Le silence a ici plusieurs formes : l’absence de l’ami, les blancs de la conversation, ce que l’on ne dit pas tout en le faisant entendre. Le sujet demande de montrer leur efficacité, et non de se contenter de les relever.
Comment le silence, qui ne dit rien, peut-il produire des effets aussi décisifs que la parole la plus explicite ?
Le plan en trois parties
Le silence est à l’origine du conflit
- C’est l’éloignement muet qui a rendu la visite nécessaire : l’absence de réponse a valeur de message.le mouvement 1, où H.2 juge la cause trop insignifiante pour être dite
- L’offense elle-même tient dans un blanc, un suspens ménagé au milieu d’une phrase aimable.l’aveu de la cause, mouvement 2 : H.2 rapporte un compliment d’usage de trois mots
- L’insistance de H.1 se heurte d’abord à un mur : ce que l’on refuse de dire agit déjà sur celui qui le réclame.la demande réitérée de H.1, mouvement 1, juste avant l’aveu
Le silence structure la parole et lui donne sa violence
- La ponctuation suspensive découpe les répliques et fait entendre ce qui ne se formule pas.la description du ton, mouvement 2 : une durée anormale donnée à un mot, puis un blanc
- Ce que l’on tait pèse plus lourd que ce que l’on affirme : le soupçon vit du non-dit.le soupçon d’un classement entre les deux vies, mouvement 5, jamais formulé
- La rareté des didascalies transfère au silence du texte le soin de dire le reste.les rares indications scéniques, réduites à quelques mots sur le ton ou l’attitude
Le silence est le lieu où l’essentiel a lieu
- Ce qui se joue précède les mots : le silence est le milieu du tropisme.l’effort pour dire l’infime, mouvement 7
- La tentative de dire une expérience de plénitude se heurte au silence et s’effondre.le mouvement 5, où H.2 évoque un instant d’accord ancien aussitôt discuté
- Au théâtre, le silence est plein : il oblige le spectateur à fournir ce qui manque.la clôture sans résolution, mouvement 9
Si le silence parle, faut-il penser qu’il n’existe aucun moyen de ne rien dire ?