« Reconnaître » signifie admettre publiquement la réalité d'un crime et des souffrances, et les responsabilités. Le sujet demande les moyens (témoignages, travaux historiques, procès, lois, discours, lieux, commémorations) et les acteurs (survivants, associations, historiens, juges, États), depuis 1945.
Par quels moyens et grâce à quels acteurs la mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes a-t-elle été reconnue, et pourquoi cette reconnaissance a-t-elle été si tardive et inégale ?
Le plan en trois parties
Reconnaître par la parole des victimes et le travail des historiens
- Témoigner.Primo Levi (1947), Elie Wiesel (1958) ; l'ère du témoin après 1961.
- Établir les faits.Hilberg (1961), Paxton (1973), Klarsfeld (1978) ; associations des Sinti et Roms en RFA (1982).
Reconnaître par le droit et la justice
- Juger.Eichmann (1961), Barbie (1987), Papon (1998).
- Légiférer et réparer.Loi de 1964 ; loi Gayssot (1990) ; Fondation pour la mémoire de la Shoah (2000).
Reconnaître par l'État et les lieux de mémoire
- Gestes et discours d'État.Willy Brandt à Varsovie (1970) ; Chirac (1995) ; Hollande (2016).
- Lieux et dates.Yad Vashem (1953) ; Auschwitz à l'UNESCO (1979) ; Mémorial de la Shoah (2005) ; 2 août (2015).
La reconnaissance du génocide des Tutsi par la France, avec le rapport Duclert (2021), montre que ces moyens servent désormais pour d'autres crimes.