Historiens et juges travaillent sur les mêmes faits avec des méthodes et des finalités différentes : expliquer d'un côté, juger des individus de l'autre. Le sujet porte sur leurs coopérations et leurs tensions depuis 1945.
Historiens et juges peuvent-ils coopérer face aux crimes de masse sans confondre leurs rôles ?
Le plan en trois parties
Deux démarches différentes
- Le juge tranche sur un individu.Procédure contradictoire, décision définitive ; Nuremberg (1946).
- L'historien explique un processus.Hilberg (1961) ; débat intentionnalistes et fonctionnalistes.
Des coopérations fécondes
- L'historien au tribunal.Paxton témoin au procès Papon (1997) ; Richard Evans expert au procès Irving contre Lipstadt (2000).
- Le tribunal comme source d'histoire.Archives du TPIY et du TPIR ; procès filmés depuis la loi de 1985.
Des tensions persistantes
- Le refus de l'historien-juge.Henry Rousso refuse de témoigner au procès Papon (1997).
- Le débat sur les lois mémorielles.Loi Gayssot (1990) ; appel « Liberté pour l'histoire » (2005).
La commission d'historiens présidée par Vincent Duclert sur le rôle de la France au Rwanda (rapport de 2021) montre une autre voie, entre histoire et reconnaissance politique.