06 29 33 79 32 Je réserve ici
Spécialité HGGSP Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité HGGSP

Thème 5 — Axe 1 : exploiter, préserver et protéger

La forêt française depuis Colbert, révolutions néolithique et industrielle et transformation des milieux (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en terminale sur « Thème 5 — Axe 1 : exploiter, préserver et protéger » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Milieux, ressources, environnement : les mots du sujet, La « révolution néolithique » : produire sa nourriture, transformer les milieux, La « révolution industrielle » : un changement d'échelle, Deux ruptures ? Le débat sur l'Anthropocène. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité HGGSP.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2026 · Polynésie française — Le rôle des sociétés dans l'évolution des milieux depuis le XIXe siècle : entre exploitation et protection. voir le sujet complet →
  • 2021 · Métropole — Peut-on parler d'un nouveau rapport des sociétés à leurs milieux à partir du XIXe siècle ? voir le sujet complet →

Sujet 1 — Le rôle des sociétés dans l'évolution des milieux depuis le XIXe siècle : entre exploitation et protection.

Analyse des termes — Les « sociétés » regroupent États, entreprises, savants, propriétaires et populations ; les « milieux » sont les ensembles naturels qu'elles habitent et transforment (forêts, montagnes, rivières, littoraux). Le sujet part de la révolution industrielle et va jusqu'à aujourd'hui ; « entre exploitation et protection » invite à étudier une tension permanente plutôt qu'une succession.

Problématique — Comment, depuis le XIXe siècle, les sociétés ont-elles transformé leurs milieux par une exploitation toujours plus intense, tout en inventant des formes de protection qui répondent d'abord à leurs propres besoins ?

Introduction rédigéeÀ l'été 1858, l'odeur de la Tamise, devenue l'égout d'une ville de plus de deux millions d'habitants, est si forte qu'elle gêne jusqu'aux séances du Parlement de Westminster : la « Grande Puanteur » rappelle qu'une société industrielle peut rendre son propre milieu invivable. Les milieux désignent l'ensemble des conditions naturelles (sols, eaux, forêts, air) dans lesquelles vivent les sociétés, c'est-à-dire des groupes humains organisés, avec leurs États, leurs entreprises, leurs savants et leurs habitants. Depuis le XIXe siècle, la révolution industrielle leur donne des moyens d'exploitation sans précédent, fondés sur le charbon ; mais c'est aussi le moment où naissent les premières politiques modernes de protection, du Code forestier de 1827 à la réserve artistique de Fontainebleau en 1861. Exploitation et protection ne se succèdent donc pas simplement : elles cohabitent, et la seconde sert souvent la première. Comment, depuis le XIXe siècle, les sociétés ont-elles transformé leurs milieux par une exploitation toujours plus intense, tout en inventant des formes de protection qui répondent d'abord à leurs propres besoins ? Nous verrons d'abord que l'âge industriel exploite les milieux à une échelle nouvelle, puis que l'État cherche dès le XIXe siècle à protéger pour mieux aménager, avant de montrer que, depuis 1945, la protection s'élargit à la gestion durable sans faire disparaître les tensions.

I. L'âge industriel : exploiter les milieux à une échelle nouvelle (années 1800-1880)

  • Le charbon libère l'économie de la contrainte des surfaces et fait entrer les milieux dans une exploitation d'un genre nouveau.Brevet de Watt (1769) ; environ 290 millions de tonnes de charbon au Royaume-Uni et 40 en France en 1913 ; Pomeranz, 2000.
  • Les pollutions industrielles et urbaines dégradent l'air, l'eau et la végétation.« Grande Puanteur » de la Tamise (1858) ; fabriques de soude autour de Marseille au début du XIXe siècle.
  • L'État transforme des milieux entiers pour les rendre productifs.Loi du 19 juin 1857 sur les Landes de Gascogne : près d'un million d'hectares de pins maritimes.

II. Protéger pour mieux exploiter et aménager (XIXe siècle - années 1940)

  • L'État encadre les nuisances sans freiner l'industrie.Décret du 15 octobre 1810 sur les établissements insalubres ; Alkali Act britannique (1863).
  • La forêt passe sous le contrôle d'une administration savante, au détriment des usagers.École de Nancy (1824), Code forestier (1827), guerre des Demoiselles en Ariège (1829-1832).
  • Reboiser pour sécuriser, préserver pour la beauté : la protection change de motifs.Surell (1841), lois de 1860, 1864 et 1882 (RTM) ; réserve artistique de Fontainebleau (1861) ; loi sur les sites (1930).

III. Depuis 1945 : de la production intensive à la gestion durable, sans fin des tensions

  • L'après-guerre relance l'exploitation productive des milieux.Fonds forestier national (1946), environ 2 millions d'hectares boisés ; ONF (1964) ; « Grande Accélération » après 1950.
  • La protection s'élargit aux écosystèmes et devient une politique publique à part entière.Loi sur les parcs nationaux (1960, Vanoise 1963) ; ministère de l'Environnement (1971) ; loi de 1976 ; Natura 2000 (1992).
  • La gestion durable reste traversée de conflits d'usages et de fragilités.Loi forestière de 2001 ; tempêtes de décembre 1999 (de l'ordre de 140 millions de m³) ; filière bois déficitaire.
Conclusion rédigéeDepuis le XIXe siècle, les sociétés ont exploité leurs milieux à une échelle inédite, grâce au charbon, à l'industrie et à la croissance démographique. Elles ont pourtant inventé très tôt des protections : encadrer les nuisances (1810), soumettre les forêts au régime forestier (1827), reboiser les montagnes (1860-1882), préserver des paysages (1861), puis gérer durablement les forêts (2001) et protéger les écosystèmes (Natura 2000). Ces protections ont d'abord servi l'exploitation, la sécurité ou l'agrément des sociétés elles-mêmes ; elles se sont élargies après 1945 à la biodiversité, sans supprimer les conflits d'usages. Le rapport entre exploitation et protection est donc moins une alternance qu'une tension permanente, arbitrée par l'État entre des acteurs aux intérêts divergents. Cette tension change de dimension lorsque l'enjeu devient planétaire : c'est toute la question du changement climatique, qui oblige à penser la protection à l'échelle du monde.

Le piège — Réciter une succession « au XIXe siècle on exploite, au XXe siècle on protège » : les deux coexistent à chaque époque, et la protection du XIXe siècle (1827, 1860-1882) sert d'abord l'exploitation et la sécurité.

Sujet 2 — Peut-on parler d'un nouveau rapport des sociétés à leurs milieux à partir du XIXe siècle ?

Analyse des termes — Le « rapport » des sociétés à leurs milieux désigne à la fois ce qu'elles en font (exploiter, aménager, protéger) et la manière dont elles les pensent (ressource, paysage, écosystème). « Nouveau » et « à partir du XIXe siècle » imposent de comparer avec l'avant (Néolithique, gestion forestière d'Ancien Régime) pour juger de la nouveauté, et de suivre ses prolongements jusqu'à aujourd'hui.

Problématique — La révolution industrielle marque-t-elle une rupture radicale dans la manière dont les sociétés exploitent et pensent leurs milieux, ou change-t-elle surtout l'échelle de rapports anciens ?

Introduction rédigéeEn 1778, dans Des époques de la nature, Buffon écrit que « la face entière de la Terre porte aujourd'hui l'empreinte de la puissance de l'homme » : un demi-siècle avant l'essor industriel de la France, un naturaliste constate déjà que les sociétés ont transformé leurs milieux. Le rapport des sociétés à leurs milieux désigne à la fois ce qu'elles en font (exploiter, aménager, protéger) et la manière dont elles les pensent (ressource, paysage, écosystème). Le sujet invite à juger de la nouveauté du XIXe siècle, marqué par la révolution industrielle, née en Grande-Bretagne dans les années 1760-1780 et diffusée sur le continent au cours du siècle ; il oblige donc à comparer avec l'avant, de la révolution néolithique aux ordonnances forestières de 1346 et 1669, et à suivre les prolongements jusqu'à aujourd'hui. La révolution industrielle marque-t-elle une rupture radicale dans la manière dont les sociétés exploitent et pensent leurs milieux, ou change-t-elle surtout l'échelle de rapports anciens ? Nous montrerons que le XIXe siècle ouvre bien une rupture d'échelle et de rythme, mais qu'il prolonge des transformations et des modes de gestion très anciens, et que sa véritable nouveauté réside dans une conscience et des politiques de protection inédites.

I. Une rupture d'échelle et de rythme

  • L'énergie fossile libère les sociétés industrielles de la contrainte des surfaces agricoles et forestières.Machine de Watt (brevet 1769) ; charbon britannique : près de 290 millions de tonnes en 1913 ; Pomeranz, The Great Divergence (2000).
  • La croissance démographique change d'ordre de grandeur.Environ 950 millions d'humains en 1800, 1,6 milliard en 1900, 8 milliards en 2022 (ONU).
  • Des pollutions d'un genre nouveau transforment les milieux industriels et urbains.Soudières de Marseille, « Grande Puanteur » de 1858 ; Crutzen date l'Anthropocène de la fin du XVIIIe siècle (1784).

II. Des transformations et des modes de gestion très anciens

  • Les sociétés transforment les milieux depuis la révolution néolithique.Agriculture vers 9500 av. J.-C. au Proche-Orient, vers 5800 av. J.-C. dans le Midi ; grands défrichements des XIe-XIIIe siècles.
  • L'idée de gérer une ressource pour qu'elle dure précède largement l'industrie.Ordonnance de Brunoy (1346), ordonnance de Colbert (1669), Carlowitz (1713).
  • Les savants ont conscience de la puissance humaine avant l'industrialisation.Buffon, Des époques de la nature (1778) : « La face entière de la Terre porte aujourd'hui l'empreinte de la puissance de l'homme ».

III. La vraie nouveauté : une conscience et des politiques de protection inédites

  • Le XIXe siècle invente la préservation de paysages et l'alerte savante.Réserve artistique de Fontainebleau (1861) ; George Perkins Marsh, Man and Nature (1864) ; Haeckel invente le mot « écologie » (1866).
  • L'État devient aménageur des milieux à l'échelle nationale.Code forestier (1827), Landes (1857), reboisement des montagnes (1860, 1882) ; minimum forestier vers 9 millions d'hectares puis reconquête.
  • Le rapport se renouvelle encore après 1950, au point que la date de la rupture reste débattue.« Grande Accélération » (Steffen, 2015) ; ministère de l'Environnement (1971) ; formalisation de l'Anthropocène rejetée en 2024.
Conclusion rédigéeOn peut parler d'un nouveau rapport des sociétés à leurs milieux à partir du XIXe siècle, à condition de préciser ce qui est nouveau. L'échelle et le rythme des transformations changent radicalement avec le charbon, l'industrie et la croissance démographique. Mais les sociétés transformaient leurs milieux depuis le Néolithique, et la gestion d'une ressource pour qu'elle dure est ancienne, de Brunoy (1346) à Colbert (1669). La nouveauté la plus nette tient à la naissance d'une conscience et de politiques de protection : préserver des paysages (1861), aménager et reboiser à l'échelle nationale (1827-1882), puis penser la planète entière comme un milieu menacé. Le débat sur l'Anthropocène, dont la date de début oscille entre le Néolithique, 1610, 1784 et 1950, montre que la question de la rupture reste ouverte. Elle se pose avec une acuité particulière face au changement climatique, qui fait du rapport aux milieux un enjeu géopolitique mondial.

Le piège — Ne traiter que le XIXe siècle : sans comparaison avec l'avant (Néolithique, 1346, 1669), il est impossible de dire si le rapport est « nouveau ».

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs