Discuter, c’est régler un différend par des paroles ; renoncer à la violence, c’est abandonner la contrainte physique comme moyen. Le sujet demande si le passage aux mots supprime la violence ou la déplace.
La parole est-elle le contraire de la violence, ou peut-elle en devenir la forme la plus efficace ?
Le plan en trois parties
Discuter, c’est substituer l’argument à la force
- La parole permet de délibérer du juste, ce qui distingue la cité de la meute.Aristote, Politique, I, 2
- Agir par la discussion, c’est viser l’accord par le meilleur argument et exclure la contrainte.Habermas, Théorie de l’agir communicationnel
- Là où les hommes parlent ensemble, un espace public apparaît, qui n’est pas celui de la force.Arendt, Condition de l’homme moderne
Mais les mots peuvent être des armes
- La rhétorique flatte et manipule : elle prend le pouvoir sur l’âme sans la convaincre.Platon, Gorgias
- La langue oblige à dire d’une certaine façon : la contrainte y est logée, non supprimée.Barthes, Leçon
- Une langue peut préparer la violence en rendant l’inhumain ordinaire.Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich
La discussion n’exclut la violence que si elle se donne des règles
- Convaincre s’adresse à la raison de tous, persuader force l’assentiment : seule la première renonce vraiment.Repère persuader / convaincre
- La parole n’est pas la propriété de celui qui la tient : discuter suppose de laisser à l’autre sa part.Montaigne, Essais, III, 13
- Les inégalités de statut peuvent transformer une discussion en rapport de forces : l’égalité de parole doit être garantie.Bourdieu, Ce que parler veut dire
Si la discussion suppose des règles communes, que faire de celui qui parle sans jamais accepter d’avoir tort ?