06 29 33 79 32 Je réserve ici

1ʳᵉ · Français · Lettres d’une Péruvienne, Graffigny

Zilia est-elle une victime ?

Sujet de dissertation — Lettres d’une Péruvienne, Graffigny, 1ère

← Les 30 sujets de « Lettres d’une Péruvienne, Graffigny »
Analyse des termes

Zilia est arrachée à son pays, dépouillée de son rang, trompée par son fiancé : tout la désigne comme victime. Mais elle écrit, elle refuse, elle juge, et le sujet demande si l'œuvre fait d’elle une figure de la passivité ou de la résistance.

Problématique

Le roman enferme-t-il Zilia dans le statut de victime, ou lui fait-il conquérir celui de sujet ?

Le plan en trois parties

I

Une victime de l’histoire

  1. Zilia appartient à un peuple exterminé, et sa situation individuelle n’est que le cas particulier d’un crime collectif.« Un Peuple entier, soumis et demandant grâce », Introduction historique, éd. 1752
  2. La cupidité des conquérants a effacé l’humanité de leurs victimes : Zilia est d’abord celle que l’on a cessé de reconnaître comme semblable.« Ils oublièrent que les Péruvie[ns] », Introduction historique, éd. 1752
  3. L’enlèvement a lieu dans un temple profané : Zilia est victime d’un sacrilège autant que d’un rapt.« des soldats furieux poursuivans nos Vierges éperdues », Lettre I
TransitionCette condition subie ne détermine pourtant pas la conduite de Zilia, qui oppose un refus à chacune des pressions exercées sur elle.
II

Une femme dépendante mais jamais soumise

  1. Face au religieux qui exige son abjuration et sa renonciation à Aza, Zilia mesure sa dépendance et refuse pourtant de céder.« Dépourvue de tout, dépendante de tout, je ne possède que ma tendresse », Lettre XXII
  2. Dans le salon, elle repousse elle-même l’homme qui lui manque de respect, sans attendre la protection de personne.« je le repoussai », Lettre XIV
  3. Elle identifie la véritable privation subie par les femmes, l’ignorance, et l’analyse comme une condamnation sociale plutôt que comme un destin.« l’ignorance à laquelle mon sexe est condamné », Lettre II
TransitionLe renversement s’achève quand la victime devient l’instance qui examine et qui juge la société où on l’a transportée.
III

De la victime au sujet qui juge

  1. La trahison d’Aza aurait pu l’anéantir : elle en fait au contraire la matière d’une écriture qui nomme précisément ce qui la blesse.« c’est la bonne foi violée, c’est l’amour méprisé », Lettre XXXVIII
  2. Celle qu’on regardait comme une curiosité devient spectatrice à son tour et juge ce que la société française choisit d’admirer.« on ne célèbre que les insensés », Lettre XVI
  3. À la fin, elle fonde sa conduite sur sa propre conviction et non sur les raisons qu’on lui donne : c’est la définition même d’un sujet moral.« la véritable décence est dans mon cœur », Lettre XL
Ouverture

Faire d’une victime la voix la plus lucide du roman, n’est-ce pas la meilleure réponse que la littérature puisse opposer à la violence ?

← Les 30 sujets de « Lettres d’une Péruvienne, Graffigny »
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de français à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs