Le sujet sans question invite à étudier la relation entre patrimoine et tourisme sous toutes ses faces : comment l'un fabrique et nourrit l'autre, et comment ils entrent en tension. Il couvre toutes les échelles, du site local au tourisme mondialisé, principalement depuis l'essor du tourisme de masse après 1950.
Quelles relations le patrimoine et le tourisme entretiennent-ils, entre dépendance mutuelle et tensions, et comment les acteurs cherchent-ils à les équilibrer ?
Le plan en trois parties
Une relation d'interdépendance
- Le patrimoine est une ressource touristique de premier plan.France : environ 100 millions de touristes internationaux en 2023 ; Versailles, environ 8 millions de visiteurs par an avant 2020.
- Le tourisme contribue à faire patrimoine : labels et reconnaissance attirent.Inscription de Venise et sa lagune (1987) ; bassin minier (2012) accompagné du Louvre-Lens.
- Il finance la conservation.Billetterie, mécénat et dons ; campagne internationale pour Venise après l'acqua alta de 1966.
Une relation sous tension
- La fréquentation dégrade les sites.Lascaux fermée au public en avril 1963 ; navires de croisière à Venise.
- Elle transforme les lieux habités en décors.Centre de Venise passé de 175 000 habitants environ en 1951 à moins de 50 000 en 2022.
- Elle oppose habitants et visiteurs.Manifestations à Venise contre les grands navires (années 2010) et à Barcelone (juillet 2024).
Une relation à gouverner
- Réguler les flux.Navires de plus de 25 000 tonnes interdits à Venise (1er août 2021) ; contribution d'accès (2024-2025) ; Louvre plafonné à 30 000 visiteurs par jour (2022).
- Offrir des alternatives à l'original.Lascaux IV (2016) ; réplique de la grotte Chauvet (2015).
- L'UNESCO comme arbitre.Recommandations d'inscrire Venise sur la liste en péril (2021, 2023).
Le tourisme patrimonial de demain sera-t-il un tourisme de quotas et de réservations, au risque de réserver le patrimoine à quelques-uns ?