Les gacaca sont des juridictions populaires rwandaises (2002-2012) chargées de juger les auteurs du génocide de 1994. Le sujet interroge leur double objectif, juger en masse et reconstruire une société où rescapés et bourreaux vivent côte à côte.
Les gacaca ont-elles permis à la fois de rendre justice aux victimes du génocide des Tutsi et de réconcilier la société rwandaise ?
Le plan en trois parties
Une réponse à une situation judiciaire sans précédent
- Un génocide de proximité aux centaines de milliers d'exécutants.Avril-juillet 1994, entre 800 000 et un million de morts.
- Des prisons saturées et une justice détruite.Plus de 100 000 détenus à la fin des années 1990 ; TPIR lointain (93 accusés).
Une justice de masse et de proximité
- Une coutume réinventée par l'État.Loi organique de 2001 ; plus de 12 000 juridictions ; juges élus (inyangamugayo).
- Aveux, vérité locale et peines alternatives.Près de deux millions d'affaires ; réductions de peine et travaux d'intérêt général.
Une réconciliation encadrée et discutée
- Des garanties judiciaires faibles.Pas d'avocats ; pressions sur les témoins ; rapport de Human Rights Watch (2011).
- Une mémoire encadrée par l'État.Crimes du FPR exclus ; loi sur l'« idéologie du génocide » (2008) ; clôture le 18 juin 2012.
La comparaison avec la commission Vérité et Réconciliation sud-africaine (1995) permet de réfléchir aux autres voies de la justice transitionnelle.