Le développement urbain désigne la croissance et la transformation des villes (construction, densification, infrastructures, rénovation) ; le patrimoine urbain comprend monuments, quartiers anciens et paysages de ville. La question invite à discuter leur compatibilité, depuis les grands travaux du XIXe siècle jusqu'aux villes patrimoniales d'aujourd'hui.
Faut-il choisir entre transformer la ville et en conserver l'héritage, ou peut-on faire du patrimoine un moteur du développement urbain ?
Le plan en trois parties
Une opposition ancienne : la ville moderne contre la ville héritée
- Moderniser a longtemps signifié détruire.Travaux du préfet Haussmann (1853-1870) ; démolition des Halles de Baltard (1971) ; tour Montparnasse (1973).
- Des projets d'infrastructure ou d'immobilier coûtent leur inscription à des villes.Pont routier de Dresde et désinscription (2009) ; Liverpool désinscrite (2021).
Protéger la ville : un encadrement du développement
- La protection s'étend du monument au quartier.Loi Malraux du 4 août 1962, secteur sauvegardé du Marais ; sites patrimoniaux remarquables (loi du 7 juillet 2016).
- Les règles d'urbanisme limitent les transformations.Plafond de hauteur du plan d'occupation des sols de Paris (1977) ; rives de la Seine inscrites en 1991.
- Mais protéger peut figer et chasser les habitants.Venise : moins de 50 000 habitants dans le centre en 2022, muséification.
Concilier : le patrimoine, levier de développement
- Le patrimoine peut porter la reconversion d'une ville.Bassin minier inscrit en 2012 ; Louvre-Lens ouvert sur un ancien carreau de mine (4 décembre 2012).
- De nouveaux outils pensent la ville historique comme vivante.Recommandation de l'UNESCO sur le paysage urbain historique (2011) ; digues du MOSE protégeant Venise depuis 2020.
L'adaptation des villes patrimoniales au changement climatique, de Venise aux quartiers anciens surchauffés, sera sans doute le prochain terrain de conciliation.