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Français 6ᵉ

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Lire à voix haute

Respecter la ponctuation et les groupes de sens, faire les liaisons obligatoires et éviter les liaisons interdites, faire monter ou descendre la voix, mettre le ton qui convient aux personnages, puis articuler, régler son débit et préparer sa lecture.

À propos de cette page
Ce cours d’oral de 6e apprend à lire un texte à voix haute : les pauses de la virgule, du point-virgule et du point, les groupes de sens, les liaisons obligatoires, facultatives et interdites (après « et », devant un h aspiré), le son de la liaison, la voix qui monte ou descend, le ton des personnages, puis l’articulation, le débit et le code pour annoter sa copie. Les exemples viennent des fables de La Fontaine et de « La Chèvre de M. Seguin » d’Alphonse Daudet.
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Respecter la ponctuation : les pauses

Ce qu’il faut savoirLa ponctuation indique au lecteur où s’arrêter et combien de temps. Du plus court au plus long :
• la virgule ( , ) : la pause la plus courte ; la voix ne descend pas, la phrase continue ;
• le point-virgule ( ; ), les tirets et les parenthèses : une pause moyenne ;
• le point ( . ) : la pause la plus longue ; la phrase est finie, la voix descend.
Le point d’interrogation et le point d’exclamation terminent eux aussi la phrase et changent la mélodie de la voix (partie 3). Le deux-points ( : ) annonce une explication, une énumération ou des paroles : je marque un arrêt avant ce qui suit. Les points de suspension ( … ) laissent la phrase inachevée : la voix reste en suspens.
Exemples

Jean de La Fontaine, « Le Loup et l’Agneau », Fables, livre I :
Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.

Deux virgules : deux pauses courtes, la voix reste en l’air. Au point, après « attirait », la phrase est finie : la voix descend et je m’arrête plus longtemps.

Réflexe — avant de lire, je repère chaque signe : à la virgule, je respire à peine ; au point, je m’arrête et je laisse descendre la voix.

Ne pas couper un groupe de sens

Ce qu’il faut savoirUne phrase longue sans virgule se lit par groupes de sens : des groupes de mots qui vont ensemble (le groupe sujet, le verbe et ses compléments, un complément de lieu…). Je peux reprendre mon souffle entre deux groupes, jamais au milieu d’un groupe : ni entre le déterminant et le nom, ni entre la préposition et son nom.
Exemples

La Fontaine, même fable : Un agneau se désaltérait / Dans le courant d’une onde pure.

Juste : Un agneau se désaltérait / dans le courant d’une onde pure. (la barre sépare deux groupes).
Faux : Un agneau se désaltérait dans le / courant… (la barre coupe « le courant » en deux).

Attention — en prose, le retour à la ligne n’est pas une ponctuation : seuls les signes commandent les pauses. Et le point d’une abréviation (M. Durand) ne termine pas la phrase : pas de pause longue.

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Les liaisons

Ce qu’il faut savoirFaire une liaison, c’est prononcer la consonne finale d’un mot, muette d’habitude, devant un mot qui commence par une voyelle : on l’entend au début du second mot. les‿enfants se dit « lé-zen-fan ». On distingue trois cas.
• Liaison obligatoire (l’oublier est une faute) :
– entre le déterminant et le nom : un‿enfant, les‿enfants, deux‿ours ;
– entre l’adjectif placé devant le nom et ce nom : petit‿enfant, grand‿arbre ;
– entre le pronom et le verbe, dans les deux sens : nous‿avons, on‿ouvre, ont-ils, allons-y ;
– entre une préposition courte et son groupe : dans‿un salon, sous‿un abri, sans‿un sou ;
– dans des expressions toutes faites : c’est-à-dire, de temps‿en temps, petit‿à petit, les États-Unis.
• Liaison facultative (on peut la faire, surtout dans une lecture soignée) : ils sont‿incroyables, elle est‿allée, pas‿encore, après‿une heure.
• Liaison interdite :
– après et : un chat et ✗ un chien ;
– devant un mot qui commence par un h aspiré : les ✗ haricots, les ✗ héros ;
– après un nom au singulier : un sujet ✗ intéressant ;
– devant onze et oui : les ✗ onze joueurs, un ✗ oui.
Exemples

Un‿agneau se désaltérait (La Fontaine) : déterminant + nom, liaison obligatoire.
Que firent ces deux‿amis (La Fontaine, « Le Rat de ville et le Rat des champs ») : déterminant + nom, liaison obligatoire.
puis ce fut un ✗ hurlement dans la montagne (Alphonse Daudet, « La Chèvre de M. Seguin ») : « hurlement » commence par un h aspiré, pas de liaison.

Réflexe — devant un mot qui commence par une voyelle ou un h, je me demande si les deux mots forment un bloc (déterminant + nom, pronom + verbe) : je lie. Après « et » ou devant un h aspiré, je ne lie jamais.

Le son de la liaison

Ce qu’il faut savoirLa lettre écrite ne se prononce pas toujours comme on l’attend :
• s et x se lient avec le son [z] : les‿enfants, deux‿ours ;
• d se lie avec le son [t] : grand‿homme (« gran-tom ») ;
• t se lie avec le son [t] : petit‿enfant ;
• n se lie avec le son [n] : bon‿appétit, un‿enfant ;
• r se lie avec le son [r] : premier‿avril.
Exemples

Bon‿appétit surtout (La Fontaine, « Le Renard et la Cigogne ») : le n de « bon » s’entend devant « appétit » : « bo-na-pé-ti ».

h muet ou h aspiré ?

Ce qu’il faut savoirLe h muet laisse faire la liaison et l’élision : les‿hommes, l’homme, l’heure, l’hiver. Le h aspiré interdit les deux : les ✗ héros, le héros. Pour les distinguer, je mets l’article devant le mot : si je dis le ou la (le héros, la haie), le h est aspiré ; si je dis l’ (l’homme, l’hiver), il est muet.

Attention — ajouter une liaison qui n’existe pas est une faute : « moi-z-aussi », « vingt-z-euros », « il a-t-un chapeau ». Et deux mots proches se comportent parfois autrement : le héros (h aspiré) mais l’héroïne (h muet).

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L’intonation : la voix monte ou descend

Ce qu’il faut savoirL’intonation est la mélodie de la voix : elle monte ou elle descend, surtout en fin de phrase.
• Phrase déclarative (elle donne une information) : la voix descend à la fin.
• Question qui attend « oui » ou « non » : la voix monte à la fin. À l’oral, l’intonation suffit à poser une question : Tu viens. ↘ / Tu viens ? ↗
• Phrase exclamative : l’intonation est montante, la voix s’anime (surprise, admiration, colère).
• À une virgule, la voix ne descend pas encore : elle annonce la suite.
• Aux points de suspension, la phrase reste inachevée : la voix reste en suspens.
Exemples

Alphonse Daudet, « La Chèvre de M. Seguin » :
— Est-ce que l’herbe te manque ici ? ↗ (question qui attend oui ou non : la voix monte)
— Oh ! non ! monsieur Seguin. ↘ (Blanquette répond : la voix descend)

Réflexe — avant de lire une phrase, je regarde son signe final : il me dit dès le début quelle mélodie donner.

Attention — une question rapportée (Je me demande si tu viens.) n’est pas une question directe : elle finit par un point et la voix descend. Et un point d’interrogation suivi d’une minuscule (« Tu viens ? demanda Lucas. ») ne termine pas la phrase : la voix monte, mais la pause est plus courte et la phrase continue.

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Mettre le ton

Ce qu’il faut savoirMettre le ton, c’est faire entendre les sentiments des personnages et les intentions de l’auteur. Le ton ne s’invente pas : il se trouve dans le texte, grâce aux indices :
• le verbe de parole : cria, murmura, supplia, ricana, hurla, chuchota ;
• les adjectifs et les adverbes qui l’accompagnent : furieux, stupéfait, tristement, méchamment ;
• la ponctuation : le point d’exclamation (émotion forte), les points de suspension (hésitation, peur) ;
• les interjections : Ah ! Hélas ! Ha ! ha ! ;
• la situation : ce qui vient d’arriver au personnage.
TonComment je lis
la colèrevoix forte et sèche, débit rapide
la peurvoix basse, hésitante, avec des arrêts
la tristessevoix douce et lente
la joievoix vive et légère
la moqueriej’appuie sur les mots, comme en souriant
Exemples

La Fontaine, « Le Loup et l’Agneau » : Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? / Dit cet animal plein de rage → indice « plein de rage » : je lis la question du loup avec colère.

Daudet : — Ah ! mon Dieu !… Elle aussi ! cria M. Seguin stupéfait → indices : l’interjection « Ah ! », le verbe « cria », l’adjectif « stupéfait » : ton de la stupéfaction.

Lire un dialogue

Ce qu’il faut savoirDans un dialogue, je change de voix à chaque nouvelle réplique : le tiret ( — ) ou les guillemets annoncent qu’un autre personnage parle. Les paroles du narrateur (dit-il, répondit-elle) se lisent d’une voix plus neutre que la réplique.

Réflexe — je lis toute la phrase en silence avant de la dire : je repère qui parle et l’indice du ton.

Attention — l’indice est souvent placé après la réplique (« … » cria M. Seguin stupéfait) : si je commence à lire sans l’avoir vu, je me trompe de ton.

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Articuler, régler son débit et préparer sa lecture

Ce qu’il faut savoirPour être bien entendu et bien compris :
• j’articule : chaque syllabe est prononcée nettement, sans avaler la fin des mots ;
• je règle mon volume : assez fort pour que le fond de la classe entende ;
• je règle mon débit (ma vitesse) : en 6e, on vise en moyenne 130 mots par minute ; le rythme suit le texte : plus lent pour le suspense ou la tristesse, plus vif pour une action rapide ;
• je lève les yeux vers l’auditoire de temps en temps, sans perdre ma ligne.

Préparer sa lecture

Ce qu’il faut savoir1. Je lis le texte en silence et je le comprends : qui parle ? que se passe-t-il ? Je cherche le sens et la prononciation des mots difficiles.
2. J’annote une copie avec un code :
SigneSens
/pause courte
//pause longue
‿liaison à faire
✗liaison interdite
↗ ↘la voix monte, la voix descend
mot soulignémot à mettre en valeur
dans la margele ton (inquiet, joyeux…)
3. Je m’entraîne à voix haute plusieurs fois, puis je lis devant les autres.
Exemples

Daudet, « La Chèvre de M. Seguin », annoté :
Tout à coup le vent fraîchit. ↘ // La montagne devint violette ; / c’était le soir…
Dans la marge : « inquiétude : je ralentis ».

Débit : un texte de 260 mots se lit en 260 ÷ 130 = 2 minutes environ.

Réflexe — je ne lis jamais un texte « à froid » : je le comprends, je l’annote, je m’entraîne.

Attention — lire vite n’est pas bien lire : si je vais plus vite que je ne peux articuler, l’auditoire décroche. Je garde aussi le doigt ou les yeux sur ma ligne quand je regarde la classe.

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Pour aller plus loin

Pour aller plus loinLes signes de ponctuation eux-mêmes (où les placer, les espaces) : voir le chapitre Orthographe : la ponctuation. Les syllabes d’un vers, le e muet et la césure : voir la poésie. Parler devant la classe sans lire ses notes : voir le chapitre Oral : présenter un exposé.
À retenir
  • Virgule = pause courte ; point-virgule = pause moyenne ; point = pause longue, la voix descend. On ne coupe jamais un groupe de sens.
  • Liaison obligatoire dans les blocs : déterminant + nom, adjectif + nom, pronom + verbe, petite préposition + son groupe.
  • Liaison interdite après « et », devant un h aspiré (le héros, la haie) et après un nom au singulier.
  • Déclarative : la voix descend ; question qui attend oui ou non et exclamation : la voix monte.
  • Le ton se trouve dans les indices : verbe de parole, adjectif, adverbe, ponctuation, situation ; je change de voix à chaque réplique.
  • Je comprends, j’annote, je m’entraîne ; j’articule, assez fort, environ 130 mots par minute, en regardant l’auditoire.

Questions fréquentes

Où faut-il faire une pause quand on lit à voix haute ?

La ponctuation l’indique : la virgule demande la pause la plus courte, le point-virgule une pause moyenne, le point la pause la plus longue, en fin de phrase. Sans ponctuation, on respire entre deux groupes de sens, jamais au milieu d’un groupe.

Quand la liaison est-elle obligatoire ou interdite ?

Elle est obligatoire entre deux mots qui forment un bloc : déterminant et nom (les‿amis), adjectif placé devant le nom, pronom et verbe (nous‿avons), petite préposition et son groupe (dans‿un salon). Elle est interdite après « et », devant un h aspiré (les haricots) et après un nom au singulier (un sujet intéressant).

Quand la voix monte-t-elle à la fin d’une phrase ?

Dans une question qui attend « oui » ou « non » (Tu viens ?) et dans une phrase exclamative. Dans une phrase déclarative, qui donne une information, la voix descend à la fin.

Comment savoir quel ton mettre en lisant ?

On cherche les indices du texte avant de lire : le verbe de parole (cria, murmura), les adjectifs et adverbes qui l’accompagnent (furieux, tristement), la ponctuation et la situation du personnage. Dans un dialogue, on change de voix à chaque réplique.

Comment préparer une lecture à voix haute ?

On lit d’abord le texte en silence pour le comprendre, on annote une copie (pauses, liaisons, montée ou descente de la voix, mots à mettre en valeur, ton), puis on s’entraîne plusieurs fois à voix haute, en articulant, sans aller trop vite et en levant les yeux vers l’auditoire.

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