La difficulté de se comprendre peut tenir aux personnes, au langage, ou à la nature de ce qui est à comprendre. La pièce épuise les trois hypothèses et se garde de conclure, ce qui interdit une réponse générale et vague.
L’incompréhension qui sépare les deux hommes est-elle un accident de communication, ou la condition même de tout échange ?
Le plan en trois parties
Une incompréhension d’abord anecdotique
- Le visiteur ignore ce qu’on lui reproche, et l’offensé peine à le formuler.la première dérobade de H.2, mouvement 1 : il minimise et prétend qu’il n’y a rien
- Le malentendu porte sur un fait précis, qu’on espère élucider.l’aveu du mouvement 2, où l’énoncé lui-même est donné pour anodin
- H.1 croit l’affaire élucidable et réclame des faits, comme s’il suffisait d’établir ce qui a été dit pour dissiper le malentendu.l’exigence de preuve formulée au mouvement 3
Une incompréhension que rien ne peut lever
- L’objet du litige n’est pas transmissible : le ton ne se prouve pas.la reconstitution manquée du mouvement 4
- Les tiers ne comprennent pas davantage, ce qui redouble l’isolement.le mouvement 6, où la déposition renvoie les deux hommes à eux-mêmes
- La tentative de dire une expérience intime se heurte au ridicule.le souvenir d’un accord perdu, mouvement 5, associé à l’idée d’une existence modeste
Une incompréhension qui est aussi une forme de contact
- Les deux hommes se comprennent trop bien : c’est pourquoi une inflexion suffit à blesser.l’inflexion étirée et le blanc décrits au mouvement 2
- La dispute est le seul moyen d’atteindre ce qui d’ordinaire reste sous la conversation.le mouvement 5, où la conversation dérive vers des souvenirs et des griefs accumulés
- L’entente brève qui précède la fin montre que le contact a bien eu lieu.la complicité passagère d’après le départ des témoins, mouvements 6-7
Faut-il tenir l’incompréhension pour un échec de la parole, ou pour la preuve que nous nous atteignons vraiment ?