chômage partiel de plus de 8 millions de salariés et promet de soutenir l'économie « quoi qu'il en coûte » : sur l'année, le taux de chômage recule même légèrement. L'épisode semble donner raison à Keynes, pour qui le chômage naît d'une demande insuffisante. La demande globale désigne l'ensemble des dépenses adressées aux producteurs — consommation, investissement, dépenses publiques et exportations nettes ; la soutenir, c'est mener des politiques budgétaire et monétaire expansionnistes. Lutter contre le chômage, c'est réduire le nombre de personnes sans emploi, disponibles et en recherche active, mais aussi le sous-emploi. Le sujet interroge le mot « nécessairement » : cette politique est-elle indispensable, et suffit-elle ? La relance de 1981-1982 s'est heurtée à la contrainte extérieure, et en 2023, six projets de recrutement sur dix sont jugés difficiles alors que 7,3 % des actifs sont au chômage. Le soutien de la demande globale est-il donc la condition indispensable de la baisse du chômage, ou n'est-il efficace que contre une partie de ses causes ? Nous montrerons qu'il est indispensable face au chômage keynésien (I), qu'il reste impuissant face aux chômages classique et structurel (II), et que la lutte contre le chômage exige une combinaison de politiques (III).

I. Face au chômage keynésien, soutenir la demande globale est indispensable

  • Le niveau de l'emploi dépend de la demande effective ; baisser les salaires réduirait la consommation et aggraverait le chômage (Keynes, 1936).2009 : recul du PIB de l'ordre de 3 % et hausse du chômage de 1,7 point en un an (Insee).
  • La politique budgétaire (multiplicateur, stabilisateurs automatiques) et la politique monétaire relancent l'activité et l'emploi.Activité partielle pour plus de 8 millions de salariés au printemps 2020, plan France Relance de 100 milliards d'euros (septembre 2020).
  • Agir vite évite l'hystérèse : un chômage conjoncturel qui dure devient structurel (Blanchard et Summers, 1986).Après la crise des dettes souveraines, le chômage français reste au-dessus de 10 % en 2013-2015 (Insee).

II. Mais le soutien de la demande est impuissant, voire contre-productif, face aux autres formes de chômage

  • Dans une économie ouverte, la relance profite aux importations : c'est la contrainte extérieure.Relance Mauroy de 1981-1982, puis tournant de la rigueur de mars 1983.
  • Contre le chômage classique, la relance ne réduit pas l'écart entre coût du travail et productivité (Malinvaud, 1977).SMIC de l'ordre de 60 % du salaire médian : le problème des moins qualifiés est leur coût, pas les débouchés.
  • Contre le chômage structurel, une demande supplémentaire crée des tensions et de l'inflation plutôt que des emplois.2023 : 61 % de projets de recrutement jugés difficiles (BMO) avec un chômage à 7,3 % ; inflation supérieure à 5 % en France en 2022 (Insee).

III. La lutte contre le chômage passe par une combinaison de politiques

  • Les politiques d'allègement du coût du travail ciblent l'emploi peu qualifié.CICE (2013) puis baisse pérenne de cotisations (2019) : de l'ordre de 100 000 emplois selon France Stratégie (2020).
  • Les politiques de formation et de flexisécurité réduisent le chômage structurel.Environ 850 000 nouveaux contrats d'apprentissage en 2023 (Dares) ; modèle danois de flexicurité.
  • Le soutien de la demande reste un complément : il accompagne les réformes structurelles et amortit les chocs.Allemagne : lois Hartz (2003-2005), puis chômage partiel massif (Kurzarbeit) en 2009 ; chômage d'environ 3 % en 2023 (Eurostat).
Conclusion rédigéeLa lutte contre le chômage passe nécessairement par le soutien de la demande globale lorsque le chômage est keynésien : en récession, relance budgétaire, baisse des taux et chômage partiel évitent des destructions d'emplois et limitent l'hystérèse. Mais elle ne passe pas seulement par là : face à un coût du travail trop élevé pour les moins qualifiés ou à des inadéquations de qualifications, la relance est inefficace, voire inflationniste, et bute sur la contrainte extérieure. Les politiques de l'emploi efficaces combinent donc soutien de la demande et politiques structurelles — allègements de cotisations, formation, flexisécurité — dans un dosage qui dépend du diagnostic. Reste que, dans la zone euro, la politique monétaire est commune et les politiques budgétaires sont encadrées : la question de la coordination des politiques conjoncturelles entre pays membres prolonge directement ce débat.

Le piège — Répondre « oui » ou « non » sans discuter le mot « nécessairement » : la bonne réponse distingue les types de chômage et montre que la relance est nécessaire dans un cas, insuffisante dans les autres.

Épreuve composée — traitée en entier

Partie 1 — Mobilisation des connaissances (4 points)

Montrez que les asymétries d'information sur le marché du travail peuvent être à l'origine d'un chômage structurel.

Corrigé rédigé

Il y a asymétrie d'information lorsqu'une partie d'un contrat dispose d'informations que l'autre n'a pas. Sur le marché du travail, l'employeur connaît mal l'effort réel et les qualités de ses salariés, qu'il ne peut pas contrôler en permanence. Pour obtenir un effort élevé, il peut verser un salaire d'efficience, supérieur au salaire d'équilibre. Selon Carl Shapiro et Joseph Stiglitz (1984), ce salaire rend la perte d'emploi coûteuse et dissuade le salarié de « tirer au flanc » ; selon George Akerlof (1982), le salarié répond à ce « don » par un effort supplémentaire. Le salaire d'efficience réduit aussi la rotation du personnel : en 1914, Henry Ford porte la journée de ses ouvriers à 5 dollars, environ le double du salaire courant, pour réduire l'absentéisme et les départs.

Mais si les entreprises fixent toutes des salaires supérieurs à l'équilibre, l'offre de travail dépasse durablement la demande : des personnes prêtes à travailler au salaire en vigueur ne trouvent pas d'emploi. Ce chômage involontaire ne dépend pas de la conjoncture : il est structurel, et il naît du comportement rationnel des entreprises, sans aucune règle imposée par l'État.

Partie 2 — Étude d’un document (6 points)

Montants fixés par les décrets annuels de revalorisation du SMIC, ministère du Travail, 2015, 2020 et 2024

Au 1er janvier201520202024
SMIC horaire brut (en euros)9,6110,1511,65
SMIC mensuel brut pour 35 heures par semaine (en euros)1 457,521 539,421 766,92

1. À l'aide des données, vous comparerez l'évolution du SMIC horaire brut entre 2015 et 2020, puis entre 2020 et 2024.

2. À l'aide des données et de vos connaissances, vous montrerez pourquoi les pouvoirs publics accompagnent les hausses du SMIC d'allègements de cotisations sociales patronales.

Corrigé rédigé

1. Entre 2015 et 2020 : (10,15 − 9,61) ÷ 9,61 × 100 ≈ +5,6 %. Entre 2020 et 2024 : (11,65 − 10,15) ÷ 10,15 × 100 ≈ +14,8 %. Selon les décrets de revalorisation, le SMIC horaire brut a augmenté d'environ 5,6 % en cinq ans entre 2015 et 2020, puis d'environ 14,8 % en quatre ans entre 2020 et 2024 : la hausse a été plus de deux fois plus forte sur la seconde période, pourtant plus courte. Sur l'ensemble de la période, la hausse atteint (11,65 − 9,61) ÷ 9,61 × 100 ≈ +21,2 % (indice 121,2 en 2024, base 100 en 2015). Cette accélération s'explique par la forte inflation de 2022-2023 : le SMIC étant indexé sur les prix, il est revalorisé automatiquement en cours d'année quand l'inflation dépasse 2 %.

2. Le coût du travail d'un salarié au SMIC comprend le salaire brut (1 766,92 € par mois en 2024) et les cotisations sociales patronales. Si ce coût dépasse la productivité des salariés peu qualifiés, leur embauche n'est plus rentable : c'est le chômage classique. Une hausse rapide du SMIC, comme celle de 2020-2024, risque donc de fragiliser l'emploi des moins qualifiés, dont le salaire est souvent aligné sur le minimum. Les pouvoirs publics ne veulent pas renoncer au SMIC, qui protège le pouvoir d'achat et soutient la consommation ; ils allègent donc les cotisations patronales sur les bas salaires (réduction Fillon en 2003, CICE en 2013 transformé en baisse de cotisations en 2019). Au niveau du SMIC, il ne reste presque plus de cotisations patronales de sécurité sociale : le salaire net est préservé tandis que le coût pour l'employeur augmente moins vite que le salaire brut. La limite est que ces allègements, dégressifs, peuvent inciter à maintenir les salaires près du SMIC (trappe à bas salaires) et coûtent cher aux finances publiques.

Partie 3 — Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les politiques de soutien de la demande globale permettent de lutter contre le chômage conjoncturel.

John Maynard Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936, chapitre 24 (traduction libre)

« Les principaux défauts de la société économique où nous vivons sont son incapacité à assurer le plein emploi et la répartition arbitraire et inéquitable de la richesse et des revenus. »

D'après Dares et Insee, 2020-2024 ; plan France Relance présenté par le gouvernement le 3 septembre 2020

  • Au plus fort du premier confinement, au printemps 2020, plus de 8 millions de salariés sont placés en activité partielle : leur employeur est remboursé par l'État et l'Unédic pour les heures non travaillées.
  • En 2020, le PIB de la France recule de plus de 7 %.
  • Le taux de chômage au sens du BIT passe de 8,4 % en 2019 à 8,0 % en 2020, puis 7,9 % en 2021.
  • Le plan France Relance mobilise 100 milliards d'euros pour l'investissement, la transition écologique, la compétitivité et l'emploi, dont le plan « 1 jeune, 1 solution » lancé en juillet 2020.
Corrigé rédigé

Introduction. Le chômage conjoncturel est le chômage qui varie avec les fluctuations de l'activité économique. Les politiques de soutien de la demande globale — budgétaire et monétaire — cherchent à augmenter les dépenses adressées aux entreprises pour les inciter à produire et à embaucher. Elles reposent sur une analyse keynésienne du chômage.

Paragraphe 1. Affirmation : le chômage conjoncturel s'explique par une insuffisance de la demande. Explication : pour Keynes, les entreprises fixent leur production et leurs embauches selon la demande effective, c'est-à-dire les débouchés qu'elles anticipent. En récession, la consommation et l'investissement reculent : les entreprises produisent moins et réduisent leurs effectifs. Le marché ne corrige pas spontanément ce déséquilibre, et une baisse des salaires aggraverait la chute de la demande. C'est pourquoi Keynes voit dans l'incapacité à assurer le plein emploi l'un des « principaux défauts » de nos économies (document 1). Illustration : en 2009, la récession provoquée par la crise financière fait passer le chômage français d'environ 7,4 % à 9,1 %.

Paragraphe 2. Affirmation : la politique budgétaire soutient directement l'activité et l'emploi. Explication : une hausse des dépenses publiques ou une baisse des impôts accroît la demande ; par l'effet multiplicateur, le revenu national augmente davantage que la dépense initiale, car les revenus distribués sont à leur tour dépensés. Les stabilisateurs automatiques amortissent aussi le choc sans décision nouvelle. L'État peut enfin préserver les emplois pendant la crise. Illustration : en 2020, l'activité partielle couvre plus de 8 millions de salariés au printemps ; alors que le PIB recule de plus de 7 %, le taux de chômage passe de 8,4 % à 8,0 %, puis 7,9 % en 2021 (document 2). Le plan France Relance de 100 milliards d'euros prend le relais pour soutenir l'investissement et l'emploi des jeunes.

Paragraphe 3. Affirmation : la politique monétaire complète ce soutien en stimulant le crédit. Explication : en baissant ses taux directeurs, la banque centrale réduit le coût du crédit ; les ménages empruntent pour consommer ou acheter un logement, les entreprises pour investir, ce qui augmente la demande et donc l'emploi. En soutenant rapidement l'activité, ces politiques évitent que le chômage conjoncturel devienne durable par hystérèse. Illustration : la BCE ramène son taux de refinancement à 0 % en mars 2016 ; dans les années suivantes, le chômage français recule de 10,4 % en 2015 à 8,4 % en 2019.

Conclusion. Les politiques de soutien de la demande globale permettent de lutter contre le chômage conjoncturel parce qu'elles agissent sur sa cause, l'insuffisance de la demande effective, à condition d'être menées à temps pour limiter l'hystérèse.

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