La thèse relativiste soutient que chaque langue découpe le réel à sa façon et impose ce découpage à ses locuteurs. Le sujet oppose ce conditionnement à l’universalité de la raison et à la possibilité de la traduction.
Notre langue nous impose-t-elle une manière de voir dont nous ne pourrions pas sortir, ou n’est-elle qu’un moyen parmi d’autres d’exprimer une pensée commune ?
Le plan en trois parties
Chaque langue impose un découpage du monde
- Les catégories d’une langue orientent la perception et le raisonnement de ceux qui la parlent.Sapir et Whorf, hypothèse de la relativité linguistique
- La langue est une activité qui contient une vision du monde propre à un peuple.Humboldt, Introduction à l’œuvre sur le kavi
- Les limites de ma langue signifient les limites de mon monde.Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus
Mais les langues ne sont pas des mondes clos
- Toute langue humaine dispose des mêmes ressources fondamentales, ce qui suppose une structure commune.Chomsky, Le Langage et la pensée
- On peut définir et redéfinir les termes : la langue n’interdit pas de penser ce qu’elle ne nomme pas encore.Locke, Essai sur l’entendement humain
- Un langage formel commun peut être construit pour raisonner indépendamment des langues naturelles.Leibniz, De l’art combinatoire
La langue conditionne sans déterminer, et la traduction le prouve
- Traduire est difficile mais possible : l’écart entre les langues se travaille, il ne se subit pas.Ricœur, Sur la traduction
- Le sujet parlant peut déplacer sa langue en inventant l’expression qui lui manque.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Le repère universel / particulier permet de distinguer ce qui est propre à une langue et ce qui vaut pour tout locuteur.Repère universel / particulier
Si la traduction est toujours possible mais jamais parfaite, que perd-on exactement en passant d’une langue à une autre ?