Les institutions du marché du travail sont les règles qui l'encadrent : salaire minimum, règles de protection de l'emploi, assurance chômage. Le sujet invite à discuter leur part de responsabilité dans le chômage structurel, à côté d'autres causes.
Le chômage structurel vient-il des règles qui encadrent le marché du travail, ou d'autres mécanismes qu'elles peuvent au contraire atténuer ?
Le plan en trois parties
Certaines institutions peuvent accroître le chômage structurel
- Un salaire minimum supérieur à la productivité des moins qualifiés rend leur embauche non rentable.SMIC de l'ordre de 60 % du salaire médian au début des années 2020 (OCDE).
- La protection de l'emploi freine l'embauche et crée un dualisme.Lindbeck et Snower (1988) ; Blanchard et Tirole (2003).
- Une indemnisation généreuse peut réduire l'intensité de la recherche d'emploi.Modulation de la durée d'indemnisation selon la conjoncture en France depuis le 1er février 2023.
Mais leurs effets sont ambivalents
- Le salaire minimum soutient la demande, incite à travailler et limite le pouvoir des employeurs.Card et Krueger (1994) : pas de baisse de l'emploi dans les fast-foods du New Jersey après la hausse de 1992.
- L'indemnisation permet de chercher un emploi adapté et améliore l'appariement.Théorie de la recherche d'emploi : Diamond, Mortensen et Pissarides, prix Nobel 2010.
Le chômage structurel a aussi des causes indépendantes des institutions
- Les problèmes d'appariement font coexister emplois vacants et chômeurs.61 % de projets de recrutement jugés difficiles en 2023 (enquête BMO).
- Les salaires d'efficience créent un chômage involontaire sans intervention publique.Ford (1914) ; Shapiro et Stiglitz (1984).
- L'hystérèse transforme un chômage conjoncturel en chômage durable.Blanchard et Summers (1986) ; chômage français au-dessus de 10 % en 2013-2015 (Insee).
Le débat sur les institutions renvoie à un choix collectif entre flexibilité et sécurité, que la flexicurité danoise tente de concilier.