06 29 33 79 32 Je réserve ici

Lycée · Terminale · Le langage

Faut-il se méfier des mots ?

Sujet de dissertation — Le langage, Terminale

← Les 30 sujets de « Le langage »
Analyse des termes

Se méfier, c’est suspendre sa confiance sans nécessairement rejeter ; les mots sont à la fois nos instruments de pensée et les véhicules des préjugés. Le sujet demande quelle attitude tenir à l’égard de l’outil qui nous sert à penser.

Problématique

La méfiance envers les mots est-elle une condition de la lucidité, ou une défiance ruineuse envers l’instrument même de la pensée ?

Le plan en trois parties

I

Il y a de bonnes raisons de se méfier des mots

  1. L’abus des mots fait passer pour des connaissances des formules creuses.Locke, Essai sur l’entendement humain
  2. La rhétorique produit la persuasion sans le savoir : les mots séduisent plus qu’ils n’instruisent.Platon, Gorgias
  3. Le vocabulaire d’un régime peut installer l’inhumain dans les esprits, mot après mot.Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich
TransitionCette méfiance ne peut pourtant pas être générale, car elle s’énonce elle-même avec des mots. Refuser en bloc le langage reviendrait à scier la branche sur laquelle la critique repose.
II

Mais se méfier de tous les mots, c’est renoncer à penser

  1. Nous pensons dans les mots : sans confiance en eux, aucune pensée déterminée n’est possible.Hegel, Encyclopédie, Philosophie de l’esprit
  2. Les signes institués sont ce qui a rendu possible l’analyse et la science.Condillac, Essai sur l’origine des connaissances humaines
  3. La vérité elle-même est un attribut du discours : la refuser aux mots, c’est la perdre.Hobbes, Léviathan, I, 4
TransitionIl faut donc remplacer la défiance par une méthode : non pas fuir les mots, mais les définir, en suivre l’usage et repérer ceux qui font passer un intérêt pour une évidence.
III

La bonne méfiance est un travail sur les mots

  1. Définir, c’est fixer un usage et rendre contrôlable ce que l’on dit.Leibniz, De l’art combinatoire
  2. Examiner l’usage réel d’un mot dissout la plupart des faux problèmes.Wittgenstein, Recherches philosophiques
  3. Distinguer persuader et convaincre permet d’évaluer un discours sans se défier du langage.Repère persuader / convaincre
Ouverture

Si la vigilance sur les mots est un travail permanent, à qui revient-il de l’exercer : au philosophe, au citoyen, ou à l’école ?

← Les 30 sujets de « Le langage »
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Soutien scolaire à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs