Appartenir renvoie à la propriété juridique mais aussi à la légitimité : qui a le droit de décider, de conserver, d'exposer ou de réclamer un bien. Le sujet invite à confronter l'État qui abrite le bien, les pays ou communautés d'origine et l'humanité, du XIXe siècle à nos jours, à l'échelle mondiale.
Le patrimoine appartient-il à l'État qui le détient, aux peuples qui l'ont produit ou à l'humanité entière, et comment ces légitimités concurrentes s'affrontent-elles ?
Le plan en trois parties
Un patrimoine d'abord national, sous la souveraineté des États
- Les États se sont construits en s'appropriant un patrimoine.Loi française de 1913 ; Acropole devenue symbole de la Grèce indépendante (1830).
- Même le patrimoine mondial reste sous leur autorité.Articles 4 et 6 de la Convention de 1972 ; inaliénabilité des collections publiques françaises.
Un patrimoine revendiqué par ceux qui l'ont produit
- Des biens déplacés font l'objet de demandes de retour.Marbres du Parthénon : demande grecque officielle (1983), musée de l'Acropole (2009).
- Le butin de guerre et de colonisation est remis en cause.Palais d'Été pillé en 1860 ; loi du 24 décembre 2020 pour le Bénin et le Sénégal.
- Les communautés deviennent actrices de leur patrimoine.Convention de 2003 sur l'immatériel ; mausolées de Tombouctou reconstruits par des maçons locaux (2015).
Un patrimoine de l'humanité, entre idéal et argument
- L'idée d'un patrimoine universel s'est imposée.Lettre de Victor Hugo (1861) ; préambule de la Convention de La Haye (1954) ; Convention de 1972.
- L'universel peut servir à justifier la détention.Argument du « musée universel » opposé par le British Museum à la Grèce ; loi britannique de 1963.
La circulation des œuvres (prêts, dépôts, copies) pourrait-elle remplacer la logique de propriété par une logique de partage ?