La flexibilisation assouplit les règles d'embauche, de licenciement, de durée du travail ou de fixation des salaires. « Dans quelle mesure » impose d'évaluer ses effets réels, positifs et négatifs, sur le niveau et la durée du chômage.
Assouplir les règles du marché du travail fait-il reculer le chômage, ou déplace-t-il le problème vers la précarité ?
Le plan en trois parties
La flexibilisation peut réduire le chômage structurel lié aux rigidités
- Une protection de l'emploi trop forte rend l'embauche risquée et freine les recrutements en CDI.Blanchard et Tirole, rapport du Conseil d'analyse économique (2003).
- Elle réduit le dualisme entre insiders protégés et outsiders.Lindbeck et Snower (1988) ; rupture conventionnelle (2008), ordonnances du 22 septembre 2017.
- Elle a accompagné la baisse du chômage allemand.Lois Hartz (2003-2005) ; chômage allemand d'environ 3 % en 2023 (Eurostat).
Ses effets sur le niveau du chômage restent incertains et ses coûts sociaux réels
- Elle facilite les embauches mais aussi les licenciements : l'effet net sur le niveau du chômage est ambigu.La protection de l'emploi pèse surtout sur la durée du chômage, moins sur son niveau.
- Elle accroît la précarité et le sous-emploi.Mini-jobs développés par les lois Hartz (2003-2005) ; chômage des 15-24 ans d'environ 29 % en Espagne en 2023, dans un marché très dual (Eurostat).
- Elle ne crée pas de débouchés et reste sans effet sur le chômage keynésien.Keynes (1936) ; récession de 2009.
Une flexibilité efficace quand elle est compensée par la sécurité
- La flexicurité associe licenciement facile, indemnisation généreuse et accompagnement intensif.Modèle danois, réformé dans les années 1990.
- La formation doit accompagner la mobilité des salariés.Compte personnel de formation (2015) ; loi « Avenir professionnel » (2018).
Une flexibilisation qui multiplie les contrats courts interroge le pouvoir intégrateur du travail.