L'UNESCO, créée en 1945 et installée à Paris, administre la Convention du 16 novembre 1972 et la Liste du patrimoine mondial ; protéger efficacement, c'est empêcher durablement dégradations et destructions. Le sujet couvre l'échelle mondiale, de la campagne de Nubie (1960) à nos jours.
L'UNESCO, dépourvue de pouvoir de contrainte et composée d'États aux intérêts divergents, peut-elle réellement protéger le patrimoine qu'elle proclame universel ?
Le plan en trois parties
Des réussites réelles : mobiliser, reconnaître, reconstruire
- Elle a su mobiliser le monde pour des sites menacés.Campagne de Nubie (1960), Abou Simbel déplacé (1964-1968) ; campagne pour Venise après 1966.
- Elle a construit un système mondial de reconnaissance.Convention de 1972 ; plus de 1 200 biens inscrits ; immatériel en 2003.
- Elle accompagne la reconstruction.Mausolées de Tombouctou reconstruits (2015) après leur destruction en 2012.
Une protection limitée par la souveraineté des États
- Elle ne peut rien imposer.Pont de Dresde construit malgré ses avis, désinscription (2009) ; Liverpool (2021).
- Son arme principale est symbolique.Menace de liste en péril pour Venise (2021, 2023) : efficace sur les grands navires (2021), mais Venise non inscrite.
- Elle est impuissante face aux groupes armés.Bamiyan (2001), Palmyre (2015).
Une organisation traversée par la géopolitique
- L'inscription devient un enjeu de rivalité entre États.Preah Vihear (2008) et affrontements jusqu'en 2011.
- Les tensions politiques menacent son financement et sa légitimité.Admission de la Palestine (2011), Hébron (2017), retrait des États-Unis et d'Israël (fin 2018), retour américain (2023).
La multiplication d'acteurs nouveaux, comme l'ALIPH ou la Cour pénale internationale, annonce-t-elle un partage de la protection mondiale au-delà de l'UNESCO ?