Il faut identifier les acteurs (survivants, associations, historiens, juges, États, artistes, ONU) et les enjeux (reconnaissance, réparation, lutte contre le négationnisme, transmission). Le pluriel « mémoires » et les deux groupes imposent de comparer les rythmes depuis 1945.
Comment et pourquoi les mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes sont-elles passées de la marge au cœur des mémoires officielles, à des rythmes différents ?
Le plan en trois parties
1945-1960 : des mémoires de survivants, dans l'ombre de la Résistance
- Mémoire résistante dominante.Nuit et Brouillard (1956) ; génocide fondu dans la déportation.
- Initiatives communautaires et israéliennes.CDJC (1943), Yad Vashem (1953), Mémorial du martyr juif inconnu (1956).
1961-1990 : justice, historiens et médias font émerger ces mémoires
- Les procès et l'ère du témoin.Eichmann (1961), Barbie (1987).
- Historiens, militants et œuvres.Paxton (1973), Klarsfeld (1978), Shoah (1985) ; RFA reconnaît le génocide des Sinti et Roms (1982).
- Contre le négationnisme.Faurisson (1978) ; loi Gayssot (1990).
Depuis 1990 : reconnaissance d'État, mondialisation, transmission
- Les États reconnaissent.Chirac (1995) ; Hollande à Montreuil-Bellay (2016).
- Institutions et dates internationales.Mémorial de la Shoah (2005) ; 27 janvier (ONU, 2005) ; 2 août (Parlement européen, 2015).
La mémoire du génocide des Juifs sert aujourd'hui de modèle pour d'autres génocides, comme celui des Tutsi, au risque de la concurrence des mémoires.