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1ʳᵉ · Français · Pour un oui ou pour un non, Sarraute

Le spectateur de Pour un oui ou pour un non est-il juge ou complice ?

Sujet de dissertation — Pour un oui ou pour un non, Sarraute, 1ère

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Analyse des termes

Juger suppose une extériorité et une norme ; être complice suppose une reconnaissance et un partage. La pièce sollicite les deux postures et les rend successivement intenables, ce qui fait l’intérêt du sujet.

Problématique

La pièce installe-t-elle son spectateur en position de tribunal, ou le compromet-elle dans la querelle qu’elle expose ?

Le plan en trois parties

I

Tout appelle le spectateur à juger

  1. La pièce adopte la forme du procès et réclame explicitement un arbitre.le passage au registre judiciaire, mouvement 3 : H.1 pose ses conditions de preuve
  2. L’échec des témoins laisse la place vacante : c’est à la salle de décider.le verdict des témoins, mouvement 6 : ils n’ont rien perçu d’anormal dans la phrase
  3. Dès qu’un tiers écoute, les deux hommes plaident au lieu de se parler : ils s’adressent à quelqu’un qui doit trancher, et ce quelqu’un est aussi la salle.la parole en présence des témoins, mouvement 6 : l’affrontement se déguise en exposé raisonnable
TransitionLe rôle de juge est offert, mais il est piégé.
II

Mais juger revient à se ranger du côté de la norme

  1. Trancher en faveur du bon sens, c’est répéter le geste des voisins et exclure celui qui sent.les voisins et leur entente conjugale exposée, mouvement 6
  2. Donner raison à l’offensé suppose d’avoir entendu ce que personne ne peut attester.le mouvement 6, où la déposition renvoie les deux hommes à eux-mêmes
  3. Juger, c’est aussi reprendre à son compte le diagnostic de H.1 et transformer une plainte en symptôme.le mouvement 7, où la plainte de H.2 devient la preuve d’une anomalie
TransitionPuisque aucune sentence n’est tenable, il faut admettre que nous sommes dans la scène et non devant elle.
III

Le spectateur est pris : il reconnaît en lui les deux voix

  1. La banalité de la scène fait que chacun y retrouve une brouille personnelle.le mouvement 3, où la formule proverbiale sert à qualifier la brouille
  2. Les deux paroles se ressemblent trop pour qu’on puisse en choisir une.le mouvement 7, où l’amitié est relue comme une possession
  3. La fin, qui rouvre le conflit, refuse au spectateur la satisfaction du verdict.le mouvement 9, où l’échange se réduit au oui et au non
Ouverture

Le théâtre ne réussit-il pas le mieux lorsqu’il nous empêche de rester du bon côté de la rampe ?

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