Le dénouement dénoue, au moins en principe ; celui-ci relance le conflit au lieu de le résoudre. Il faut donc en décrire précisément le mouvement avant de mesurer son effet rétrospectif sur tout ce qui précède.
Que dit de la pièce entière une fin qui refuse de conclure ?
Le plan en trois parties
Un dénouement qui paraît d’abord apaiser
- Une entente semble possible, les deux hommes paraissent près de se retrouver.l’apaisement manqué, mouvement 8 : une formulation malheureuse réactive le différend
- La longue explication semble avoir produit son effet.le bref accord qui suit le départ des témoins, mouvements 6-7
- L’échange annonce plusieurs fois sa propre fin, comme si le calme était chaque fois à portée de main.les fins annoncées et différées, mouvements 7-8
Un dénouement qui rouvre tout sur un écart minuscule
- La rupture finale se produit sur une opposition de rien, exactement comme la première.le partage final entre le oui et le non, mouvement 9
- La structure devient circulaire : la pièce pourrait recommencer.le mouvement 3, où la formule proverbiale sert à qualifier la brouille
- Le texte s’arrête net, sans didascalie de sortie développée et sans que rien ait été réglé.le mouvement 9, où la pièce se referme sans que le litige soit réglé
Cette fin donne son sens à tout ce qui précède
- Elle prouve que la cause première n’était pas la cause : n’importe quel rien aurait suffi.l’aveu de la cause, mouvement 2 : H.2 rapporte un compliment d’usage de trois mots
- Elle montre que ce qui sépare les deux hommes n’est pas réparable par la parole.le mouvement 8, où le rapprochement échoue aussitôt esquissé
- Elle confie au spectateur la tâche que la scène n’a pas accomplie.le changement de registre devant les voisins, mouvement 6
Une œuvre qui refuse de conclure ne fait-elle pas de son lecteur le seul responsable du sens ?