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Lettres d’une Péruvienne, Graffigny

Françoise de Graffigny, 1747 — parcours « « un nouvel univers s’est offert à mes yeux » »

À propos de cette page
Ce cours de français en première sur « Lettres d’une Péruvienne, Graffigny » suit le programme officiel de français de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Françoise de Graffigny : une vie difficile, un succès européen, Deux éditions, un seul texte au programme : 1747 et 1752, La structure : deux écritures, trois mouvements, Les personnages : ce que chacun sert à démontrer. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en français.
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Françoise de Graffigny : une vie difficile, un succès européen

Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, née à Nancy en 1695, morte à Paris en 1758, n’est devenue femme de lettres qu’à cinquante ans passés. Mariée très jeune à François Huguet de Graffigny, officier de la cour de Lorraine, elle obtient une séparation après des années de violences conjugales — un fait biographique qu’il faut citer avec sobriété, mais qui éclaire toute la matière du roman : la dépendance d’une femme sans fortune, l’argent qui manque, la parole qu’on ne croit pas.

Restée sans ressources, elle vit d’hospitalités successives. Le séjour qu’elle fait en 1738-1739 à Cirey, chez Émilie du Châtelet et Voltaire, lui vaut d’écrire des lettres devenues célèbres : sa correspondance, immense, est aujourd’hui une des sources majeures sur la vie littéraire du siècle. Elle s’installe ensuite à Paris, où son appartement devient un petit salon fréquenté par Duclos, Rousseau, Helvétius, Turgot.

À retenir : Graffigny n’écrit pas depuis le centre du monde des Lumières, elle écrit depuis sa marge — femme, provinciale, pauvre, longtemps dépendante. Le point de vue de Zilia, qui regarde Paris sans y avoir de place, n’est pas un artifice de romancière : c’est une expérience transposée.

En 1747 paraissent, sans nom d’auteur et sous une adresse fictive (« A Peine »), les Lettres d’une Péruvienne. Le succès est immédiat et européen : l’ouvrage sera l’un des plus réédités et des plus traduits du siècle. Trois ans plus tard, sa comédie Cénie triomphe à la Comédie-Française. Sa dernière pièce, La Fille d’Aristide, échoue en 1758, l’année de sa mort. Longtemps réduite au rang de curiosité sentimentale, elle est aujourd’hui lue comme l’une des voix majeures de la littérature d’idées du siècle.

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Deux éditions, un seul texte au programme : 1747 et 1752

C’est le point technique qu’il faut maîtriser avant tout le reste, parce qu’une citation mal éditée est une citation fausse. L’édition originale de 1747 comporte un Avertissement et trente-huit lettres. L’édition revue de 1752 en comporte quarante et une, et ajoute en tête une Introduction historique aux Lettres péruviennes.

Le compte est facile à refaire. Graffigny coupe en deux la lettre XXVIII de 1747 : la seconde moitié, celle qui commence par « Le penchant des François le porte si naturellement aux extrêmes », devient la lettre XXX. Elle intercale ensuite une lettre entièrement neuve sur le luxe et la politesse, la XXIX, et une seconde sur l’éducation des filles, la XXXIV. Trente-huit lettres, plus une coupure, plus deux lettres neuves : quarante et une.

17471752Ce qui change
—Introduction historiqueAjoutée : histoire et mœurs des Incas, conquête espagnole
I à XXVIIII à XXVIIIMême ordre, style retouché partout
—XXIXLettre neuve : le superflu, la politesse, l’esprit
fin de XXVIIIXXXDétachée en lettre autonome
XXIX à XXXIXXXI à XXXIIIDécalées de deux rangs
—XXXIVLettre neuve : l’éducation des femmes
XXXII à XXXVIIIXXXV à XLIDécalées de trois rangs

Piège majeur. Les retouches de 1752 ne sont pas cosmétiques. En 1747, Zilia disait qu’elle serait « restée dans le néant, où mon sexe est condamné » ; en 1752, « restée dans l’ignorance à laquelle mon sexe est condamné » : le néant devient l’ignorance, la condition se politise. De même, la dernière lettre de 1752 se prolonge d’un paragraphe entier (« Venez, Déterville… ») qui change le sens du dénouement. Citez toujours d’après 1752.

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La structure : deux écritures, trois mouvements

Le roman se lit d’abord comme la courbe d’une attente. Mais sa vraie articulation est technique : Zilia ne se sert pas du même instrument d’un bout à l’autre.

Premier mouvement, lettres I à XVII : les quipos. Zilia noue des cordons. Le Temple du Soleil est saccagé, elle est enlevée, embarquée, prise par les Français au cours d’un combat naval, conduite à Paris. Elle ne comprend rien : ni la langue, ni le miroir, ni le carrosse, ni les égards de Déterville qu’elle prend pour un culte. Le monde qu’elle décrit est un monde d’énigmes, et c’est là que le roman est le plus drôle. La lettre XVII s’achève sur la fin des cordons : « je vois la fin de mes cordons, j’en touche les derniers fils ».

Deuxième mouvement, lettres XVIII à XXXVI : l’écriture et le jugement. Zilia apprend à écrire, et tout bascule : « un nouvel univers s’est offert à mes yeux ». Elle comprend qu’elle n’est pas dans l’empire d’Aza, que la France est un autre monde, qu’elle y est pauvre. Les lettres deviennent des chapitres d’observation : l’argent (XX), les gens de lettres (XXII), le luxe (XXIX), la médisance (XXXII), les contradictions sur les femmes (XXXIII), leur éducation (XXXIV). L’intrigue avance en parallèle : déclaration de Déterville (XXIII), retour des trésors du Temple (XXVII), don de la maison de campagne (XXXV).

Troisième mouvement, lettres XXXVII à XLI : à Déterville. Aza arrive, froid, converti, puis repart : il épouse une Espagnole. Le destinataire change — Zilia écrit désormais au chevalier, parti pour Malte. Les quatre dernières lettres construisent, contre l’amour, une vie possible : la retraite, les livres, l’amitié, « le plaisir d’être ».

Usage en dissertation. Ce découpage est votre plan de secours universel : l'œil qui ne comprend pas (I-XVII), l'œil qui comprend et juge (XVIII-XXXVI), l'œil qui se choisit un monde (XXXVII-XLI).

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Les personnages : ce que chacun sert à démontrer

Zilia est Vierge du Soleil, promise à Aza le jour même du sac du Temple. Elle est à la fois narratrice, épistolière et traductrice de ses propres lettres — l’Avertissement prend soin de le préciser, pour justifier qu’un texte péruvien nous parvienne en français. Elle n’est jamais naïve au sens de sotte : elle raisonne juste à partir de prémisses fausses, ce qui est la mécanique même de la satire.

Aza est un personnage presque entièrement absent : il est le destinataire, donc la condition de l’écriture. Sa seule apparition (lettre XXXVII, racontée après coup) est un désastre : il est « froid », il fait l’éloge des Espagnols, il visite les curiosités de Paris. L’être aimé, une fois présent, ne ressemble plus à sa propre image.

Déterville, chevalier de l’ordre de Malte, est le contre-exemple français : généreux, respectueux, capable de renoncer. Il achète le vaisseau, rend les trésors du Temple, acquiert une maison au nom de Zilia. Il est aussi celui que Zilia refuse — le roman ne récompense pas la vertu par le mariage.

Céline, sa sœur, sert à montrer le sort ordinaire des filles nobles : on veut la faire religieuse pour enrichir l’aîné. Sa mère, Madame Déterville, « mère dénaturée », incarne l’autorité familiale et le mépris de classe. Le Cusipata, religieux savant des lettres XXI-XXII, incarne un savoir qui ment dès qu’il touche aux intérêts. La China, servante, et le maître à écrire complètent le tableau social.

Exemple d’emploi. Sur un sujet consacré à la critique de la société française, n’opposez pas « les bons » aux « méchants » : Déterville lui-même « participe » aux excès de sa nation (lettre XXX), et Céline, si tendre, veut imposer ses présents. Graffigny critique des usages, pas des caractères.

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Le regard éloigné : comment la fiction devient une machine à juger

L’Avertissement place l'œuvre sous un patronage explicite : « Comment peut-on être Persan », avec renvoi en note aux Lettres persanes. Graffigny revendique donc le dispositif de Montesquieu (1721) : faire décrire la France par quelqu’un qui n’en possède pas le code, pour que l’habitude cesse de rendre invisible ce qu’elle a rendu normal.

Défamiliarisation. Procédé consistant à décrire un objet familier par les seules apparences, sans le nommer, pour en révéler l’étrangeté. Chez Graffigny : le miroir est « une jeune personne » ; le carrosse, une « cabane roulante » ; le baisemain, un rite religieux ; le théâtre, une fête où l’on célèbre « les insensés et les méchans ».

Mais Graffigny déplace le modèle sur trois points, et c’est là que se gagnent les dissertations.

Une seule voix. Montesquieu fait circuler une vingtaine de correspondants ; ici, une seule épistolière écrit, et l’on ne reçoit qu’un billet de Déterville (lettre XXVII). Le lecteur est enfermé dans une subjectivité : la critique de la France n’est jamais prononcée depuis nulle part, elle est toujours tenue par un corps qui souffre.

Une femme. Le regard étranger est ici doublé d’un regard de dominée. Zilia ne juge pas seulement la France : elle y est classée, regardée, mariée de force par personne parce qu’elle n’a rien.

Un étranger qui ne repart pas. Usbek rentre en Perse ; Zilia reste. Le roman refuse la clôture rassurante du voyage : le nouvel univers n’est pas un épisode, c’est désormais le monde.

Formule à réemployer. Chez Montesquieu, l’étranger est un instrument d’optique ; chez Graffigny, il est aussi une victime — et c’est pourquoi la satire y vire si souvent à l’élégie.

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La condition des femmes : le cœur politique du livre

Le sujet traverse l'œuvre de bout en bout, mais il se concentre dans trois foyers qu’il faut savoir distinguer.

Lettre II : l’ignorance comme condition. Zilia ne doit son instruction qu’au caprice heureux d’un prince : « Si tu étois un homme ordinaire, je serois restée dans l’ignorance à laquelle mon sexe est condamné. » Le savoir d’une femme y est un privilège accordé, non un droit — et la phrase vaut pour le Pérou autant que pour la France, ce qui interdit de lire le roman comme une simple exaltation de l’ailleurs.

Lettre XXXIII : la contradiction française. « Ils les respectent, mon cher Aza, et en même-temps ils les méprisent avec un égal excès. » Zilia démonte le mécanisme : la politesse protège les femmes d’une insulte publique, mais rien ne protège leur réputation ; et si les hommes se ménagent entre eux, c’est qu’ils craignent le duel. Le respect est donc un effet de la peur, non de l’estime.

Lettre XXXIV : l’éducation comme cause. Ajoutée en 1752, c’est le texte le plus argumentatif du recueil. Thèse : le mépris ne tient ni à la nature des femmes ni à leur méchanceté, mais à une éducation qui produit exactement ce qu’elle prétend éviter — « le chef-d'œuvre de l’inconséquence Françoise ». Le couvent, l’extérieur réglé, l’amour-propre borné aux agréments, le mariage précoce : Zilia remonte la chaîne jusqu’à sa conclusion la plus nette, que les femmes naissent « avec toutes les dispositions nécessaires pour égaler les hommes en mérite et en vertus », et que l’orgueil masculin ne le supporte pas.

Attention. Ne dites pas que Graffigny est « féministe » sans préciser le sens : elle ne réclame ni droits politiques ni égalité juridique, elle réclame une instruction et une réciprocité dans le mariage. C’est la position de Poullain de La Barre et, après elle, de Mme d’Épinay — pas celle de 1789.

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L’écriture de Graffigny : du nœud à la lettre

Le roman contient sa propre théorie de l’écriture, et c’est ce qui le sauve du roman sentimental ordinaire.

Les quipos. Cordons noués de couleurs différentes, présentés dès la lettre I et expliqués dans l’Introduction historique : ils « tenoient lieu de notre art d’écrire ». Zilia les décrit comme une matière qui prend corps sous ses doigts : « cet amas innombrable de cordons devenoit sous mes doigts une peinture fidelle de nos actions ». L’écriture y est tactile, comptée, finie — elle s’épuise, littéralement, à la lettre XVII.

L’alphabet. Décrit à la lettre XVI comme un prodige opaque : « traçant avec une plume, des petites figures que l’on appelle Lettres ». Il est ce qui donne « une sorte d’existence aux pensées » — mais il est aussi ce qui la sépare d’Aza, puisqu’il l’introduit à une langue qu’il ne lira pas.

Le style. Graffigny travaille une prose sensible dont il faut savoir nommer les moyens : apostrophes (« ô, mon cher Aza ! »), exclamations et interrogations en série, points de suspension qui miment la défaillance (lettre XXXVIII : « mon sang se glace… un torrent de larmes… »), hypotypose dans les scènes de violence, accumulations ternaires dans les sentences satiriques. Dans les lettres ajoutées de 1752, le rythme change : la phrase s’allonge, s’organise en périodes, et la voix se rapproche de celle du moraliste.

Exemple d’analyse de style. « qui n’a qu’une fortune honnête est pauvre, qui n’a que des vertus est plat, et qui n’a que du bon sens est sot » (XXIX) : trois membres de longueur croissante, même structure, chute d’un mot. C’est la mécanique de la maxime — La Rochefoucauld plutôt que le roman.

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Le parcours expliqué : « un nouvel univers s’est offert à mes yeux »

La phrase vient de la lettre XVIII, et il faut la citer entière pour ne pas la trahir : « À mesure que j’en ai acquis l’intelligence, un nouvel univers s’est offert à mes yeux. Les objets ont pris une autre forme, chaque éclaircissement m’a découvert un nouveau malheur. »

Ce n’est donc pas une formule d’émerveillement. C’est le constat d’un échange : on ne comprend jamais un monde sans en perdre un autre. Le parcours oblige à regarder quatre choses dans l'œuvre.

1. Le monde perdu. Le Pérou de la lettre I et de l’Introduction historique : un ordre, un culte, une langue, une promesse de mariage. Tout ce qui est détruit avant que le livre commence.

2. Le monde subi. La captivité, le vaisseau, l’arrivée. Zilia y est un corps déplacé qui ne peut ni parler ni être compris : « la place que j’occupe dans l’univers est bornée à l’étendue de mon être ».

3. Le monde déchiffré. La langue, puis les livres, puis la société entière. C’est l’univers proprement « nouveau » : la France de l’or, du superflu, de la censure et de l’inconséquence.

4. Le monde construit. Les quatre dernières lettres. Zilia ne retourne pas au premier univers et ne s’installe pas dans le second : elle s’en fabrique un troisième, fait d’une maison, de livres, d’une amitié et du « plaisir d’être ».

Ce qu’un sujet peut en tirer. Presque tous les énoncés joueront sur l’un de ces quatre rapports : découvrir est-il gagner ou perdre ? faut-il être étranger pour voir juste ? la lucidité rend-elle heureux ? un nouvel univers se reçoit-il ou se construit-il ? Préparez pour chacun trois citations situées : c’est le minimum vital.

Contresens fréquent. Écrire que le parcours désigne « la découverte de la France par une étrangère ». C’est le sujet du roman, pas le sens de la formule : le mot important est univers, qui dit un monde entier, donc une perte de l’ancien — et le verbe s’offrir, qui ne dit pas que Zilia l’a voulu.

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Réception et pièges : ce qui fait perdre des points

Réception. Succès considérable dès 1747, traductions dans toute l’Europe, dizaines de rééditions au XVIIIe siècle. Mais la critique contemporaine s’irrite de deux choses : Zilia ne se convertit pas au christianisme, et elle n’épouse pas Déterville. Des continuations apocryphes paraissent dès 1748-1749 — les Lettres d’Aza d’Hugary de Lamarche-Courmont — pour fournir au public le mariage que l’auteure lui refuse. Au XIXe siècle, l'œuvre disparaît des lettres françaises ; elle est redécouverte à partir des années 1980, d’abord dans les études féministes, puis comme un classique de la littérature d’idées. Son entrée au programme des épreuves anticipées de juin 2027 consacre ce retour.

Les six pièges.

  • Confondre les éditions. Citer en numérotation de 1747 devant un correcteur qui a l’édition de 1752 sous les yeux : la lettre sur l’éducation des femmes est la XXXIV, pas la XXXI.
  • Croire que Zilia repart au Pérou. Déterville lui a dit dès la lettre XXVI qu’il était « à jamais impossible » de revoir la ville du Soleil.
  • Croire qu’elle épouse Déterville. La dernière lettre est un refus explicite, doublé d’une contre-proposition : l’amitié.
  • Croire qu’Aza meurt. Il se marie. C’est bien pire, et bien plus intéressant : la trahison n’est pas un accident, c’est une conversion.
  • Réduire l'œuvre à un genre. Ni pur roman sentimental, ni pur traité satirique : le prix du livre est dans la tension entre les deux.
  • Confondre Zilia et Graffigny. Zilia est une fiction, et l’Avertissement construit très soigneusement l’illusion d’un manuscrit traduit. Les jugements sur la France sont attribués à un personnage : c’est ce qui permet à l’auteure de les pousser aussi loin.

Méthode pour l’oral. Sur une explication linéaire, annoncez toujours la place de l’extrait dans la double logique du roman : avant ou après la lettre XVIII ? avant ou après l’arrivée d’Aza ? Ces deux repères suffisent à situer n’importe quel passage.

En bref
  • Françoise de Graffigny (1695-1758), Lettres d’une Péruvienne, 1747 ; édition au programme : celle de 1752, avec l’Introduction historique et les lettres XXVIII, XXIX, XXX, XXXIV.
  • 41 lettres : I-XXXVI à Aza, XXXVII-XLI à Déterville ; I-XVII nouées sur des quipos, XVIII-XLI écrites en français.
  • Intrigue : sac du Temple du Soleil, enlèvement, traversée, Paris, apprentissage de la langue, déclaration de Déterville, trahison d’Aza, retraite choisie.
  • Dispositif : regard éloigné hérité des Lettres persanes, mais à voix unique, féminine, et sans retour au pays.
  • Cibles satiriques : l’or et la propriété (XX), les gens de lettres (XXII), le superflu et la politesse (XXIX), la censure et la frivolité (XXXII), la contradiction sur les femmes (XXXIII), leur éducation (XXXIV).
  • Parcours : « un nouvel univers s’est offert à mes yeux » (XVIII) — comprendre, c’est gagner un monde et en perdre un autre : « chaque éclaircissement m’a découvert un nouveau malheur ».
  • Dénouement : refus du mariage, choix de l’amitié, de l’étude et du « plaisir d’être » ; en 1752, appel final à Déterville : « venez apprendre de moi à économiser les ressources de notre âme ».
  • À ne jamais écrire : qu’elle rentre au Pérou, qu’elle épouse Déterville, qu’Aza meurt.
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